HISTORIQUE DU CENTRE HOSPITALIER DU MANS
de 1891 à 1994

Docteur André François   LEMANISSIER
Médecin Honoraire du Centre Hospitalier du MANS
- Décembre 1994

Avant propos

Préambule

Introduction

Les hôpitaux qui ont précédé le centre hospitalier :
Hospice de St Sépulcre
Hospice de Coulaines
Hospice des Ardents
Léproserie St Lazare
Maison Dieu Coëffort
L'Hôpital Général

Le centre hospitalier lors de sa création en 1891

Description du nouvel hôpital en 1891
Sa situation.
La description des pavillons.
Ses services généraux.
Son personnel

1ère période : Evolution de cet hôpital de 1891 à 1946 :
Les agrandissements.
Les constructions nouvelles.
Les améliorations de ses services médicaux et de ses services généraux.
Augmentation de son personnel.
Son fonctionnement pendant les guerres.

2ème période : Evolution de l'hôpital après 1946
Service de chirurgie
Service de radiodiagnostic
Laboratoires
Services de médecine
Bibliothèque médicale
Autres services anciens aménagés pour créer des lits de médecine: Béhier, Tardieu
Autres services de soins et d'hospitalisation médicale
    Rééducation fonctionnelle
    Pneumo-phtisiologie
    Service de pédiatrie
    Service d'accueil et d'urgences médicales
    Urgences chirurgicales
    Services de gériatrie
    Maternité
Innovations dans le fonctionnement hospitalier
    SMUR-SAMU
    Services d'investigation: médecine nucléaire, laboratoire d'anatomo-pathologie
    Pharmacie
    Services administratifs
    Nouvelle école d'infirmière.
Améliorations au sein des services généraux: cuisines, boulangerie, lingerie, électricité, téléphone, chauffage, ateliers.
Problème d'implatation vers les années 1975
Centre de gériatrie d'Allonnes
Blanchisserie hospitalière d'Allonnes.

3ème : du Fontenoy au schéma directeur 83
Niveau 0 du Fontenoy
La cuisine centrale,
Le restaurant du personnel et une cafétéria,
Les archives médicales,
Le service informatique.
Niveau 1 du Fontenoy
La radiologie,
Les urgences médicales et chirurgicales,
Le bloc opératoire,
La réanimation chirurgicale,
Les services de consultations,
L'exploration fonctionnelle du système nerveux,
Différents bureaux administratifs où sont réglées toutes les formalités concernant les admissions, les consultations, le règlement de tous les actes médicaux effectués au Centre Hospitalier du Mans.
Niveau 2 du Fontenoy
Le service de sécurité tranfusionnelle et d'hémovigilance
Le service de diététique
La stérilisation centrale
La lingerie centrale
L’atelier biomédical
Le bureau du responsable de l'équipe centrale de nettoyage
Le bureau du responsable du service central de distribution
Des bureaux pour certains médecins qui n'en ont pas dans les services où ils travaillent.
Des chambres pour des médecins et des infirmières de garde.
Niveau 3 du Fontenoy
LA DIRECTION DES SERVICES FINANCIERS
LA DIRECTION DES SERVICES FINANCIERS
LE SERVICE SOCIAL
LES SERVICES MEDICAUX DU NIVEAU 3: Le service d'ophtalmologie (Unités 33 et 34), le service de la réanimation médicale (U.35), le service de post-réanimation (U 32).
Niveau 4 du Fontenoy
Unité 41Chirurgie vasculaire Chirurgie orthopédique
Unité 42 Chirurgie digestive
Unité 43 Chirurgie générale et thoracique
Unité 44 Chirurgie générale et digestive
Niveau 5 du Fontenoy
Unité 51 Chirurgie urologique
Unité 52 O.R.L
Unité 53 Médecine générale
Unité 54 Chirurgie pédiatrique
Niveau 6 du Fontenoy
Unité 61 Neurologie
Unité 62Neurologie Stomatologie
Unité 63 Chirurgie orthopédique
Unité 64 Chirurgie orthopédique
Niveau 7 du Fontenoy
Unité 71 Unité 72 Unité 73 Cardiologie
Unité 74 Réanimation Cardiaque, 14 chambres à 1 lit.

L’après Fontenoy : le schéma directeur 83
Remise en état de l'ancien bâtiment de chirurgie: la pneumophtisiologie et la gastro-entérologie
Les bâtiments contruits après le Fontenoy:Nephrologie, Centre de transfusion sanguine, Gériatrie - Léonard de Vinci, Médecine, Pédiatrie, Internat, Chaufferie

Conclusion sur les constructions de 1891 à 1994

Résultat sur l’organisation et le fonctionnement.
Accroissement de l'activité hospitalière.
La gestion hospitalière
Accroissement du personnel.

Conclusion

Bibliographie

AVANT PROPOS

            C’est à la demande de la Direction du Centre Hospitalier du Mans que j'ai entrepris de faire l'historique de cet établissement depuis 1891, année de sa création, jusqu'à nos jours (31 décembre 1994). La direction m'a demandé de faire ce travail parce qu'ayant été médecin au Centre Hospitalier du Mans pendant de nombreuses années, on pouvait présumer que j'en avais une connaissance approfondie.
            En fait, s'il est vrai que j'avais une perception assez exacte de son installation, de son fonctionnement et de son ambiance, son histoire événementielle m'était assez mal connue et plus encore son parcours administratif J'ai donc dû faire des recherches de documentation assez variées. J'ai eu recours :
                                aux archives départementales de la Sarthe,
                                aux archives municipales du Mans,
                                et plus largement encore, aux archives hospitalières, car c'est au Centre Hospitalier du Mans que j'ai trouvé l'essentiel de ma documentation et surtout dans les volumineux registres où sont conservés les comptes rendus (manuscrits jusqu'en 1910) des séances de la commission administrative et des délibérations qui en découlent. J'ai aussi consulté les rapports moraux établis chaque année par la direction et qui sont la synthèse des événements et des décisions de l'année écoulée.   

            C'est donc par des remerciements aux responsables et agents de tous ces organismes que je veux commencer ce travail. Je dois dire que j'ai trouvé auprès de tous ceux et de toutes celles auxquels je me suis adressé, une aide, une compréhension et une gentillesse auxquelles j'ai été très sensible.
Je remercie particulièrement le personnel hospitalier et tout d'abord Monsieur Gérolami, Directeur Général, de m'avoir confié ce travail. Il m'a fourni des renseignements qui m'ont été fort utiles, surtout en ce qui concerne les questions administratives.
            Messieurs les directeurs adjoints m'ont également beaucoup aidé en me renseignant sur le fonctionnement de la section administrative dont chacun d'eux est responsable. Enfin, j'ai eu largement recours au personnel du Centre Hospitalier du Mans : médical, soignant, administratif et technique. Auprès d'eux, aussi bien qu'auprès de mes anciens collègues, médecins hospitaliers retraités, j'ai trouvé un accueil particulièrement amical et des indications très utiles dont je les remercie vivement. J'ajoute que j'ai été heureux de constater qu'ils étaient tous intéressés par l'histoire de cet hôpital auquel ils sont très attachés.
            Je suis reconnaissant aussi à deux personnes dont l'aide efficace a facilité mon travail : Madame Elisabeth Hamon, secrétaire, chargée de dactylographier le texte, ce qu'elle a fait avec beaucoup de soins et de complaisance, et Monsieur Serge Davy, attaché à la Bibliothèque Médicale du Centre Hospitalier du Mans. Il a exécuté avec une grande habileté la reprographie du texte et des plans ainsi que le brochage.

Docteur A.F. LEMANISSIER
Médecin Honoraire du Centre Hospitalier du Mans
Décembre 1994

PREFACE

            Lorsque je propose au Docteur Lemanissier d'entreprendre l'historique du Centre Hospitalier du Mans depuis son implantation en 1891, sur son site actuel, sa réponse est spontanément favorable. Sans doute, ne mesure-t-il pas d'emblée l'importance de la tâche. Par contre, ma conviction est immédiate : il s'y consacrera pleinement. C'est en effet un trait de la personnalité attachante du Docteur Lemanissier que ce constant souci de servir.
            Ce fut le cas en juin 1940 lorsqu'il répondit à l'appel du général de Gaulle et, rejoint ensuite par son épouse, fut présent en Libye, sur de nombreux champs de bataille. Au  sein de la première division française libre, il prend en charge un grand nombre de blessés, qu'il soigne dans des conditions difficiles. Ce fut tout autant le cas le 15 mai 1947 lorsqu'il arriva au Centre Hospitalier du Mans, d'abord comme médecin adjoint à temps partiel, puis très rapidement comme chef de service. Pendant 27 ans, il se dépense sans compter pour faire évoluer son service d'affectation : la pneumo-phtisiologie.
            Va-t-il au terme de cette carrière bien remplie décider de jouir d'une retraite bien méritée ? Point s'en faut, il reprend du service de façon totalement bénévole, en se donnant complètement au développement de la bibliothèque médicale de l'hôpital, dont chacun s'accorde aujourd'hui à souligner la notoriété reconnue à l'échelon national. A sa demande, le passage du témoin à un autre praticien s'effectue en 1992.
            Et c'est donc à 83 ans que le Docteur Lemanissier accepte de livrer encore de son temps, à l'écriture et à l'histoire d'une institution, dont il a été pendant près d'un demi-siècle un acteur important et apprécié.

            Je lui redis donc toute ma gratitude pour le travail accompli. Qu'il trouve aussi dans cet ouvrage, la reconnaissance d'un hôpital auquel il s'est particulièrement consacré, et qui est fier d'avoir compté parmi ses serviteurs, un praticien et un homme de cette qualité.

André GEROLAMI
Directeur du Centre Hospitalier du Mans

 


PREAMBULE

L’HOSPITALISATION

         Le concept d'hospitalisation est très ancien mais le sens qu'on lui a donné et sa finalité ont beaucoup varié dans le temps. Dans ses premières manifestations connues, il faut bien avouer que, plutôt que l'intérêt du malade, l'hospitalisation recherchait la protection des bien portants contre les affections contagieuses. Les quarantaines et les léproseries en sont un parfait exemple. Il est vrai qu'à l'époque, la thérapeutique efficace était chose tout à fait inexistante et ce genre d'hospitalisation assurait au moins gîte et protection au malade.
            Puis, peu à peu, les mentalités évoluèrent. Au Moyen Age, on commença à avoir davantage souci de l'intérêt du malade. Mais comme la thérapeutique n'avait pratiquement pas progressé, on ne mettait guère d'espoir dans les soins médicaux, et on voulait plutôt soigner l'âme des malades et les aider à gagner une éternité heureuse. C'est pourquoi les salles d'hospitalisation comportaient toutes un autel où de nombreux offices étaient célébrés. (Les hospices de Beaune ont conservé plusieurs de ces très belles salles). De même, le contexte social se transforma. Vers le XVIIème siècle arriva une époque de grande misère, la mendicité s'accrut dans des proportions telles qu'elle devint un véritable fléau, entraînant une forte délinquance, facteur d'insécurité dans tout le pays. Louis XIV promulgua alors un édit ordonnant dans toutes les villes importantes la création d'un établissement hospitalier appelé partout hôpital général. En fait ces établissements avaient essentiellement une finalité carcérale, car il était dit dans leurs lettres de création : } voulons que les pauvres valides et invalides ... soient enfermés pour qu'ils ne puissent vaquer à l'avenir.~ L'Hospice de la Salpetrière à Paris est l’un des premiers hôpitaux généraux. Et c’est également en application de ce même édit de 1658, que fut créé l'ancien hôpital général du Mans. Progressivement cette finalité carcérale s'atténua.
            Ainsi, au Mans, au début du XIXème siècle, furent érigés dans l'enceinte de l'hôpital général un "hospital Dieudonné" et une maternité, destinés à être des services de soins, ce qui correspondait d'ailleurs à de timides progrès dans les traitements. Mais c'est la véritable explosion thérapeutique débutée à la fin du XIXème siècle, et qui s'est prodigieusement amplifiée au XXème siècle, qui a apporté des modifications considérables à l'organisation des hôpitaux. Cette adaptation de l'hospitalisation aux progrès incessants de la médecine se poursuit continuellement de nos jours. Dans cet ouvrage, nous verrons que l'actuel centre hospitalier du Mans illustre bien cette continuelle et nécessaire adaptation. Nous verrons également que le Département de la Sarthe est un bon exemple de l'évolution de l'hospitalisation. Il a successivement possédé : une léproserie, des hospices religieux, un hôpital général, un Centre Hospitalier moderne.


INTRODUCTION

            L'hôpital du Mans est situé à l'Ouest de la ville, sur une avenue qui s'appelait lors de sa création Route de Laval et fut nommée avenue Rubillard. Il a été construit à la fin du XIXème siècle. Il a été précédé par de nombreux établissements de santé dont le tout premier remonte au VIème siècle. L'histoire de ces anciens établissements a fait l'objet de publications intéressantes dont les références figurent dans la bibliographie. Le présent travail ne porte que l'actuel hôpital, depuis son inauguration en 1891 jusqu’à nos jours.

Les hôpitaux qui l'ont précédés

Mais pour la compréhension des problèmes hospitaliers du Mans, il paraît utile de rappeler brièvement l'histoire des précédents établissements hospitaliers du Mans. Les voici classés par ordre chronologique :

L'Hospice du Saint Sépulcre, situé près de l'Abbaye Saint Julien du Pré (actuelle église du Pré). Il a été bâti au VIème siècle par l'évêque du Mans Saint Innocent, pour accueillir et secourir les pèlerins qui venaient faire leurs dévotions sur les reliques des premiers évêques du Mans et apôtres du Maine qui étaient inhumés dans le cimetière près de cette abbaye.

L'Hospice de Coulaines, fondé au IXème siècle par Saint Aldric, 23ème évêque du Mans. Il était situé dans le bourg de Coulaines et recevait des infirmes, des mendiants et des malades.

L'Hospice des Ardents, fondé au Xème siècle par l'évêque Avesgaud, près de l’actuelle cathédrale, à l'angle de la place du cloître Saint Julien et de la Grande Rue. Il était destiné à recevoir les nombreux malades atteints du mal des ardents, affection provoquée par l’ingestion de céréales (surtout le seigle) infectées d’ergots, qui entraînait de très violentes douleurs et souvent des gangrènes des membres.

La léproserie Saint Lazare, située faubourg Saint Gilles (à l'extrémité de l'actuelle avenue de la Libération).Elle avait été fondée au XIème siècle et recevait des sujets atteints de lèpre (affection alors appelée mezélerie).

L'Hospice de la Maison-Dieu de Coëffort fondé en 1180 par Henri II roi d'Angleterre, comte d'Anjou et du Maine, sur le lieu même où l'arrière garde de son armée avait remporté une grande victoire. Cet hospice recevait des pauvres, des infirmes et des malades. Il était situé à côté de l'Eglise de la Mission (l’actuelle place Washington).

            Tous ces établissements ont été fonctionnels pendant de nombreuses années, mais ils avaient perdu beaucoup de leur importance lorsque fut créé en 1658, sur édit royal, l'hôpital général du Mans. Leurs malades y furent alors transférés. Ce transfert s'accompagna parfois de dons. Le plus important fût celui de l'évêque de Froullay qui, à l'occasion du transfert de la Maison Dieu de Coëffort à l'hôpital général, fît à ce dernier un don de 20 000 livres.

L’HOPITAL GENERAL

            Il fut créé à la suite de l'édit de Louis XIV dont nous avons parlé. Décidée en 1658, sa construction ne commença qu'en 1666. Cet hôpital fut implanté sur un terrain donné par un riche bourgeois du Mans, qui se nommait Breslay. Ce terrain, d'une superficie d'environ six hectares, était proche du centre ville. Il était limité par la rive gauche de la Sarthe, l'actuelle rue Gambetta, la rue de l'hôpital qui correspond sensiblement à la rue Barbier et la rue du Port. (Plan I) Il pouvait accueillir en 1700, environ 550 adultes qui étaient en majorité des indigents, des infirmes, des vieillards. Il comportait aussi des salles pour des militaires et un service pour une cinquantaine d'enfants abandonnés.
            En 1821, l'hôpital général s'agrandit par la construction dans son enceinte d'un nouveau pavillon appelé "Hospital Dieudonné". Il avait été construit à la demande du comte de Breteuil, pair de France, alors préfet de la Sarthe et qui, par sa création, voulait honorer la naissance de Henri , Charles, Ferdinand, Marie, Dieudonné, fils du duc et de la duchesse de Berry. Cet hôpital Dieudonné témoignait d'une certaine évolution dans le concept d'hospitalisation. Dans la partie ancienne de l'hôpital général, appelé désormais Hôtel Dieu, on regroupa les hospitalisés qui formaient auparavant le recrutement de l'hôpital général : indigents, invalides, vieillards, incurables et enfants abandonnés. Par contre, l'hôpital Dieudonné répondait beaucoup plus aux nouvelles conceptions d'un service de soins. Il accueillait les malades civils adultes, les blessés militaires et civils, les femmes enceintes, les enfants de plus de 10 ans, mais aussi les indigents venant de communes du département n'ayant pas d'hôpital.
            Puis, en 1880, on construisit dans l'enceinte de l'hôpital général une maternité de 22 lits, autre illustration de cette évolution de l’hôpital vers un lieu de soins. Cet hôpital général a donc fonctionné pendant deux siècles. Malgré les efforts faits pour élargir le champ de son utilisation, il était devenu insuffisant. La population de la Sarthe avait beaucoup augmenté dans la dernière moitié du XIXème siècle, et particulièrement celle de la ville du Mans : de 32.600 en 1855, le nombre de ses habitants était passé à 55.000 en 1886. C'est cet état de fait qui a imposé la construction d'un nouvel hôpital plus grand et plus adapté aux évolutions de la médecine. Et c’est l’histoire de ce nouvel hôpital que nous allons rapporter maintenant.

LE CENTRE HOSPITALIER LORS DE SA CREATION EN 1891

PROBLEMES QUI SE POSERENT A LA CREATION DU NOUVEL HOPITAL

            A la fin du XIXème siècle, comme nous l’avons mentionné, la nécessité de remplacer l'hôpital général par un établissement nettement plus grand semblait s'imposer et trois raisons étaient invoquées pour justifier la construction d'un nouvel hôpital :
            La capacité d'hospitalisation de l'ancien hôpital général était insuffisante. Il comportait bien un nombre assez important de lits pour indigents, vieillards et infirmes, mais il n'avait que 64 lits pour les malades hommes (médecine et chirurgie), 59 lits pour les malades femmes (médecine et chirurgie), 12 lits pour les enfants, 22 lits pour la maternité. Il était aussi doté d'une section assez importante de lits pour les militaires mais regroupés dans des baraquements insalubres.
            Il n'était pas possible dans l'enceinte de cet hôpital général (6 hectares) de construire de nouveaux bâtiments et on ne pouvait pas non plus agrandir le territoire de l'hôpital, de nombreuses constructions particulières ayant été élevées tout autour.
            Enfin, une autre raison justifiait aussi la création d'un nouvel hôpital : les bâtiments de l'hôpital général étaient en mauvais état. De nombreuses salles étaient vétustes et insalubres et leur restauration aurait exigé de gros frais. Par contre, la vente du terrain, situé près du centre ville, pouvait couvrir une partie des dépenses de construction d'un nouvel hôpital, plus grand et plus moderne.
            A cette époque, Le Mans eut à plusieurs reprises à sa tête un maire énergique et combatif : Anselme Rubillard. En tant que maire, il était de droit président de la commission administrative hospitalière du Mans, organisme important qui orientait et supervisait le fonctionnement de l’établissement. Pour comprendre et apprécier l’œuvre d'Anselme Rubillard, il faut connaître le personnage. Il avait une formation d'expert géomètre, ce qui l'aida à mieux comprendre certains problèmes techniques que posa l'implantation du nouvel hôpital. Sa vie politique fût complexe. Conseiller municipal depuis 1866, il fût, à partir de 1871, élu maire à plusieurs reprises. Il faut signaler qu'à cette époque le gouvernement pouvait révoquer le maire élu et désigner discrétionnairement un nouveau maire. Ce fut à deux reprises le cas d'Anselme Rubillard. De plus, il démissionna une fois. Ainsi, il fut écarté pendant plus de dix ans de la gestion municipale (période pendant laquelle il fut souvent remplacé par Louis Cordelet). Pourtant, malgré ces interruptions dans son mandat, Anselme Rubillard continua d'impulser la construction du nouvel hôpital. Il est vrai qu'il cumulait en même temps les mandats de député puis de sénateur de la Sarthe ce qui l'aida probablement à mener à bien son entreprise. Quelles étaient ses conceptions pour cet hôpital ?
            Il fallait, disait-il "ne pas continuer les errements du passé et ne pas faire une politique d'amélioration au jour le jour sans plan d'ensemble". Il fallait donc pour construire le nouvel hôpital, un terrain vaste dans un quartier assez éloigné du centre ville. Il fallait aussi que cet hôpital soit pavillonnaire, ce qui à l'époque était une nouveauté, mais en conformité avec les plans adoptés en France dans différentes villes pour les hôpitaux récemment construits. Anselme Rubillard insista aussi pour que le nouvel hôpital comportât un quartier payant. Grande innovation pour l’époque.
            Dès 1882 le projet d'un nouvel hôpital paraissait en principe accepté pour Le Mans. Dans les séances du 19 mars 1884, la commission administrative eut à choisir l'emplacement. Quatre propositions furent examinées : La propriété Saint-Gilles au Patis Saint-Lazare, La propriété Isaac, au nord de la ville près de la route de Bonnetable, La propriété Girard à Pontlieue, La Closerie de Monthéard, route de Laval. La propriété Saint-Gilles fut tout de suite éliminée car le terrain était trop petit. Entre les trois propositions restantes, ce fut la dernière, la Closerie de Monthéard (Plan II) qui fut retenue pour les raisons suivantes : le terrain était vaste : 13 hectares 2 ares, son emplacement et sa configuration qui seront détaillés plus loin paraissaient intéressants, il était d'un prix avantageux. Ses propriétaires, Messieurs Cornuau et Durfort le cédèrent pour 191.990 F. Il fut acheté le 23 Janvier 1885.
            Pour l'implantation et la construction sur ce terrain de bâtiments hospitaliers, plusieurs plans furent proposés et des appels d'offres furent lancés. Des avant-projets furent établis ainsi que des devis. L'adjudication des travaux eut lieu le 14 Octobre 1887. Le devis qui fût retenu s'élevait à 1.810.754 F. La première pierre fut posée le 22 avril 1888 et la construction commença rapidement. Mais, auparavant, il fallut faire un drainage du terrain qui était humide, installer des égouts pour les eaux de pluie et les eaux usées du futur hôpital. En 1889, des problèmes de procédure survinrent car les frais de construction dépassaient les sommes annoncées dans les avant-projets. Cependant, cela n'arrêta pas les travaux. Le financement fut assuré par différents apports : une subvention de 500.000 F de la ville du Mans, une subvention du département, la vente d'immeubles, de fermes et de forêts qui appartenaient à l'hôpital.
            Etant donné que dans cet hôpital il était prévu l’installation de services réservés aux militaires, la commission administrative essaya d'obtenir une subvention de l’autorité militaire, mais un désaccord se manifesta. Dans les discussions que cela entraîna, intervinrent Casimir Perrier, alors ministre d'état, puis le ministre de la guerre de l'époque, Lewal, puis le général Boulanger, successeur de Lewal au ministère de la guerre. Finalement, les militaires n'accordèrent pas de subvention mais le général Boulanger accepta une réduction du nombre des lits réservés aux militaires dans l'hôpital. Malgré les difficultés rencontrées, la construction se fit rapidement et l'inauguration eut lieu le 12 juillet 1891, trois ans et trois mois après la pose de la première pierre.
            Cette inauguration fut encore à l'origine de désaccords entre le maire et la préfecture. La date du 12 juillet choisie par le maire ne fut pas acceptée par le préfet Il voulait qu’elle soit reportée au 26 juillet 1891, le même jour que celle de l'hôtel des postes et du viaduc de Pontlieue, date à laquelle devaient venir au Mans le ministre des travaux publics et le ministre de l'intérieur. Un accord ne put être trouvé et finalement la date du 12 juillet 1891 fut maintenue pour l'inauguration de l'hôpital. Ce fut le général commandant le 4ème corps d'armée qui présida la cérémonie à laquelle le préfet n'assista pas. Un long cortège, partant de l'ancien hôpital se rendit à pied au nouvel hôpital. Il était composé du général commandant la 4ème région, du maire, de ses adjoints, des membres de la commission administrative, des membres du conseil municipal, de l'aumônier de l'hôpital et de nombreuses personnalités sarthoises. Il y eut des discours d'Anselme Rubillard et d'un médecin hospitalier, le Docteur Mélisson. La cérémonie se clôtura à 22 h 30 par une illumination de la route de Laval et par un feu d'artifice tiré de la place de la Croix d'Or.
            Il convient de relever que pendant la construction et au moment de l'ouverture du nouvel hôpital, il y eut des protestations et des pétitions véhémentes. Les critiques portaient sur le site choisi, accusé d'être "balayé par des vents d'ouest, au sol aquifère, peu perméable, éloigné de Pontlieue et au voisinage d'une caserne". Mais toutes ces critiques s'atténuèrent quand le nouvel hôpital devint opérationnel. Sa réalisation fut alors saluée dans les discours et dans les comptes rendus d'inspection, comme une grande réussite. En 1893, l'inspecteur général des services de santé des armées félicita l'administration hospitalière et la municipalité de ses efforts persévérants qui avaient fait de l'hôpital du Mans l'un des plus beaux hôpitaux de France.
            Quand le nouvel hôpital devint fonctionnel, l'ancien hôpital général fut abandonné. Ses bâtiments furent démolis. Son terrain (6 hectares) fut mis en vente. En bordure de la Sarthe on construisit assez rapidement la gare des tramways à vapeur qui fut achevée en 1894. Le reste du terrain fut vendu par lots. On y construisit un marché couvert, une école pratique de commerce et d'industrie, puis des maisons particulières. La vente de tous les lots n'était pas encore terminée vingt ans après l'inauguration du nouvel hôpital.

