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HISTORIQUE
DU CENTRE HOSPITALIER DU MANS Docteur André François LEMANISSIER Médecin Honoraire du Centre Hospitalier du MANS - Décembre 1994 |
3ème
: du Fontenoy au schéma directeur 83 |
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Laprès
Fontenoy : le schéma directeur 83 |
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Résultat
sur lorganisation et le fonctionnement. |
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Cest à la demande de la Direction du Centre Hospitalier du Mans que j'ai entrepris
de faire l'historique de cet établissement depuis 1891, année de sa création, jusqu'à
nos jours (31 décembre 1994). La direction m'a demandé de faire ce travail parce
qu'ayant été médecin au Centre Hospitalier du Mans pendant de nombreuses années, on
pouvait présumer que j'en avais une connaissance approfondie.
En fait, s'il est vrai
que j'avais une perception assez exacte de son installation, de son fonctionnement et de
son ambiance, son histoire événementielle m'était assez mal connue et plus encore son
parcours administratif J'ai donc dû faire des recherches de documentation assez variées.
J'ai eu recours :
aux archives départementales de la Sarthe,
aux archives municipales du Mans,
et plus largement encore, aux archives hospitalières, car c'est au Centre Hospitalier du
Mans que j'ai trouvé l'essentiel de ma documentation et surtout dans les volumineux
registres où sont conservés les comptes rendus (manuscrits jusqu'en 1910) des séances
de la commission administrative et des délibérations qui en découlent. J'ai aussi
consulté les rapports moraux établis chaque année par la direction et qui sont la
synthèse des événements et des décisions de l'année écoulée.
C'est donc par des remerciements aux responsables et agents de tous ces organismes que je
veux commencer ce travail. Je dois dire que j'ai trouvé auprès de tous ceux et de toutes
celles auxquels je me suis adressé, une aide, une compréhension et une gentillesse
auxquelles j'ai été très sensible.
Je remercie particulièrement le personnel hospitalier et tout d'abord Monsieur Gérolami,
Directeur Général, de m'avoir confié ce travail. Il m'a fourni des renseignements qui
m'ont été fort utiles, surtout en ce qui concerne les questions administratives.
Messieurs les
directeurs adjoints m'ont également beaucoup aidé en me renseignant sur le
fonctionnement de la section administrative dont chacun d'eux est responsable. Enfin, j'ai
eu largement recours au personnel du Centre Hospitalier du Mans : médical, soignant,
administratif et technique. Auprès d'eux, aussi bien qu'auprès de mes anciens
collègues, médecins hospitaliers retraités, j'ai trouvé un accueil particulièrement
amical et des indications très utiles dont je les remercie vivement. J'ajoute que j'ai
été heureux de constater qu'ils étaient tous intéressés par l'histoire de cet
hôpital auquel ils sont très attachés.
Je suis reconnaissant
aussi à deux personnes dont l'aide efficace a facilité mon travail : Madame Elisabeth
Hamon, secrétaire, chargée de dactylographier le texte, ce qu'elle a fait avec beaucoup
de soins et de complaisance, et Monsieur Serge Davy, attaché à la Bibliothèque
Médicale du Centre Hospitalier du Mans. Il a exécuté avec une grande habileté la
reprographie du texte et des plans ainsi que le brochage.
Docteur A.F. LEMANISSIER
Médecin Honoraire du Centre Hospitalier du Mans
Décembre 1994
Lorsque je propose au Docteur Lemanissier d'entreprendre l'historique du Centre
Hospitalier du Mans depuis son implantation en 1891, sur son site actuel, sa réponse est
spontanément favorable. Sans doute, ne mesure-t-il pas d'emblée l'importance de la
tâche. Par contre, ma conviction est immédiate : il s'y consacrera pleinement. C'est en
effet un trait de la personnalité attachante du Docteur Lemanissier que ce constant souci
de servir.
Ce fut le cas en juin
1940 lorsqu'il répondit à l'appel du général de Gaulle et, rejoint ensuite par son
épouse, fut présent en Libye, sur de nombreux champs de bataille. Au sein de la
première division française libre, il prend en charge un grand nombre de blessés, qu'il
soigne dans des conditions difficiles. Ce fut tout autant le cas le 15 mai 1947 lorsqu'il
arriva au Centre Hospitalier du Mans, d'abord comme médecin adjoint à temps partiel,
puis très rapidement comme chef de service. Pendant 27 ans, il se dépense sans compter
pour faire évoluer son service d'affectation : la pneumo-phtisiologie.
Va-t-il au terme de
cette carrière bien remplie décider de jouir d'une retraite bien méritée ? Point s'en
faut, il reprend du service de façon totalement bénévole, en se donnant complètement
au développement de la bibliothèque médicale de l'hôpital, dont chacun s'accorde
aujourd'hui à souligner la notoriété reconnue à l'échelon national. A sa demande, le
passage du témoin à un autre praticien s'effectue en 1992.
Et c'est donc à 83 ans
que le Docteur Lemanissier accepte de livrer encore de son temps, à l'écriture et à
l'histoire d'une institution, dont il a été pendant près d'un demi-siècle un acteur
important et apprécié.
Je lui redis donc toute ma gratitude pour le travail accompli. Qu'il trouve aussi dans cet ouvrage, la reconnaissance d'un hôpital auquel il s'est particulièrement consacré, et qui est fier d'avoir compté parmi ses serviteurs, un praticien et un homme de cette qualité.
André GEROLAMI
Directeur du Centre Hospitalier du Mans
LHOSPITALISATION
Le concept d'hospitalisation est
très ancien mais le sens qu'on lui a donné et sa finalité ont beaucoup varié dans le
temps. Dans ses premières manifestations connues, il faut bien avouer que, plutôt que
l'intérêt du malade, l'hospitalisation recherchait la protection des bien portants
contre les affections contagieuses. Les quarantaines et les léproseries en sont un
parfait exemple. Il est vrai qu'à l'époque, la thérapeutique efficace était chose tout
à fait inexistante et ce genre d'hospitalisation assurait au moins gîte et protection au
malade.
Puis, peu à peu, les
mentalités évoluèrent. Au Moyen Age, on commença à avoir davantage souci de
l'intérêt du malade. Mais comme la thérapeutique n'avait pratiquement pas progressé,
on ne mettait guère d'espoir dans les soins médicaux, et on voulait plutôt soigner
l'âme des malades et les aider à gagner une éternité heureuse. C'est pourquoi les
salles d'hospitalisation comportaient toutes un autel où de nombreux offices étaient
célébrés. (Les hospices de Beaune ont conservé plusieurs de ces très belles salles).
De même, le contexte social se transforma. Vers le XVIIème siècle arriva une époque de
grande misère, la mendicité s'accrut dans des proportions telles qu'elle devint un
véritable fléau, entraînant une forte délinquance, facteur d'insécurité dans tout le
pays. Louis XIV promulgua alors un édit ordonnant dans toutes les villes importantes la
création d'un établissement hospitalier appelé partout hôpital général. En fait ces
établissements avaient essentiellement une finalité carcérale, car il était dit dans
leurs lettres de création : } voulons que les pauvres
valides et invalides ... soient enfermés pour qu'ils ne puissent vaquer à l'avenir.~ L'Hospice de la Salpetrière à Paris est lun des premiers
hôpitaux généraux. Et cest également en application de ce même édit de 1658,
que fut créé l'ancien hôpital général du Mans. Progressivement cette finalité
carcérale s'atténua.
Ainsi, au Mans, au
début du XIXème siècle, furent érigés dans l'enceinte de l'hôpital général un
"hospital Dieudonné" et une maternité, destinés à être des services de
soins, ce qui correspondait d'ailleurs à de timides progrès dans les traitements. Mais
c'est la véritable explosion thérapeutique débutée à la fin du XIXème siècle, et
qui s'est prodigieusement amplifiée au XXème siècle, qui a apporté des modifications
considérables à l'organisation des hôpitaux. Cette adaptation de l'hospitalisation aux
progrès incessants de la médecine se poursuit continuellement de nos jours. Dans cet
ouvrage, nous verrons que l'actuel centre hospitalier du Mans illustre bien cette
continuelle et nécessaire adaptation. Nous verrons également que le Département de la
Sarthe est un bon exemple de l'évolution de l'hospitalisation. Il a successivement
possédé : une léproserie, des hospices religieux, un hôpital général, un Centre
Hospitalier moderne.
L'hôpital du Mans est situé à l'Ouest de la ville, sur une avenue qui s'appelait lors de sa création Route de Laval et fut nommée avenue Rubillard. Il a été construit à la fin du XIXème siècle. Il a été précédé par de nombreux établissements de santé dont le tout premier remonte au VIème siècle. L'histoire de ces anciens établissements a fait l'objet de publications intéressantes dont les références figurent dans la bibliographie. Le présent travail ne porte que l'actuel hôpital, depuis son inauguration en 1891 jusquà nos jours.
Les hôpitaux qui l'ont précédés Mais pour la compréhension des problèmes hospitaliers du Mans, il paraît utile de rappeler brièvement l'histoire des précédents établissements hospitaliers du Mans. Les voici classés par ordre chronologique :L'Hospice du Saint Sépulcre, situé près de l'Abbaye Saint Julien du Pré (actuelle église du Pré). Il a été bâti au VIème siècle par l'évêque du Mans Saint Innocent, pour accueillir et secourir les pèlerins qui venaient faire leurs dévotions sur les reliques des premiers évêques du Mans et apôtres du Maine qui étaient inhumés dans le cimetière près de cette abbaye.
L'Hospice de Coulaines, fondé au IXème siècle par Saint Aldric, 23ème évêque du Mans. Il était situé dans le bourg de Coulaines et recevait des infirmes, des mendiants et des malades.
L'Hospice des Ardents, fondé au Xème siècle par l'évêque Avesgaud, près de lactuelle cathédrale, à l'angle de la place du cloître Saint Julien et de la Grande Rue. Il était destiné à recevoir les nombreux malades atteints du mal des ardents, affection provoquée par lingestion de céréales (surtout le seigle) infectées dergots, qui entraînait de très violentes douleurs et souvent des gangrènes des membres.
La léproserie Saint Lazare, située faubourg Saint Gilles (à l'extrémité de l'actuelle avenue de la Libération).Elle avait été fondée au XIème siècle et recevait des sujets atteints de lèpre (affection alors appelée mezélerie).
L'Hospice de la Maison-Dieu de Coëffort fondé en 1180 par Henri II roi d'Angleterre, comte d'Anjou et du Maine, sur le lieu même où l'arrière garde de son armée avait remporté une grande victoire. Cet hospice recevait des pauvres, des infirmes et des malades. Il était situé à côté de l'Eglise de la Mission (lactuelle place Washington).
Tous ces établissements ont été fonctionnels pendant de nombreuses années, mais ils avaient perdu beaucoup de leur importance lorsque fut créé en 1658, sur édit royal, l'hôpital général du Mans. Leurs malades y furent alors transférés. Ce transfert s'accompagna parfois de dons. Le plus important fût celui de l'évêque de Froullay qui, à l'occasion du transfert de la Maison Dieu de Coëffort à l'hôpital général, fît à ce dernier un don de 20 000 livres.
LHOPITAL GENERAL
Il
fut créé à la suite de l'édit de Louis XIV dont nous avons parlé. Décidée en 1658,
sa construction ne commença qu'en 1666. Cet hôpital fut implanté sur un terrain donné
par un riche bourgeois du Mans, qui se nommait Breslay. Ce terrain, d'une superficie
d'environ six hectares, était proche du centre ville. Il était limité par la rive
gauche de la Sarthe, l'actuelle rue Gambetta, la rue de l'hôpital qui correspond
sensiblement à la rue Barbier et la rue du Port. (Plan I) Il pouvait accueillir en 1700,
environ 550 adultes qui étaient en majorité des indigents, des infirmes, des vieillards.
Il comportait aussi des salles pour des militaires et un service pour une cinquantaine
d'enfants abandonnés.
En 1821, l'hôpital
général s'agrandit par la construction dans son enceinte d'un nouveau pavillon appelé
"Hospital Dieudonné". Il avait été construit à la demande du comte de
Breteuil, pair de France, alors préfet de la Sarthe et qui, par sa création, voulait
honorer la naissance de Henri , Charles, Ferdinand, Marie, Dieudonné, fils du duc et de
la duchesse de Berry. Cet hôpital Dieudonné témoignait d'une certaine évolution dans
le concept d'hospitalisation. Dans la partie ancienne de l'hôpital général, appelé
désormais Hôtel Dieu, on regroupa les hospitalisés qui formaient auparavant le
recrutement de l'hôpital général : indigents, invalides, vieillards, incurables et
enfants abandonnés. Par contre, l'hôpital Dieudonné répondait beaucoup plus aux
nouvelles conceptions d'un service de soins. Il accueillait les malades civils adultes,
les blessés militaires et civils, les femmes enceintes, les enfants de plus de 10 ans,
mais aussi les indigents venant de communes du département n'ayant pas d'hôpital.
Puis, en 1880, on
construisit dans l'enceinte de l'hôpital général une maternité de 22 lits, autre
illustration de cette évolution de lhôpital vers un lieu de soins. Cet hôpital
général a donc fonctionné pendant deux siècles. Malgré les efforts faits pour
élargir le champ de son utilisation, il était devenu insuffisant. La population de la
Sarthe avait beaucoup augmenté dans la dernière moitié du XIXème siècle, et
particulièrement celle de la ville du Mans : de 32.600 en 1855, le nombre de ses
habitants était passé à 55.000 en 1886. C'est cet état de fait qui a imposé la
construction d'un nouvel hôpital plus grand et plus adapté aux évolutions de la
médecine. Et cest lhistoire de ce nouvel hôpital que nous allons rapporter
maintenant.
LE CENTRE HOSPITALIER LORS DE SA CREATION EN 1891
PROBLEMES QUI SE POSERENT A LA CREATION DU NOUVEL HOPITAL
A la
fin du XIXème siècle, comme nous lavons mentionné, la nécessité de remplacer
l'hôpital général par un établissement nettement plus grand semblait s'imposer et
trois raisons étaient invoquées pour justifier la construction d'un nouvel hôpital :
La capacité
d'hospitalisation de l'ancien hôpital général était insuffisante. Il comportait bien
un nombre assez important de lits pour indigents, vieillards et infirmes, mais il n'avait
que 64 lits pour les malades hommes (médecine et chirurgie), 59 lits pour les malades
femmes (médecine et chirurgie), 12 lits pour les enfants, 22 lits pour la maternité. Il
était aussi doté d'une section assez importante de lits pour les militaires mais
regroupés dans des baraquements insalubres.
Il n'était pas
possible dans l'enceinte de cet hôpital général (6 hectares) de construire de nouveaux
bâtiments et on ne pouvait pas non plus agrandir le territoire de l'hôpital, de
nombreuses constructions particulières ayant été élevées tout autour.