DESCRIPTION DU NOUVEL HOPITAL

            Le 12 juillet 1891, à l'époque de son inauguration voici comment se présentait le nouvel hôpital : (pour mieux comprendre la description qui va en être faite, il sera évidemment très utile de consulter les plans qui sont reproduits au cours de ce travail). Le nouvel hôpital était construit sur un terrain de forme quadrangulaire dont la surface était d'environ 13 hectares. (Plan II)
                    Du côté Ouest, il était limité sur une longueur d'environ 300 mètres par la voie ferrée Le Mans à Brest et à Caen.
                    Du côté Nord, ce terrain était limité par une ligne droite orientée d'Est en Ouest, longue de 400 mètres. Elle partait à l'Est du carrefour ruelle aux Oies - chemin de Degré et aboutissait à l'Ouest à la voie ferrée (Plan II). Mais le terrain de l'hôpital n'atteignait le chemin de Degré qu'à son carrefour avec la ruelle aux Oies. Sur tout le reste de ce côté Nord, il en était séparé par un terrain cultivé qui mesurait environ 7 hectares et faisait partie d'une ferme située plus au nord, la ferme de Malmare.
                    Du côté Est, le terrain de l'hôpital était limité par la ruelle aux Oies (appelée maintenant rue de la Maison Neuve) sur une longueur d'environ 200 mètres.
                    Du côté Sud, le terrain était limité par la route de Laval (maintenant avenue Rubillard) mais seulement sur sa partie centrale car une enclave avait subsisté à chacune de ses extrémités.
            L'enclave Est était située au carrefour de la ruelle aux Oies et de la route de Laval. Le long de la route de Laval elle s'étendait sur 170 mètres et sur la ruelle aux Oies elle avait une profondeur de 70 mètres. La deuxième enclave, moins importante, partait de l'angle de la route de Laval et de la voie ferrée. Sur la route de Laval, elle avait 70 mètres et le long de la voie ferrée sa profondeur était de 30 mètres. Ces deux enclaves étaient divisées en parcelles, occupées par des habitations particulières avec des jardinets. Entre ces deux enclaves, le terrain de l'hôpital était bordé par la route de Laval sur environ 200 mètres.
            Lors de leur construction, les bâtiments hospitaliers furent répartis de la façon suivante : (Plan III). Du côté Sud, bordé par la route de Laval, s'élevait le pavillon administratif. C'était là, par un porche percé au milieu du bâtiment, que se trouvait l'entrée principale de l'hôpital (Photo 1). Ce pavillon administratif avait une longueur de 56 mètres, une profondeur de 10 mètres au milieu et à chacune de ses extrémités se raccordait une construction carrée de 13 mètres de côté. Ce pavillon administratif comportait un sous-sol, un rez-de-chaussée et deux étages. (Photo 1. Le sous-sol était composé de caves. Au rez-de-chaussée se trouvait, à droite du porche en entrant, le service d'accueil et les services administratifs, et à gauche, la trésorerie et des pièces utilisées comme salles de réunions et comme salles de cours pour le personnel infirmier. Au premier étage se trouvait, d'un côté le logement du directeur de l'hôpital (qui au début avait le titre de secrétaire général) et de l'autre côté, un logement pour les internes, et un autre pour l'économe. Le deuxième étage était en partie mansardé, il servait au logement de certains employés.
            La façade Nord de ce bâtiment administratif s'ouvrait sur l'intérieur de l'hôpital donnant sur la cour d'honneur et sur les voies d'accès aux différents services. (Photo 2) La cour d'honneur, de forme rectangulaire, avait la largeur du pavillon administratif (soit 56 mètres). Elle était occupée par un jardin d'agrément qui s'étendait sur 120 mètres et se terminait sur la façade Sud d'un autre grand bâtiment. Ce dernier fut appelé pavillon de Froullay, nom de l'évêque du Mans. Charles de Froullay, vécut de 1723 à 1769 et avait fait des dons importants aux hôpitaux du Mans. Ce pavillon Froullay avait une longueur de 30 mètres et 10 mètres de largeur. Il comprenait un sous-sol, un rez-de-chaussée et deux étages. Au sous-sol et dans une partie du rez-de-chaussée étaient installés la pharmacie et le laboratoire. La partie restante du rez-de-chaussée était occupée par le réfectoire des sœurs hospitalières et par quelques chambres. Au premier et au second étage se trouvaient les chambres des sœurs hospitalières.
            De chaque côté de la cour d'honneur on avait construit une galerie couverte (Photos 2 et 6) mais non fermée, qui partait du bâtiment administratif, longeait le pavillon Froullay et se prolongeait au-delà de ce pavillon. Cette galerie permettait de se déplacer en étant à l'abri de la pluie, mais pas du vent. Perpendiculairement à ces galeries, furent construits plusieurs pavillons d'hospitalisation. En arrière du pavillon Froullay, accolé à la façade Nord de celui-ci par son extrémité Sud (mais sans qu'aucune communication avec lui ne fut établie), se trouvait un bâtiment en forme de T composé d'une branche Nord-Sud d'environ 42 mètres (celle qui rejoignait le pavillon Froullay) et d'une branche Est-Ouest (la barre du T) d'environ 30 mètres, chacune de ces branches était large de 12 mètres. Ce bâtiment abritait les services généraux, magasins, cuisine, lingerie et des bains-douches, car il n'y avait pas de salles de bain dans les services de soins. Ces douches servaient aussi pour le traitement d'affections dermatologiques, en particulier la gale.
            Derrière ces services généraux se trouvait la salle d'opération. Curieusement, elle était totalement isolée et indépendante de toute autre construction et la galerie couverte ne l'atteignait pas. Pour y accéder à partir des pavillons d'hospitalisation, il fallait donc emprunter d'abord la galerie couverte, puis faire le reste du chemin, une vingtaine de mètres environ, à ciel ouvert. (Plan III). Les malades chirurgicaux étaient conduits en salle d'opération sur un brancard couvert monté sur un chariot, et après l'intervention, les opérés étaient reconduits vers les services d'hospitalisation dans les mêmes conditions.
            On est surpris du peu de place attribuée dans cet hôpital à la salle d'opération, un bâtiment sans étage et dont le toit était vitré. Elle avait environ 10 mètres de long sur 7 mètres de large. Intérieurement, elle comprenait une seule salle d'opération et une salle pour le nettoyage et la stérilisation des instruments. Elle n'avait ni salle d'examens, ni salle de pansements. (Photos 4 et 5)
            Au-delà de la salle d'opération, vers le Nord de l'hôpital et isolés des autres bâtiments, se trouvaient les communs de l'hôpital, buanderie, boucherie, boulangerie et aussi ateliers, hangars, écurie, porcherie, ainsi que quelques logements pour des employés. A propos des buanderies, il faut signaler que l'hôpital avait aussi un bateau lavoir sur la Sarthe, à son entrée dans Le Mans.
            Les services d'hospitalisation proprement dits étaient disposés de part et d'autre du vaste rectangle constitué au Sud par le pavillon administratif, au Nord par les services généraux et latéralement par les deux galeries couvertes. Ces services consistaient en deux groupes de six pavillons disposés perpendiculairement à chacune des deux galeries couvertes, soit douze pavillons au total. Ils étaient tous identiques, construits sur un type standardisé, appelé type Tollet (Photo 7). Ils étaient séparés les uns des autres par des jardins. Ils portaient des noms de médecins ou de savants illustres civils tels que Bichat, Laënnec, Pasteur, pour les pavillons civils, et pour les pavillons militaires, des noms de médecins militaires tels que Ambroise Paré, Laveran, Villemin, etc. Les noms de ces pavillons ont plusieurs fois changé au cours des années. Sur le plan de construction de 1891, ces pavillons étaient désignés par les lettres A.B.C. etc., aussi paraît-il plus simple de les appeler ainsi pour les décrire.
            Ces pavillons, nous l'avons dit, étaient disposés autour du rectangle central. Ils avaient tous une longueur de 52 mètres, sur une largeur de 9 mètres. Ils avaient tous la même disposition intérieure. L'entrée se trouvait au centre de la façade Sud et de chaque côté Est et Ouest de cette entrée, se trouvait une grande salle d'hospitalisation (Photo 3). La partie centrale par laquelle on accédait dans le service comportait une cave, un rez-de-chaussée et un étage. Au rez-de-chaussée il y avait l'entrée, une salle de soins, une salle d'examen, un office, un bureau pour le médecin qui servait également à la surveillante, des lavabos et des toilettes assez rudimentaires pour les malades. A l'étage de cette partie centrale se trouvaient la chambre de la sœur surveillante et une ou deux chambres pour les employés.
            Les salles d'hospitalisation étaient très vastes, longues d'environ 20 mètres, larges de 7 mètres. Elles étaient voûtées, très élevées (environ 8 mètres de haut), car au-dessus il n'y avait pas d'étage, et elles occupaient donc toute la hauteur de la construction. Leurs murs étaient percés de nombreuses fenêtres, régulièrement espacées de telle sorte qu'entre elles il y avait place pour deux lits. La tête de ces lits était orientée du côté des fenêtres à une distance d'environ 80 centimètres du mur. (Photo 3). Ainsi organisée, chacune de ces salles pouvait recevoir 20 lits, soit au total 40 lits pour le pavillon. Les six pavillons du côté Ouest étaient désignés sur le plan de construction du Nord au Sud par les lettres de A à F.
            Sur ces six pavillons, cinq étaient réservés aux militaires. Les trois premiers pavillons A. B. C. comportaient 40 lits. Le quatrième D, bien que de même grandeur, ne comportait que 26 lits, 18 étaient affectés aux militaires et 8 autres étaient réservés à des détenus. Le cinquième pavillon E était divisé en chambres au nombre de 26. Dix étaient réservées aux officiers, seize étaient affectées à des sous-officiers. Le sixième pavillon F était réservé au service payant pour les civils hommes. Il était divisé en 14 chambres à un ou deux lits. Les six autres pavillons construits du côté Est de la cour centrale étaient désignés, du Nord au Sud, par les lettres G à L. Ils étaient symétriques des pavillons du côté Ouest, et agencés de façon identique. Du Nord au Sud, il y avait d'abord deux pavillons de 40 lits pour les civils hommes. Le premier, G, était affecté aux malades chirurgicaux (Photo 9), le second, H, était destiné aux cas médicaux pour les hommes. Les deux pavillons suivants étaient réservés pour les femmes, I pour les cas chirurgicaux, J pour les cas médicaux. Le cinquième pavillon K était pour les enfants. (Photo 10). Le sixième L était réservé aux civils femmes payantes. Il comportait 14 chambres à un ou deux lits.
            L'ensemble de ces pavillons était desservi d'une part par la galerie couverte, d'autre part par un chemin de ronde, assez large pour laisser passer les voitures et qui contournait les pavillons par l'extérieur. Les constructions du nouvel hôpital ne furent pas limitées à ces douze services d'hospitalisation.
            Dans la partie Est du terrain appartenant à l'hôpital, entre la ruelle aux Oies et les six pavillons destinés à l'hospitalisation des malades civils, s'étendait un vaste espace encore libre de toute construction. Dans la partie Nord de cet espace il fut construit trois petits pavillons d'isolement, de chacun huit lits, désignés sur le plan par les lettres M. N. O. Deux étaient pour les malades contagieux civils et un pour les militaires.
            Plus au Sud figure sur le plan d'origine de 1891, une manufacture. Ces manufactures existaient dans les anciens hôpitaux généraux. On y groupait les mendiants et les infirmes valides des deux sexes pour leur faire exécuter des travaux divers : cordage, filage de laine ou encore, confectionner des chaussons, tricoter des bas, fabriquer des chandelles. Les produits exécutés dans ces manufactures étaient vendus par les hôpitaux qui gardaient le produit de la vente. Ces manufactures commençaient à disparaître au moment où le nouvel hôpital a été construit et, bien que prévu sur le plan, le bâtiment ne fut jamais construit.
            Plus au Sud encore, se trouvait un vaste pavillon de 110 mètres de long et de 9 mètres de largeur (T du plan). Il était composé d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée et de deux étages. Il servait à l'hospitalisation des vieillards et invalides du sexe masculin. On l'appelait « l'hospice des hommes ». Il comportait 155 lits.
            Au Sud de ce service « hospice des hommes », se trouvait la chapelle. Sa construction fut à l'origine de protestations des habitants du quartier qui auraient voulu qu'elle soit implantée en bordure de la route de Laval pour être ouverte aux habitants proches de l'hôpital, afin qu'ils puissent assister aux services religieux. Cela ne leur fut pas accordé.
            Au Sud de la chapelle fut construit un service « hospice femmes » (U), identique au service « hospice hommes ». Il comportait 166 lits. (Photo 8). A propos de ce service « hospices femmes », il y a lieu de signaler que contrairement aux autres services dont l'entrée était ouverte sur la façade Sud, son entrée était au Nord. On pense que c'était pour qu'elle soit tournée vers la chapelle afin que les femmes hospitalisées puissent s'y rendre plus facilement.
            Au Sud de « l'hospice femmes » il y avait encore un grand pavillon de 100 mètres de long (R). Il était destiné aux enfants assistés, à la crèche et aux enfants admis momentanément pendant la maladie ou l'hospitalisation des parents. Un rapport du 5 décembre 1896 signale que ce pavillon était "très défectueux et établi contre toutes les règles de la propreté et de l'hygiène". Sa longueur importante posait des problèmes. Les cabinets étaient situés à une des extrémités. Aussi pour s'y rendre, certains enfants devaient traverser tout le bâtiment. De plus, ce pavillon ne disposait pas de lavabos et les enfants devaient se laver dans des seaux. Enfin, ce service ne comportait pas l'isolement nécessaire pour y héberger les enfants atteints de parasitoses.
            A l'Est de cette rangée de services, donc en se rapprochant de la ruelle aux Oies, il restait encore de l'espace ; il y fut construit du Nord au Sud la maison mortuaire (Y) et un pavillon qui fut désigné sur certains plans comme celui des idiots (V) et des idiotes (X). En fait, ce pavillon était affecté non seulement aux "minus habens" des deux sexes, mais aussi aux aliénés et aux épileptiques. Il comportait 38 lits pour les hommes et 41 lits pour les femmes.
            Plus au Sud encore, dans l'angle compris entre la ruelle aux Oies et la bordure Nord de l'enclave Est, fut construite la maternité (S). Cette maternité comportait deux pavillons, l'un principal d'une quarantaine de lits, 21 pour les expectantes qui étaient réparties en chambre de 5 lits, une salle de travail de 4 lits, une salle de 18 lits pour les accouchées et les berceaux correspondants. L'autre pavillon ne comportait que 4 chambres. Il était séparé du premier et était réservé aux femmes atteintes d'infection puerpérale.
            Il faut encore signaler que dans l'enceinte de cette partie Est de l'hôpital on avait pratiqué une entrée secondaire par la ruelle aux Oies, porte charretière pour les livraisons et pour les véhicules des entreprises assurant l'entretien de l'hôpital.
            Enfin, il faut mentionner qu'à l'inauguration de l'hôpital (12 juillet 1891), l'installation de certains pavillons figurant sur le plan initial n'était pas complètement terminée, et que le pavillon A des militaires ne fut construit que plus tard.

LES SERVICES GENERAUX

            En 1891, au moment de l'ouverture de l'hôpital, ces services généraux étaient assez bien organisés pour l'époque.

les cuisines étaient vastes, les cuisinières étaient alimentées au bois et au charbon (Photos 11-12-13).
les buanderies (Photos 14-15) ainsi que les lingeries avaient été largement prévues pour les besoins de l'hôpital. (Photos 16-17)
LE SANITAIRE Au point de vue de la distribution d’eau il y avait des arrivées d'eau dans les services généraux et dans les services d'hospitalisation, mais il n'y avait pas de distribution d'eau chaude. Dans les pavillons payants, on apportait pour la toilette des malades de l'eau chaude des cuisines dans un tonneau transporté sur un tombereau. Dans les autres services il n'y avait que de l'eau froide et le nombre des lavabos était insuffisant : 4 lavabos, ou plutôt éviers dans un service de 40 malades, si bien qu'il y avait une longue attente pour la toilette. Pour les malades complètement alités, la toilette était faite au lit du malade par les employés. Les W.C. étaient aussi en nombre insuffisant : 2 toilettes pour 40 malades. Ces W.C. étaient souvent inutilisables du fait du mauvais fonctionnement des fosses septiques. Pour les malades alités, on apportait un bassin dans le lit.
L'éclairage Bien que la première usine à gaz ait été installée au Mans en 1841, et qu'elle fût perfectionnée et agrandie en 1878, à l'ouverture du nouvel hôpital, tous les services n'étaient pas éclairés au gaz. Pour ceux qui disposaient de cette installation, l'éclairage était très insuffisant. La nuit il était réduit à une seule veilleuse par salle de 20 lits. Quelques services n'avaient que des lanternes à pétrole ou à huile, de type lanterne marine. Et en 1891 l’éclairage électrique n'existait pas encore au Mans.
Le chauffage En 1891, le chauffage dans les salles d'hospitalisation et dans les services administratifs consistait en des poêles à bois qu'on laissait éteindre la nuit. Dans les services payants, il y avait dans les chambres des cheminées fonctionnant au bois.

LE PERSONNEL DE L'HOPITAL

LE PERSONNEL ADMINISTRATIF

            La direction de l'hôpital était assurée par une commission administrative chargée d'en assurer le fonctionnement et d'accepter ou de refuser les propositions et demandes qui étaient faites aussi bien en ce qui concernait les travaux de construction, d'agrandissement, que d'embauche de personnel, etc. Cette commission surveillait aussi les finances de l'hôpital. Elle se réunissait tous les lundis et était composée de 7 membres. Le maire du Mans en était le président de droit. Quatre membres étaient nommés par le préfet. Deux membres étaient choisis dans le conseil municipal. Sur place, la direction de l'hôpital était assurée par un directeur appelé alors secrétaire général. Il n'était pas membre de la commission administrative, mais il assistait aux séances et pouvait suppléer un membre de la commission en cas d'absence. Il avait la charge de veiller à l'exécution des décisions prises par la commission administrative. En poste à l'hôpital, en plus du secrétaire général, il y avait un adjoint du secrétaire général, un économe, un sous-économe, des secrétaires de direction, des employés de bureau. Au total, une douzaine de personnes, non compris un receveur et ses adjoints qui, eux, dépendaient du Ministère des Finances.

LE PERSONNEL MEDICAL

LES MEDECINS
Le personnel médical en 1891 était ainsi composé : 4 médecins chefs de service, deux en chirurgie, deux en médecine, 2 médecins adjoints, un en chirurgie et un en médecine. Il n'y avait pas de spécialistes ophtalmologiques ni oto-rhino-laryngologiques. Ces spécialités étaient assurées par les chirurgiens. De même, c'était un des chirurgiens qui était responsable de la maternité. Parmi les médecins, l'un s'occupait du service des hommes, l'autre du service des femmes, et ils alternaient tous les ans. Les médecins et les chirurgiens étaient nommés par un concours qui, en 1891, se passait à Bordeaux.

LES INTERNES
En 1891, ils étaient au nombre de 4. Ils devaient avoir au moins 12 inscriptions de médecine ; ils passaient un concours au Mans. Ils étaient nommés pour deux ans, mais pouvaient obtenir une prolongation d'un an.

LE PHARMACIEN
Il n'y avait qu'un pharmacien à mi-temps. Il assurait en plus de la pharmacie, le laboratoire. Il avait pour l'aider deux employés. (Photos 17 et 18)

LE PERSONNEL RELIGIEUX
  
         Il était composé de sœurs de la communauté d'Evron (c'était déjà des sœurs de cette communauté qui depuis 1812 étaient infirmières dans l'ancien hôpital général). En 1891, dans le nouvel hôpital, elles étaient au nombre de 54. Toutes n'avaient pas des fonctions dans les services de soins, 14 d'entre elles avaient des postes, habituellement d’encadrement, dans certains services généraux : cuisine, buanderie, lingerie. Le personnel religieux comportait également un aumônier catholique qui était à la disposition des malades. Il était logé et rémunéré par l'hôpital, et ce poste subsiste toujours.

LE PERSONNEL CIVIL
  
         Il était au nombre approximatif de 200, mais il n'a pas été possible d'en préciser le nombre exact. Il comprenait des infirmières, des infirmiers, des gardes-malades, des employés à l'entretien des services de soins. D'autre part, il y avait des employés affectés aux services généraux, buanderie, lingerie, cuisine, boucherie, boulangerie. Il y avait aussi des jardiniers, des chauffeurs, des ouvriers plombiers, peintres, menuisiers, etc.

L’EVOLUTION DE L’HOPITAL DU MANS DEPUIS SA CREATION

            Nous avons décrit l'hôpital du Mans tel qu'il se présentait en 1891, c'est à dire à la fin de sa construction. Nous allons maintenant relater son évolution. Présenter celle-ci dans un ordre strictement chronologique nous paraît difficile car souvent les travaux réalisés dans une même unité s'échelonnent dans le temps. Cela amènerait à revenir à différentes reprises sur un même service, ce qui rendrait l'exposé confus. Aussi, paraît-il plus commode de diviser l'histoire de l'hôpital du Mans en trois périodes : Une première période de 1891 à 1946. Une deuxième période de 1946 à 1977. Une troisième période de 1977 à 1994.

La première période, de 1891 à 1946 s'étend sur un peu plus d'un demi-siècle. En 1891, l'hôpital venait d'être construit, selon les normes les plus récentes pour l'époque. Aussi, dans les années qui suivirent, il n'y eut pas d'innovation importante dans l'installation et dans le fonctionnement. On ne peut mettre à l'actif de cette période que deux constructions pour les personnes âgées, et surtout, la construction d'un grand service de chirurgie, vainement réclamé depuis 1911 dont, comme nous le verrons, la guerre empêcha la population mancelle d’en profiter avant 1946.

La deuxième période, que nous faisons débuter en 1946, et qui va jusqu’en 1977 vit par contre de nombreuses réalisations. Elle est marquée, de la part des organismes directeurs, par une recherche constante, des améliorations à apporter à l'hôpital. Durant ce laps de temps, se succédèrent de nombreux travaux : d'abord ceux nécessités par la remise en état des services plus ou moins détériorés par la guerre, puis un souci d’amélioration des conditions d'hospitalisation et les services d'investigation médicales.

            Dans la troisième période de 1977 à 1994, l’hôpital va franchir une étape décisive en décidant la construction d’un complexe hospitalier de 550 lits : le Fontenoy. Ce fut le début d’une orientation nouvelle de la stratégie hospitalière, caractérisée par la globalité dans sa continuité et dans laquelle allait s’inscrire toute une série d’opérations nouvelles

PREMIERE PERIODE EVOLUTION DE L’HOPITAL DU MANS
DE 1891 A 1946

            Pendant cette période qui a suivi celle de la création d’un nouvel hôpital, il y eut peu de changement. Le fonctionnement de l'hôpital resta pratiquement identique, que ce soit dans les conditions d'hospitalisation ou dans l'adoption de techniques médicales nouvelles. Cependant, on prépara les possibilités d'extension de l'établissement, par l'achat de terrains adjacents en vue de constructions ultérieures.

ACQUISITIONS DE TERRAINS
  
         Le 17 mars 1900, la commission administrative discuta l'achat d'une propriété située au 188 route de Laval et contiguë par ses côtés Nord et Est au terrain de l'hôpital. Elle appartenait à Monsieur Menassere. Le prix demandé était de 12.800 F. L'hôpital en fit l'acquisition.
            L'année suivante, le 28 octobre 1901, un autre terrain limitrophe du précédent fut acheté à Monsieur Alexandre-Constant Chemin. Il était situé aux n° 190-192 route de Laval, contigu au pavillon administratif au n° 194. Presque simultanément, l'hôpital s'agrandit d'une bande de terrain large de 30 mètres et longue de 140 mètres, qui provenait de la partie Nord de l'enclave Est. Ainsi, avec ces trois acquisitions de parcelles contiguës, l'hôpital augmentait la superficie de son terrain d'environ 1 hectare 30 ares.
            D'autres agrandissements furent encore obtenus dans les années qui suivirent. En septembre 1913, l'hôpital put acquérir la ferme de Malmare. C'était une ferme de 13 hectares qui jouxtait l'hôpital au Nord. Elle était composée de deux parties séparées par le chemin de Degré. (Plan II). La première partie (7 hectares environ) était directement contiguë par sa limite Sud à la limite Nord de l'hôpital, limite qui partait du carrefour ruelle aux Oies - chemin de Degré, et aboutissait à l'Ouest à la voie ferrée Le Mans-Brest. Au Nord, cette première partie de la ferme de Malmare était limitée par le chemin de Degré qui formait aussi la limite Sud de la deuxième partie de la ferme de Malmare. Toute cette propriété appartenait au Docteur Auguy de Saint-Denis d'Orques. Mais cette ferme était en location et le fermier avait un bail qui n'expirait qu'en mai 1925. Pourtant, dès l'achat de cette ferme, une petite partie de forme triangulaire, tout à fait à l'extrémité Est du terrain, fut cédée à l'hôpital tandis que le reste de la ferme continua à être exploité par le fermier jusqu'à la fin du bail. Le prix d'achat de cette ferme était de 37.200 F. Cette somme fut obtenue par la vente de propriétés appartenant à l'hôpital.
            A la suite de cet achat, le territoire du Centre Hospitalier était donc limité au Nord par la route de Degré, mais l'hôpital ne put établir d’entrée par cette route car sur le bord qui longeait le Centre Hospitalier se trouvait la voie d'un tramway à vapeur. En 1946, les tramways ont cessé de fonctionner. L’hôpital racheta alors toute cette bande de terrain de la voie ferrée ; ce qui lui permit enfin d'ouvrir des accès sur la route de Degré.
            Autre acquisition, faite en janvier 1914, celle d'une maison située 14 ruelle aux Oies. Elle représentait avec son jardin une superficie de 3.500 m². Elle appartenait à Monsieur Durand, cordonnier à Bessé-sur-Braye. Elle fut acquise pour 16.000 F, mais la maison était occupée par plusieurs locataires qui ne la libérèrent qu'à la fin de la guerre 1914-1918.
            Tels ont été les divers agrandissements du terrain de l'hôpital. Mais tous ne furent pas utilisés immédiatement pour de nouvelles constructions. Certains même ne furent construits que bien longtemps après leur acquisition.

CONSTRUCTIONS REALISEES PENDANT LA PERIODE

1891-1946

            Sur le terrain obtenu dans l'enclave Est, le long de la route de Laval, on construisit en 1904 un bâtiment de 29 chambres confortables destinées à des vieillards et à des malades chroniques valides des deux sexes. (Plan IV) Le séjour dans ce service était payant. Le pavillon bénéficiait d'un beau jardin donnant sur la route de Laval. Ce service fut d'abord appelé « pavillon des petits ménages », et reçut plus tard le nom de Carel. Jules Carel avait été un industriel du Mans, membre de la commission administrative hospitalière, conseiller municipal. Il avait dû probablement aussi participer au financement de la construction et de l'aménagement de ce pavillon.
            Dans le reste de l'enclave acquise par l'hôpital, on construisit une maison d'habitation avec un jardin. Elle fut affectée au logement d'un des membres de l'administration hospitalière. Près de cette maison, à l'Est de celle-ci fut aussi construit un autre logement pour un employé de l'hôpital. En outre, toujours sur le terrain provenant de l'achat de cette enclave Est, il fut construit en 1906, derrière le pavillon Carel, c'est-à-dire entre lui et le service des enfants assistés, un service de chirurgie pour enfants des deux sexes. Il comprenait 48 lits et avait sa propre salle d'opération. Il fut appelé Marjolin. (Plan IV)
            Ce fut également à cette période que fut construit, mais cette fois sur le terrain acheté en 1885, une infirmerie pour les vieillards des deux sexes. Elle était située en bordure de la ruelle aux Oies, près de la porte charretière. Cette infirmerie comportait 73 lits. Elle était destinée aux vieillards et incurables ayant besoin de nombreux soins. Il lui fut donné le nom de Charcot. (Plan V)
           

            Il restait à faire une construction réclamée depuis fort longtemps, presque depuis la création de l'hôpital. C'était celle d'un grand service de chirurgie pourvu de plusieurs salles d'opération. (Plan V). Dans cette période de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle, alors que la chirurgie faisait de grands progrès et avait de plus en plus d'indications, l'hôpital du Mans n'avait qu'une seule salle d'opération, petite, isolée des autres pavillons, mal équipée et servant à la fois pour les opérations aseptiques et septiques. Aussi, à maintes reprises, les chirurgiens avaient signalé les défectuosités de cette installation, ils se plaignaient d'avoir un équipement insuffisant et aussi de ne pas pouvoir, lorsque se présentaient des cas urgents, disposer de la salle d'opération parce qu'elle était déjà occupée par une opération en cours.
            La commission administrative hospitalière discuta de ces problèmes à de nombreuses reprises, en particulier lors de ses réunions du 28 octobre 1911 et du 13 mars 1913. Les plans d'un service de chirurgie de 100 lits avec plusieurs salles d'opération attenantes furent étudiés. Ils furent approuvés par les chirurgiens, mais rien ne fut fait. On peut s’interroger sur la façon dont, pendant la première guerre mondiale, purent être opérés les blessés. Il y eut bien alors des salles d'opération de fortune, installées dans les pavillons militaires, mais cette solution n’était pas satisfaisante.
            Enfin, le 7 mars 1925 une commission fut chargée d'étudier un nouveau projet de construction d'un grand service de chirurgie. On y envisagea au moins trois salles d'opération de façon à pouvoir séparer les cas aseptiques des cas septiques. Ces salles d'opération devaient être reliées aux salles d'hospitalisation par des galeries closes. Ce plan fut approuvé par la commission administrative mais cette fois encore rien n’aboutit dans l'immédiat.
            Le 29 mars 1930, un nouveau rapport du corps médical fut adressé à la commission administrative. Il demandait un service très important, 220 lits de chirurgie, dans un grand et long bâtiment. Dans ce bâtiment il était prévu un sous-sol, un rez-de-chaussée, quatre étages desservis par deux grands ascenseurs, deux salles d'opération par étage, ainsi qu'une salle d'examens, une salle de pansements, des bureaux et une vaste pièce pour le nettoyage des instruments et pour leur stérilisation.
            Ce plan fut approuvé le 6 septembre 1930. Le coût initial fut estimé à 11.250.000 francs. Des subventions furent attribuées le 16 janvier 1932 : 2.500.000 francs par le ministre de la santé publique, et le gouvernement classa cette construction dans le groupe des grands travaux nationaux pour la lutte contre le chômage et la relance de l’économie. Pour la construction de ce service de chirurgie, un vaste terrain était disponible entre le service hospice des hommes et l'isolement. (Plans IV et V, et vue perspective). Les travaux commencèrent lentement.
            Une lettre du président du conseil datée du 8 janvier 1934, demanda que les travaux soient activés. Ils ne seront pourtant terminés avec leurs derniers agencements que le 17 octobre 1938. (Photo 23-24). Ce pavillon de chirurgie fut donc opérationnel en 1938, mais l’histoire retiendra que ce ne fut pas au profit de la population mancelle. (Plan V et vue perspective.
            En effet, dès 1938 et jusqu'en mars 1946, en raison des événements internationaux, il fut réquisitionné, comme un certain nombre des pavillons de l'hôpital. Pendant cette période son organisation nous est assez mal connue. C'est pourquoi nous reporterons sa description et l'étude de son fonctionnement à la période qui suit 1946, période où il fut remis au service de la population civile, et où son aménagement redevint l'apanage de l'administration hospitalière.