Enfin, une autre raison
justifiait aussi la création d'un nouvel hôpital : les bâtiments de l'hôpital
général étaient en mauvais état. De nombreuses salles étaient vétustes et insalubres
et leur restauration aurait exigé de gros frais. Par contre, la vente du terrain, situé
près du centre ville, pouvait couvrir une partie des dépenses de construction d'un
nouvel hôpital, plus grand et plus moderne.
A cette époque, Le
Mans eut à plusieurs reprises à sa tête un maire énergique et combatif : Anselme
Rubillard. En tant que maire, il était de droit président de la commission
administrative hospitalière du Mans, organisme important qui orientait et supervisait le
fonctionnement de létablissement. Pour comprendre et apprécier luvre
d'Anselme Rubillard, il faut connaître le personnage. Il avait une formation d'expert
géomètre, ce qui l'aida à mieux comprendre certains problèmes techniques que posa
l'implantation du nouvel hôpital. Sa vie politique fût complexe. Conseiller municipal
depuis 1866, il fût, à partir de 1871, élu maire à plusieurs reprises. Il faut
signaler qu'à cette époque le gouvernement pouvait révoquer le maire élu et désigner
discrétionnairement un nouveau maire. Ce fut à deux reprises le cas d'Anselme Rubillard.
De plus, il démissionna une fois. Ainsi, il fut écarté pendant plus de dix ans de la
gestion municipale (période pendant laquelle il fut souvent remplacé par Louis
Cordelet). Pourtant, malgré ces interruptions dans son mandat, Anselme Rubillard continua
d'impulser la construction du nouvel hôpital. Il est vrai qu'il cumulait en même temps
les mandats de député puis de sénateur de la Sarthe ce qui l'aida probablement à mener
à bien son entreprise. Quelles étaient ses conceptions pour cet hôpital ?
Il fallait, disait-il
"ne pas continuer les errements du passé et ne pas faire une politique
d'amélioration au jour le jour sans plan d'ensemble". Il fallait donc pour
construire le nouvel hôpital, un terrain vaste dans un quartier assez éloigné du centre
ville. Il fallait aussi que cet hôpital soit pavillonnaire, ce qui à l'époque était
une nouveauté, mais en conformité avec les plans adoptés en France dans différentes
villes pour les hôpitaux récemment construits. Anselme Rubillard insista aussi pour que
le nouvel hôpital comportât un quartier payant. Grande innovation pour lépoque.
Dès 1882 le projet
d'un nouvel hôpital paraissait en principe accepté pour Le Mans. Dans les séances du 19
mars 1884, la commission administrative eut à choisir l'emplacement. Quatre propositions
furent examinées : La propriété Saint-Gilles au Patis Saint-Lazare, La propriété
Isaac, au nord de la ville près de la route de Bonnetable, La propriété Girard à
Pontlieue, La Closerie de Monthéard, route de Laval. La propriété Saint-Gilles fut tout
de suite éliminée car le terrain était trop petit. Entre les trois propositions
restantes, ce fut la dernière, la Closerie de Monthéard (Plan II) qui fut retenue pour
les raisons suivantes : le terrain était vaste : 13 hectares 2 ares, son emplacement et
sa configuration qui seront détaillés plus loin paraissaient intéressants, il était
d'un prix avantageux. Ses propriétaires, Messieurs Cornuau et Durfort le cédèrent pour
191.990 F. Il fut acheté le 23 Janvier 1885.
Pour l'implantation et
la construction sur ce terrain de bâtiments hospitaliers, plusieurs plans furent
proposés et des appels d'offres furent lancés. Des avant-projets furent établis ainsi
que des devis. L'adjudication des travaux eut lieu le 14 Octobre 1887. Le devis qui fût
retenu s'élevait à 1.810.754 F. La première pierre fut posée le 22 avril 1888 et la
construction commença rapidement. Mais, auparavant, il fallut faire un drainage du
terrain qui était humide, installer des égouts pour les eaux de pluie et les eaux usées
du futur hôpital. En 1889, des problèmes de procédure survinrent car les frais de
construction dépassaient les sommes annoncées dans les avant-projets. Cependant, cela
n'arrêta pas les travaux. Le financement fut assuré par différents apports : une
subvention de 500.000 F de la ville du Mans, une subvention du département, la vente
d'immeubles, de fermes et de forêts qui appartenaient à l'hôpital.
Etant donné que dans
cet hôpital il était prévu linstallation de services réservés aux militaires,
la commission administrative essaya d'obtenir une subvention de lautorité
militaire, mais un désaccord se manifesta. Dans les discussions que cela entraîna,
intervinrent Casimir Perrier, alors ministre d'état, puis le ministre de la guerre de
l'époque, Lewal, puis le général Boulanger, successeur de Lewal au ministère de la
guerre. Finalement, les militaires n'accordèrent pas de subvention mais le général
Boulanger accepta une réduction du nombre des lits réservés aux militaires dans
l'hôpital. Malgré les difficultés rencontrées, la construction se fit rapidement et
l'inauguration eut lieu le 12 juillet 1891, trois ans et trois mois après la pose de la
première pierre.
Cette inauguration fut
encore à l'origine de désaccords entre le maire et la préfecture. La date du 12 juillet
choisie par le maire ne fut pas acceptée par le préfet Il voulait quelle soit
reportée au 26 juillet 1891, le même jour que celle de l'hôtel des postes et du viaduc
de Pontlieue, date à laquelle devaient venir au Mans le ministre des travaux publics et
le ministre de l'intérieur. Un accord ne put être trouvé et finalement la date du 12
juillet 1891 fut maintenue pour l'inauguration de l'hôpital. Ce fut le général
commandant le 4ème corps d'armée qui présida la cérémonie à laquelle le préfet
n'assista pas. Un long cortège, partant de l'ancien hôpital se rendit à pied au nouvel
hôpital. Il était composé du général commandant la 4ème région, du maire, de ses
adjoints, des membres de la commission administrative, des membres du conseil municipal,
de l'aumônier de l'hôpital et de nombreuses personnalités sarthoises. Il y eut des
discours d'Anselme Rubillard et d'un médecin hospitalier, le Docteur Mélisson. La
cérémonie se clôtura à 22 h 30 par une illumination de la route de Laval et par un feu
d'artifice tiré de la place de la Croix d'Or.
Il convient de relever
que pendant la construction et au moment de l'ouverture du nouvel hôpital, il y eut des
protestations et des pétitions véhémentes. Les critiques portaient sur le site choisi,
accusé d'être "balayé par des vents d'ouest, au sol aquifère, peu perméable,
éloigné de Pontlieue et au voisinage d'une caserne". Mais toutes ces critiques
s'atténuèrent quand le nouvel hôpital devint opérationnel. Sa réalisation fut alors
saluée dans les discours et dans les comptes rendus d'inspection, comme une grande
réussite. En 1893, l'inspecteur général des services de santé des armées félicita
l'administration hospitalière et la municipalité de ses efforts persévérants qui
avaient fait de l'hôpital du Mans l'un des plus beaux hôpitaux de France.
Quand le nouvel
hôpital devint fonctionnel, l'ancien hôpital général fut abandonné. Ses bâtiments
furent démolis. Son terrain (6 hectares) fut mis en vente. En bordure de la Sarthe on
construisit assez rapidement la gare des tramways à vapeur qui fut achevée en 1894. Le
reste du terrain fut vendu par lots. On y construisit un marché couvert, une école
pratique de commerce et d'industrie, puis des maisons particulières. La vente de tous les
lots n'était pas encore terminée vingt ans après l'inauguration du nouvel hôpital.
LES SERVICES GENERAUX
En 1891, au moment de l'ouverture de l'hôpital, ces services généraux étaient assez bien organisés pour l'époque.
étaient vastes, les cuisinières étaient alimentées au bois et au charbon (Photos 11-12-13).les cuisines
LE PERSONNEL DE L'HOPITAL
LE PERSONNEL ADMINISTRATIF
La direction de l'hôpital était assurée par une commission administrative chargée d'en assurer le fonctionnement et d'accepter ou de refuser les propositions et demandes qui étaient faites aussi bien en ce qui concernait les travaux de construction, d'agrandissement, que d'embauche de personnel, etc. Cette commission surveillait aussi les finances de l'hôpital. Elle se réunissait tous les lundis et était composée de 7 membres. Le maire du Mans en était le président de droit. Quatre membres étaient nommés par le préfet. Deux membres étaient choisis dans le conseil municipal. Sur place, la direction de l'hôpital était assurée par un directeur appelé alors secrétaire général. Il n'était pas membre de la commission administrative, mais il assistait aux séances et pouvait suppléer un membre de la commission en cas d'absence. Il avait la charge de veiller à l'exécution des décisions prises par la commission administrative. En poste à l'hôpital, en plus du secrétaire général, il y avait un adjoint du secrétaire général, un économe, un sous-économe, des secrétaires de direction, des employés de bureau. Au total, une douzaine de personnes, non compris un receveur et ses adjoints qui, eux, dépendaient du Ministère des Finances.
LE PERSONNEL MEDICAL
LES MEDECINS
En 1891, ils étaient au nombre de 4. Ils devaient avoir au moins 12 inscriptions de médecine ; ils passaient un concours au Mans. Ils étaient nommés pour deux ans, mais pouvaient obtenir une prolongation d'un an.LES INTERNES
Il n'y avait qu'un pharmacien à mi-temps. Il assurait en plus de la pharmacie, le laboratoire. Il avait pour l'aider deux employés. (Photos 17 et 18)LE PHARMACIEN
LE PERSONNEL RELIGIEUX
LE PERSONNEL CIVIL
LEVOLUTION DE LHOPITAL DU MANS DEPUIS SA CREATION
Nous avons décrit l'hôpital du Mans tel qu'il se présentait en 1891, c'est à dire à la fin de sa construction. Nous allons maintenant relater son évolution. Présenter celle-ci dans un ordre strictement chronologique nous paraît difficile car souvent les travaux réalisés dans une même unité s'échelonnent dans le temps. Cela amènerait à revenir à différentes reprises sur un même service, ce qui rendrait l'exposé confus. Aussi, paraît-il plus commode de diviser l'histoire de l'hôpital du Mans en trois périodes : Une première période de 1891 à 1946. Une deuxième période de 1946 à 1977. Une troisième période de 1977 à 1994.
La première période, de 1891 à 1946 s'étend sur un peu plus d'un demi-siècle. En 1891, l'hôpital venait d'être construit, selon les normes les plus récentes pour l'époque. Aussi, dans les années qui suivirent, il n'y eut pas d'innovation importante dans l'installation et dans le fonctionnement. On ne peut mettre à l'actif de cette période que deux constructions pour les personnes âgées, et surtout, la construction d'un grand service de chirurgie, vainement réclamé depuis 1911 dont, comme nous le verrons, la guerre empêcha la population mancelle den profiter avant 1946.
La deuxième période, que nous faisons débuter en 1946, et qui va jusquen 1977 vit par contre de nombreuses réalisations. Elle est marquée, de la part des organismes directeurs, par une recherche constante, des améliorations à apporter à l'hôpital. Durant ce laps de temps, se succédèrent de nombreux travaux : d'abord ceux nécessités par la remise en état des services plus ou moins détériorés par la guerre, puis un souci damélioration des conditions d'hospitalisation et les services d'investigation médicales.
Dans la troisième période de 1977 à 1994, lhôpital va franchir une étape décisive en décidant la construction dun complexe hospitalier de 550 lits : le Fontenoy. Ce fut le début dune orientation nouvelle de la stratégie hospitalière, caractérisée par la globalité dans sa continuité et dans laquelle allait sinscrire toute une série dopérations nouvelles
PREMIERE
PERIODE EVOLUTION DE LHOPITAL DU MANS
DE 1891 A 1946
ACQUISITIONS DE TERRAINS
CONSTRUCTIONS REALISEES PENDANT LA PERIODE
1891-1946
Sur
le terrain obtenu dans l'enclave Est, le long de la route de Laval, on construisit en 1904
un bâtiment de 29 chambres confortables destinées à des vieillards et à des malades
chroniques valides des deux sexes. (Plan IV) Le séjour dans ce service était payant. Le
pavillon bénéficiait d'un beau jardin donnant sur la route de Laval. Ce service fut
d'abord appelé « pavillon des petits ménages », et reçut plus tard le nom
de Carel. Jules Carel avait été un industriel du Mans, membre de la commission
administrative hospitalière, conseiller municipal. Il avait dû probablement aussi
participer au financement de la construction et de l'aménagement de ce pavillon.
Dans le reste de
l'enclave acquise par l'hôpital, on construisit une maison d'habitation avec un jardin.
Elle fut affectée au logement d'un des membres de l'administration hospitalière. Près
de cette maison, à l'Est de celle-ci fut aussi construit un autre logement pour un
employé de l'hôpital. En outre, toujours sur le terrain provenant de l'achat de cette
enclave Est, il fut construit en 1906, derrière le pavillon Carel, c'est-à-dire entre
lui et le service des enfants assistés, un service de chirurgie pour enfants des deux
sexes. Il comprenait 48 lits et avait sa propre salle d'opération. Il fut appelé
Marjolin. (Plan IV)
Ce fut également à
cette période que fut construit, mais cette fois sur le terrain acheté en 1885, une
infirmerie pour les vieillards des deux sexes. Elle était située en bordure de la ruelle
aux Oies, près de la porte charretière. Cette infirmerie comportait 73 lits. Elle était
destinée aux vieillards et incurables ayant besoin de nombreux soins. Il lui fut donné
le nom de Charcot. (Plan V)
Il
restait à faire une construction réclamée depuis fort longtemps, presque depuis la
création de l'hôpital. C'était celle d'un grand service de chirurgie pourvu de
plusieurs salles d'opération. (Plan V). Dans cette période de la fin du XIXème siècle
et du début du XXème siècle, alors que la chirurgie faisait de grands progrès et avait
de plus en plus d'indications, l'hôpital du Mans n'avait qu'une seule salle d'opération,
petite, isolée des autres pavillons, mal équipée et servant à la fois pour les
opérations aseptiques et septiques. Aussi, à maintes reprises, les chirurgiens avaient
signalé les défectuosités de cette installation, ils se plaignaient d'avoir un
équipement insuffisant et aussi de ne pas pouvoir, lorsque se présentaient des cas
urgents, disposer de la salle d'opération parce qu'elle était déjà occupée par une
opération en cours.
La commission
administrative hospitalière discuta de ces problèmes à de nombreuses reprises, en
particulier lors de ses réunions du 28 octobre 1911 et du 13 mars 1913. Les plans d'un
service de chirurgie de 100 lits avec plusieurs salles d'opération attenantes furent
étudiés. Ils furent approuvés par les chirurgiens, mais rien ne fut fait. On peut
sinterroger sur la façon dont, pendant la première guerre mondiale, purent être
opérés les blessés. Il y eut bien alors des salles d'opération de fortune, installées
dans les pavillons militaires, mais cette solution nétait pas satisfaisante.