AMELIORATIONS REALISEES DANS L'ORGANISATION DES SERVICES MEDICAUX
entre 1891 et 1946

CONCERNANT LA TUBERCULOSE

            A cette époque, l'endémie tuberculeuse était très importante. Or, lors de la création de l'hôpital et jusqu'en 1938, les tuberculeux étaient soignés dans des salles communes et non séparés des malades hospitalisés pour d'autres affections. Cela était évidemment l'origine de contaminations fréquentes. En 1938, on procéda à une séparation des malades et on affecta deux pavillons (H et I) aux tuberculeux. On proposa d'appeler ces services "pavillon des Tuberculeux incurables" ! C'était pour le moins maladroit. Plusieurs personnes demandèrent que le terme incurable fut supprimé, ce qui fut accepté. Une autre innovation avait été introduite en 1922, la création d'un dispensaire antituberculeux. Il fut d'abord installé dans le pavillon administratif, à la partie Ouest du rez-de-chaussée. En 1955 il fut déplacé et relogé dans le petit pavillon de l'infirmerie de l'ancienne maternité. Dirigé par un médecin phtisiologue, aidé d'une infirmière et d'une assistante sociale, il était alors assez mal équipé, comme on le verra ultérieurement.

CONCERNANT LES SPECIALITES O.R.L. ET OPHTALMOLOGIE

            Autre amélioration qui fut longue à obtenir, celle d'un service autonome pour ces deux spécialités. La demande en avait été faite dès 1895. A cette époque, ces spécialités n'étaient pas reconnues dans les hôpitaux, et les malades qui en relevaient étaient traités dans les services de chirurgie. Une consultation d'ORL. fut ouverte en 1906 dans le service de chirurgie infantile (Marjolin). Un petit service d'ophtalmologie fut organisé en 1909, mais ce ne fut qu'en 1930 qu'un service affecté à ces deux spécialités fut créé. Il fut installé dans le pavillon F qui avait été abandonné par les militaires et on lui donna le nom de Lermoyez-Lagrange (un ORL. parisien et un ophtalmologiste de Bordeaux, tous deux de grand renom).

DEVELOPPEMENT DES TECHNIQUES D'INVESTIGATION MEDICALE
DURANT LA PERIODE 1891 - 1946

            Pendant cette période, les techniques d’investigation médicale avaient fait de grands progrès, mais comme nous l'avons dit, leur mise en œuvre exigeait des installations importantes et onéreuses et un personnel qualifié. Pour cette raison sans doute, le Centre Hospitalier du Mans a commencé à s'y adapter à un rythme assez modeste et les installations adéquates ne furent vraiment entreprises qu'après la fin de la première guerre mondiale.

LES EXAMENS BIOLOGIQUES

            En 1891, lors de la création de l'hôpital, il n'avait pas été prévu de laboratoire, mais dès 1895 les médecins du Centre Hospitalier du Mans demandaient qu'il en soit installé un. Lorsque cela leur fut accordé, le pharmacien hospitalier fut chargé de le faire fonctionner. Il était aidé par une employée. Deux pièces furent affectées à ce service dont l'installation semble avoir été assez sommaire. Le matériel se limitait à un microscope, des colorants et quelques réactifs. Il ne semble pas qu'il y ait eu possibilité de faire des cultures. D'ailleurs, le laboratoire avait une activité réduite. Durant l'année 1914 par exemple, seulement 933 examens furent demandés. En 1915, peut être à cause de la guerre, il en fut demandé davantage, 1046, dont 495 analyses d'urine, 222 prélèvements de gorge, 218 réactions de Wassermann, 154 examens du liquide céphalo-rachidien, 80 examens de crachats, seulement 15 numérations globulaires et aucune culture de sang, de pus ou d'autres produits pathogènes. (Photo 17-18-19). En 1923, le chef du laboratoire demanda des améliorations. Il obtint un microscope plus performant et quelques autres instruments dont le détail ne fut pas enregistré. A l'occasion de ce compte rendu du fonctionnement du laboratoire, signalons que certains examens biologiques impossibles à réaliser à l'hôpital, étaient demandés à un laboratoire de ville.

LES EXAMENS RADIOLOGIQUES

            Malgré les demandes faites à plusieurs reprises depuis 1906 par les médecins et chirurgiens hospitaliers qui étaient au courant de l'intérêt des examens radiologiques, il n'y eut pas d'installation radiologique dans l'hôpital jusqu'à la fin de la première guerre. Quand un examen radiologique s'imposait pour un malade ou un blessé hospitalisé, on recourait à un médecin radiologue, le Docteur Boëteau, installé en ville. On lui conduisait le patient et ce médecin faisait l'examen gratuitement. Aux débuts de la radiologie on connaissait mal les dangers pour l'organisme (en particulier sur la peau et sur le sang), des rayonnements X et les utilisateurs étaient exposés sans protection à ces rayons. Aussi, le radiologue qui travaillait pour l'hôpital, le Docteur Boëteau, fut-il atteint de radiodermites qui exigèrent des amputations, de doigts et de bras. Il en mourut en 1911. Après sa mort, deux autres radiologues installés en ville furent chargés de faire chez eux les examens pour les malades de l'hôpital, mais ces examens ne furent plus pratiqués gratuitement. Pendant la guerre de 1914-1918, l'autorité militaire fit installer dans un de ses pavillons un appareillage radiologique utilisé exclusivement pour les militaires.
            Après la guerre en 1919, l'hôpital racheta à l'armée son matériel radiologique qui fut mis en fonctionnement dans le pavillon G. Un des radiologues installé en ville fut chargé de venir faire les examens à l'hôpital. De même que l’on peut être surpris du retard que l’hôpital du Mans avait pris en ce qui concerne l’installation d’un service de chirurgie bien structuré, on est également surpris du retard pris dans le domaine de la radiologie. En voici encore un exemple : le dispensaire antituberculeux créé en 1922 n’avait pas pu, malgré des demandes réitérées, obtenir avant 1936 un simple appareil de radioscopie, appareil vraiment indispensable pour le dépistage de la tuberculose pulmonaire, et qui était à l’époque d’un prix relativement modeste. Peu à peu ce service s'organisa et s'équipa de matériel plus performant. Il acquit, à côté d'appareils de radiodiagnostic, des appareils de radiothérapie et de physiothérapie.
            Après la guerre de 1939-1946, le service de radiodiagnostic fut installé au rez-de-chaussée du pavillon de chirurgie, mais la radiothérapie resta dans le pavillon G auquel fut donné le nom du radiologue manceau victime des rayons X : Boëteau. D'autres améliorations furent apportées dans les investigations paracliniques. Celles touchant notamment l’électrocardiographie puisqu’un appareil fut acquis, en 1939, ce qui apparaît fort tardif eu égard à l’intérêt majeur que représentait cet équipement pour la pathologie cardiovasculaire. En 1934, fut également mis en place un service de transfusion sanguine dont la commission administrative avait décidé, dans sa séance du 20 juin 1932, la création et le rattachement au laboratoire.

AMELIORATIONS TECHNIQUES REALISEES DANS LES SERVICES GENERAUX
DURANT LA PERIODE 1891 - 1946

            Nous venons d'étudier les innovations apportées dans l'organisation du Centre Hospitalier du Mans pendant la période 1891 - 1946. Nous allons maintenant aborder les améliorations concernant les services généraux de l'hôpital qui ont été effectuées pendant la même période.

L'ECLAIRAGE

            Lors de la construction de l'hôpital en 1891, quelques postes peu nombreux d'éclairage au gaz avaient été installés dans certains services. Mais ce ne fut qu'à partir de 1900 que l'éclairage au gaz fut généralisé à l'hôpital, restant toutefois insuffisant. Une amélioration fut néanmoins apportée par l’augmentation du nombre de becs et par le recours à ces becs de meilleures qualité qualifiés "d’étincelants". Puis, fut discutée une première fois l’installation de l’éclairage électrique en commission administrative le 3 août 1907 mais rien ne fut entrepris dans les années suivantes. En 1913 un nouveau projet fut étudié pour installer l'électricité dans tout l'hôpital. En dehors de quelques arrivées de courant dans de rares services, telles que dans la salle d'opération, il n'y eut aucune généralisation de la distribution d'électricité. En 1922 plusieurs services bénéficièrent enfin de l'éclairage électrique, en particulier le laboratoire et quelques rares pavillons.
            Mais ce n'est qu'en 1928 que l'éclairage électrique fut installé dans tout l'hôpital. Un crédit de 60.000 francs fut débloqué le 28 avril 1928 par la commission de répartition des fonds du Pari Mutuel, et cela grâce à l'appui du sénateur de la Sarthe. En 1930, le réseau électrique fut amélioré par l'installation de la haute tension avec un transformateur placé dans la partie Nord-Ouest de l'hôpital. D'autres améliorations du réseau électrique furent encore réalisées en octobre 1933.

LE TELEPHONE

            Un réseau téléphonique au nombre de postes très réduit fut installé en 1902, avec un standard dans la loge du concierge, mais par la suite, le nombre de postes fut progressivement augmenté et en 1946 on en dénombrait environ 40.

LE CHAUFFAGE

            Comme nous l'avons dit, en 1891 le chauffage était assuré par des poêles dans les salles de malades et que dans les services administratifs. Dans les pavillons payants, les chambres avaient des cheminées fonctionnant au bois.
            Les premières améliorations réalisées dans le chauffage furent l'installation de radiateurs à circulation d'eau chaude dans les salles des différents pavillons. Ils étaient alimentés par une chaudière placée dans la cave de chacun des pavillons qui fonctionnait au charbon ou au bois. Une importante main-d’œuvre était nécessaire pour entretenir en combustibles toutes ces chaudières qui en 1911 étaient au nombre de 21. Sur les 21 chaudières, on considérait qu'il y en avait dix qui assuraient un chauffage satisfaisant, mais onze qui donnaient un chauffage médiocre.
            En 1936, on envisagea d'installer un "chauffage à distance", c'est-à-dire une chaufferie centrale qui assurerait le chauffage de tout l'hôpital. Cette chaufferie fut installée près des ateliers au Nord de l'hôpital. Elle comportait deux énormes chaudières fonctionnant au charbon et dont les gaz étaient évacués par une très haute cheminée pour éviter la gêne que la fumée aurait pu provoquer dans l'hôpital. A proximité de la chaufferie, était prévu un important dépôt de charbon. En pratique, en 1938, cette chaufferie centrale n'assura d'abord que le chauffage du pavillon de chirurgie nouvellement ouvert. Par la suite, après la guerre 1939-1945, tous les pavillons de l'hôpital et tous les services y furent raccordés
            Des améliorations furent aussi apportées à d'autres services généraux, en particulier :

AUX CUISINES

            En septembre 1903 on y installa des marmites basculantes à vapeur, alimentées par une chaudière se trouvant près des ateliers. En 1911, on dut renouveler les cuisinières à charbon et les marmites à vapeur. En octobre 1932, on installa des cuisinières fonctionnant au gaz. En janvier 1933, on équipa les cuisines de deux marmites de 300 litres fonctionnant au gaz, de fours à rôtir, de friteuses pour pommes de terre, et de grilloirs. En novembre 1933, on installa des chambres frigorifiques.

AUX BUANDERIES ET AUX LINGERIES

            Des améliorations y furent aussi apportées en septembre 1932. Elles furent équipées de sécheuses repasseuses.

ACCROISSEMENT ET EVOLUTION DU PERSONNEL

            Les agrandissements de l'hôpital, l'augmentation du nombre des malades hospitalisés, le développement des procédés d'investigation s’accompagnèrent parallèlement d’un renforcement sensible de ses effectifs. Pour s'en rendre compte, nous prendrons comme année de référence, d'une part 1891, d'autre part l'année 1937, même si notre étude porte jusqu’à l’année 1946. En effet, à partir de 1937, en raison des guerres, les éléments recueillis ne sont pas toujours significatifs dans la mesure où les effectifs en personnel ont sensiblement varié.

LE PERSONNEL ADMINISTRATIF

            En 1937 il était de 20 personnes. Il avait peu changé par rapport à l'année de la création 1891 où il était de 14.

LE PERSONNEL MEDICAL

            Pendant cette période, le nombre des médecins s’accrût. En 1891, il y avait 6 médecins, en 1937 ils étaient 23, ainsi répartis :

- 3 chirurgiens chefs de service et 3 adjoints
- 4 médecins chefs de service et 4 adjoints
- 1 chirurgien accoucheur chef de service et 1 adjoint
- 1 ORL chef de service et 1 adjoint
- 1 ophtalmologiste chef de service et 1 adjoint
- 1 stomatologiste
- 1 électroradiologiste et 1 adjoint
Il y avait un pharmacien chef de service et 1 adjoint, une sage-femme et une sage-femme adjointe. Les internes étaient au nombre de 4 en 1891, et au nombre de 6 en 1937.

LES RELIGIEUSES

            Leur effectif est demeuré sensiblement le même : 54 en 1891, 52 en 1937.

LE PERSONNEL LAÏC

            Il a connu, quant à lui, une forte progression. De 200 environ en 1891, il est passé à 475 en 1937. Il se répartissait ainsi :

Surveillantes civiles                     4
Sous-surveillantes                             7
Infirmiers et servants hommes        104
Infirmières et servantes femmes       211
Employés aux cuisines                   17
Employés aux buanderies          16
Employés aux lingeries                   38
Personnel ouvrier                              78
comprenant les responsables de service, mécaniciens, chauffeurs, électriciens, menuisiers, peintres, couvreurs, cochers, plâtriers, jardiniers, boulangers, bouchers, concierge, divers

CREATION D’UNE ECOLE D’INFIRMIERES

            Au XIXème siècle, il n'y avait pas, en France, de diplôme officialisant le titre d'infirmière. Ce diplôme fut institué au début du XXème siècle. Cela incita la commission administrative de l'hôpital à demander la création d'une école d'Infirmières répondant à un besoin de l'hôpital et de tout le département. Elle fut ouverte en février 1904.
            Dans les années qui suivirent son ouverture, l'activité de cette école nous est assez mal connue. On sait seulement qu'au début, cette école n'était pas une école d’état, que les études n'y duraient qu'un an et ne donnaient pas le diplôme d'infirmière mais celui de garde malade. Puis les études s'organisèrent selon un modèle général et durèrent deux ans. L'école resta encore plusieurs années une école départementale, et le diplôme obtenu en fin d'études était ce qu'on appelait un "diplôme d'école"  ; un diplôme local n'ayant qu'une valeur départementale.
            A la suite de démarches des médecins et de l'administration, l'école fut agréée par un arrêté du 10 septembre 1938, comme école d’état. Ses élèves se présentaient à l'examen national qui, pour les élèves du Mans, se passait à Nantes. Dans les années qui suivirent, l'école prit de l'extension, extension parfois ralentie par les événements. Elle eut à subir de nombreux déménagements jusqu'à son installation définitive dans de grands bâtiments très fonctionnels, construits spécialement pour elle. Tout ceci sera exposé ultérieurement lorsque nous relaterons cette plus récente partie de son histoire.

 

FONCTIONNEMENT DE L'HOPITAL
PENDANT LES DEUX GUERRES MONDIALES

            Il paraît préférable de décrire séparément cette période durant laquelle le fonctionnement de l'hôpital fut si perturbé.
            La première guerre mondiale 1914-1918 n'entraîna pas de perturbations très importantes dans l'hôpital. Les pavillons affectés aux militaires furent assurément surchargés de blessés et de malades venant du front ; Aussi, quelques pavillons civils furent réquisitionnés, des baraquements furent installés pour augmenter la capacité d'accueil des militaires, mais les services civils de l'hôpital continuèrent à fonctionner à peu près normalement.
            Il n'en fut pas de même durant la guerre de 1939-1945. Dès le début de l'occupation, les Allemands s'installèrent dans l'hôpital du Mans. Leurs relations individuelles avec le personnel hospitalier furent généralement assez correctes, mais ils n'hésitèrent pas à utiliser pratiquement toutes les possibilités médicales et chirurgicales de l'hôpital, ne laissant pour les besoins de la population du Mans qu'un pourcentage nettement insuffisant d'utilisation des services de l'hôpital.
            Ils s'installèrent en août 1940. Leur arrivée fut impressionnante : 20 ambulances amenèrent 32 médecins ou chirurgiens et 120 hommes infirmiers. Ils réquisitionnèrent d'abord la plus grande partie du pavillon de chirurgie, ne laissant aux malades civils que la moitié d'un des services avec une seule salle d'opération. Ils réquisitionnèrent également les 5 pavillons militaires et plusieurs pavillons civils. Par ailleurs, en 1942, les occupants avaient construit dans l'enceinte de l'hôpital deux abris antiaériens, énormes blockhaus de béton où s'abritaient en cas d'alertes le personnel médical et infirmier allemand. Ces blockhaus étaient si épais qu'après la guerre, on a renoncé à les détruire de crainte d'endommager les pavillons avoisinants. L'un d'eux sert maintenant de local pour l’association "Loisir et Culture" de l'hôpital. Par la suite au moment du débarquement, les allemands ont pratiquement occupé tout l'hôpital, en y réquisitionnant 1.500 lits. En janvier 1944, prévoyant les événements ultérieurs, ils ont commencé par réquisitionner 50 lits d'un pavillon de médecine pour y soigner les blessés de bombardements aériens. En mai 1944, ils réquisitionnèrent un baraquement occupé par 45 vieillards hommes. Le 26 juin 1944, ils réquisitionnèrent un pavillon où étaient on peut dire "entassés" 230 vieillards. Ces derniers furent transférés sur l'hôpital de Sablé, sur l'hospice Saint-Vincent du Mans et sur divers autres hospices du département. Et finalement, le 15 juillet 1944, ils réquisitionnèrent la presque totalité de l'hôpital, y compris la chapelle où ils installèrent des lits. Il ne restait disponible pour les civils que :

Le pavillon administratif
La pharmacie
Le pavillon des enfants assistés
La maternité
Le pavillon des malades mentaux
Le service de radiologie.

            Certains malades avaient pu retourner dans leur famille, mais tous ceux qui étaient encore à l'hôpital, soit 352 patients, ont été alors transférés

Au collège de Sablé
Au collège de la Motte Beuvron
A l'hospice de Mansigné
A l'hospice de Château-du-Loir
A l'abbaye de Solesme
A l'hospice du Grand Lucé
A l'hospice de La Chartre
A l'hospice de la Ferté Bernard
Au sanatorium de Parigné
A la clinique Delagénière
A la clinique Saint-Côme

            Lorsque les alliés arrivèrent au Mans, les allemands en partant emmenèrent quelques-uns uns de leurs soldats hospitalisés, mais en laissèrent un grand nombre qui furent considérés comme prisonniers de guerre. Après leur départ, l'hôpital fut réquisitionné d'août 1944 à février 1946 par le service de santé américain. Les américains libérèrent aussitôt pour les civils un certain nombre de pavillons, et par la suite ils continuèrent à restituer les salles dont ils n'avaient plus besoin. Il est vrai que parmi leur matériel de guerre, ils avaient débarqué en France 50 hôpitaux mobiles de campagne, comportant chacun 1.000 lits. Et il est certain que cette occupation américaine fut pour l'hôpital du Mans beaucoup moins contraignante et moins lourde que l'occupation allemande.

LE RAVITAILLEMENT DE L’HOPITAL PENDANT TOUTE LA GUERRE

            Le ravitaillement alimentaire posa évidemment de gros problèmes (moins importants toutefois qu'à Paris ou dans les très grandes villes). La proximité des sources de production facilitait les choses. L'économat de la partie restée civile de l'hôpital avait pu conserver une camionnette et l'économe s'était arrangé avec un fermier d'un village assez proche du Mans. Ce fermier avait accepté de collecter tous les œufs disponibles dans son village et dans les villages voisins. Il les mettait en conserve et tous les 8 ou 15 jours, la camionnette de l'hôpital allait en prendre livraison. Elle rapportait environ 6.000 œufs à chaque voyage. Pour se procurer de la viande, l'hôpital achetait des bêtes sur pied, puis les faisait abattre aux abattoirs du Mans. Ensuite, elles étaient débitées et préparées à l'hôpital. Ce système avait ainsi pu maintenir la consommation de deux bœufs et de deux ou trois veaux par semaine. De plus, l'utilisation des déchets de l'hôpital permettait d'entretenir une porcherie qui fournissait quatre à cinq porcs par mois. Le pain était fait à l'hôpital qui avait pu obtenir l'attribution d'une quarantaine de quintaux de farine par mois. Enfin, toutes les pelouses de l'hôpital avaient été labourées. On y cultivait des légumes, surtout des pommes de terre. Grâce à cette organisation, les malades civils hospitalisés au Centre Hospitalier du Mans furent à peu près suffisamment nourris pendant l'occupation.
            Par contre, l'approvisionnement en textiles était particulièrement difficile. Heureusement le Centre Hospitalier du Mans avait une réserve importante de draps, de couvertures, de serviettes, de compresses et de pansements. Pendant l'occupation l'économat ne garda pas ces trésors dans l'hôpital où ils auraient pu être découverts et réquisitionnés par le service de santé allemand. Ils furent mis en dépôt soit chez des commerçants, soit dans des communautés où ils étaient sous bonne garde, et où l'économe allait en reprendre selon les besoins.

 

DEUXIEME PERIODE

TRANSFORMATIONS ET REAMENAGEMENTS DE L’HOPITAL DU MANS

DE 1946 A 1977

            Nous avons vu que l'hôpital du Mans avait très peu évolué durant le demi-siècle après sa construction. Plusieurs raisons expliquent cet état de choses :
            L'hôpital, tel qu'il avait été construit, représentait pour l'époque un hôpital très moderne et dans les années qui suivirent, il n'y eut pas de changement notable dans la conception du fonctionnement d'un hôpital.
            De plus, la création de l'hôpital avait représenté pour les finances un gros investissement qui interdisait dans l'immédiat de nouvelles dépenses importantes, d'autant que durant cette période, deux guerres meurtrières et dévastatrices avaient épuisé le pays.
            Enfin, la population ne se tournait pas naturellement vers l’hôpital qui accueillait principalement des personnes âgées et des indigents. Aussi, l'activité hospitalière n'était pas très importante et n'exigeait pas d'extension urgente. Il en fut tout autrement après 1946, où l’univers hospitalier se modifia de façon considérable.
            Le nombre des sujets hospitalisés avait sensiblement augmenté pour plusieurs raisons : l’allongement général de la durée de vie, l’amélioration des conditions de l’hospitalisation. Ainsi un accroissement du nombre de lits de l’hôpital devint nécessaire. Ce fut rendu possible grâce à la création en 1945 de la sécurité sociale, ce qui avait amélioré la situation financière des services de santé. On peut schématiquement retenir que cette période fut marquée de quelques constructions mais surtout de transformations et de réaménagements successifs pour répondre aux besoins de la population en début et en fin de vie, s’accompagnant parallèlement d’une humanisation progressive des conditions d’hospitalisation.

            Durant quelques trente années, l’hôpital allait s’efforcer, par étapes successives, de répondre aux besoins qui s’exprimaient dans les différents secteurs d’activité. Ceci se réalisa, dans un contexte économique délicat, en suivant un rythme, tenant compte aussi des possibilités financières susceptibles d’être dégagées. Les améliorations furent néanmoins sensibles et contribuèrent à renforcer la place de l’établissement en même temps qu’elles rendirent nécessaires l’expression d’un second souffle.

LE SERVICE DE CHIRURGIE

            Les travaux commencèrent en 1946 par une remise en état de l'hôpital qui débuta par le pavillon de chirurgie (Plan V et vue perspective - Photo 23-24). Ce grand pavillon bien qu'il ne fût pas occupé dans sa totalité par le service de chirurgie, a toujours été appelé "pavillon de chirurgie".
            Comme nous l'avons dit, il avait été achevé en 1938. D'abord utilisé pour loger des réfugiés espagnols, il fut à partir de 1939 réquisitionné par les différents services de santé militaire, et ne fut rendu à l'administration civile mancelle qu'en mars 1946. Nous verrons que l'ouverture de ce pavillon de chirurgie libéra de nombreux locaux et que cela entraîna beaucoup de changements dans l'hôpital. Ce pavillon de chirurgie est un grand bâtiment comportant un rez-de-chaussée et quatre étages, pouvant accueillir 220 malades. Il était équipé de deux grands ascenseurs dont la dimension permettait l'accès de tous les moyens de transports internes des opérés et de plusieurs monte-charge. Après sa récupération en 1946, il fut organisé de la façon suivante :
            Deux services de chirurgie générale pour adultes furent installés l'un au premier, l'autre au deuxième étage. Ils avaient chacun une capacité d'hospitalisation de 60 lits, répartis en quelques chambres à 1 ou 2 lits, un solarium de 6 lits et de deux dortoirs de 5 ou 6 lits. Chacun de ces services était équipé de deux salles d'opération, de deux salles de pansements et d'une salle de stérilisation. Ils disposaient également de bureaux pour les médecins et la surveillante, de secrétariats, de salles d'examen et de salles de consultation.
            Le troisième étage fut partagé par moitié entre la chirurgie infantile et la chirurgie militaire. Ces services étaient eux aussi techniquement bien équipés. Un peu plus tard, en septembre 1948, le quatrième étage fut installé. Il était partagé entre les services d'ORL, d'ophtalmologie et de stomatologie. Chacun de ces services disposait, outre de lits d'hospitalisation, de salles d'opération, de salles de soins et de salles d'examen. Pour chacun d'eux, le service de consultation était installé au rez-de-chaussée. Cet ensemble chirurgical fut considéré, à l'époque, comme une belle réussite. Au rez-de-chaussée, en plus des consultations d'ORL, d'ophtalmologie et de stomatologie, furent accueillis le service de radiodiagnostic et le laboratoire.