Enfin, le 7 mars 1925
une commission fut chargée d'étudier un nouveau projet de construction d'un grand
service de chirurgie. On y envisagea au moins trois salles d'opération de façon à
pouvoir séparer les cas aseptiques des cas septiques. Ces salles d'opération devaient
être reliées aux salles d'hospitalisation par des galeries closes. Ce plan fut approuvé
par la commission administrative mais cette fois encore rien naboutit dans
l'immédiat.
Le 29 mars 1930, un
nouveau rapport du corps médical fut adressé à la commission administrative. Il
demandait un service très important, 220 lits de chirurgie, dans un grand et long
bâtiment. Dans ce bâtiment il était prévu un sous-sol, un rez-de-chaussée, quatre
étages desservis par deux grands ascenseurs, deux salles d'opération par étage, ainsi
qu'une salle d'examens, une salle de pansements, des bureaux et une vaste pièce pour le
nettoyage des instruments et pour leur stérilisation.
Ce plan fut approuvé
le 6 septembre 1930. Le coût initial fut estimé à 11.250.000 francs. Des subventions
furent attribuées le 16 janvier 1932 : 2.500.000 francs par le ministre de la santé
publique, et le gouvernement classa cette construction dans le groupe des grands travaux
nationaux pour la lutte contre le chômage et la relance de léconomie. Pour la
construction de ce service de chirurgie, un vaste terrain était disponible entre le
service hospice des hommes et l'isolement. (Plans IV et V, et vue perspective). Les
travaux commencèrent lentement.
Une lettre du
président du conseil datée du 8 janvier 1934, demanda que les travaux soient activés.
Ils ne seront pourtant terminés avec leurs derniers agencements que le 17 octobre 1938.
(Photo 23-24). Ce pavillon de chirurgie fut donc opérationnel en 1938, mais
lhistoire retiendra que ce ne fut pas au profit de la population mancelle. (Plan V
et vue perspective.
En effet, dès 1938 et
jusqu'en mars 1946, en raison des événements internationaux, il fut réquisitionné,
comme un certain nombre des pavillons de l'hôpital. Pendant cette période son
organisation nous est assez mal connue. C'est pourquoi nous reporterons sa description et
l'étude de son fonctionnement à la période qui suit 1946, période où il fut remis au
service de la population civile, et où son aménagement redevint l'apanage de
l'administration hospitalière.
AMELIORATIONS REALISEES DANS L'ORGANISATION DES SERVICES MEDICAUX
entre 1891 et 1946
CONCERNANT LA TUBERCULOSE
A cette époque, l'endémie tuberculeuse était très importante. Or, lors de la création de l'hôpital et jusqu'en 1938, les tuberculeux étaient soignés dans des salles communes et non séparés des malades hospitalisés pour d'autres affections. Cela était évidemment l'origine de contaminations fréquentes. En 1938, on procéda à une séparation des malades et on affecta deux pavillons (H et I) aux tuberculeux. On proposa d'appeler ces services "pavillon des Tuberculeux incurables" ! C'était pour le moins maladroit. Plusieurs personnes demandèrent que le terme incurable fut supprimé, ce qui fut accepté. Une autre innovation avait été introduite en 1922, la création d'un dispensaire antituberculeux. Il fut d'abord installé dans le pavillon administratif, à la partie Ouest du rez-de-chaussée. En 1955 il fut déplacé et relogé dans le petit pavillon de l'infirmerie de l'ancienne maternité. Dirigé par un médecin phtisiologue, aidé d'une infirmière et d'une assistante sociale, il était alors assez mal équipé, comme on le verra ultérieurement.
CONCERNANT LES SPECIALITES O.R.L. ET OPHTALMOLOGIE
Autre amélioration qui fut longue à obtenir, celle d'un service autonome pour ces deux spécialités. La demande en avait été faite dès 1895. A cette époque, ces spécialités n'étaient pas reconnues dans les hôpitaux, et les malades qui en relevaient étaient traités dans les services de chirurgie. Une consultation d'ORL. fut ouverte en 1906 dans le service de chirurgie infantile (Marjolin). Un petit service d'ophtalmologie fut organisé en 1909, mais ce ne fut qu'en 1930 qu'un service affecté à ces deux spécialités fut créé. Il fut installé dans le pavillon F qui avait été abandonné par les militaires et on lui donna le nom de Lermoyez-Lagrange (un ORL. parisien et un ophtalmologiste de Bordeaux, tous deux de grand renom).
DEVELOPPEMENT DES TECHNIQUES D'INVESTIGATION MEDICALE
DURANT LA PERIODE 1891 - 1946
Pendant cette période, les techniques dinvestigation médicale avaient fait de grands progrès, mais comme nous l'avons dit, leur mise en uvre exigeait des installations importantes et onéreuses et un personnel qualifié. Pour cette raison sans doute, le Centre Hospitalier du Mans a commencé à s'y adapter à un rythme assez modeste et les installations adéquates ne furent vraiment entreprises qu'après la fin de la première guerre mondiale.
LES EXAMENS BIOLOGIQUES
En 1891, lors de la création de l'hôpital, il n'avait pas été prévu de laboratoire, mais dès 1895 les médecins du Centre Hospitalier du Mans demandaient qu'il en soit installé un. Lorsque cela leur fut accordé, le pharmacien hospitalier fut chargé de le faire fonctionner. Il était aidé par une employée. Deux pièces furent affectées à ce service dont l'installation semble avoir été assez sommaire. Le matériel se limitait à un microscope, des colorants et quelques réactifs. Il ne semble pas qu'il y ait eu possibilité de faire des cultures. D'ailleurs, le laboratoire avait une activité réduite. Durant l'année 1914 par exemple, seulement 933 examens furent demandés. En 1915, peut être à cause de la guerre, il en fut demandé davantage, 1046, dont 495 analyses d'urine, 222 prélèvements de gorge, 218 réactions de Wassermann, 154 examens du liquide céphalo-rachidien, 80 examens de crachats, seulement 15 numérations globulaires et aucune culture de sang, de pus ou d'autres produits pathogènes. (Photo 17-18-19). En 1923, le chef du laboratoire demanda des améliorations. Il obtint un microscope plus performant et quelques autres instruments dont le détail ne fut pas enregistré. A l'occasion de ce compte rendu du fonctionnement du laboratoire, signalons que certains examens biologiques impossibles à réaliser à l'hôpital, étaient demandés à un laboratoire de ville.
LES EXAMENS RADIOLOGIQUES
Malgré les demandes faites à plusieurs reprises depuis 1906 par les médecins et
chirurgiens hospitaliers qui étaient au courant de l'intérêt des examens radiologiques,
il n'y eut pas d'installation radiologique dans l'hôpital jusqu'à la fin de la première
guerre. Quand un examen radiologique s'imposait pour un malade ou un blessé hospitalisé,
on recourait à un médecin radiologue, le Docteur Boëteau, installé en ville. On lui
conduisait le patient et ce médecin faisait l'examen gratuitement. Aux débuts de la
radiologie on connaissait mal les dangers pour l'organisme (en particulier sur la peau et
sur le sang), des rayonnements X et les utilisateurs étaient exposés sans protection à
ces rayons. Aussi, le radiologue qui travaillait pour l'hôpital, le Docteur Boëteau,
fut-il atteint de radiodermites qui exigèrent des amputations, de doigts et de bras. Il
en mourut en 1911. Après sa mort, deux autres radiologues installés en ville furent
chargés de faire chez eux les examens pour les malades de l'hôpital, mais ces examens ne
furent plus pratiqués gratuitement. Pendant la guerre de 1914-1918, l'autorité militaire
fit installer dans un de ses pavillons un appareillage radiologique utilisé exclusivement
pour les militaires.
Après la guerre en
1919, l'hôpital racheta à l'armée son matériel radiologique qui fut mis en
fonctionnement dans le pavillon G. Un des radiologues installé en ville fut chargé de
venir faire les examens à l'hôpital. De même que lon peut être surpris du retard
que lhôpital du Mans avait pris en ce qui concerne linstallation dun
service de chirurgie bien structuré, on est également surpris du retard pris dans le
domaine de la radiologie. En voici encore un exemple : le dispensaire antituberculeux
créé en 1922 navait pas pu, malgré des demandes réitérées, obtenir avant 1936
un simple appareil de radioscopie, appareil vraiment indispensable pour le dépistage de
la tuberculose pulmonaire, et qui était à lépoque dun prix relativement
modeste. Peu à peu ce service s'organisa et s'équipa de matériel plus performant. Il
acquit, à côté d'appareils de radiodiagnostic, des appareils de radiothérapie et de
physiothérapie.
Après la guerre de
1939-1946, le service de radiodiagnostic fut installé au rez-de-chaussée du pavillon de
chirurgie, mais la radiothérapie resta dans le pavillon G auquel fut donné le nom du
radiologue manceau victime des rayons X : Boëteau. D'autres améliorations furent
apportées dans les investigations paracliniques. Celles touchant notamment
lélectrocardiographie puisquun appareil fut acquis, en 1939, ce qui apparaît
fort tardif eu égard à lintérêt majeur que représentait cet équipement pour la
pathologie cardiovasculaire. En 1934, fut également mis en place un service de
transfusion sanguine dont la commission administrative avait décidé, dans sa séance du
20 juin 1932, la création et le rattachement au laboratoire.
AMELIORATIONS TECHNIQUES REALISEES DANS LES SERVICES GENERAUX
DURANT LA PERIODE 1891 - 1946
Nous venons d'étudier les innovations apportées dans l'organisation du Centre Hospitalier du Mans pendant la période 1891 - 1946. Nous allons maintenant aborder les améliorations concernant les services généraux de l'hôpital qui ont été effectuées pendant la même période.
L'ECLAIRAGE
Lors
de la construction de l'hôpital en 1891, quelques postes peu nombreux d'éclairage au gaz
avaient été installés dans certains services. Mais ce ne fut qu'à partir de 1900 que
l'éclairage au gaz fut généralisé à l'hôpital, restant toutefois insuffisant. Une
amélioration fut néanmoins apportée par laugmentation du nombre de becs et par le
recours à ces becs de meilleures qualité qualifiés "détincelants".
Puis, fut discutée une première fois linstallation de léclairage
électrique en commission administrative le 3 août 1907 mais rien ne fut entrepris dans
les années suivantes. En 1913 un nouveau projet fut étudié pour installer
l'électricité dans tout l'hôpital. En dehors de quelques arrivées de courant dans de
rares services, telles que dans la salle d'opération, il n'y eut aucune généralisation
de la distribution d'électricité. En 1922 plusieurs services bénéficièrent enfin de
l'éclairage électrique, en particulier le laboratoire et quelques rares pavillons.
Mais ce n'est qu'en
1928 que l'éclairage électrique fut installé dans tout l'hôpital. Un crédit de 60.000
francs fut débloqué le 28 avril 1928 par la commission de répartition des fonds du Pari
Mutuel, et cela grâce à l'appui du sénateur de la Sarthe. En 1930, le réseau
électrique fut amélioré par l'installation de la haute tension avec un transformateur
placé dans la partie Nord-Ouest de l'hôpital. D'autres améliorations du réseau
électrique furent encore réalisées en octobre 1933.
LE TELEPHONE
Un réseau téléphonique au nombre de postes très réduit fut installé en 1902, avec un standard dans la loge du concierge, mais par la suite, le nombre de postes fut progressivement augmenté et en 1946 on en dénombrait environ 40.
LE CHAUFFAGE
Comme nous l'avons dit, en 1891 le chauffage était assuré par des poêles dans les
salles de malades et que dans les services administratifs. Dans les pavillons payants, les
chambres avaient des cheminées fonctionnant au bois.
Les premières
améliorations réalisées dans le chauffage furent l'installation de radiateurs à
circulation d'eau chaude dans les salles des différents pavillons. Ils étaient
alimentés par une chaudière placée dans la cave de chacun des pavillons qui
fonctionnait au charbon ou au bois. Une importante main-duvre était
nécessaire pour entretenir en combustibles toutes ces chaudières qui en 1911 étaient au
nombre de 21. Sur les 21 chaudières, on considérait qu'il y en avait dix qui assuraient
un chauffage satisfaisant, mais onze qui donnaient un chauffage médiocre.
En 1936, on envisagea
d'installer un "chauffage à distance", c'est-à-dire une chaufferie centrale
qui assurerait le chauffage de tout l'hôpital. Cette chaufferie fut installée près des
ateliers au Nord de l'hôpital. Elle comportait deux énormes chaudières fonctionnant au
charbon et dont les gaz étaient évacués par une très haute cheminée pour éviter la
gêne que la fumée aurait pu provoquer dans l'hôpital. A proximité de la chaufferie,
était prévu un important dépôt de charbon. En pratique, en 1938, cette chaufferie
centrale n'assura d'abord que le chauffage du pavillon de chirurgie nouvellement ouvert.
Par la suite, après la guerre 1939-1945, tous les pavillons de l'hôpital et tous les
services y furent raccordés
Des améliorations
furent aussi apportées à d'autres services généraux, en particulier :
AUX CUISINES
En septembre 1903 on y installa des marmites basculantes à vapeur, alimentées par une chaudière se trouvant près des ateliers. En 1911, on dut renouveler les cuisinières à charbon et les marmites à vapeur. En octobre 1932, on installa des cuisinières fonctionnant au gaz. En janvier 1933, on équipa les cuisines de deux marmites de 300 litres fonctionnant au gaz, de fours à rôtir, de friteuses pour pommes de terre, et de grilloirs. En novembre 1933, on installa des chambres frigorifiques.
AUX BUANDERIES ET AUX LINGERIES
Des améliorations y furent aussi apportées en septembre 1932. Elles furent équipées de sécheuses repasseuses.
ACCROISSEMENT ET EVOLUTION DU PERSONNEL
Les agrandissements de l'hôpital, l'augmentation du nombre des malades hospitalisés, le développement des procédés d'investigation saccompagnèrent parallèlement dun renforcement sensible de ses effectifs. Pour s'en rendre compte, nous prendrons comme année de référence, d'une part 1891, d'autre part l'année 1937, même si notre étude porte jusquà lannée 1946. En effet, à partir de 1937, en raison des guerres, les éléments recueillis ne sont pas toujours significatifs dans la mesure où les effectifs en personnel ont sensiblement varié.
LE PERSONNEL ADMINISTRATIF
En 1937 il était de 20 personnes. Il avait peu changé par rapport à l'année de la création 1891 où il était de 14.
LE PERSONNEL MEDICAL
Pendant cette période, le nombre des médecins saccrût. En 1891, il y avait 6 médecins, en 1937 ils étaient 23, ainsi répartis :
- 3 chirurgiens chefs de service et 3 adjoints
- 4 médecins chefs de service et 4 adjoints
- 1 chirurgien accoucheur chef de service et 1 adjoint
- 1 ORL chef de service et 1 adjoint
- 1 ophtalmologiste chef de service et 1 adjoint
- 1 stomatologiste
- 1 électroradiologiste et 1 adjoint
Il y avait un pharmacien chef de service et 1 adjoint, une sage-femme et une sage-femme adjointe. Les internes étaient au nombre de 4 en 1891, et au nombre de 6 en 1937.