LE SERVICE DE RADIODIAGNOSTIC

           Depuis 1919, il occupait ainsi que la radiothérapie et l'électrothérapie, le pavillon G du plan primitif qui avait été appelé pavillon Boëteau. Seul le service de radiodiagnostic fut transféré, en 1946, dans le pavillon de chirurgie. La radiothérapie et l'électrothérapie restèrent à Boëteau. Le service de radiologie comportait trois salles de radiodiagnostic, une salle de développement, des bureaux, un secrétariat, une salle d'attente. Dans sa nouvelle installation, ce service fut d'abord équipé avec le matériel ancien puis, progressivement, ce matériel fut remplacé par de nouveaux générateurs modernes et des tables basculantes. En 1951, l'hôpital acquit un tomographe, et en 1955 un appareil radio-chirurgical pour faire des clichés au lit des malades ou au cours d'interventions chirurgicales. En 1956, le service s'équipa d'un craniographe faisant des clichés très précis du crâne. En 1959, le tomographe fut changé pour un appareil plus performant. Toutes ces améliorations entraînèrent une augmentation de l'activité du service et en 1960, il commençait à être à l'étroit. Une meilleure utilisation des surfaces permit de créer une quatrième salle de radiodiagnostic ainsi qu'une deuxième salle de développement, mais en 1970, un agrandissement fut encore jugé nécessaire. Il fut obtenu par l'édification d'une construction que l'on accola au rez-de-chaussée du pavillon de chirurgie, juste devant le service de radiologie (Plan IV). Cela permit d'ouvrir deux nouvelles salles de radiodiagnostic qui furent équipées avec du matériel moderne. Nous verrons ultérieurement comment ces problèmes d'installation radiologique furent résolus dans les vastes constructions hospitalières qui furent réalisées plus tard, et où la radiologie, installée dans des conditions satisfaisantes, fut intégrée dans un ensemble très fonctionnel.

LES LABORATOIRES

            Au rez-de-chaussée du pavillon de chirurgie, à côté de la radiologie, on installa le laboratoire. Il comportait une section de microbiologie, une section de chimie et une section d'hématologie à laquelle avait été rattaché le centre de transfusion sanguine. Comme pour la radiologie, les techniques de laboratoire et la qualité des analyses s'affinaient, et le nombre des demandes d'examens augmenta. Il fallut donc accroître les postes d'analyse et recruter du personnel en conséquence. Bientôt le laboratoire manqua de place. En 1965, là aussi, par une meilleure organisation des surfaces et la récupération d’espaces restés libres, la section chimie put s'agrandir un peu, mais cet agrandissement se révéla encore rapidement insuffisant. Comme pour la radiologie, une extension fut obtenue pour le laboratoire par une adjonction faite au pavillon de chirurgie. Devant la façade Nord de ce pavillon, et juste devant les locaux du laboratoire, il y avait un pavillon appelé Emile Roux qui abritait le service des contagieux. On déplaça ce service qu'on installa dans un bâtiment en préfabriqué, et les locaux d'Emile Roux furent affectés au laboratoire reliés au pavillon par une passerelle spécialement construite à cet effet. Cette nouvelle organisation apporta une amélioration certaine dans le fonctionnement du laboratoire, mais là encore, ce ne fut que provisoire. Son activité s'accroissait constamment. Aussi, l'administration hospitalière décida en 1972 de construire, pour le laboratoire, un bâtiment spécialement conçu en vue de l'activité qui devait s'y exercer.
            Ce bâtiment est situé dans la partie Nord Ouest du terrain du Centre Hospitalier du Mans. Sa construction commencée en 1973 fut terminée en octobre 1975 (Photo 25). Il est vaste et son organisation a été prévue de façon large. Il comporte un rez-de-chaussée et un étage qui sont éclairés par trois cours intérieures. Ainsi, toutes les salles réparties autour de ces patios reçoivent la lumière du jour et sont bien aérées. Au rez-de-chaussée est installé l'accueil. Il comporte le secrétariat, le point de réception pour les examens provenant des services hospitaliers, les salles d'attente et les salles de prélèvements pour les malades externes, et aussi des locaux où sont entreposés les réserves. Le premier étage est occupé par la partie technique où les salles de travail et les bureaux sont groupés par spécialité. Les différentes disciplines sont ainsi bien séparées les unes des autres.

LA MICROBIOLOGIE

            Elle comporte un bureau pour le chef de service qui dispose d'un laboratoire personnel et un pour son assistant. Il y a 5 salles de bactériologie, chacune étant réservée à une catégorie spéciale d'examens. Un secrétariat est spécialement affecté à la microbiologie.

LA CHIMIE BIOLOGIQUE

            Elle comporte un bureau pour le chef de service, avec un laboratoire personnel, un autre pour ses assistants, et treize salles de laboratoire, ainsi réparties : trois laboratoires de chimie, un laboratoire pour les explorations fonctionnelles, trois laboratoires pour les autoanalyseurs, un laboratoire d'enzymologie, un laboratoire pour les gaz du sang, un laboratoire pour les électrophorèses, un laboratoire de chromatographie, un laboratoire pour la toxicologie, un laboratoire d'hormonologie. Ce service comprend aussi deux secrétariats.

 L’HEMATOLOGIE

            Elle comporte un bureau pour le chef de service qui dispose d'un laboratoire personnel contigu, un bureau pour son adjoint, deux vastes salles d'hématologie, une salle pour les examens de moelle, deux salles de coagulation, une chambre noire et un secrétariat. A l'hématologie fut provisoirement rattaché le centre de transfusion sanguine, comme à sa création, mais ce qui aurait dû cesser avec la construction du nouveau laboratoire. Des problèmes de répartition des locaux obligèrent à prolonger cet état de choses pendant quelques années. Nous verrons plus loin que le centre de transfusion sanguine a été installé plus tard dans un bâtiment spécialement conçu à son effet.
            Le personnel nécessaire au fonctionnement du laboratoire est important, et compte plus de 70 personnes. Il comporte plusieurs médecins et pharmaciens, de nombreux techniciens de laboratoire, infirmières et secrétaires. Le coût de la construction du laboratoire, en 1975, s’est élevé à 7.855.650 francs, frais d'équipement non inclus.

LES SERVICES DE MEDECINE

            Nous avons décrit le pavillon de chirurgie et tous les services qu'il abritait. Nous allons maintenant exposer l'organisation des services de médecine telle qu'elle se présentait en 1946, afin de mieux en mesurer l’évolution au cours de cette deuxième période. Notons d'abord que depuis la création de l'hôpital et jusqu'en 1946, il s'agissait des services de médecine générale qui accueillaient indifféremment tous les malades. Seuls les malades atteints d'une affection contagieuse aiguë étaient hospitalisés dans un pavillon spécial. C'était seulement depuis 1938 qu'il en était de même pour les tuberculeux pour lesquels on avait créé un service particulier. D'ailleurs, la notion de spécialisation médicale ne s'imposa qu'assez tardivement et fut souvent, au début, le résultat de l'activité sélective des médecins chefs qui orientaient leur service vers une activité bien spécifique. Enfin, autre élément important, le confort des malades commença à être amélioré. Les grandes salles communes de 20 lits des pavillons type Tollet furent transformées. On en réduisit la hauteur par la pose d'un faux plafond et on réalisa un cloisonnement par groupe de deux lits. Plus tard, on construisit un couloir au centre des salles et de chaque côté de ce couloir on aménagea des chambres à deux lits. Nous verrons que toutes ces améliorations ont modifié la façon dont l'hospitalisation fut perçue par le public. Les malades hospitalisés dans des conditions de confort accru n'avaient plus à redouter une promiscuité pénible et recevaient à l'hôpital des soins qu'ils n'auraient pas pu avoir chez eux. Tout cela augmenta les demandes d'hospitalisation et entraîna la nécessité d'une adaptation et d'une progression permanente des services hospitaliers.
            En 1946, il n'y avait au Centre Hospitalier du Mans que deux services de médecine générale pour adultes : l'un, installé dans le pavillon J était réservé aux hommes ; l'autre, dans le pavillon K était attribué aux femmes (plan III). Rappelons qu'il s'agissait de pavillons de type Tollet, construits en 1891 et dont le mode d'hospitalisation consistait en deux grandes salles communes de 20 lits. Pour chacun de ces pavillons, la direction médicale était assurée par un médecin assisté d'un interne et d'un médecin adjoint qui le remplaçait pendant ses absences. En plus de ces services où l'hospitalisation était gratuite, il y avait deux services de médecine payante : l'un pour les hommes était installé dans le pavillon F qui fut appelé Pasteur, l'autre service, réservé aux femmes, fut d'abord logé dans le pavillon L, puis fut transféré en 1945 dans le pavillon E qu'on appela Claude Bernard. (A noter que le pavillon L ainsi libéré fut affecté de 1945 à 1947 aux malades ayant besoin de pénicilline. Cet antibiotique récemment introduit en France, était strictement contingenté et réservé aux hôpitaux). Les pavillons de médecine payante étaient nettement plus confortables que les autres pavillon de médecine. Ils étaient composés chacun de 15 à 20 chambres à un ou deux lits. Dans ces pavillons les malades étaient soignés par les médecins en charge des deux services de médecine générale, mais ils avaient aussi la possibilité de se faire suivre par un médecin non hospitalier de leur choix. Ces malades devaient régler une participation financière à l'hôpital et au médecin qui les soignait. Ce mode d'hospitalisation payante fut supprimé en 1970.
            En 1956, un agrandissement des services de médecine devint nécessaire et on ouvrit un troisième service : La médecine III. Ce service fut installé dans un pavillon (R du plan primitif) qui avait été initialement occupé par les enfants assistés désormais transférés dans l'ancienne maternité. L'installation de ce pavillon R (Plan V et VI), qu’on dénomme alors Bichat, fut améliorée par un cloisonnement en chambre à un, deux ou trois lits, et par des agrandissements permettant l'installation de salles d'examen, de consultations, et de bureaux (Plan IX). C'était un grand pavillon comportant un rez-de-chaussée et un étage. Cet étage ne s'étendait que sur une partie du rez-de-chaussée. Le service pouvait accueillir 72 malades. Il devait être, comme J et K, un service de médecine générale mais le médecin chef, cardiologue de formation, donna rapidement une orientation au service qui accueillit donc de nombreux malades atteints d'affection cardiaque. Le service fut équipé d'électrocardiographes, de monitorings, etc. et son équipe médicale fut renforcée avec l’arrivée de deux médecins adjoints également cardiologues. Ainsi le service acquit une spécialisation cardiologique.
            En 1968, il fallut agrandir ce service de cardiologie qui était devenu insuffisant. On utilisa le pavillon E (Claude Bernard), devenu libre, par la suppression du service de médecine payante pour les femmes, et on en fit une extension de la cardiologie.
            Puis, en 1972, entre Claude Bernard et la pneumologie-réanimation respiratoire on installa un service de réanimation cardiaque. Signalons encore qu’en 1948, au rez-de-chaussée du pavillon Bichat (R du plan), quelques lits furent réservés pour la dermatologie. Quelques années plus tard, ces lits furent supprimés et remplacés par 25 lits au premier étage de ce même pavillon.
            En 1961, un quatrième pavillon de médecine, la médecine IV, fut ouvert dans le pavillon H. Primitivement occupé par la pneumo-phtisiologie, il avait été libéré par le départ de ce service dans d'autres bâtiments. On y installa la médecine IV qui prit une orientation gastro-entérologique.
            En 1962, les services de médecine J et K dont nous avons parlé en premier, furent agrandis. Le pavillon I, jusque là occupé par la pneumo-phtisiologie, fut libéré et rattaché aux services médecine I et médecine II. Ces trois pavillons I, J, K (à qui furent donnés les noms de Widal, Bretonneau et Broca) séparés les uns des autres par une pelouse, furent réunis. Pour cela, on construisit des bâtiments transversaux rattachés perpendiculairement aux faces de ces bâtiments qui se faisaient vis à vis. Au centre de cette construction, un couloir réunissait les trois pavillons les uns aux autres et, de part et d'autre de ce couloir, on installa des chambres à un ou deux lits (Plan VII). Le pavillon I (Widal) prit une orientation neurologique lorsqu'en 1973 fut nommé un médecin neurologue à plein temps, et ce pavillon fut alors agrandi. A côté, sur sa façade Nord donnant sur un assez vaste terrain, on construisit un service d'exploration fonctionnelle du système nerveux et une petite annexe de psychiatrie.
            Tous les services de médecine que nous venons de présenter dans leur nouvelle organisation utilisaient des bâtiments anciens réaménagés. Il fut également ouvert des services logés dans des bâtiments neufs, spécialement construits pour eux. Ce fut le cas pour la médecine V, appelée Reilly, un service de médecine générale à soins normalisés, de 90 lits (Photos 27 et Plan IX).
            Il est situé au Nord Ouest du terrain du Centre Hospitalier du Mans, près de la route de Degré. Décidée en 1972, sa construction fut commencée en 1973 et terminée en 1976. C'est un bâtiment à cinq niveaux, bien équipé en ascenseurs et en monte charge. Le niveau 1 est réservé à des bureaux, en particulier au bureau du médecin chef, à ceux de la surveillante chef, des secrétariats, à des salles de consultations, à des salles de soins, à une pièce pour les infirmières et à une salle de conférence pour les réunions scientifiques. Les trois autres niveaux sont occupés par des services de soins. Ils comportent chacun 30 lits répartis en chambres à 1 ou 2 lits, pourvus d'un sanitaire bien équipé. Outre les chambres de malades, il y a à chaque niveau un bureau pour le médecin responsable de l'étage, un bureau pour la surveillante de l'étage, une salle pour les infirmières et une salle de soins. Chaque niveau est affecté à une spécialité médicale : endocrinologie, diabétologie, hématologie, oncologie. A la tête du service, il y a un médecin chef à plein temps, et à chaque étage un médecin également à plein temps. Au début, à l'ouverture du pavillon Reilly, le niveau 0 fut indépendant du reste du service médecine V. Une moitié de ce niveau fut réservée à la médecine préventive du personnel hospitalier. L'autre moitié fut affectée à la bibliothèque médicale.
            La Médecine Préventive, qui y siégea pendant plus de 15 ans, fut transférée ensuite dans un autre pavillon. L'emplacement ainsi libéré fut affecté à la médecine V qui y installa un hôpital de jour.

Bibliothèque médicale

            Quant à la bibliothèque médicale, créée en 1976, elle occupe la moitié Sud du niveau 0. Dans les hôpitaux d'une certaine importance, une bibliothèque médicale est devenue une nécessité. Cela permet aux médecins et aux internes d'avoir à leur disposition, dans les diverses disciplines, de nombreux documents médicaux qu'ils peuvent consulter sur place ou emprunter. Les locaux comprennent un secrétariat, une salle de lecture, des magasins où sont stockés les livres et périodiques, un atelier pour l'entretien des livres, la reprographie et les reliures. La bibliothèque contient plus de 8.000 ouvrages et est abonnée à 200 périodiques, dont un tiers en langue anglaise. Elle est ouverte du lundi au vendredi, de 9 heures à 17 heures, et les médecins non hospitaliers y sont admis.
            Son personnel comprend un médecin responsable, deux bibliothécaires et un magasinier qui, en plus de la surveillance des magasins, assure l'entretien des livres, la reliure et la reprographie. La bibliothèque est informatisée ce qui permet aussi d'avoir sur toutes les affections, et en quelques minutes, les renseignements désirés ou même la reproduction complète d'un article, d'un périodique que ne possède pas la bibliothèque du Centre Hospitalier du Mans. Il faut signaler que créer une bibliothèque médicale dans un hôpital est une option dépendant de son administration. Son financement est majoritairement assuré par cette dernière, les cotisations des usagers n'en fournissant qu'une très faible part.

LA NEPHROLOGIE

            Malgré tous les efforts d'améliorations entrepris par l'hôpital du Mans à partir de 1946, certaines disciplines médicales ne trouvaient encore, que des possibilités d'activités très insuffisantes. Tel était le cas de la néphrologie. Aussi, en 1972, le conseil d’administration décida la création d'un tel service comportant des postes d'hémodialyse, une innovation dans la Sarthe.
            L'hémodialyse est l'exemple type de ces progrès thérapeutiques apparus dans la deuxième moitié du XXème siècle. C'est un procédé d'une efficacité remarquable et qui a transformé le pronostic de l'insuffisance rénale. Mais sa pratique nécessite une installation particulière, des locaux bien adaptés et un personnel qualifié. La création au Mans de ce service devenait de plus en plus nécessaire car les services d'hémodialyse environnants : Tours, Angers, Nantes, Caen, étaient saturés. Le service de néphrologie du Centre Hospitalier du Mans ouvrit en 1975. Il fut d'abord installé dans le pavillon Pasteur (E du plan primitif) qui fut restauré et aménagé en conséquence. Il fut confié à un médecin néphrologue exerçant à plein temps et assisté de deux médecins à temps partiel. Ce service comportait huit postes d'hémodialyse et onze lits pour la néphrologie. Or, les statistiques ont établi que pour un million d'habitants le nombre de postes d'hémodialyse nécessaire est de 32. Les huit postes d'hémodialyse étaient donc insuffisants pour la Sarthe. Cela a très vite été confirmé dans la pratique et a rendu évidente la nécessité d'accroître le nombre de postes. Aussi, en 1981, le conseil d’administration décida la construction d'un bâtiment spécialement agencé. Ce ne fut qu'en 1985 que celui ci fut terminé et mis à la disposition du service de néphrologie. Nous décrirons ce bâtiment ultérieurement.

AUTRES SERVICES ANCIENS AMENAGES POUR CREER DES LITS DE MEDECINE

            Les pavillons (T et U du plan) qui étaient primitivement des services de chroniques et de gériatrie furent transformés en 1977 et affectés à des services de médecine. Il furent appelés Béhier et Tardieu. Dans ces deux pavillons, les salles communes furent remplacées par des chambres à un ou deux lits, disposant chacune d'un sanitaire bien équipé. Ainsi transformés, Béhier avait 23 chambres à deux lits et 13 chambres à un lit ; Tardieu avait 23 chambres à deux lits et 14 à un lit, soit au total, 119 lits pour ces deux pavillons.
            Les lits y furent répartis de la façon suivante :

BEHIER

au rez-de-chaussée: 16 lits de médecine générale, 16 lits de rhumatologie
au premier étage: 13 lits de rhumatologie,14 lits d'alcoologie
au deuxième étage il n'y avait pas de chambre d'hospitalisation mais une salle de réunion et des pièces de logement pour les internes.

            Il y a lieu de signaler que durant la période 1975 - 1985, quelques lits de Béhier furent affectés à la néphrologie. Cette dernière manquait de place à Pasteur où elle n'avait en plus des 8 postes de dialyse que 11 lits de néphrologie. Outre des lits d'hospitalisation, Béhier possédait au rez-de-chaussée des bureaux pour les médecins, une salle de consultation, une salle d'attente, un secrétariat, des salles de soins, et au premier étage, des bureaux pour les médecins et la surveillante, des salles de soins.

TARDIEU

au premier étage : 27 lits de médecine générale
au rez-de-chaussée : 30 lits de dermatologie

En effet, en 1980 la dermatologie fut transférée du pavillon R au pavillon T (Tardieu).

Le service compte alors 18 lits d’hospitalisation normale, 6 lits d’hospitalisation de semaine, 6 lits d’hospitalisation de jour.

            Le service des consultations de dermatologie ne se trouvait pas au pavillon Tardieu. Il était un peu plus loin, dans l'ancien foyer des pupilles (S du plan primitif). Il y a également au rez-de-chaussée de Tardieu, différents bureaux, un secrétariat et un centre de dépistage du SIDA.(Photo 29)

AUTRES SERVICES DE SOINS ET D'HOSPITALISATION MEDICALE

REEDUCATION ET READAPTATION FONCTIONNELLE

            La création d'un service de rééducation et réadaptation fonctionnelle avait été discutée par le conseil d’administration en juin 1972. On avait envisagé alors un service de 90 lits pour adultes et enfants dans la proportion d'un lit d'enfant pour trois lits d'adultes, mais ce service ne fut pas réalisé. On envisagea ensuite un service ne comportant que 55 lits. Mais il ne fut pas non plus installé.
            En mai 1974, on nomma pourtant un chef de service, à plein temps, mais à ses débuts, le service situé dans la partie Ouest du rez-de-chaussée de l'ancienne chirurgie comportait seulement un bureau qui servait aussi de salle d'examen et de secrétariat.
            En septembre 1974, on affecta à la rééducation dix lits dans le pavillon Béhier.
            En 1975, on libéra l'ancien pavillon des convalescents qui était proche des pièces où était installée la rééducation. On le restaura et on organisa pour elle un service de 17 lits, mais les dix lits de Béhier furent retirés. Dans les années suivantes, la rééducation obtint encore plusieurs agrandissements .Au rez-de-chaussée de l'ancienne chirurgie, on libéra un bureau auparavant occupé par la médecine préventive, puis en 1977, une autre pièce abandonnée par la radiologie où on installa l'ergothérapie.
            L'ouverture du Fontenoy en 1983 libéra encore dans l'ancienne chirurgie un certain nombre de locaux qu'on put attribuer à la rééducation. Il s'agissait des pièces occupées par les consultations d'ORL. et d'ophtalmologie, et également de plusieurs pièces provenant du service de radiologie dans lesquelles furent installées la balnéothérapie et trois salles de consultations. C'est dans ces locaux rassemblés progressivement que le service de rééducation fonctionna et fonctionne encore. Son service médical comporte un médecin chef à plein temps, spécialisé en médecine physique et rééducation fonctionnelle, et deux praticiens hospitaliers également à plein temps et spécialisés. Il comporte 15 kinésithérapeutes, dont 12 plein temps. Il ne dispose toujours que de 17 lits, mais les soins dispensés par la rééducation fonctionnelle s'adressent le plus souvent à des patients hospitalisés dans d'autres services. Alors les malades sont soit amenés dans le service de rééducation, soit les kinésithérapeutes se rendent dans leur service d'hospitalisation .Aux services de Médecine Générale pour adultes se rattache

PNEUMO-PHTISIOLOGIE

            Nous avons déjà signalé qu'avant 1938, les tuberculeux étaient soignés dans le service de médecine générale où ils n'étaient pas séparés des malades hospitalisés pour d'autres affections.
            En 1938, deux pavillons (H et I) furent affectés au tuberculeux.
            En 1946, le service de pneumo-phtisiologie occupait toujours ces deux pavillons de 40 lits, un pour les hommes, l'autre pour les femmes. Mais l'endémie tuberculeuse étant très importante en 1948, ces deux services se révélèrent insuffisants. Un troisième pavillon libéré par les militaires (B du plan primitif) fut adjoint au service des pulmonaires.
            Malgré ces agrandissements, en 1958 l'administration hospitalière jugea nécessaire de constituer un bloc de pneumo-phtisiologie. Ce fut réalisé en 1960 en surélevant d'un étage deux pavillons (C et D du plan primitif) libérés par les militaires et en réunissant ces deux pavillons par une construction nouvelle, composée d'un rez-de-chaussée et d'un étage. (Plan VII - Photo 23), et réunie perpendiculairement à chacune des deux faces des pavillons. Dans cette construction on installa au rez-de-chaussée des salles de soins, des salles d'examen, deux salles de radioscopie, une salle d'endoscopie, une salle d'exploration fonctionnelle respiratoire, des bureaux et un secrétariat. Au premier étage de cette construction intermédiaire, on put installer des chambres à un et à trois lits (Photo 30).
            Lorsqu’à partir des années 1950, l'endémie tuberculeuse s'atténua, grâce aux antibiotiques antituberculeux, ce service reçut moins de tuberculeux que de sujets atteints d'affections pulmonaires non tuberculeuses. Cela permit de créer en 1962 dans ce service, une section de réanimation respiratoire. Ce fut d'abord une unité de 8 lits, puis une deuxième de la même importance, et enfin une post-réanimation de 20 lits. Comme il n'y avait pas alors dans l'hôpital d'autre service de soins intensifs, cette réanimation fonctionna comme réanimation polyvalente. Elle eut à traiter non seulement des affections respiratoires, mais aussi des cas chirurgicaux ayant besoin de réanimation, des comas toxiques, etc.

PEDIATRIE

            L'histoire de ce service est un peu compliquée et son installation laissait à désirer. Il fut plusieurs fois déplacé et ce n’est qu'en 1946 qu'on lui trouva une meilleure organisation. A la suite de plusieurs permutations, le pavillon Marjolin qui hébergeait la chirurgie infantile fut libéré et on l'attribua au service des enfants, alors appelé Trousseau (Plan IX). Il comportait un rez-de-chaussée et un étage. Sa capacité était de 48 lits. Son organisation fut améliorée et certaines grandes salles de 15 lits furent cloisonnées.
            En 1952, un petit service de prématurés fut installé au premier étage ; il était bien séparé et isolé des nourrissons malades.
            Mais en 1956, ce service de prématurés fut déplacé et installé dans une partie du deuxième étage de la nouvelle maternité. Il comporta d'abord 20 lits, puis par la suite, 57 lits. Un médecin pédiatre, néonatologiste, fut spécialement affecté à ce service, puis à partir de 1984, un service de réanimation néo-natale et infantile y fut aussi ouvert, animé par une équipe de réanimateurs.
            En 1963 le service de pédiatrie fut agrandi par une construction qui le prolongea. Il fut doté de salles de consultation, d'offices, de salles d'attente et d'une annexe de 26 berceaux pour les nourrissons. Ainsi, en 1963 ce service de pédiatrie comportait 90 lits. Il était techniquement assez bien équipé. Il avait un personnel important et très spécialisé d'infirmières et de puéricultrices. Il était dirigé par un médecin chef, assisté de plusieurs assistants pédiatres. A la pédiatrie était rattaché le service des Infectieux, de 30 lits, pour enfants et adultes. Il était installé dans un pavillon isolé au Nord du pavillon de chirurgie, et appelé Emile Roux. Il faut signaler encore que ce service de pédiatrie fut un des premiers en France à avoir organisé un enseignement pour scolariser les enfants hospitalisés. Nous serons amenés à reparler de la pédiatrie ultérieurement avec la construction du nouveau batiment de pédiatrie.

SERVICE D’ACCUEIL ET D’URGENCES MEDICALES

            En 1974 on créa un service d'urgences médicales qui fut installé au rez-de-chaussée du pavillon Laënnec, dont une partie se trouva libérée. Ce service était destiné à mettre sous surveillance médicale dès leur arrivée, quelle que fut l'heure, les malades qui se présentaient en urgence à l'hôpital. Un médecin ou un interne était là en permanence avec des infirmières, des aides-soignants, un brancardier, ainsi les malades étaient examinés sans tarder. De plus, outre cet examen clinique on pratiquait sur place, presque systématiquement, un cliché pulmonaire, un électrocardiogramme et des examens biologiques. Les résultats de ces examens étaient obtenus en urgence ce qui permettait de diriger rapidement le malade sur le service dont la spécialité correspondait à son cas.
            Le service des urgences était également équipé d'une dizaine de chambres. Cela permettait d'y garder les malades pendant quelques heures tout en commençant le traitement. Il était proche de la réanimation respiratoire à laquelle on pouvait recourir en cas de nécessité. Cette organisation, particulièrement utile la nuit, évitait pour les autres services l'agitation et le dérangement que provoque souvent l'arrivée nocturne d'un nouveau patient dans une salle.
            Enfin, on avait installé à l'accueil une salle capitonnée qui permettait de garder jusqu'au matin un malade agité.

URGENCES CHIRURGICALES

            A partir de 1975 il y eut aussi un service d'urgences chirurgicales. Il fut installé au rez-de-chaussée de l'ancien pavillon de chirurgie, dans la partie qui avait été libérée par le départ du laboratoire de biologie pour lequel on avait construit un bâtiment spécial. Ce service des urgences chirurgicales comportait salles d'attente, de consultations, d'examens, des salles de pansement et une salle d'opération. Il était également équipé de plusieurs chambres où les malades pouvaient séjourner quelques heures avant d'être dirigés vers le service de chirurgie qui convenait le mieux à leur cas.

SERVICES DE GERIATRIE

            A l'hôpital du Mans, les premiers pavillons affectés aux personnes âgées furent le pavillon T appelé Béhier et le pavillon U, appelé Tardieu. Construits tous les deux en 1891 avec l'ensemble du nouvel hôpital, ils étaient chacun pourvus de grandes salles communes et avaient une capacité : Béhier, de 155 lits et Tardieu de 166 lits. Tous deux restèrent longtemps dans le même état et en 1978 ils furent transformés et divisés en chambres à deux lits, puis affectés à la médecine adultes.
            Mais entre temps on avait construit deux maisons de retraite ; en 1904 le pavillon Carel comportant 29 chambres assez confortables pour des sujets âgés des deux sexes, et en 1906, Charcot qui comportait 73 lits pour personnes âgées. (Plan IV)
            En 1956, le pavillon Charcot était dans un si piteux état que la commission administrative déclara que } l'état de ces locaux était absolument incompatible avec la dignité dont le vieillard doit être l'objet. ~ Bien restauré, et même en partie reconstruit, le pavillon fut affecté en 1958 à l'hébergement des vieillards valides payants. On y installa un ascenseur, une salle à manger. Mais malgré les efforts d'amélioration, la nécessité s'imposait de repenser globalement l'accueil des personnes âgées. En effet, le nombre des demandes d'hébergement augmentait sans cesse.
            Cet accroissement était dû à la prolongation générale de la durée de vie, elle-même liée à plusieurs facteurs : amélioration du niveau de vie, progrès de l'hygiène et des thérapeutiques. A ces causes s'ajoutait un phénomène social : l'urbanisation croissante qui déplaçait les populations rurales vers les villes où les logements généralement plus petits, ne permettaient guère de garder dans le foyer familial des parents âgés, plus ou moins valides. A cet accroissement des demandes d'accueil en gériatrie, général dans tout le pays, s'ajoutait au Mans un problème qui se posa d'une façon assez aiguë. En 1957, la municipalité du Mans, propriétaire de l'hospice départemental Saint-Vincent, qui hébergeait 400 personnes âgées, voulut récupérer ces locaux pour y installer un lycée.
            Il fallut donc rapidement trouver des placements pour tous les pensionnaires. Au début, le Centre Hospitalier du Mans ne put accueillir que 30 hommes et 10 femmes. Assez rapidement il put en recevoir 30 autres. Cela était très insuffisant et de toute façon ne résolvait pas les problèmes que l'évolution de l'hospitalisation en gériatrie allait poser avec de plus en plus d'ampleur. Il fallait donc sans tarder entreprendre des constructions nécessaires.
            Un premier bâtiment fut mis en chantier en 1958. Il était situé dans la partie Nord de l'hôpital, près de la route de Degré. Terminé en 1960, il fut appelé pavillon Déjérine. C'était un bâtiment composé d'un rez-de-chaussée et de trois étages. Au début, il pouvait accueillir 161 personnes. En 1964, on lui adjoignait une nouvelle construction qui contenait 90 lits, ce qui porta sa capacité à 250 pensionnaires. (Plans VII et IX, Photo 32). Mais son confort était assez médiocre. Pour sa construction on avait utilisé des matériaux légers et le chauffage était insuffisant. De plus, il n'y avait qu'un ascenseur pour 250 pensionnaires. Ce service dut être abandonné au bout de 30 ans, et il fut abattu en 1991. Déjérine ne fut pas la seule construction réalisée pour résoudre les problèmes difficiles et importants que posait la gériatrie.
            De l'autre côté de la route de Degré, sur un terrain appartenant à l'hôpital et provenant de l'achat d'une partie de la ferme de la Malmarre, et aussi de dons faits par la famille de Follin, on construisit un service pavillonnaire appelé la "Cité d’automne", et qui était une maison de retraite médicalisée. Le premier pavillon fut construit en 1960. Il ne comportait qu'un rez-de-chaussée et sa capacité était de 80 lits. (Plan VIII). En 1964, on construisit deux autres pavillons identiques et de même capacité. Puis deux autres pavillons, plus petits de 30 lits seulement, furent ajoutés en 1969. En 1967, on construisit en préfabriqué, au Sud du pavillon Déjérine, un service de gériatrie de 30 lits en chambres à 2 lits. Il fut appelé Dupuytren. Bien que de construction légère, tous ces pavillons, Déjérine, la Cité d'automne et Dupuytren, apportaient une solution imparfaite, sans doute, mais assez efficace aux problèmes d'hospitalisation des personnes âgées au Centre Hospitalier du Mans. En effet, la création de ces services augmenta de 496 le nombre de lits de Gériatrie, entre 1957 et 1970.
            Pourtant, les problèmes de gériatrie n'étaient pas définitivement résolus. Le besoin de lits pour personnes âgées continuait à augmenter. Le même problème se posait pour les lits de médecine dont le nombre devenait lui aussi insuffisant. Tous ces services affectés à la gériatrie étaient équipés pour accueillir des personnes âgées, plus ou moins fatiguées mais valides, et devenaient inadaptés lorsque leur état s'aggravait.
            En 1973, à la demande du médecin chef du service de gériatrie, le pavillon Dupuytren, bâtiment construit en préfabriqué qui était un service de médecine de 30 lits, fut transformé et équipé pour recevoir ces pensionnaires de gériatrie dont l'état ne permettait plus de les garder dans les services habituels. Dupuytren fut donc spécialement médicalisé et doté d'un nombre suffisant de médecins, d'infirmières et d'employés. Malgré toutes ces extensions de services de gériatrie, le nombre de lits pour personnes âgées restait notablement insuffisant. Nous verrons ultérieurement les solutions qui furent apportées à ce problème. Autre service de soins réalisé après 1946 :

MATERNITE

            (Plan VI et Photo 33) La construction d'une nouvelle maternité s'imposait de façon urgente car l'ancienne était en mauvais état. Elle était mal installée, mal équipée et mal chauffée, et c'est probablement pour toutes ces raisons qu'elle n'avait qu'une activité fort réduite. Aussi la création d'une maternité plus moderne était-elle réclamée depuis de nombreuses années. Sa construction commença en 1952. Elle fut terminée et inaugurée en 1954. (Photo 33). Elle fut construite à la place des pavillons des agités et des débiles (V et X du plan primitif) et de l'ancienne maison mortuaire (Y du plan), qui tous les trois furent abattus. Ces pavillons se trouvaient en bordure de la rue de la Maison Neuve ce qui permit à la maternité d'avoir son entrée directe, sans être obligé de passer par le porche principal.
            En outre, cette nouvelle maternité était située à proximité du pavillon de chirurgie avec lequel elle communiquait directement par un couloir. C'était une solide construction d'un rez-de-chaussée et de deux étages qui pouvait accueillir 68 accouchées en chambres à un ou deux lits, avec le même nombre de berceaux. Elle était équipée de quatre salles d'accouchement, de deux salles d'opération, de salles d'examens, de salles de consultations. Dans une partie du deuxième étage, on installa en 1956 un service de prématurés de 20 lits qui fut par la suite porté à 57 lits.
            Son activité augmenta beaucoup dans les années qui suivirent, car à côté de l'obstétrique, ce service commença à avoir une activité gynécologique. En 1974, un agrandissement fut jugé nécessaire. Par rapport au bâtiment principal, on construisit une aile symétrique à celle qui existait déjà, et qui comme elle, eut trois niveaux. Cette aile fut terminée en 1976. Elle apportait 25 nouvelles chambres à 1 lit, équipées à chaque lit d'une arrivée d'oxygène et d'une prise pour le vide. (plan IX)
            Dans les années suivantes, de nombreux travaux furent entrepris par tranches pour restaurer ce service, l'améliorer et lui donner de l'extension. En 1987, on déplaça le bloc opératoire et le bloc d'accouchement et on les agrandit. Pour cela, on utilisa les emplacements libérés dans la partie Est du pavillon de chirurgie par le départ de l'ancien service des urgences chirurgicales. Ces locaux étaient situés tout près de la maternité et étaient reliés à elle par un large couloir. En 1988 on restaura le rez-de-chaussée et le premier étage de l'aile Sud de la construction réalisée en 1954 et on améliora son confort. En 1989, ce fut la partie centrale de la construction de 1954 qui fut restaurée. Puis en 1990, l'aile Nord, construite en 1974, fut à son tour remise en état et on aménagea son sous-sol pour le service des interruptions volontaires de grossesse. Enfin, en 1994 on réaménagea des pièces du deuxième étage de l'aile Sud qui avaient été utilisées de 1956 à 1992, pour y installer le service des prématurés. Cela apporta 15 lits. (Photo 34)
            Ainsi installé, ce service de gynécologie obstétrique comporte 84 lits, dont 55 pour l'obstétrique et 29 pour la gynécologie. Toutes les chambres sont confortables, possèdent un sanitaire bien installé avec une douche. Quant à l'ancienne maternité, celle de 1891, elle fut restaurée, et en 1956, on y installa le Foyer des Pupilles. Il occupait auparavant le pavillon R du plan primitif (Plan VII) qui avait été transformé en service de médecine. Dans sa nouvelle installation, le Foyer des Pupilles pouvait accueillir 70 pupilles dont l'âge variait de quelques jours à 21 ans.
            En 1964, une autre construction fut terminée : celle de la maison maternelle. (Plan VII), située près de la maternité. C'était un service destiné à accueillir avant leur accouchement les femmes enceintes célibataires, et qui leur permettait également de rester avec leur enfant pendant les premiers mois qui suivaient sa naissance. Primitivement, cette maison maternelle, administrée par la DDASS. (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales), était installée dans le château de l'Epine. Ce château qui provenait d'un don fait à la ville du Mans par la famille de Follin, était situé sur un vaste terrain bordé au Sud par la route de Degré. Cette route constituait aussi la limite Nord du terrain de l'hôpital, et de ce fait, le château de l'Epine en était tout proche, mais séparé par une route.
            En 1952, la DDASS. demanda à l'hôpital de prendre en charge cette maison maternelle et de la transférer dans l'enceinte des bâtiments hospitaliers. Cette transaction fut acceptée mais le déplacement ne put être réalisé rapidement. Pendant une douzaine d'années, le Centre Hospitalier du Mans dut assurer le fonctionnement de la maison maternelle toujours installée au château de l'Epine, hors de l'enceinte hospitalière. Enfin, en 1964 la construction du nouveau service fut terminée. Il était situé près de la nouvelle maternité. Il comportait 24 lits. Cette maison maternelle fonctionna jusqu'en juin 1990, puis fut fermée et démolie, et 8 lits la remplacèrent au Foyer de l'aide à l'enfance.
            Quant au château de l'Epine et au vaste terrain qui l'entourait, il revint à l'hôpital qui y installa de nouveaux services dans les années qui suivirent.

INNOVATIONS DANS LE FONCTIONNEMENT HOSPITALIER

            Il ne s'agit plus d’innovations concernant des services d'hospitalisation mais de services hospitaliers dont la nécessité ne s'imposa que de façon très récente par rapport à l'ancienneté de l'organisation hospitalière. C’est ainsi que fut progressivement créé le service de secours aux blessés et aux malades, de même que de nouveaux services d’investigations apparaissant avec la médecine nucléaire et l’anatomopathologie ou encore se développant de façon considérable à l’exemple de la pharmacie hospitalière. Parallèlement, deux fonctions, précédemment encore à l’état embryonnaire se structurèrent pendant cette période , la fonction administrative et de direction et la fonction d’enseignement.

SMUR-SAMU

            Jusque vers les années 60, le transport des blessés de la route et des cas d'urgences médicales ou chirurgicales, était assuré par des ambulances privées. Toutes n’étaient pas bien équipées en personnel éduqué ou en matériel adapté à cette mission très particulière. Pourtant, depuis les deux dernières guerres mondiales on avait réalisé l'importance des premiers gestes salvateurs : brancardage non traumatisant, arrêt d'une hémorragie, condition et rapidité du transport, etc.
            L'augmentation importante de la circulation routière et les nombreux accidents en résultant, ont incité l'Etat à mandater les préfectures afin qu'elles puissent organiser localement des services bien adaptés et efficaces. On doit d'ailleurs reconnaître que dans de nombreux cas il fallut une certaine période de rodage pour arriver à une organisation pleinement satisfaisante.
            Au Mans, c'est en décembre 1965 que la commission administrative du Centre Hospitalier du Mans envisagea pour la première fois la création d'un secours routier mais cette discussion ne fut suivie d'aucune réalisation. En décembre 1967, cette même commission administrative discuta la création d'un SMUR (Service Médical d'Urgence et Réanimation), service aux possibilités plus étendues que le simple secours routier, mais cette fois encore, rien ne fut réalisé dans l'immédiat. Ce ne fut qu'en 1970 que le SMUR commença à fonctionner et ceci pendant la seule période d'été, du 26 juin au 5 octobre. Pendant ces 102 jours, le SMUR fit 183 sorties.
            En 1973, le SMUR fonctionna du mois d'avril au mois d'octobre. Son organisation était complexe. Son point d'attache était l'hôpital où étaient stationnés son matériel et ses véhicules, et où logeait le personnel de garde. Ce personnel était composé de deux médecins militaires du contingent et de sapeurs pompiers de la ville du Mans. Dans les années suivantes, l'activité du SMUR augmentant, il fonctionna toute l'année.
            En mai 1979, la commission administrative du Centre Hospitalier du Mans décida de construire un local pour y installer le SMUR mais également le SAMU (Service d'Aide Médicale d'Urgence). La mission du SAMU est d'assurer une régulation médicale des appels d’urgence et d’apprécier le dimensionnement des moyens de secours à mettre en œuvre, selon la gravité des situations rencontrées. Ses locaux n'ont donc pas de pièces d'hospitalisation mais des salles où se tiennent en permanence le personnel qualifié, médecins, infirmières, ambulanciers, toujours disponibles pour répondre à l'appel qu'ils reçoivent. Ce service est équipé de nombreux véhicules agencés pour qu'il y soit possible de débuter un traitement pendant les transports. (Photo 35)
            Ce SAMU a fonctionné au début dans une collaboration -personnel médical hospitalier et sapeurs pompiers- mais depuis 1983 l'hôpital seul assure ce service qui reçoit près de 20 000 appels par an. Son effectif est ainsi constitué :

PERSONNEL MEDICAL: 3 Médecins hospitaliers plein temps, anesthésistes réanimateurs. 7 Médecins généralistes non hospitaliers, vacataires, qui assurent les gardes du SMUR. Tous les médecins, outre leur travail médical, assument pendant leur garde le rôle de "régulateur". Le médecin, lors des appels, cherche à se faire une idée sur la gravité du cas pour décider quel véhicule, quel matériel, quel personnel il y a lieu d'envoyer. En même temps, il donne des conseils sur l'attitude à tenir en attendant l’arrivée des secours.

PERSONNEL PARA MEDICAL: 25 Infirmières anesthésistes diplômées d'état (I.A.D.E) participent par roulement à l'activité du SAMU, de telle sorte qu'il y ait en permanence 2 IADE de garde le jour et 1 IADE de garde la nuit. 12 ambulanciers du Centre Hospitalier du Mans qui assurent par roulement une permanence de 2 ambulanciers de garde le jour et 1 ambulancier de garde la nuit. 1 secrétaire. 6 permanenciers d’aide à la régulation médicale

L’EQUIPEMENT EN VEHICULES: 3 ambulances lourdes, 2 ambulances légères, 2 véhicules de liaison, 1 camion ORSEC, 1 hélicoptère est basé sur l'aérodrome du Mans mais qui a un emplacement d'atterrissage sur le parking du Centre Hospitalier du Mans.

SERVICES D’INVESTIGATION DU CENTRE HOSPITALIER

            Ils bénéficièrent aussi de nouvelles techniques. Ce sont : la médecine nucléaire et un laboratoire d'anatomie pathologique.

LA MEDECINE NUCLEAIRE

            La médecine nucléaire débuta au Centre Hospitalier du Mans en 1969. Elle fut installée dans le pavillon Boëteau et dépendait alors du service de radiodiagnostic. Un scintigraphe permit d'abord l'exploitation de la glande thyroïde. Avant cette installation, les malades devaient être adressés à Paris pour cet examen. Peu à peu les techniques des scintigraphies se développaient et à côté des scintigraphies à l'iode radioactif furent pratiquées celles au technétium pour le tissu osseux, celles au thallium pour l'étude des infarctus du myocarde.
            En 1972, le service de médecine nucléaire commença à pratiquer des tests in-vitro pour la recherche de l'antigène australia, puis de l'hépatite C. Ensuite, se développèrent les dosages radio-immunologiques, puis les dosages hormonaux et les dosages radio pharmaceutiques. C'est à cette époque qu'à l'hôpital la médecine nucléaire fut dissociée de la radiologie. En 1976, pour pratiquer ces examens, la médecine nucléaire fut équipée d'une gamma-caméra. En 1985, le service dut s'agrandir d'un deuxième pavillon qui avait été libéré, le pavillon Delaunay. Il fut affecté aux tests in-vitro tandis que les tests in-vivo occupèrent tout le pavillon Boëteau. En 1985 également, une deuxième gamma-caméra fut achetée, et en 1989 une troisième pour remplacer la première qui datait de 1976.
            L'activité de ce service de médecine nucléaire se développa rapidement. En 1977, les tests in-vivo pratiqués soit à des sujets hospitalisés, soit à des consultants, s'élevaient à 3.434, et les tests in-vitro s'élevaient à 4.631. Dans les années suivantes, les examens in-vivo comme in-vitro augmentèrent encore, et en 1993, les tests in-vivo dépassèrent 6.000. Le personnel de ce service est important, il comporte :

2 médecins plein temps,
1 pharmacien plein temps,
1 physicien assurant 3 vacations par semaine,
4 manipulateurs pour le service in-vivo,
7 laborantines, dont une surveillante,
4 secrétaires.

LABORATOIRE D’ANATOMIE PATHOLOGIQUE

            Avant 1968, il n'y avait pas au Centre Hospitalier du Mans de laboratoire d'anatomie pathologique. On faisait pratiquer ces examens à l'extérieur, le plus souvent à Paris. La création d'un tel laboratoire ne fut envisagée que lorsqu'un médecin spécialisé en la matière vint s'installer au Mans, dans le privé, en 1968. Il proposa de venir travailler à temps partiel à l'hôpital. Il fut agréé. Pour lui installer un laboratoire, on lui trouva deux pièces au rez-de-chaussée du pavillon de chirurgie, l'une, la plus grande, pour pratiquer les examens, l'autre pour y installer un secrétariat. Au début, ce médecin travaillait seul, l'activité de ce service était peu importante. Durant la première année, il fut fait seulement 676 examens. Le nombre de ceux-ci augmenta assez vite, il fallut nommer un médecin adjoint à temps partiel, puis à temps plein. Il fallut aussi recruter des laborantins. Le local se révéla trop exigu. En 1975, on en trouva un autre dans une partie de l'ancien service des infectieux qui venait d’être libérée. Le laboratoire d'anatomie pathologique y fut installé. Par la suite, la chefferie de ce service fut confiée à un médecin plein temps, qui lui donna une grande impulsion. Il comporte maintenant :

4 médecins temps plein,
1 médecin temps partiel,
1 interne,
1 surveillante,
5 techniciennes,
2 secrétaires.

PHARMACIE

            Nous avons vu qu'à l'ouverture de l'hôpital en 1891, la pharmacie était installée dans quelques pièces du pavillon des religieuses, le pavillon Froullay. Malgré un agrandissement fait sur son côté Nord, elle était encore en 1970 insuffisante et assez mal installée. Aussi le conseil d’administration du 14 février et celui du 6 octobre 1972 estimèrent qu'il fallait installer la pharmacie dans un bâtiment autonome spécialement construit à cet effet. On choisit un emplacement dans la partie Nord Ouest du terrain de l'hôpital, en face du laboratoire de biologie. Les travaux commencèrent en 1973 et furent achevés en juin 1975.
            Cette nouvelle pharmacie est un vaste bâtiment de trois niveaux, chacun ayant une surface de 800 m².(Plan IX - Photo 36). Le sous-sol est réservé au stockage des solutés injectables, du matériel chirurgical, des pansements, etc. Le rez-de-chaussée est l'étage de la dispensation des médicaments. Il comporte deux réserves de médicaments, une réserve de dispositifs médicaux, une réserve de produits toxiques et de produits inflammables, de stupéfiants. Il possède une chambre froide très vaste et un quai de livraison lui est adjoint.
            Au premier étage se trouve un bureau pour le pharmacien chef de service, des bureaux pour les autres pharmaciens, un grand secrétariat, une bibliothèque, une salle de fabrication des préparations et de contrôle des médicaments, un service pour traiter l'eau, une laverie, une salle d'autoclave. Outre la fourniture de médicaments pour les malades hospitalisés, la pharmacie est chargée de la rétrocession extérieure de certains produits pharmaceutiques réservés aux hôpitaux et qui ne se trouvent pas dans les officines. Pour les obtenir, les patients doivent se fournir à l'hôpital. C'est le cas pour certains produits très onéreux, pour certains médicaments, pour des anticancéreux ou encore pour certains produits hormonaux.
            Le fonctionnement de la pharmacie est assuré maintenant par un personnel important de pharmaciens, de préparateurs, de secrétaires, de comptables, etc.

SERVICES ADMINISTRATIFS

            En 1891, lors de la création de l'hôpital, le terrain qui avait été choisi était limité au Sud par la route de Laval (appelée depuis avenue Rubillard). On édifia sur cette avenue un grand bâtiment percé d'un porche qui était alors l'entrée principale de l'hôpital. Cette construction était destinée à recevoir les services administratifs, qui pendant longtemps y trouvèrent une place suffisante. On avait même pu y loger d'autres occupants. En effet, on y trouvait également :

L'appartement du directeur,
La trésorerie principale,
L'internat, qui en 1948 fut remplacé par le logement du pharmacien chef,
Le dispensaire antituberculeux,
L'école d'infirmières.

            Progressivement l'activité accrue de l'hôpital et les modifications que cela entraîna dans sa gestion imposèrent une augmentation du personnel administratif. Bientôt les locaux affectés à ces services s'avérèrent insuffisants. On y remédia d'abord par des agrandissements partiels. Ainsi, en 1955 on déplaça le dispensaire antituberculeux, qu'on transféra dans un ancien petit pavillon de la maternité, et à sa place on installa des bureaux. En 1964, furent construites des adjonctions assez importantes, contiguës à l'aile Est du bâtiment administratif. Elles comportaient un rez-de-chaussée et un étage. En 1970, sur un terrain appartenant à l'hôpital mais situé de l'autre côté de la route de Degré, on construisit un logement pour le directeur général de l'hôpital. Cela libéra l'appartement de fonction qu'il occupait dans le pavillon administratif, qui fut transformé en bureaux. Puis le départ en 1977 de l'école d'Infirmières libéra aussi un emplacement qui permit l'installation de bureaux pour la trésorerie.
            La construction de l’hôpital Fontenoy permit également d’attribuer des surfaces pour la direction et les finances, et les systèmes d’informatisation. Et plus récemment, vient de s’engager le regroupement de l’ensemble des services de direction par la réaffectation de l’ancien internat aux services administratifs.

NOUVELLE ECOLE D’INFIRMIERES

            Nous avons signalé qu'une école d'infirmières avait été créée à l'hôpital du Mans en 1904. Ses débuts furent modestes et son démarrage assez lent. Ce ne fut qu'en 1938 qu'elle fut habilitée à préparer et à présenter ses élèves à l'examen du diplôme d'état d'Infirmière. Il est vrai que son installation dans l'hôpital ne favorisait guère son développement. Logée dans trois pièces du bâtiment administratif, du côté Ouest du rez-de-chaussée, elle était vraiment à l'étroit malgré quelques agrandissements ponctuels. Elle ne pouvait supporter l'augmentation d'effectifs ni exercer aisément sa fonction d'enseignement. Ce ne fut donc que lorsque l'administration hospitalière décida de construire un bâtiment spécialement conçu pour elle que l'école d'infirmières put fonctionner de façon parfaitement satisfaisante et obtenir les résultats qu'on attendait d'elle.
            Cette décision fut prise en 1975. L'emplacement choisi fut un terrain situé au Nord Ouest de l'hôpital, à côté du laboratoire de biologie et près de la route de Degré. Ainsi, l'école put disposer d'un accès direct. La construction fut terminée en 1977 (Photo 37) et l'école ouvrit en septembre de cette même année (comme dans les locaux précédents elle ne comporte pas d'internat). C'est une belle et grande construction de quatre niveaux. Elle dispose de trois amphithéâtres. L'un est très vaste : 300 places, les deux autres ont chacun 120 places. Outre ces amphithéâtres, l'école comporte :

un secrétariat,
un bureau pour la directrice,
quinze plus petits bureaux pour les monitrices,
huit salles de démonstrations,
six salles de classe,
des salles de travail en groupe,
une vaste bibliothèque,
une salle de détente,
une salle de réunion,
des vestiaires.

            L'enseignement est donné par des médecins, la plupart hospitaliers, des pharmaciens également hospitaliers, des directeurs, des médecins du service d'hygiène de la préfecture, etc. Les travaux pratiques sont surveillés par des monitrices au nombre de 15. Outre ces cours de pratique hospitalière, elles sont chargées des interrogations, de la surveillance des stages dans les services. L'école d'infirmières est mixte. Pour y être admis, tous les candidats ou candidates doivent passer un examen d'entrée. Le niveau général des élèves est d'ailleurs bon. En 1990, par exemple, 90 % étaient bacheliers. Celles et ceux qui ne le sont pas doivent avoir pour être admis, un niveau de connaissances équivalent.

Améliorations au sein les services généraux

LES CUISINES

            Elles bénéficièrent de nombreux perfectionnements. En 1947, il y fut installé deux grandes marmites de 184 litres et en 1953 les cuisines furent équipées de marmites chauffées à la vapeur, ainsi que du matériel permettant la préparation de plats de régime. En 1950, l'achat de chariots chauffants améliora la qualité de la distribution des repas. En 1954 on dut changer les cuisinières à gaz qui dataient de 20 ans et étaient usées. D'autres aménagements furent aussi apportés : hotte ventilée, création d'une salle de plonge. En 1968, on dut agrandir les cuisines qui avaient à réaliser chaque jour 3.800 repas. On installa également une pièce pour les préparations de menus diététiques.

LA BOULANGERIE

            En 1947 on dut y construire un nouveau four. Par la suite, en septembre 1966, la boulangerie fut supprimée et le pain fut acheté à l'extérieur. Il y avait deux boulangers, l'un resta à l'hôpital comme pâtissier et l'autre eut un emploi de concierge.

LA LINGERIE

            Elle nécessita moins de transformations. En 1949, on installa seulement une machine à repriser et une sécheuse repasseuse.