LES RELIGIEUSES
Leur effectif est demeuré sensiblement le même : 54 en 1891, 52 en 1937.
LE PERSONNEL LAÏC
Il a connu, quant à lui, une forte progression. De 200 environ en 1891, il est passé à 475 en 1937. Il se répartissait ainsi :
Surveillantes civiles 4
Sous-surveillantes 7
Infirmiers et servants hommes 104
Infirmières et servantes femmes 211
Employés aux cuisines 17
Employés aux buanderies 16
Employés aux lingeries 38
Personnel ouvrier 78
comprenant les responsables de service, mécaniciens, chauffeurs, électriciens, menuisiers, peintres, couvreurs, cochers, plâtriers, jardiniers, boulangers, bouchers, concierge, divers
CREATION DUNE ECOLE DINFIRMIERES
Au
XIXème siècle, il n'y avait pas, en France, de diplôme officialisant le titre
d'infirmière. Ce diplôme fut institué au début du XXème siècle. Cela incita la
commission administrative de l'hôpital à demander la création d'une école
d'Infirmières répondant à un besoin de l'hôpital et de tout le département. Elle fut
ouverte en février 1904.
Dans les années qui
suivirent son ouverture, l'activité de cette école nous est assez mal connue. On sait
seulement qu'au début, cette école n'était pas une école détat, que les études
n'y duraient qu'un an et ne donnaient pas le diplôme d'infirmière mais celui de garde
malade. Puis les études s'organisèrent selon un modèle général et durèrent deux ans.
L'école resta encore plusieurs années une école départementale, et le diplôme obtenu
en fin d'études était ce qu'on appelait un "diplôme d'école" ; un
diplôme local n'ayant qu'une valeur départementale.
A la suite de
démarches des médecins et de l'administration, l'école fut agréée par un arrêté du
10 septembre 1938, comme école détat. Ses élèves se présentaient à l'examen
national qui, pour les élèves du Mans, se passait à Nantes. Dans les années qui
suivirent, l'école prit de l'extension, extension parfois ralentie par les événements.
Elle eut à subir de nombreux déménagements jusqu'à son installation définitive dans
de grands bâtiments très fonctionnels, construits spécialement pour elle. Tout ceci
sera exposé ultérieurement lorsque nous relaterons cette plus récente partie de son
histoire.
FONCTIONNEMENT DE L'HOPITAL
PENDANT LES DEUX GUERRES MONDIALES
Il
paraît préférable de décrire séparément cette période durant laquelle le
fonctionnement de l'hôpital fut si perturbé.
La première guerre
mondiale 1914-1918 n'entraîna pas de perturbations très importantes dans l'hôpital. Les
pavillons affectés aux militaires furent assurément surchargés de blessés et de
malades venant du front ; Aussi, quelques pavillons civils furent réquisitionnés, des
baraquements furent installés pour augmenter la capacité d'accueil des militaires, mais
les services civils de l'hôpital continuèrent à fonctionner à peu près normalement.
Il n'en fut pas de
même durant la guerre de 1939-1945. Dès le début de l'occupation, les Allemands
s'installèrent dans l'hôpital du Mans. Leurs relations individuelles avec le personnel
hospitalier furent généralement assez correctes, mais ils n'hésitèrent pas à utiliser
pratiquement toutes les possibilités médicales et chirurgicales de l'hôpital, ne
laissant pour les besoins de la population du Mans qu'un pourcentage nettement insuffisant
d'utilisation des services de l'hôpital.
Ils s'installèrent en
août 1940. Leur arrivée fut impressionnante : 20 ambulances amenèrent 32 médecins ou
chirurgiens et 120 hommes infirmiers. Ils réquisitionnèrent d'abord la plus grande
partie du pavillon de chirurgie, ne laissant aux malades civils que la moitié d'un des
services avec une seule salle d'opération. Ils réquisitionnèrent également les 5
pavillons militaires et plusieurs pavillons civils. Par ailleurs, en 1942, les occupants
avaient construit dans l'enceinte de l'hôpital deux abris antiaériens, énormes
blockhaus de béton où s'abritaient en cas d'alertes le personnel médical et infirmier
allemand. Ces blockhaus étaient si épais qu'après la guerre, on a renoncé à les
détruire de crainte d'endommager les pavillons avoisinants. L'un d'eux sert maintenant de
local pour lassociation "Loisir et Culture" de l'hôpital. Par la suite au
moment du débarquement, les allemands ont pratiquement occupé tout l'hôpital, en y
réquisitionnant 1.500 lits. En janvier 1944, prévoyant les événements ultérieurs, ils
ont commencé par réquisitionner 50 lits d'un pavillon de médecine pour y soigner les
blessés de bombardements aériens. En mai 1944, ils réquisitionnèrent un baraquement
occupé par 45 vieillards hommes. Le 26 juin 1944, ils réquisitionnèrent un pavillon où
étaient on peut dire "entassés" 230 vieillards. Ces derniers furent
transférés sur l'hôpital de Sablé, sur l'hospice Saint-Vincent du Mans et sur divers
autres hospices du département. Et finalement, le 15 juillet 1944, ils
réquisitionnèrent la presque totalité de l'hôpital, y compris la chapelle où ils
installèrent des lits. Il ne restait disponible pour les civils que :
Le pavillon administratif
La pharmacie
Le pavillon des enfants assistés
La maternité
Le pavillon des malades mentaux
Le service de radiologie.
Certains malades avaient pu retourner dans leur famille, mais tous ceux qui étaient encore à l'hôpital, soit 352 patients, ont été alors transférés
Au collège de Sablé
Au collège de la Motte Beuvron
A l'hospice de Mansigné
A l'hospice de Château-du-Loir
A l'abbaye de Solesme
A l'hospice du Grand Lucé
A l'hospice de La Chartre
A l'hospice de la Ferté Bernard
Au sanatorium de Parigné
A la clinique Delagénière
A la clinique Saint-Côme
Lorsque les alliés arrivèrent au Mans, les allemands en partant emmenèrent quelques-uns uns de leurs soldats hospitalisés, mais en laissèrent un grand nombre qui furent considérés comme prisonniers de guerre. Après leur départ, l'hôpital fut réquisitionné d'août 1944 à février 1946 par le service de santé américain. Les américains libérèrent aussitôt pour les civils un certain nombre de pavillons, et par la suite ils continuèrent à restituer les salles dont ils n'avaient plus besoin. Il est vrai que parmi leur matériel de guerre, ils avaient débarqué en France 50 hôpitaux mobiles de campagne, comportant chacun 1.000 lits. Et il est certain que cette occupation américaine fut pour l'hôpital du Mans beaucoup moins contraignante et moins lourde que l'occupation allemande.
LE RAVITAILLEMENT DE LHOPITAL PENDANT TOUTE LA GUERRE
Le
ravitaillement alimentaire posa évidemment de gros problèmes (moins importants toutefois
qu'à Paris ou dans les très grandes villes). La proximité des sources de production
facilitait les choses. L'économat de la partie restée civile de l'hôpital avait pu
conserver une camionnette et l'économe s'était arrangé avec un fermier d'un village
assez proche du Mans. Ce fermier avait accepté de collecter tous les ufs
disponibles dans son village et dans les villages voisins. Il les mettait en conserve et
tous les 8 ou 15 jours, la camionnette de l'hôpital allait en prendre livraison. Elle
rapportait environ 6.000 ufs à chaque voyage. Pour se procurer de la viande,
l'hôpital achetait des bêtes sur pied, puis les faisait abattre aux abattoirs du Mans.