L’ELECTRICITE

            A partir de 1966, la distribution d'électricité fut modifiée et renforcée. Les anciennes arrivées furent remplacées par une ligne de 20.000 volts avec une puissance de 370 kW. De plus, un groupe électrogène fut installé pour remédier à d'éventuelles pannes d'électricité.

LE TELEPHONE

            Jusqu'en 1953 le téléphone n'avait dans l'hôpital que quinze directions. En juillet 1953, un nouveau réseau avec un commutateur à 100 directions fut installé.

LE CHAUFFAGE

            Il fut modifié et amélioré à partir de 1938. Jusque là le chauffage était assuré dans chaque pavillon par des poêles à bois. Un premier progrès avait consisté à installer dans les caves des chaudières à charbon qui alimentaient des radiateurs à circulation d'eau chaude. En 1938 on avait installé une chaufferie centrale à vapeur qui assurait un chauffage à distance. Ce chauffage était fourni par deux grosses chaudières qui fonctionnaient à un charbon spécial, dit } demi-gras~ . Ce charbon était cher et n'était pas toujours facile à se procurer, aussi fallait-il en constituer une réserve. Tout au début de 1938, il n'y eut que le pavillon de chirurgie qui bénéficia de ce chauffage. Puis après la guerre, il fut étendu peu à peu aux autres pavillons. Mais lorsqu'en 1954 on voulut l'utiliser pour la nouvelle maternité, l'installation s'avéra insuffisante, et il fallut adjoindre une chaudière à celles déjà existantes.
            Par la suite, à l'exception de la pédiatrie et du pavillon Carel trop éloignés, et qui furent équipés d'une chaudière à fuel, tous les autres pavillons de l'hôpital furent raccordés à la chaufferie centrale (sauf bien sûr la Cité d'automne qui était située de l'autre côté de la route de Degré, et qui fut équipée d'un chauffage autonome au fuel). En 1971, par mesure d'économie et pour simplifier le travail, on cessa d'utiliser le charbon comme combustible. On changea les chaudières à charbon qui étaient usées et avaient un mauvais rendement pour des chaudières au gaz, plus économiques. Une installation de secours au fuel fut ajoutée pour pallier des pannes éventuelles.

LES ATELIERS

            Pour assurer le bon fonctionnement matériel du Centre Hospitalier et l'entretien de tous les organismes que cela exigeait, de nombreux services techniques étaient nécessaires. Ils étaient répartis entre différents ateliers qui se trouvèrent regroupés auprès de la chaufferie centrale. Ils comportaient les ateliers suivants : électricité, électronique, menuiserie, maçonnerie, peinture, plomberie, entretien des véhicules automobiles, entretien du matériel biomédical, désinfection. Il fallait en outre un service de dessin industriel et de reprographie. Toutes ces activités nécessitaient de nombreux magasins. Tous ces ateliers avaient un personnel spécialisé, ingénieurs, contremaîtres et ouvriers qualifiés.

Problèmes d'implatation vers les années 1975

            En étudiant l'histoire de l'hôpital, nous avons pu constater que la préoccupation constante de la direction et des autorités de tutelle était de le tenir toujours en phase avec les progrès et l'évolution de la médecine. Cela imposait des adaptations et des constructions sans cesse renouvelées. Et malgré ce qui avait été réalisé depuis la deuxième guerre mondiale, le conseil d'administration était conscient que cette tendance allait s'accentuer, exigeant toujours la construction de nouveaux bâtiments et posant ainsi des problèmes d'implantation. Dès 1968, diverses solutions avaient été envisagées :
            Soit construire dans l’enceinte du Centre Hospitalier, avenue Rubillard, mais il ne restait plus de grandes surfaces de terrain disponibles, et cela, pensait-on, entraînerait une concentration de bâtiments qui paraissait peu souhaitable.
            Soit construire au-delà de la route de Degré où se trouvait déjà la Cité d'automne, mais cela posait des problèmes de fonctionnement car la route de Degré, devenue assez fréquentée, coupait l'hôpital en deux.
            Soit construire un deuxième hôpital qui serait une annexe du Centre Hospitalier sur un autre terrain.
            Cette dernière solution fut longuement étudiée. L'emplacement envisagé était un terrain à Allonnes, la ferme d'Argenton, qui appartenait à l'hôpital. Des plans dans ce sens furent établis. On envisagea la construction d'une tour de 7 étages, comprenant des services de médecine, de chirurgie, de pédiatrie, d'obstétrique et de gériatrie. Mais il fallait aussi tout un équipement de laboratoire, de radiologie, de services généraux et cela était évidemment très onéreux. Aussi, ce projet dut être abandonné faute de crédits et ce fut sur le terrain de l'avenue Rubillard que l'on décida d'implanter la majorité des futures constructions hospitalières, malgré les contraintes que cela représentait. A Allonnes, on construisit finalement un service de gériatrie.

Centre de gériatrie d'Allonnes

            Ce centre devait être suffisamment important pour répondre dans l'immédiat à l'accroissement du nombre de demandes d'hospitalisation dans les services médicalisés pour personnes âgées. Les travaux commencèrent en novembre 1971. Dans un premier temps, on construisit un pavillon d'un rez-de-chaussée et deux étages, comportant 180 lits, répartis dans des chambres à 1 et 3 lits. Ce pavillon fut terminé et ouvert en 1973. Une année plus tard, le conseil d’administration dans sa séance du 18 décembre 1974 décida la construction, à côté du précédent, d'un deuxième pavillon de trois niveaux. Il était prévu pour 240 lits en chambres à 1 et 2 lits. Ce pavillon ouvrit en novembre 1977.Cela porta à 420 lits la capacité du service de gériatrie d'Allonnes. On appela ce service Charles Drouet (Photo 40). Ces pavillons étaient proches l'un de l'autre, mais lors de leur construction, ils ne communiquaient que par un couloir au rez-de-chaussée. Une jonction entre les deux bâtiments fut décidée par le conseil d'administration du 9 octobre 1991 et réalisée au début de 1993. Cette liaison permit une communication entre les deux services, à chacun des niveaux. Elle a été accompagnée de l'installation d'un monte malade supplémentaire améliorant ainsi la circulation dans tout l'établissement.
            L'organisation de cet ensemble de 420 lits est conçue pour lui permettre, notamment sur le plan médical, un fonctionnement suffisamment autonome, hormis certaines prestations assurées par les services centraux du Centre Hospitalier. Sur le terrain d'Allonnes, mais à une assez grande distance du centre de gériatrie, fut installée aussi :

Blanchisserie hospitalière d'Allonnes

            Vers 1970, on se rendit compte que les services de blanchisserie du Centre Hospitalier de l’avenue Rubillard devenaient insuffisants. On envisagea d'abord des améliorations sur place, mais il apparut que cette solution n'était pas satisfaisante. Le conseil d’administration, du 3 juillet 1975 décida donc la construction d'un nouveau service, non plus au Mans, mais à Allonnes. En 1976, comme le centre hospitalier spécialisé d’Allonnes avait lui aussi besoin de renouveler sa blanchisserie, le conseil d’administration proposa, moyennant le versement d'une redevance, de construire une installation commune qui assurerait la blanchisserie des deux établissements. La mise en fonctionnement de ce service eut lieu en janvier 1980. Cette blanchisserie industrielle dispose d’équipements lui permettant de traiter jusqu’à 15 tonnes de linge par jour.

TROISIEME PERIODE DU FONTENOY AU SCHEMA DIRECTEUR
UNE PERIODE CAPITALE DANS L’EVOLUTION DU CENTRE HOSPITALIER DU MANS
DE 1977 A 1994

L'HEURE DES GRANDES DECISIONS

            Comme nous l'avons vu, d'importantes améliorations avaient été apportées depuis 1946 dans les différents services du Centre Hospitalier. Mais trente ans plus tard, et en raison des progrès constants survenus dans les sciences et dans la médecine, ces dernières améliorations s'avéraient insuffisantes, et il apparut alors aux yeux de toutes les personnes concernées : organismes de tutelle, corps médical ou administratif ou technicien, que l'adéquation aussi bien de l'hospitalisation que de tous les services techniques, demandait de nouvelles et importantes transformations.
            Aussi, dans la séance du conseil d'administration du 27 juin 1977, Monsieur Robert Jarry, nouveau maire du Mans, s’intéressa particulièrement à une proposition présentée par les services du Ministère de la Santé. Celle-ci soulignait l'intérêt pour le Centre Hospitalier du Mans d'une construction regroupant "dans une même unité l'ensemble des services de chirurgie, les services de médecine de haute technicité, les locaux d'urgence et les différents services de réanimation, cet ensemble ayant pour support un plateau technique adapté, particulièrement en ce qui concerne les blocs opératoires et la radiologie."
         Ce fut ce principe de construction que le conseil d'administration du 26 octobre 1977 adopta, et parmi les différents modèles de bâtiments répondant à ce type et sélectionnés par le Ministère de la Santé, le choix se porta sur un type de construction en X : le Fontenoy. Il faut signaler qu'à cette même réunion, malgré l'importance du bâtiment choisi, on se rendit compte que le Fontenoy ne solutionnerait pas tous les problèmes du Centre Hospitalier, et que d'autres constructions seraient nécessaires ultérieurement. Ces dernières allaient se concrétiser à travers un schéma directeur arrêté en 1980 permettant aujourd’hui au Centre Hospitalier du Mans d’être un centre hospitalier départemental reconnu.

LE FONTENOY

            Sa construction fut précédée de nombreuses délibérations avec le Ministère de la Santé, les organismes de tutelle du Centre Hospitalier et la municipalité. Pour implanter cet important bâtiment, il fallait un emplacement assez vaste. Or les nombreuses constructions qui existaient déjà sur le terrain avenue Rubillard, laissaient fort peu de places libres. Il restait une zone non construite, un champ près de la voie ferrée, mais elle présentait une importante déclivité et sa surface était insuffisante pour y installer le Fontenoy. La partie plane qui la continuait à l'Est était occupée par d'anciens pavillons de type Tollet, par des ateliers, des services généraux, cuisine, lingerie, douches, installés à l'arrière du pavillon Froullay. C'est cependant cet emplacement constitué par le champ situé à l'Est de la voie ferrée qui fut choisi.
            On abattit d'abord trois pavillons de type Tollet : Pelissier, Villemin et Laveran, et on transféra les services qui y étaient installés dans le service de gériatrie d'Allonnes. L'ancienne salle d'opération, datant de 1891 et certains services généraux situés derrière le pavillon Froullay furent abattus plus tard. On entreprit, en même temps, de gros travaux de terrassement dans la partie déclive du terrain, et on creusa des fondations pour assurer une assise solide au bâtiment.
            Les travaux de construction commencèrent en mai 1980. L'inauguration eut lieu le 4 novembre 1983 et la mise en service se fit d'une façon progressive dans les derniers mois de 1983.
            Le Fontenoy est une construction monobloc en X, chaque branche a 43 mètres de long et 13 mètres de large. Sa hauteur est d'environ 25 mètres et il comprend huit niveaux. (Plans X, XI et XII - Photos 42 et 43). A la jonction des branches de l'X se retrouve, à chaque étage, un espace polyédrique, le plateau central qui a une surface de 1056 m². C'est dans cette partie centrale que se trouvent les gaines par où arrivent eau, électricité, téléphone, chauffage, etc. et toutes les liaisons verticales qui relient entre eux les huit niveaux. Ces liaisons comportent :

trois ascenseurs polyvalents pour le personnel et les visiteurs,
trois monte malades assez grands pour admettre un lit,
un ascenseur réservé au personnel hospitalier,
deux ascenseurs pour les transports hôteliers.

            Sur le même plan que les trois premiers niveaux du Fontenoy (niveau 0, niveau 1 et niveau 2), des constructions sont installées entre les branches de l'X auxquelles elles sont accolées, ce qui augmente beaucoup la surface de ces niveaux.
            L'organisation de ces trois premiers niveaux diffère d'un étage à l'autre. De plus, du fait de la déclivité du terrain, chacun de ces trois niveaux a un accès direct de plain-pied avec l'extérieur, et est ainsi en liaison avec les voies de circulation du Centre Hospitalier. Les cinq autres niveaux, du niveau 3 au niveau 7, sont occupés par des services d'hospitalisation. Ils sont tous les cinq installés d'une façon sensiblement identique. Seul le niveau 3 a encore une assez petite excroissance accolée à l'aile Nord du Fontenoy. Dans tous les autres niveaux, du quatrième au septième, tous les services tiennent dans les branches de l'X et dans une partie du plateau central. Nous allons maintenant présenter le Fontenoy dans son ensemble et décrire les différents services qu'il abrite : leurs locaux, leur organisation, leur fonctionnement et le personnel qui leur est affecté.

NIVEAU 0

            On y trouve :

La cuisine centrale,
Le restaurant du personnel et une cafétéria,
Les archives médicales,
Le service informatique.

LA CUISINE CENTRALE

            Comme nous l'avons signalé, du fait de la déclivité du terrain, une des faces du niveau 0 a un accès de plain-pied avec l'extérieur. La cuisine communique avec les voies de circulation du Centre Hospitalier du Mans et dispose de deux quais de débarquement, l'un où sont reçues les denrées alimentaires, l'autre d'où partent les repas destinés aux malades hospitalisés hors du Fontenoy, soit dans le Centre Hospitalier de l'avenue Rubillard, soit dans le centre gériatrique d'Allonnes. La cuisine possède trois grandes chambres froides où sont déposées, dès leur arrivée, les denrées alimentaires : une pour stocker les viandes, une autre pour les fruits et légumes, la troisième pour les produits laitiers.
            Les denrées déposées dans ces chambres froides sont prises au moment de la préparation, et cuites dans des fourneaux divers selon le type d'aliment. Après la cuisson, les aliments sont refroidis à 10° et répartis dans des assiettes. Celles-ci sont placées sur des plateaux individuels, composés selon le choix d'aliments fait par chacun des hospitalisés, d'après une carte que leur soumet, chaque jour pour le lendemain, une aide hôtelière. Les plateaux sont conservés au froid. Les aliments doivent être consommés dans les cinq jours qui suivent leur préparation. Passé ce délai, ils sont détruits. Pour être distribués, au sortir des chambres froides, ils sont transportés dans des chariots compartimentés puis sont conduits dans les services où ils sont réchauffés sur place pour être distribués aux malades. Après le repas, la vaisselle est lavée et stérilisée dans les services qui ont l'équipement nécessaire, et la vaisselle propre est ramenée à la cuisine.
            Le Centre Hospitalier prépare quotidiennement 5.000 repas : ceux des hospitalisés, mais aussi ceux des membres du personnel (environ 1.200 chaque jour), qui prennent le repas de midi dans un self service qui leur est réservé au niveau 0, près des cuisines.

LES ARCHIVES MEDICALES

            Avant 1955, les documents médicaux étaient conservés dans les services où les malades avaient été hospitalisés. Seules les radiographies étaient renvoyées au service de radiologie où elles étaient stockées. En 1955 commença un début d'archivage, mais il ne fut bien organisé qu'après 1967. Il regroupait tous les documents concernant un malade et ils devaient être conservés pendant les 20 années qui suivaient la dernière hospitalisation, ceci lorsqu'il s'agissait d'un sujet adulte. Ce délai était porté à 70 ans pour les dossiers de pédiatrie, de neurologie et de stomatologie. Ce service d'archivage fut d'abord installé dans le petit local de la première salle d'opération construite en 1891. Il fut rapidement saturé et on agrandit le service en élevant à proximité un local en préfabriqué. Celui-ci s'avéra également, au bout de quelque temps, insuffisant. On y remédia alors en stockant un certain nombre d'archives dans les sous-sols des pavillons de soins qui se trouvaient disponibles.
            Enfin, en 1983, à l'ouverture du Fontenoy on installa un service d'archivage dans le niveau 0, ont l’organisation repose sur un dossier unique du patient. Pour faire face à cet objectif, 6.000 mètres linéaires de stockage furent attribués. A ce service furent adjoints des extensions dans les caves de pavillons nouvellement construits, ce qui apporta encore 3.500 mètres linéaires de stockage. De plus, en 1994 les archives médicales s'équipèrent de matériel de microfilmage permettant de mettre sur microfilm les dossiers médicaux n'ayant pas été réactivés depuis 4 ans. Cela représente un travail important mais c'est un bon système d'archivage réduisant considérablement l'encombrement.

L’INFORMATIQUE AU CENTRE HOSPITALIER DU MANS

            Sa véritable introduction au Centre Hospitalier du Mans date de 1983. Cette informatisation avait été précédée depuis 1960 par une période de mécanographie où l'on utilisait des cartes perforées qui donnaient lieu à un traitement effectué par une entreprise locale. Au début, ces procédés n'étaient utilisés que pour les services de gestion administrative pour lesquels ils furent graduellement employés dans l'ordre suivant :

Juin 1962           Honoraires Médicaux
Juin 1963          Registres des entrées, bulletins de situation, registres de prise en charge
Octobre 1967    Statistiques de morbidité
Août 1969         Actes de Laboratoire, actes de radiodiagnostic
Janvier 1971      Titres de recettes pour les hospitalisations et pour les soins externes
Janvier 1972      Paie du personnel
Mai 1979          Actes d'exploration du système nerveux, électrocardiogramme, médecine nucléaire, anatomie pathologique

            A partir de juillet 1978, le Centre Hospitalier du Mans a procédé à la mise en œuvre des applications nationales avec traitement différé au Centre Régional d'Informatique Hospitalière (C.R.I.H.) de Rennes.

Janvier 1979 Facturation de l'hospitalisation
Mai 1979 Paie et gestion du personnel
Janvier 1980 Analyse de gestion
Janvier 1980 Gestion des amortissements et des emprunts

            C'est en juin 1983 que débute l'Informatisation en temps réel à l'hôpital, avec l'installation d'un ordinateur BULL et quinze écrans connectés, quatre imprimantes et une capacité de stockage de 600 millions de caractères. Elle est installée dans une chambre climatisée au niveau 0 et est assurée par 15 spécialistes dont 12 informaticiens. En 1991, l'ordinateur fut changé contre un autre ordinateur BULL plus performant. Il a 16 milliards de caractères en capacité de stockage, 296 écrans y sont connectés et 185 micro-ordinateurs sont reliés à cet ordinateur central. Au début, l'informatique a surtout couvert la gestion administrative. Mais ensuite, l'informatique s'est orientée vers les unités de soins et les services médico-techniques. Ainsi, sont devenus concernés :

Janvier 1987   La gestion de la charge en soins infirmiers.
Décembre 1987    La gestion des archives médicales.
Décembre 1989    Le résumé médical de séjour.
Avril 1990          Le laboratoire de biochimie, de microbiologie, d'hématologie et radio-immunologie.
Octobre 1990   La communication informatisée des résultats de laboratoires.

            De plus, un "Département d'Information Médicale" (DIM) fut créé au Centre Hospitalier du Mans en 1991. Il est dirigé par un médecin aidé de secrétaires qui établissent à la sortie des malades un "Résumé de Sortie Standardisé" (RSS). Il renseigne sur l'activité des services, sur leurs besoins, permet d'établir la durée moyenne d'hospitalisation pour chaque groupe d'affections. Pour les malades qui ont précédemment été hospitalisés et qui reviennent pour un nouveau séjour, le R.S.S. renseigne immédiatement les services d'accueil sur le passé médical de ces patients.

AUTRES LOCAUS SITUES AU NIVEAU 0

            Dans la partie Ouest, se trouvent de très nombreux magasins qui occupent environ 1.200 m². Ils servent à stocker des produits très variés :

des aliments non périssables : conserves, légumes secs, boissons, café, etc. ...
des produits d'entretien
du matériel hôtelier : vaisselle, verrerie ...
toute la papeterie utilisée dans l'hôpital
de petites fournitures médicales etc.

On trouve aussi à ce niveau des vestiaires et près des ascenseurs, un petit oratoire.

NIVEAU 1

            C'est l'étage le plus étendu. Le centre de ce niveau correspond à l'axe central du bâtiment. Il est occupé par le hall d'accueil qui est l'entrée principale de tout le bâtiment et autour duquel on trouve les accès aux différents services installés à ce niveau. Ce sont, en suivant le sens des aiguilles d'une montre :

La radiologie,
Les urgences médicales et chirurgicales,
Le bloc opératoire,
La réanimation chirurgicale,
Les services de consultations,
L'exploration fonctionnelle du système nerveux,
Différents bureaux administratifs où sont réglées toutes les formalités concernant les admissions, les consultations, le règlement de tous les actes médicaux effectués au Centre Hospitalier du Mans.

Nous allons décrire tous ces services en suivant l'ordre dans lequel nous les avons énumérés.

LE HALL D’ENTREE DU FONTENOY

            Le hall d'entrée du Fontenoy est le carrefour par où sont amenés à passer tous ceux qui, arrivant de l'extérieur, ont à faire dans ce très grand bâtiment. Pour y accéder en partant de la conciergerie de l'avenue Rubillard, les véhicules empruntent une voie assez large qui aboutit à un rond point situé devant l'entrée du bâtiment et qui permet la rotation des voitures ou des ambulances qui amènent les malades. Ces véhicules, après avoir débarqué leurs passagers, doivent rapidement dégager le terrain, le stationnement sur ce rond point étant limité à 5 minutes. Un large auvent protège ce rond point dans sa partie contiguë à l'entrée du Fontenoy, là où descendent les passagers.
            L'entrée proprement dite est constituée par une double paroi vitrée, chacune de ces parois étant percée de portes en verre à ouverture et à fermeture automatiques. A proximité de l'entrée se trouve le bureau d'accueil où des hôtesses fournissent aux visiteurs les renseignements dont ils ont besoin et les orientent vers l'endroit où ils désirent aller. A quelques mètres du bureau d'accueil, trois vastes ascenseurs dont la rotation est rapide permettant l'accès à tous les niveaux.
            A l'arrière de ce bureau s'ouvrent les voies d'accès vers les guichets où se font les formalités d'hospitalisation ou de consultation. De ce même côté débouchent les couloirs conduisant aux différents services de consultations externes. Derrière le bureau d'accueil un espace d'attente meublé de confortables fauteuils est à la disposition des usagers. Dans ce hall, il y a aussi des cabines téléphoniques, une boîte aux lettres, une boutique qui vend des journaux, des livres, des fleurs et de menus cadeaux qu'on peut offrir aux malades.
            Dans ce hall d'accueil se trouvent aussi les bureaux du service central de brancardage. Ce brancardage concerne les malades hospitalisés dans le Fontenoy et assure aussi le transport des malades hospitalisés au Centre Hospitalier du Mans de l'avenue Rubillard (mais non ceux de Charles Drouet), et qui doivent être déplacés d'un service à un autre. Ce service compte 58 brancardiers.

LE SERVICE DE RADIOLOGIE DU FONTENOY

            Le niveau 1 du Fontenoy comporte un important service de radiologie qui y occupe un vaste espace. Il comporte 11 salles de radiodiagnostic. Certaines de ces salles sont polyvalentes, d'autres sont spécialement affectées à certaines disciplines :

digestif
voies urinaires et gynécologie
radiopédiatrie
radiologie vasculaire où sont faites
     les phlébographies des membres
     les angiographies pulmonaires
     les neuroradiographies vasculaires
les artériographies
     des membres inférieurs
     de l'appareil digestif
     des reins
les coronographies et les angioplasties transluminales coronaires.

            La radiologie possède en outre des services d'ultrasonographie :

Echographie
Sénologie
Doppler

            Un premier scanner avait été installé en octobre 1983. Il a été remplacé en mars 1993 par un appareil plus performant, plus précis et plus rapide. Enfin, un reprographe laser est connecté avec les salles de digestif, de vasculaire et de scanner, dont il reçoit et enregistre toutes les informations. Signalons enfin que, outre l'installation principale du Fontenoy, le service de radiologie gère trois autres installations : deux au Centre Hospitalier du Mans, l'un dans le service de pneumologie, l'autre dans le service mère-enfant et un à Allonnes dans le service de gériatrie Charles Drouet.
            En 1991 fut installé dans l'hôpital, mais séparé et indépendant du service de radiologie, un appareil d'Imagerie par Résonance Magnétique (I.R.M.). Cette installation est le résultat d'un partenariat public-privé qui réunit le Centre Hospitalier du Mans à une S.A.R.L. composée de médecins radiologistes libéraux non hospitaliers et qui gère en partie cette installation dans le cadre d’un GIE. L'acquisition de tout l'équipement de l'IRM a coûté 10 millions de francs et a été financée à parties égales par le Centre Hospitalier du Mans et la compagnie privée. Cet appareillage a été installé dans un bâtiment spécialement construit à cet effet par le Centre Hospitalier du Mans sur un terrain inclus dans l'hôpital. Son utilisation se fait alternativement par le Centre Hospitalier du Mans et la compagnie privée selon une répartition hebdomadaire convenue entre eux.

LE SERVICE D’ACCUEIL ET URGENCES MEDICO-CHIRURGICALES

            Il est contigu au hall d'entrée du Fontenoy avec lequel il communique. Mais on y accède aussi par une entrée qui lui est particulière et qui comporte un hall vitré où pénètrent directement voitures et ambulances. Là les malades sont descendus des véhicules et pris en charge par le personnel du service qui les installent, s'ils ne peuvent pas marcher, sur des brancards roulants. Les cas d'extrême urgence sont immédiatement introduits dans le service où on commence à les traiter. Les autres malades souvent accompagnés par un membre de leur famille, passent au secrétariat où on prend les renseignements administratifs qui les concernent, fournis essentiellement par la carte de sécurité sociale et la carte de leur mutuelle. Ils sont ensuite dirigés vers les salles d'accueil comportant des boxes où on les installe en attendant qu'ils soient examinés. Les examens sont pratiqués dans des salles de consultation qui sont au nombre de 12.

6 salles (dont 2 munies d'un matériel de déchoquage) sont réservées aux cas médicaux.
6 salles (dont également 2 munies de matériel de déchoquage) sont réservées aux cas chirurgicaux.

            A l'issue de ces examens, les décisions sont prises. Les cas relevant de la chirurgie sont dirigés vers les services de chirurgie, ou parfois directement adressés en salle d'opération. En effet, il n'y a pas au service des urgences de possibilité d'hospitalisation pour les cas chirurgicaux.
            Pour les cas médicaux, le service des urgences dispose de 8 chambres d'hospitalisation où on peut commencer à traiter les patients avant de les adresser dans un service de médecine. Enfin, le service des urgences médicales dispose de deux cabanons pour les malades agités.

LE BLOC OPERATOIRE DU FONTENOY

            Ce bloc opératoire dessert tous les services chirurgicaux de l'hôpital, sauf le service de gynécologie obstétrique qui est pourvu de salles d'opération qui lui sont propres. Il est situé dans la partie Nord Ouest du niveau 1. Il est à proximité des grands ascenseurs qui desservent tous les étages du Fontenoy et qui peuvent contenir aisément lits et brancards roulants. Il est également proche du service des urgences et de celui de la réanimation chirurgicale. Ce bloc opératoire général est composé de douze salles d'opération toutes très bien installées. La majorité de ces salles sont polyvalentes, mais certaines réservées à des spécialités, possèdent un équipement adéquat.
            Lorsque l'opération est terminée, le patient n'est pas immédiatement reconduit dans sa chambre : on le garde en salle de réveil où il reste sous surveillance médicale jusqu'à son réveil complet. Il y a deux salles de réveil : une équipée de quatre lits est réservée aux interventions de chirurgie aseptiques, l'autre de dix lits pour les cas moins aseptiques.

LA REANIMATION CHIRURGICALE

            Située au niveau 1 du Fontenoy, elle est contiguë au bloc opératoire, mais ne communique pas directement avec lui. Elle est aussi à proximité des urgences chirurgicales. Elle comporte 10 chambres dont 8 seulement sont installées, et jusqu'à présent ce nombre paraît suffire. Ces chambres à 1 lit sont assez vastes, chacune équipée de respirateurs, d'appareils de surveillance cardiaque, respiratoire, etc. Elles sont disposées autour d'un poste central de surveillance. La cloison qui les en sépare est vitrée et une porte met chaque chambre en communication avec le poste central. Là se tient en permanence le personnel médical et infirmier qui assure ainsi une surveillance continue. L'accès à ce poste central est interdit aux familles. Par contre, tout autour des chambres existe une galerie pour les visiteurs. Cette galerie est également vitrée et communique par une porte avec chacune des chambres. Si l'état du malade le permet, la famille est autorisée à pénétrer dans sa chambre. Sinon, les visiteurs peuvent au moins le voir par la large baie vitrée qui sépare sa chambre de la galerie extérieure. La réanimation chirurgicale est dirigée par un chef de service. C’est un médecin anesthésiste réanimateur. Il est assisté par des médecins anesthésistes qui participent aux gardes et par des internes.

SERVICE DES CONSULTATIONS

            Au niveau 1 du Fontenoy est installé le service des consultations. Il regroupe les secteurs de consultations de tous les services hospitaliers du Fontenoy (sauf l'ophtalmologie dont la consultation est au même étage que l'hospitalisation mais dans des locaux sépares).
            La construction du Fontenoy a été l’occasion de séparer lieu de consultation et lieu d’hospitalisation, qui, jusqu’ici, se trouvaient regroupés au sein des unités de soins. Ainsi, pour éviter d’accueillir les consultants externes dans les services d’hospitalisation, le choix a été fait d’organiser un service central de consultations externes. Ce service comporte donc de nombreuses salles. Certaines de ces salles sont affectées à un seul service lorsque les consultations de ce service nécessitent un appareillage particulier non amovible. D'autres salles sont polyvalentes et servent alternativement aux consultations de plusieurs services, selon des horaires bien établis. Les salles à affectation unique sont utilisées par :

le service de neurologie qui dispose de :
        1 salle de consultation
        1 secrétariat et 1 salle d'attente.
le service de cardiologie. Son installation est importante :
        4 salles de consultations
        2 salles d'échocardiologie
        1 salle d'épreuves fonctionnelles et de rééducation
        1 salle d'électrocardiographie.
le service d’oto-rhino-laryngologie comporte :
        3 salles de consultations
        2 salles d'examens complémentaires.
le service de stomatologie dispose de :
        3 salles de consultations
        1 salle de préparation.
le service d’urologie possède :
        2 salles d'examens équipées d'un appareillage d'endoscopie.

            Chacun de ces services comporte, outre les salles médicales, un secrétariat et une salle d'attente. Les salles de consultations polyvalentes sont au nombre de 9. Elles sont affectées selon un organigramme bien structuré aux disciplines suivantes :

Orthopédie adultes et enfants
Chirurgie vasculaire
Chirurgie digestive
Réanimation médicale
Anesthésie

            Enfin, certaines salles sont réservées à diverses activités : pose de plâtres, pansements, etc. A côté des services de consultations du Fontenoy se trouvent :

LE SERVICE D’EXPLORATION FONCTIONNELLE DU SYSTEME NERVEUX

            Il est situé en face de la consultation de stomatologie. Il comporte 4 salles d'électroencéphalographie. Dans ces salles se trouvent divers types d'appareils enregistreurs de l'activité du système nerveux central. Certains de ces appareils très perfectionnés permettent l'enregistrement des tracés sur cassette ou sur disque compact. Ils permettent aussi une amplification de ces tracés. Ce service possède aussi 2 salles d'exploration neuromusculaire et sensorielle où on mesure la conduction des nerfs périphériques et également celle du tronc cérébral, du système nerveux central et celle du cortex. Enfin, ce service est câblé avec la pédiatrie qui en est éloignée de plusieurs centaines de mètres. Cela permet d'enregistrer les tracés d'enfants qui sont hospitalisés en pédiatrie sans les déplacer.

SECRETARIAT GENERAL DES CONSULTATIONS ET SERVICE DES ADMISSIONS

            L'ensemble des services de consultations dispose au niveau 1, en arrière du bureau d'accueil des hôtesses, d'un secrétariat général qui tient le planning des rendez-vous. Les consultations. peuvent être demandées par téléphone. Au jour fixé pour l'examen, le consultant doit passer préalablement à l’accueil administratif du bureau des consultations où on lui remet une fiche sur laquelle seront indiqués par le secrétariat du service concerné la consultation et les examens pratiqués. En partant, les consultants repassent au bureau des consultations, y remettent la fiche remplie et acquittent leur dû. Près du secrétariat général des consultations est installé le service des admissions. Tout sujet hospitalisé doit être inscrit à ce service. Si l'état du malade ne lui permet pas de s'y rendre lui-même, les formalités peuvent être remplies par quelqu'un de son entourage ou par une personne du service où il sera admis. Pour se faire inscrire, l'hospitalisé doit présenter sa carte de sécurité sociale et sa carte d'assurance complémentaire, s'il en a une. A l'issue de son séjour, avant de quitter l'hôpital, le patient doit repasser par ce service qui lui indique la facturation des frais qui lui incombent.
            Toujours au niveau 1 du Fontenoy, et à proximité du bureau des admissions, se trouve "l'espace santé". C'est un bureau où siège un délégué de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie. Son rôle est d'intervenir et d'aider chaque fois que se présentent des difficultés dans la prise en charge des frais de séjour des sujets hospitalisés. Cet espace santé, créé en 1987, représente un progrès réel dans la recherche de l'humanisation de l'hôpital.

NIVEAU 2

            La surface de cet étage est moins étendue que celle du niveau 1. Les intervalles entre les bras de la croix centrale ne sont pas tous occupés par des constructions comme au niveau 1. Cet étage ne comporte pas de service d'hospitalisation. Il est majoritairement occupé par des services qui concernent le fonctionnement interne du Centre Hospitalier du Mans et n’est donc pas ouvert pour un accès au public. On y trouve :

LE SERVICE DE SECURITE TRANSFUSIONNELLE ET D’HEMOVIGILANCE
LE SERVICE DE DIETETIQUE
LA STERILISATION CENTRALE
LA LINGERIE CENTRALE
L’ATELIER BIOMEDICAL
LE BUREAU DE LA RESPONSABLE DE L’EQUIPE CENTRALE DE NETTOYAGE
LE BUREAU DU RESPONSABLE DU SERVICE CENTRAL DE DISTRIBUTION
Des bureaux pour certains médecins qui n'en ont pas dans les services où ils travaillent.
Des chambres pour des médecins et des infirmières de garde.

LE SERVICE DE SECURITE TRANSFUSIONNELLE ET D’HEMOVIGILANCE

            Ce service a été installé récemment dans les hôpitaux à la demande du Ministère de la Santé. Son rôle est de renforcer la surveillance des transfusions sanguines pour assurer une meilleure sécurité dans l'usage thérapeutique des transfusions et des produits dérivés du sang. Ce service est dirigé par un médecin aidé d’une IADE et d'une secrétaire.

LE SERVICE DE DIETETIQUE

            Il fut créé en 1967 et débuta assez modestement. A présent il compte 9 diététiciennes, dont une surveillante, qui sont secondées par 8 aides diététiciennes. Les diététiciennes sont formées dans des écoles qui dispensent un diplôme spécial Elles travaillent avec les chefs cuisiniers à l'élaboration des menus ordinaires, des menus de régime et des menus destinés à l'alimentation des dénutris. Elles passent chaque jour dans les services d'hospitalisation et elles établissent pour chaque malade la composition des repas qui leur seront apportés sur des plateaux individuellement préparés à la cuisine.

LA STERILISATION CENTRALE

            Avant l'ouverture du Fontenoy chaque service de soins, chaque salle d'opération gérait sa propre stérilisation. Depuis la création du Fontenoy, tous ces postes furent supprimés et remplacés par un service central qui assure la stérilisation de tout le Centre Hospitalier du Mans, de la gériatrie d'Allonnes et même de l'hôpital psychiatrique. Pour effectuer cette stérilisation on n'utilise plus de poupinels, mais des autoclaves. Selon le matériel à stériliser, on le soumet dans l'autoclave, soit à une température de 121° (ce qui correspond à une pression dans l'appareil de 1 kg), pour le matériel contenant du caoutchouc ou du plastique, soit à une température de 134° (ce qui correspond à une pression de 2 kg) pour tout le reste du matériel, linge, instruments métalliques, etc. Quant aux appareils endoscopiques, qui seraient détériorés par ces températures, ils sont stérilisés au gaz éthylène. Le matériel à stériliser, linge ou instruments, arrive à la stérilisation nettoyé et lavé et réparti dans des boîtes métalliques. Le contenu et l'origine de ces boîtes sont précisés sur le couvercle. Elles sont apportées dans des containers rouges. Cette couleur indique qu'elles ne sont pas stérilisées. Sur chaque boîte à stériliser, on colle une étiquette témoin colorée, dont la couleur va virer différemment selon les températures atteintes dans les autoclaves. Le chargement des autoclaves se fait selon un certain protocole. Les autoclaves comportent deux portes : une par laquelle on les charge, ouvre dans une pièce, une autre par laquelle on récupère les boîtes après stérilisation, ouvre dans une autre pièce. Les boîtes sont retirées et on vérifie pour chacune que le virage témoin est correct. Ensuite, les boîtes sont renvoyées dans leur service d'origine, dans des containers bleus, couleur réservée aux instruments qui ont été stérilisés.

LA LINGERIE CENTRALE

            Tout le linge propre est envoyé de la blanchisserie générale à la lingerie centrale, et celle-ci le distribue dans les différents services. Pour effectuer cette distribution, la lingerie utilise des armoires roulantes dans lesquelles le linge propre est directement installé, et qui sont remplies selon les demandes des services. Le linge, après son utilisation, est envoyé par les services directement à la blanchisserie, tandis que les armoires vides sont retournées à la lingerie qui les remplira de nouveau. La lingerie centrale assure également la garde et l'entretien de toute la literie, matelas, oreillers, etc., dont elle organise aussi la répartition.

L’ATELIER BIOMEDICAL

            Il assure la réparation d'appareils médicaux : respirateurs, tensiomètres, de certains matériels radiologiques, etc.

LE BUREAU DE LA RESPONSABLE DE L’EQUIPE CENTRALE DE NETTOYAGE

            Ce service assure l'entretien de tout le Fontenoy hors les services de soins. Il assure aussi celui des bureaux de l'administration hospitalière, celui de la salle des fêtes, de la radiologie et de plusieurs services médico-techniques du Centre Hospitalier du Mans.

LE BUREAU DU RESPONSABLE DU SERVICE CENTRAL DE DISTRIBUTION

            Ce service a la charge de transporter et de distribuer dans le Centre Hospitalier du Mans, et dans le service de gériatrie d'Allonnes, des objets très divers. D'abord, il apporte près de 4.000 repas par jour dans les services d'hospitalisation. Pour le Fontenoy, les chariots contenant les plateaux repas sont transportés de la cuisine aux services par les monte-charge. Hors du Fontenoy, dans les autres services du Centre Hospitalier du Mans ainsi que dans le service de gériatrie Charles Drouet, les chariots alimentaires sont transportés midi et soir par camion. Outre l'alimentation, le service de distribution a la charge de beaucoup d'autres transports, en particulier ceux :

- du matériel médical et chirurgical qui a été utilisé et qui doit être stérilisé.
- des prélèvements biologiques faits dans les services et qui doivent être portés aux différents laboratoires.
- des dossiers médicaux qui doivent être pris au service des archives et apportés dans les services d'hospitalisation ou aux                  consultations, et puis au départ des malades, reportés aux archives.
- de tout le mobilier, des chambres, des salles de consultation, etc. lorsqu'il a besoin de réparations.

            Tous ces transports sont fait par camions, ce service disposant de 8 camions. Le travail est assuré par 25 employés.
            Enfin, outre les bureaux et les locaux techniques, il existe au niveau 2 des salles de réunions. Tout d'abord, une très vaste salle réservée aux réunions du conseil d’administration. A côté, se trouve une autre grande salle destinée aux réceptions. On trouve aussi à ce niveau, 4 salles de réunions moins importantes :

Salle A        Affectée à l'Informatique. Elle sert aux réunions des informaticiens hospitaliers pour des cours ou des exposés.
Salle B        Elle est polyvalente et utilisée pour des réunions diverses, médicales, administratives, techniques, etc.
Salle C        Elle sert exclusivement à la formation permanente.
La quatrième salle, assez petite, est réservée aux médecins anesthésistes réanimateurs.

ORGANISATION DU FONTENOY A PARTIR DU NIVEAU 3

            C'est au niveau 3 qu'apparaissent les services d'hospitalisation, mais ils n'en occupent pas encore toute la surface. On y trouve, à titre provisoire, un service administratif. C'est seulement à partir du niveau 4 que la surface de chaque étage est entièrement consacrée à l'hospitalisation. De plus, au niveau 3 une adjonction existe encore entre la branche Nord et la branche Ouest de la croix. On ne la retrouve plus dans les niveaux supérieurs que nous allons décrire plus loin.
            Mais, dès maintenant, nous pensons qu’il est bon d'indiquer le système de numération adopté pour tous les services des étages supérieurs. Le numéro d'une unité de soins est indiqué par deux chiffres. Le premier chiffre indique le numéro du niveau. Le deuxième chiffre, qui va de 1 à 4, représente :

- le 1, l'unité installée dans la branche Sud,
- le 2, celle installée dans la branche Ouest,
- le 3, celle installée dans la branche Est,
- le 4, celle installée dans la branche Nord.

NIVEAU 3

LA DIRECTION DES SERVICES FINANCIERS
LA DIRECTION DES SERVICES FINANCIERS
LE SERVICE SOCIAL
LES SERVICES MEDICAUX DU NIVEAU 3

Le service d'ophtalmologie : Unités 33 et 34
Le service de la réanimation médicale (U.35)
Le service de post-réanimation (U 32)

LA DIRECTION DES SERVICES FINANCIERS

            (Il va d'ailleurs être ultérieurement déplacé et remplacé par un service de soins). C'est là qu'est installé le directeur des services financiers. Ce service élabore et gère le budget de l'hôpital. C'est aussi de ce service que dépendent le secrétariat général des consultations et le service des admissions, installés au niveau 1 et où sont établies les redevances dues à l'issue des consultations et des hospitalisations. Dans cette branche de l'unité 31 est installé aussi

LE SERVICE SOCIAL

            Il a été créé en 1947. A l'époque, il n'occupait qu'une seule assistante sociale, et la seconde ne fut nommée qu'en 1957. En 1994, le Centre Hospitalier du Mans compte neuf assistantes sociales, (dont une assistante sociale chef) et deux secrétaires. Leur rôle est d'aider les personnes hospitalisées pour toutes les difficultés personnelles extramédicales qu'elles peuvent rencontrer.

LES SERVICES MEDICAUX DU NIVEAU 3

Le service d'ophtalmologie : Unités 33 et 34
            Il occupe deux branches de la construction cruciforme. La branche Est (U. 33) est entièrement occupée par le service de consultation. Ce service a une grande activité et, en 1994, le nombre des consultations et examens complémentaires s'est élevé à 21.225. Il comporte - 6 salles de consultations avec bureau et secrétariat,- de nombreuses salles pour soins ou examens, petite chirurgie, angiographie, laser, électrophysiologie, orthoptie, etc. La branche Nord (U. 34) est le service d'hospitalisation de l'ophtalmologie. L'organisation est identique à celle que nous allons trouver dans tous les services des niveaux supérieurs, dont nous allons faire ultérieurement la description. Il comporte 9 chambres à un lit, 8 chambres à deux lits, des salles de soins et d'examens.

Le service de la réanimation médicale (U.35)
            La réanimation médicale a été installée dans la construction adjointe au niveau 3 et qui est contiguë à l'aile Ouest de cet étage, occupée par la post-réanimation. Cela a permis de faire communiquer les deux services. La Réanimation Médicale comporte 14 chambres à 1 lit. Ces 14 chambres sont réparties en deux groupes chacun de 7 chambres. Pour chaque groupe, ces chambres sont disposées autour d'un poste central de surveillance et de soins où se trouvent en permanence, nuit et jour, des infirmières et des aides soignantes prêtes à intervenir. Les chambres sont séparées de ce poste par des baies vitrées qui permettent la surveillance et chaque chambre communique avec le poste par une porte également vitrée. Toutes les chambres sont équipées d'arrivées d'air, d'oxygène, de prises de vide, de prises de courant, de nombreux respirateurs et d'appareils de surveillance cardiaque, respiratoire, etc. Les chambres sont également entourées à l'extérieur par une galerie vitrée qui communique par une porte avec chacune d'elles. C'est par cette porte que les visiteurs autorisés pénètrent dans les chambres des malades et non par la porte de surveillance dont l'accès est interdit à toute personne étrangère au service.

            En plus de ces 14 chambres, on trouve dans ce service :

une pièce équipée d'un caisson hyperbare,
une salle de radiodiagnostic dans une partie de laquelle on a aménagé une installation chirurgicale, ce qui permet de pratiquer des trachéotomies,
des bureaux , des chambres de garde, etc.

Le service de post-réanimation (U 32)
        Il comporte 30 lits répartis en 10 chambres à 1 lit et 10 chambres à 2 lits. Il est équipé d'une salle de soins, d'un bureau pour les infirmières.

ORGANISATION DU FONTENOY A PARTIR DU NIVEAU 4

            A partir du niveau 4, tous les niveaux ont le même plan et la même organisation, car, il faut le rappeler, à partir du niveau 4 il n'y a plus aucune construction intermédiaire entre les branches de la croix, et toute la surface de chaque niveau est occupée par des services d'hospitalisation qui sont au nombre de 4 par étage. Les unités sont ainsi organisées : chaque unité comporte un couloir central. De chaque côté de ce couloir se trouvent les chambres des malades, quelques-unes unes sont à un lit, la majorité sont à deux lits. Le nombre total des lits varie selon les unités de 25 à 32. Les chambres sont bien installées, pourvues d'un sanitaire comportant lavabo et WC, d'un poste de télévision et d'un branchement téléphonique pour chaque lit. Au centre de chaque unité se trouve, sur un des côtés du couloir central, le bureau de la surveillante, une salle de soins et un office. Le couloir est en communication avec le plateau central où se trouvent l'arrivée des ascenseurs, des monte charge, des monte malades et une cabine téléphonique. Sur ce plateau central on trouve également des bureaux pour les médecins, deux secrétariats, soit un pour deux unités, mais dans chacun de ces secrétariats chaque unité a sa propre secrétaire. La répartition des services à chaque niveau est actuellement la suivante :

NIVEAU 4

Unité 41
Chirurgie vasculaire 20 lits
Chirurgie orthopédique 10 lits

Unité 42
Chirurgie digestive 30 lits

Unité 43
Chirurgie générale et thoracique 30 lits

Unité 44
Chirurgie générale et digestive 30 lits

NIVEAU 5

Unité 51
Chirurgie urologique
30 lits

Unité 52
O.R.L 26 lits

Unité 53
Médecine générale 27 lits

Unité 54
Chirurgie pédiatrique 37 lits

NIVEAU 6

Unité 61
Neurologie 30 lits

Unité 62
Neurologie 20 lits
Stomatologie 10 lits

Unité 63
Chirurgie orthopédique 30 lits

Unité 64
Chirurgie orthopédique 29 lits

NIVEAU 7

Il est entièrement occupé par les services de Cardiologie

Unité 71 Unité 72 Unité 73

Unité 74 Réanimation Cardiaque, 14 chambres à 1 lit.

            Toutes ces chambres de réanimation cardiaque ouvrent sur un large couloir central dont elles sont séparées par une cloison vitrée. C’est le poste de surveillance et de soins. Une autre cloison également vitrée ouvre sur une galerie extérieure permettant l'accès des visiteurs. Chaque chambre est équipée du matériel de réanimation et de circuits de monitoring reliés au poste de surveillance. De plus, ce service de réanimation est équipé d'une salle de cathétérisme, d'une salle pour la pose de pacemakers, etc. Avec la description du niveau 7 s'achève la présentation du Fontenoy.

 

La construction de ce grand bâtiment a représenté une importante évolution dans l'histoire du Centre Hospitalier du Mans, car elle introduisait une conception nouvelle des normes d'organisation hospitalière et permettait un fonctionnement plus coordonné et rationnel des différents services. L'ouverture du Fontenoy améliora également les conditions d'hospitalisation et permit l'installation de nouveaux procédés d'investigation.
            Quelques mois avant l'achèvement et la mise en service de ce grand bâtiment, Monsieur Jack Ralite, alors ministre de la Santé, vint au Mans (c'était le 17 janvier 1983). Il inspecta les travaux puis participa à une importante séance de travail. A cette réunion, outre les problèmes concernant l'ouverture et le fonctionnement du Fontenoy, on aborda un autre sujet, celui des constructions ultérieures qui devraient être entreprises pour le compléter. En mai 1983, les travaux du Fontenoy étaient en grande partie terminés et l'installation débuta. Elle commença par le transfert des services administratifs, des archives médicales centrales, du service informatique, de la stérilisation centrale. Ensuite, en juillet 1983, furent installées la radiologie et les consultations externes centralisées. En Octobre, on aménagea les cuisines, le self service du personnel et les magasins. Ensuite ce furent les chambres d'hospitalisation, les salles de soins, le bloc opératoire.
            Le 4 novembre 1983 eut lieu l'inauguration, en présence de Monsieur Edmond Hervé, secrétaire d’état à la Santé. Dans son allocution de bienvenue, Monsieur Robert Jarry, après avoir salué Monsieur Hervé et l'avoir remercié de sa présence, marqua la satisfaction que lui apportait la construction dans un discours dont nous avons extrait quelques passages :
            "Vous comprendrez, ce que ressent un maire quand un tel équipement est mis à la disposition de la ville qu'il administre. Je rends hommage à tous ceux qui, depuis six ans, n'ont pas ménagé ni leur temps, ni leur peine, pour la pleine réalisation de cette opération, et ma reconnaissance est grande à tous ceux qui l'ont rendue possible." et Monsieur Jarry ne manqua pas d'ajouter que malgré le résultat obtenu, il persistait une impérieuse obligation de poursuivre la modernisation du Centre Hospitalier.
            Dans sa réponse, Monsieur Edmond Hervé, après avoir rappelé les efforts consentis par le Gouvernement pour l'amélioration de tous les hôpitaux en France, déclara que la restructuration du Centre Hospitalier serait considérée, par son ministère, comme prioritaire.
            Lorsque l'aménagement et la mise en état de fonctionnement furent achevés, le transfert et l'installation des malades dans le Fontenoy eurent lieu entre le 28 novembre et le 2 décembre 1983. Il y avait environ 300 patients à déplacer. Ce fut réalisé dans de bonnes conditions grâce au concours de nombreux organismes ambulanciers : ceux de l'armée et des pompiers, ceux de la Croix Rouge, d'ambulanciers privés et bien sûr, de toutes les ambulanciers du Centre Hospitalier. Tout se déroula bien, et le seul incident observé fut un accident sans gravité d'une ambulance militaire qui se rendait à l'hôpital.

L’APRES FONTENOY LE SCHEMA DIRECTEUR ET LES OPERATIONS QUI SUIVIRENT

            Malgré les progrès qu'il apportait, le Fontenoy ne résolvait pas tous les problèmes qu'exigeait la restructuration du Centre Hospitalier et la nécessité d'autres installations s'était fait sentir avant même sa construction. Monsieur Robert Jarry les avait évoquées en 1977 lors de la première séance du conseil d'administration qu'il avait présidée Dès 1980, une étude fut donc lancée afin d’aboutir à la présentation d’un schéma complémentaire de restructurations, de sorte que puissent se poursuivre par étapes et suivant un calendrier raisonnable, une suite d’opérations prenant en compte les besoins non couverts par la construction du Fontenoy.
            Le conseil d’administration en fut saisi au cours de deux réunions, le 9 juin et le 16 juin 1981. Les options prises, compte tenu des enjeux, donnèrent lieu à une présentation particulière faite au conseil municipal, au cours d’une séance spéciale. Les choix définitifs furent arrêtés par le conseil d’administration en octobre 1981. Ceux-ci s’analysent comme suit :
            Une première préoccupation : faciliter les réinstallations de certains services dont les bâtiments étaient frappés de démolition. Deux solutions furent retenues :
            L’ancien pavillon de chirurgie, libéré par le transfert des patients dans l’hôpital Fontenoy, serait provisoirement transformé et accueillerait notamment les malades de pneumo-phtisiologie.
            La néphrologie et le service d’hémodialyse seraient regroupés dans une construction nouvelle
            Un pôle mère enfant serait créé en construisant près de la maternité (elle-même modernisée) un complexe pédiatrique.
            Faisant pendant au pôle gériatrique mis en place à Allonnes, serait regroupé à l’intérieur de l’hôpital, dans le secteur Sud-Est, un second ensemble de 280 lits, bien structuré et répondant aux conditions nouvelles de prise en charge des personnes âgées dépendantes.
            Enfin, et afin de permettre la restructuration complète du secteur médecine (160 lits), un terrain d’assise destiné à accueillir les constructions complémentaires, serait libéré à proximité du Fontenoy. D’où deux opérations préalables :le déplacement de la chaufferie centrale et des services techniques.
            Toutes ces opérations furent entreprises à partir de 1983, ainsi que d'autres réalisations non mentionnées dans cette liste, telles que le centre de transfusion sanguine et l'internat. Elles furent toutes terminées dans les douze années qui suivirent.
            Nous allons étudier tous ces travaux en suivant l'ordre chronologique de leur exécution. Nous commencerons par la remise en état de l'ancien pavillon de chirurgie où furent installées la pneumo phtisiologie puis ensuite la gastro-entérologie.

Remise en état du pavillon de chirugie: installation de la pneumo-phtisiologie et de la gastro-entérologie

LA PNEUMOPHTISIOLOGIE

            Celle-ci, nous le rappelons, était installée dans deux pavillons de type Tollet, qui avaient été surélevés d'un étage, avaient subi d'importants remaniements, et avaient bénéficié d'adaptations nombreuses qui en faisaient un service bien aménagé. Mais ces bâtiments qui se trouvaient assez près du Fontenoy devaient être démolis pour libérer les alentours. La pneumo-phtisiologie fut donc installée en 1985 dans l'ancien service de chirurgie qui prit la dénomination pavillon Sergent. On lui attribua tout le premier étage, la moitié du deuxième étage, et une partie du rez-de-chaussée. Dans ces étages on constitua trois unités d'hospitalisation, de chacune 30 lits réparties en chambres à 1 et 2 lits. On affecta aussi à ce service une partie du rez-de-chaussée dans lequel on installa des bureaux pour les médecins, des secrétariats, des salles de consultation d'endoscopie, d'exploration fonctionnelle respiratoire et d'allergologie, et un service de radiologie radiographie et radioscopie. En 1993, on dégagea aussi au rez-de-chaussée, quatre pièces pour y installer un petit service d'hospitalisation de jour où on peut assurer en ambulatoire des traitements de chimiothérapie, ou faire des bilans. Dans le pavillon Sergent, on installa également les services de

LA GASTROENTEROLOGIE

            Avant 1985, cette spécialité médicale était installée dans plusieurs pavillons Tollet (Bretonneau, Broca et Dupuytren). En 1986, tous ces services furent transférés dans le pavillon Sergent où ils occupèrent la moitié du deuxième étage et la totalité du troisième étage. Cela représentait une capacité de 90 lits en chambres à un ou deux lits. Les services d'investigation furent installés dans la partie du rez-de-chaussée laissée libre par la pneumologie. Ils comportaient bureaux, salles de consultations, d'explorations endoscopiques et de soins. Au rez-de-chaussée du pavillon Sergent, on trouva aussi la place pour agrandir le service de rééducation et réadaptation fonctionnelle. On put y installer un service de balnéothérapie, d'ergothérapie ainsi que des salles de consultations et de soins. Ce service ne comporte toujours que 17 lits d'hospitalisation, mais la majorité des patients sont traités par les kinésithérapeutes dans les différents services de chirurgie ou de médecine dans lesquels ils sont hospitalisés.
            Quant aux services de médecine Widal et Bretonneau qui avaient été libérés par l'installation de la neurologie dans le Fontenoy, et de la gastro-entérologie dans le pavillon Sergent, ils furent affectés à la gériatrie.
            Il faut signaler aussi qu'après le départ des sœurs d'Evron en 1980, le pavillon Froullay fut occupé par des services administratifs, en particulier par la direction des services économiques et la direction des plans et travaux.