Ensuite, elles étaient débitées et préparées à l'hôpital. Ce système avait ainsi
pu maintenir la consommation de deux bufs et de deux ou trois veaux par semaine. De
plus, l'utilisation des déchets de l'hôpital permettait d'entretenir une porcherie qui
fournissait quatre à cinq porcs par mois. Le pain était fait à l'hôpital qui avait pu
obtenir l'attribution d'une quarantaine de quintaux de farine par mois. Enfin, toutes les
pelouses de l'hôpital avaient été labourées. On y cultivait des légumes, surtout des
pommes de terre. Grâce à cette organisation, les malades civils hospitalisés au Centre
Hospitalier du Mans furent à peu près suffisamment nourris pendant l'occupation.
Par contre,
l'approvisionnement en textiles était particulièrement difficile. Heureusement le Centre
Hospitalier du Mans avait une réserve importante de draps, de couvertures, de serviettes,
de compresses et de pansements. Pendant l'occupation l'économat ne garda pas ces trésors
dans l'hôpital où ils auraient pu être découverts et réquisitionnés par le service
de santé allemand. Ils furent mis en dépôt soit chez des commerçants, soit dans des
communautés où ils étaient sous bonne garde, et où l'économe allait en reprendre
selon les besoins.
TRANSFORMATIONS ET REAMENAGEMENTS DE LHOPITAL DU MANS
DE 1946 A 1977
Nous
avons vu que l'hôpital du Mans avait très peu évolué durant le demi-siècle après sa
construction. Plusieurs raisons expliquent cet état de choses :
L'hôpital, tel qu'il
avait été construit, représentait pour l'époque un hôpital très moderne et dans les
années qui suivirent, il n'y eut pas de changement notable dans la conception du
fonctionnement d'un hôpital.
De plus, la création
de l'hôpital avait représenté pour les finances un gros investissement qui interdisait
dans l'immédiat de nouvelles dépenses importantes, d'autant que durant cette période,
deux guerres meurtrières et dévastatrices avaient épuisé le pays.
Enfin, la population ne
se tournait pas naturellement vers lhôpital qui accueillait principalement des
personnes âgées et des indigents. Aussi, l'activité hospitalière n'était pas très
importante et n'exigeait pas d'extension urgente. Il en fut tout autrement après 1946,
où lunivers hospitalier se modifia de façon considérable.
Le nombre des sujets
hospitalisés avait sensiblement augmenté pour plusieurs raisons :
lallongement général de la durée de vie, lamélioration des conditions de
lhospitalisation. Ainsi un accroissement du nombre de lits de lhôpital devint
nécessaire. Ce fut rendu possible grâce à la création en 1945 de la sécurité
sociale, ce qui avait amélioré la situation financière des services de santé. On peut
schématiquement retenir que cette période fut marquée de quelques constructions mais
surtout de transformations et de réaménagements successifs pour répondre aux besoins de
la population en début et en fin de vie, saccompagnant parallèlement dune
humanisation progressive des conditions dhospitalisation.
Durant quelques trente années, lhôpital allait sefforcer, par étapes successives, de répondre aux besoins qui sexprimaient dans les différents secteurs dactivité. Ceci se réalisa, dans un contexte économique délicat, en suivant un rythme, tenant compte aussi des possibilités financières susceptibles dêtre dégagées. Les améliorations furent néanmoins sensibles et contribuèrent à renforcer la place de létablissement en même temps quelles rendirent nécessaires lexpression dun second souffle.
LE SERVICE DE CHIRURGIE Les travaux commencèrent en 1946 par une remise en état de l'hôpital qui débuta par le pavillon de chirurgie (Plan V et vue perspective - Photo 23-24). Ce grand pavillon bien qu'il ne fût pas occupé dans sa totalité par le service de chirurgie, a toujours été appelé "pavillon de chirurgie".LA MICROBIOLOGIE
Elle comporte un bureau pour le chef de service qui dispose d'un laboratoire personnel et un pour son assistant. Il y a 5 salles de bactériologie, chacune étant réservée à une catégorie spéciale d'examens. Un secrétariat est spécialement affecté à la microbiologie.
LA CHIMIE BIOLOGIQUE
Elle comporte un bureau pour le chef de service, avec un laboratoire personnel, un autre pour ses assistants, et treize salles de laboratoire, ainsi réparties : trois laboratoires de chimie, un laboratoire pour les explorations fonctionnelles, trois laboratoires pour les autoanalyseurs, un laboratoire d'enzymologie, un laboratoire pour les gaz du sang, un laboratoire pour les électrophorèses, un laboratoire de chromatographie, un laboratoire pour la toxicologie, un laboratoire d'hormonologie. Ce service comprend aussi deux secrétariats.
LHEMATOLOGIE
Elle
comporte un bureau pour le chef de service qui dispose d'un laboratoire personnel contigu,
un bureau pour son adjoint, deux vastes salles d'hématologie, une salle pour les examens
de moelle, deux salles de coagulation, une chambre noire et un secrétariat. A
l'hématologie fut provisoirement rattaché le centre de transfusion
sanguine, comme à sa création, mais ce qui aurait dû cesser avec la construction du
nouveau laboratoire. Des problèmes de répartition des locaux obligèrent à prolonger
cet état de choses pendant quelques années. Nous verrons plus loin que le centre de
transfusion sanguine a été installé plus tard dans un bâtiment spécialement conçu à
son effet.
Le personnel
nécessaire au fonctionnement du laboratoire est important, et compte plus de 70
personnes. Il comporte plusieurs médecins et pharmaciens, de nombreux techniciens de
laboratoire, infirmières et secrétaires. Le coût de la construction du laboratoire, en
1975, sest élevé à 7.855.650 francs, frais d'équipement non inclus.
Quant à la bibliothèque médicale, créée en 1976, elle occupe la moitié Sud du niveau
0. Dans les hôpitaux d'une certaine importance, une bibliothèque médicale est devenue
une nécessité. Cela permet aux médecins et aux internes d'avoir à leur disposition,
dans les diverses disciplines, de nombreux documents médicaux qu'ils peuvent consulter
sur place ou emprunter. Les locaux comprennent un secrétariat, une salle de lecture, des
magasins où sont stockés les livres et périodiques, un atelier pour l'entretien des
livres, la reprographie et les reliures. La bibliothèque contient plus de 8.000 ouvrages
et est abonnée à 200 périodiques, dont un tiers en langue anglaise. Elle est ouverte du
lundi au vendredi, de 9 heures à 17 heures, et les médecins non hospitaliers y sont
admis.
Son personnel comprend
un médecin responsable, deux bibliothécaires et un magasinier qui, en plus de la
surveillance des magasins, assure l'entretien des livres, la reliure et la reprographie.
La bibliothèque est informatisée ce qui permet aussi d'avoir sur toutes les affections,
et en quelques minutes, les renseignements désirés ou même la reproduction complète
d'un article, d'un périodique que ne possède pas la bibliothèque du Centre Hospitalier
du Mans. Il faut signaler que créer une bibliothèque médicale dans un hôpital est une
option dépendant de son administration. Son financement est majoritairement assuré par
cette dernière, les cotisations des usagers n'en fournissant qu'une très faible part.
LA NEPHROLOGIE