Les services construits apres le fontenoy

LE SERVICE DE NEPHROLOGIE

            Nous avons signalé qu'un service de néphrologie avait été créé en 1975 au Centre Hospitalier du Mans, et qu'il avait été primitivement installé dans un ancien pavillon : le pavillon Pasteur. Ce service comptait 8 postes de dialyse, mais il s’avéra rapidement que cela était insuffisant pour le département. La commission administrative du 29 octobre 1981 admettant cette insuffisance, envisagea d'organiser un service plus important dans un bâtiment spécialement construit à cet effet. Il comporte outre des salles d'hospitalisation et de dialyse, des bureaux pour les médecins, des secrétariats, des salles d'examen, de vastes magasins pour stocker des liquides de dialyse. La construction commencée en 1983 fut terminée en juin 1985. Elle est accolée au pavillon Reilly-médecine V (Photo 50). Le service qu'elle héberge est ainsi composé :

Un service de Néphrologie qui comporte 30 lits,
Une unité de Dialyse, de 15 lits,
Des salles de consultations.

            Depuis sa création, ce centre de néphrologie a été complété par deux dispositifs :

  1. Des antennes de dialyse installées dans le département :
            une au Mans, depuis 1983,
            une à La Ferté-Bernard, en 1991,
            une à Saint-Vincent du Lorouer, en 1994,
            une à Fresnay-sur-Sarthe en 1995.
    Ces antennes comportent chacune quatre ou cinq postes. Ceux-ci sont réservés à des malades autonomes capables d'assurer partiellement ou totalement leur traitement. Mais ces malades restent sous surveillance médicale périodique.

  2. Une unité de traitement implantée au Centre Hospitalier, mais qui est gérée par une association Loi 1901, appelé E.C.H.O. (Expansion des Centres d'Hémodialyse de l'Ouest). Elle s'adresse aussi à des patients dont l'état de santé ne nécessite pas leur admission dans une structure de dialyse lourde. Cette unité avait jusqu'ici quatre postes de dialyse. Elle sera prochainement portée à douze postes, grâce à de nouveaux locaux mis à la disposition de l'ECHO par l'hôpital. Pour donner une idée de l'activité du service de néphrologie hémodialyse, signalons qu'en 1994, 150 patients ont été régulièrement dialysés, ce qui représente 12.885 séances de dialyse.

            Par ailleurs, le service de néphrologie du Centre Hospitalier du Mans fait pratiquer chaque année 10 à 15 greffes rénales qui sont réalisées au Centre Hospitalier Universitaire de Nantes. Après l'intervention, les sujets greffés sont suivis par les médecins du service de néphrologie. Il y a actuellement 129 greffés surveillés au Centre Hospitalier du Mans.

LE CENTRE DE TRANSFUSION SANGUINE

            L'idée de transfuser, dans un but thérapeutique, du sang d'un individu à l'autre est ancienne mais la réalisation sans risque d'un tel projet est récente, et n'a pris vraiment consistance que depuis la guerre de 1914 - 1918, et surtout depuis 1930 où l'étude des compatibilités sanguines fit de gros progrès. Aussi, la création d'un centre de transfusion sanguine au Mans n'a été décidée par la commission administrative que le 20 juin 1932, et le centre n'a été ouvert qu'en 1934. A cette époque, on ne transfusait le sang que de bras à bras, après une recherche de la compatibilité sanguine et les transfusions étaient encore assez rares. En 1953, on commença à recueillir le sang dans des flacons et à les conserver au froid, mais les prélèvements se faisaient uniquement à l'hôpital. En 1960, un local fut affecté au centre de transfusion sanguine au rez-de-chaussée du pavillon de chirurgie, près du laboratoire. On y nomma un médecin, une infirmière et une secrétaire, et on commença à organiser des collectes à l'extérieur. Dès cette première année, 6.389 flacons furent recueillis.
            En 1975, lorsque le laboratoire de biologie s'installa dans ses nouveaux locaux, il fut prévu que le centre de transfusion sanguine occuperait les pièces libérées par ce service, au rez-de-chaussée du pavillon de chirurgie. Il n'en fut rien car ces locaux furent alors réclamés par l'ensemble des chirurgiens pour y installer un service d'urgences chirurgicales, avec salles d'examen, secrétariat, salle d'attente et salle d'opération. Pour loger le centre de transfusion sanguine, on lui trouva provisoirement une place dans le nouveau laboratoire. Mais l'activité du CTS progressait. En 1977, 37.944 flacons furent recueillis, dont 33.697 dans des collectes et 3.847 à l'hôpital.
            La construction d'un local uniquement affecté au CTS s'imposait de plus en plus, et fut décidée par le conseil d’administration du 8 janvier 1986. Les travaux commencèrent en 1987, sur un terrain proche du laboratoire d'hématologie. L'inauguration de ce service eut lieu en octobre 1989.
            Mais la transfusion sanguine allait traverser sur le plan national une très grave crise. Elle fut provoquée par la contamination de malades transfusés avec du sang de sujets atteints d'affections à VIH, ce qui communiqua cette affection aux transfusés. De nouveaux règlements furent imposés dans tous les centres de transfusion sanguine de France, et au Mans comme ailleurs on dut pratiquer un contrôle biologique VIH du sang de tous les donneurs. Cela entraîna un changement dans le statut du CTS du Mans qui jusqu'alors était géré par l'hôpital, dans le cadre d'un budget annexe. Désormais sa gestion est assurée par un Groupement d'Intérêt Public (G.I.P.). De plus, le centre de transfusion sanguine du Mans fut associé avec les centres de transfusion sanguine de l'Orne et de la Mayenne pour constituer le G.I.P. Maine - Normandie qui est doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière.

L’INTERNAT

            Il est fait obligation aux hôpitaux qui accueillent des internes de leur fournir le logement. Lors de la création de l'hôpital en 1891, les internes étaient au nombre de 4. Ils furent alors logés au 1er étage du bâtiment administratif dans sa partie centrale au-dessus du porche. Depuis cette date et parallèlement à l'augmentation de tout l'effectif de l'hôpital, le nombre des internes s'est accru continuellement. Au début cet accroissement fut assez lent : de 4 en 1891, ils passèrent à 6 en 1937, à 8 en 1946, mais ensuite le rythme s’accéléra : 13 en 1957, 22 en 1966 et en 1994 il y avait 85 internes. Cet accroissement posa naturellement des problèmes de logement. La première amélioration consista à attribuer aux internes un des pavillons hospitaliers (type Tollet) construits autour de la cour centrale. En 1948, on libéra le pavillon L qui abritait le service payant pour les femmes. Mais déjà, dans les années suivantes, l'effectif des internes s'accroissant toujours, on dut encore apporter une amélioration au problème et on suréleva de deux étages une partie du pavillon L. Mais bientôt cela s'avéra encore insuffisant. Le conseil d’administration décida alors de résoudre ce problème en construisant un bâtiment spécialement destiné à l'internat. Cette décision a eu pour autre conséquence de libérer le pavillon L. Sa proximité de l'administration permit de l'utiliser pour l'agrandissement de cette dernière. D'autre part, la construction d'un bâtiment spécialement destiné aux internes permettait d'adopter une organisation mieux adaptée aux nécessités actuelles de leur logement.
            Pour répondre à ce besoin de construction, le Centre Hospitalier du Mans a eu recours à une société privée avec laquelle s'est organisé le partenariat suivant : l'hôpital concède à cette société, et ceci pendant 20 ans, l'occupation d'un terrain inclus dans l'hôpital et qui donc lui appartient. Sur ce terrain, la société en question a construit un bâtiment adapté au logement des internes. Pendant 20 ans, le Centre Hospitalier du Mans paie à la société constructrice un loyer lui donnant le droit d'utiliser ce bâtiment. Mais à l'expiration des 20 ans, le Centre Hospitalier du Mans en deviendra propriétaire. Le nouvel internat a été construit sur l'emplacement d'un ancien pavillon de Gériatrie appelé Déjérine. La construction de l'internat débuta en février 1992 et fut menée rapidement. Terminé fin 1992, l'internat s'y installa en janvier 1993 (Photo 52). C'est une construction d'un rez-de-chaussée et de trois étages. Il comporte 40 studios d'environ 20 m², dont 4 un peu plus grands, et 20 chambres d'environ 17 m². Tous les logements sont pourvus d'un sanitaire complet.

LE SERVICE DE GERIATRIE LEONARD DE VINCI

            Au Centre Hospitalier du Mans, avenue Rubillard, le service de gériatrie a longtemps consisté en plusieurs bâtiments dispersés, assez souvent construits ou récupérés selon les nécessités. Ils n'étaient pas toujours adaptés à leur destination entraînant parfois des problèmes de fonctionnement. Or, la gériatrie est devenue une discipline dont l'importance sociale s’est accrue considérablement du fait de la prolongation générale de la durée de vie. C'est pourquoi le conseil d’administration avait en 1974 créé un centre de gériatrie de 420 lits, assez moderne, à Allonnes. Mais cela restait insuffisant. Ainsi, en 1985, il fut envisagé la construction, avenue Rubillard, d'un bâtiment assez important, spécialement organisé pour répondre aux besoins particuliers de l'hospitalisation de personnes âgées. En 1986, l'emplacement fut choisi. Il est situé dans la partie Sud Est du terrain du Centre Hospitalier du Mans, permettant un accès direct sur la rue de la Maison Neuve. Les travaux commencèrent en septembre 1987, et furent terminés en 1989. Le bâtiment ainsi construit fut appelé Léonard de Vinci. Il contient 120 lits répartis en chambres confortables à 1 ou 2 lits (Photo 53). Ces 120 lits sont divisés en 3 unités de 40 lits chacune, et, innovation, chaque unité reçoit 3 types de malades :

des malades atteints d'une affection aiguë,
des malades de catégorie "moyen séjour"
des malades en "long séjour".

            Ce mélange de cas différents dans la même unité est voulu. Il évite pour le personnel hospitalier une routine risquant de s'installer facilement lorsqu'il ne s'occupe que de malades en long séjour. Ces patients, atteints d'affections chroniques, demandent des soins infirmiers souvent routiniers mais pas de soins vraiment médicaux. Pouvoir soigner aussi des cas aigus maintient alors le personnel dans la pratique de soins médicaux. Les résultats obtenus par l'organisation dans une même unité de malades souffrant d'affections différentes ont été bénéfiques.
            Aussi, le conseil d’administration a décidé la construction d'un nouveau bâtiment similaire, à côté de Léonard de Vinci, et communiquant avec lui. Pour ce faire, on a abattu deux anciens pavillons, Trousseau et Bichat.
            La construction a commencé en 1994 et doit être terminée en septembre 1995. Ce service comportera 160 lits, répartis en 4 unités de 40 lits. Chaque unité sera composée de 18 chambres à 1 lit et de 11 chambres à 2 lits. Dans ce service il est prévu aussi des locaux de consultations et pour une éventuelle hospitalisation de jour.

Le batiment de pédiatrie

            En 1988, le conseil d’administration du Centre Hospitalier du Mans envisagea la création d'un nouveau service de pédiatrie. L'emplacement choisi pour le construire se trouve dans l'angle du croisement de la route de Degré avec la rue de la Maison Neuve. Ainsi, ce service communique avec la maternité voisine, permettant de constituer le pôle mère-enfant. La construction commença en juillet 1991 et l'inauguration eut lieu le 9 avril 1993 (Photo 54–55). Ce bâtiment abrite deux services : la pédiatrie d'une part, et d'autre part, la réanimation néo-natale et infantile à laquelle est rattachée une unité de prématurés. Ces deux services sont distincts et autonomes, mais travaillent en étroite collaboration. La construction qui les héberge comporte trois niveaux :   

            Le Rez-de-chaussée (Niveau 0) est occupé surtout par la réanimation, mais il abrite aussi des éléments de la pédiatrie : accueil, secrétariat, bureaux des médecins, salles de consultation, service d'urgences.

            Le Niveau 1 est affecté aux enfants dont l'âge se situe entre 3 et 18 ans. Il comporte 27 lits parmi lesquels :

5 sont réservés au traitement des immuno déprimés,
3 sont pour des contagieux,
2 pour l'hospitalisation de jour.
Les autres lits sont répartis en chambres à 2 lits.

            Le Niveau 2 est réservé aux nourrissons et aux enfants de moins de trois ans. Il comporte 23 lits dont,

3 en chambre à 1 lit pour les contagieux,
2 lits pour l'hospitalisation de jour.
Les autres lits sont répartis en chambre à 2 lits.

            Comme nous l'avons dit, la réanimation néo-natale et infantile est installée entièrement au rez-de-chaussée, dans la partie Ouest de ce Niveau 0. Elle comporte 14 lits de réanimation et 20 lits de prématurés.
            Ce service de pédiatrie est radiologiquement autonome et possède un poste de radiographie fixe, et un appareil de radiographie portatif pour faire des clichés au lit des malades. Il a aussi un appareillage d'électroencéphalographie. Le coût de ce service de Pédiatrie s'est élevé à 38.300.000 Francs.
            D'autre part, les parents d'enfants hospitalisés en pédiatrie (aussi bien les grands enfants que les nourrissons), ont la possibilité de disposer d'un lit dans la chambre de leur enfant. Pour les grands enfants, deux instituteurs, dépendant de l'Inspection Académique, assurent un soutien scolaire.
            En même temps que la pédiatrie, la néonatalogie et la réanimation infantile, un Centre d'Action Médico-Sociale Précoce (C.A.M.S.P.) a été ouvert dans un ancien pavillon du Centre Hospitalier du Mans (Emile ROUX). Il reçoit des enfants de 0 à 6 ans, présentant des déficits moteurs, sensoriels, des troubles psychologiques ou un retard psychomoteur, ou encore des handicaps associés. Ils viennent pour des séances de rééducation soit individuelles, soit en groupe.

LA NOUVELLE CHAUFFERIE

            Nous avons déjà signalé qu'aux poêles à bois ou au charbon, qui au début de l'hôpital chauffaient modestement les grandes salles de malades, avait succédé l'installation, dans les caves de chaque pavillon, d'une chaudière à charbon alimentant en eau chaude des radiateurs placés dans les salles de malades et de soins. Puis en 1938, une centrale thermique fut construite au Nord de l'hôpital, près des ateliers. Elle fonctionnait avec deux grosses chaudières au charbon, dont la fumée s'évacuait par une haute cheminée dominant l'hôpital, et évitait ainsi les nuisances. Au début cette chaufferie n'assura que le chauffage du pavillon de chirurgie, puis, peu à peu, on lui raccorda les pavillons les uns après les autres (sauf la Cité d'automne qui fut construite de l'autre côté de la route de Degré). En 1954, lorsque la nouvelle maternité fut construite, on voulut la brancher sur la centrale thermique. Cette dernière se révéla insuffisante et on dut ajouter une troisième chaudière aux deux précédentes. En 1971, on remplaça les chaudières au charbon par des chaudières au gaz. En 1983, lors de la construction du Fontenoy, il fallut ajouter à la chaufferie centrale deux chaudières supplémentaires, mais dès 1981, on réalisa que la centrale de chauffe, située près du nouveau bâtiment, devait être déplacée. On retint pour la future construction un terrain situé au Nord Ouest de l'hôpital, dans l'angle formé par le croisement de la voie ferrée et de la route de Degré. Pour des raisons techniques et financières, cette construction ne commença qu'en 1992. Elle fut achevée et mise en service en août 1993. (Photo 56)
            Cette nouvelle chaufferie est non seulement tout à fait adaptée pour tout l'hôpital, mais elle présente une réserve de puissance qui permettra le chauffage des constructions futures. De plus, le déplacement de la centrale de chauffe a libéré un terrain où pourront être implantés d'autres bâtiments hospitaliers, en particulier une construction d'une capacité de 160 lits qui abritera des spécialités médicales, et qui constitue le projet majeur pour les années à venir.
            En même temps que la construction de la nouvelle centrale de chauffe, fut étudiée la création d'une galerie technique souterraine desservant la majorité des bâtiments hospitaliers, et dont le tracé permet de futures constructions possibles. Commencée en 1982, elle fut terminée en 1984. Elle est composée d'une galerie principale qui sillonne l'hôpital en diagonale d'une extrémité à l'autre, ce qui représente environ un kilomètre (plan XV). De cette galerie principale partent des conduits secondaires, et de la sorte tous les bâtiments sont reliés à la galerie principale.
            Ces galeries abritent tous les réseaux électriques en haute et basse tension, et le réseau téléphonique, ce qui a permis de supprimer les lignes aériennes. Dans ces galeries se trouvent encore les câbles du réseau informatique, les tuyauteries de vapeur d'eau à 180 °, celles de l'eau froide et des différents fluides médicaux. Seuls les égouts ne passent pas par ce souterrain. Dans cette galerie large d'environ 2,50 m et haute de 2 m, les tuyauteries et les câbles sont fixés aux parois latérales laissant au milieu un passage assez large ce qui permet de faire toutes les réparations ou modifications éventuelles des circuits. (Plan XV)

Conclusion sur les construction de 1891 à 1994

Ici s'achève le relevé des constructions réalisées au Centre Hospitalier du Mans entre 1891 et 1994. Suivre l'évolution des bâtiments qui ont successivement composé l'hôpital a un certain intérêt. En effet, les nombreuses adaptations dont ont été l'objet ces bâtiments illustrent assez bien l'évolution qui se produisait dans l'exercice des soins médicaux.
            Pour les bâtiments des services d'hospitalisation, nous avons vu qu'en 1891, les créateurs de l'hôpital du Mans avaient choisi la construction pavillonnaire. Celle-ci avait prévalu un peu partout dans la deuxième moitié du XIXème siècle. On supposait que les constructions isolées les unes des autres diminueraient les risques de diffusion des affections épidémiques très redoutables à cette époque en milieu hospitalier. De même, l'installation des services uniquement dans un rez-de-chaussée facilitait le travail du personnel : déplacement des malades, manipulation de tout ce qui est nécessaire au fonctionnement d'un service, transport de la nourriture, du matériel de soins, du linge, etc. On s'aperçut par la suite que l'amélioration des conditions hygiéniques était le facteur le plus important au point de vue épidémiologique. En même temps les applications pratiques de l'électricité (ascenseurs, monte charges) facilitaient le travail hospitalier et les bâtiments d'un seul rez-de-chaussée n’étaient plus d’un grand intérêt.
            L'architecture pavillonnaire fut alors abandonnée et ainsi, au Mans, la construction d'un important pavillon de chirurgie à plusieurs étages, commencée en 1932, marqua le retour à la construction de bâtiments en hauteur à plusieurs étages. Si par la suite il y a eu encore quelques constructions de pavillons à un rez-de-chaussée seulement, ce fut pour des services provisoires et dont on avait un besoin assez urgent. Ils étaient construits en matériaux légers et devaient être remplacés au bout de quelques dizaines d'années.
            En même temps, dans les bâtiments en hauteur on abandonna l'hospitalisation en grandes salles communes de 20 lits pour les remplacer par des salles, d'abord au maximum de six lits, puis dans les constructions les plus récentes, par des chambres à un ou deux lits, pourvues chacune d'un sanitaire confortable. Parmi les bâtiments nouvellement construits et aménagés il est une catégorie assez particulière, ce sont les locaux qui abritent des services d'investigation médicale. Cette dernière a connu un essor remarquable dans la deuxième moitié du XXème siècle. Elle a permis un affinement considérable des diagnostics et donc une meilleure appropriation thérapeutique. Mais cette investigation médicale requiert en général un matériel très particulier pour lequel il a fallu rechercher une parfaite adéquation entre le local et le service auquel il est destiné. Ce fut le cas au Mans pour les différents laboratoires de biologie, pour la radiologie, les explorations cardiologiques, pulmonaires, neurologiques, la médecine nucléaire, la résonance magnétique nucléaire. Le résultat fut en général très satisfaisant.
            Nous avons évoqué jusqu'ici les grands bâtiments et les différents services qu'ils abritent. Ils forment la structure essentielle du Centre Hospitalier du Mans, mais il faut mentionner un certain nombre de travaux moins spectaculaires qui concourent aussi à l'esthétique de l'hôpital et à son bon fonctionnement. Par exemple, il faut signaler les jardins, espaces verts, arbres et massifs floraux qui agrémentent le territoire de l'hôpital.
            Un autre service très utile dans l'hôpital est la voirie, appelée V.R.D. (voies et réseaux divers). Partant des deux entrées de l'hôpital, des routes larges et asphaltées rejoignent les pavillons ; elles les relient entre eux ainsi qu'aux différents services généraux et aux parkings. Cela représente sept kilomètres de chaussée. (Plan XVI) Les parkings, au début, furent aménagés auprès des services, mais l'augmentation des véhicules les rendit rapidement exigus. Le Centre Hospitalier du Mans aménagea donc deux grands parkings. L'un est situé près de l'entrée de l'avenue Rubillard l'autre très vaste situé de l'autre côté de la voie ferrée qui limite le Centre Hospitalier du Mans à l'Ouest. Une passerelle piétonne enjambe cette voie et permet l'accès au Fontenoy et à tout l'hôpital. Dans ce parking un emplacement a été réservé pour un héliport, commun au Centre Hospitalier du Mans et au centre principal de secours des pompiers qui se trouve à proximité.
            Parmi les autres améliorations apportées à l'hôpital, nous avons déjà mentionné celle du chauffage. Il y en eut aussi dans l'éclairage. Aux lanternes à pétrole ou à huile du début succéda d'abord dans les salles l'éclairage au gaz, puis à partir seulement de 1922, l'éclairage à l'électricité. Un des progrès important dans l'emploi de cette énergie fut l'introduction en 1966 d'une ligne de haute tension de 20.000 volts et d'un transformateur de 370 kwa. Maintenant l'hôpital est alimenté par sept transformateurs totalisant une puissance de 4.795 Kwa. En outre, pour parer à d'éventuelles pannes de l'EDF, l'hôpital est équipé de 5 groupes électrogènes d'une puissance totale de 3.620 Kwa. Ils se mettent en marche automatiquement en quelques secondes en cas de défaillance du courant extérieur.
            D'autres améliorations furent apportées dans le téléphone. Le réseau téléphonique était très réduit au début du XXème siècle. En 1946, il n'y avait encore dans l'hôpital que 40 postes. L'installation d'un commutateur en 1953 porta leur nombre à 100. Maintenant, plus de 2.500 postes sont installés dans l'hôpital et chaque hospitalisé peut disposer d'un appareil au chevet de son lit.

RESULTATS: L’IMPACT DE CES OPERATIONS
SUR L'ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT
DU CENTRE HOSPITALIER DU MANS

            Nous venons de rapporter l'histoire du Centre Hospitalier du Mans depuis sa fondation en 1891 jusqu'à la fin de 1994. Nous avons présenté les bâtiments qui l'ont successivement constitué et nous avons décrit ceux qui le composent actuellement. Nous avons aussi présenté avec chacun de ces bâtiments les services ou activités particulières qu'ils abritent.
            Nous pensons qu'il serait bon maintenant de considérer l'activité de l'hôpital dans sa globalité et nous le ferons en étudiant successivement :

La capacité et l'activité proprement hospitalière de l'établissement.
Son organisation administrative :
        le conseil d'administration,
        la direction de l'hôpital,
Le personnel dans sa totalité.

CAPACITE ET ACTIVITE DU CENTRE HOSPITALIER DU MANS

            A la fin de l'année 1994, la capacité et l'activité du Centre Hospitalier du Mans sont les suivantes :

PROGRAMME D’ETABLISSEMENT

754 lits de médecine,
300 lits de chirurgie,
  80 lits de gynécologie obstétrique.
  17 places d’hôpital de jour médecine.
  11 places de chirurgie et d’anesthésie ambulatoire.
  14 places d’hôpital de jour et de rééducation fonctionnelle.
900 lits de long, moyen séjour d’hospices au sein des services de gériatrie de l'avenue Rubillard et de Charles Drouet à Allonnes.
  79 lits d’hospices.

ACTIVITE : (1994)

    50.170 entrées
  637.884 journées d'hospitalisation
    34.614 passages dans les services d'urgence 
  239.196 consultations
    17.520 actes chirurgicaux
      2.549 naissances
2.321.905 examens de laboratoire
   112.851 examens radiologiques
      8.042 examens de scanner
      2.846 examens d'IRM

Par ailleurs :

5.000 repas sont servis quotidiennement,
13 tonnes de linge sont lavés, repassés et distribués quotidiennement,
350.000 mètres cubes d'eau sont utilisés annuellement,
10 hectares d'espaces verts,
7 kilomètres de chaussée
4.100 appels téléphoniques reçus au standard chaque jour.

LA GESTION ADMINISTRATIVE

            L'importance des réalisations n'a pas modifié le statut d'établissement d'hospitalisation communal et le conseil d'administration qui a succédé à l'ancienne commission administrative continue, au Mans comme dans les autres villes, à être présidé par le maire de la localité où siège l'hôpital. Seule sa composition a varié et en 1994, 23 membres participent aux délibérations du conseil d'administration. Ils sont choisis de la façon suivante :

6 représentants de collectivités territoriales (commune du Mans, département et région),
6 représentants des organismes d'assurance maladie,
4 représentants du corps médical ou pharmaceutique hospitalier,
4 représentants du personnel non médical de l'hôpital,
3 personnes qualifiées désignées par le préfet.

            Le conseil d'administration dispose d'une compétence d'attribution définie par la loi. A ce titre, il fixe la politique générale de l'établissement. Il délibère notamment sur les projets et sur les programmes d'investissement, le budget, les créations ou suppressions des séances, le tableau des effectifs.
            Le directeur qui est nommé par le ministre de la santé est chargé de l'exécutif et à ce titre, la loi du 31 juillet 1991 a renforcé ses prérogatives et son autorité s'étend sur l'ensemble du personnel, dans le respect des règles déontologiques et d'indépendance professionnelle. Il est par ailleurs compétent dans tous les domaines qui ne relèvent pas du conseil d'administration.
            Le directeur est secondé par des directeurs de service central, par des directeurs adjoints, des attachés de direction, des chefs de bureau, d'adjoint des cadres et d'employés administratifs.
            L'action du conseil d'administration et de la direction s'appuie sur la contribution d'organismes consultatifs :

La commission médicale d'établissement,
Le comité technique d’établissement présidé par le directeur de l'établissement,
Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail,
La comité de lutte contre les infections nosocomiales,
La commission de soins infirmiers.
Le comité de sécurité transfusionnelle.
Le comité du médicament.

LE PERSONNEL DU CENTRE HOSPITALIER DU MANS

            L'évolution de l'activité hospitalière a entraîné une profonde mutation des effectifs.

LE CORPS MEDICAL

            En 1891, six médecins composaient en tout et pour tout l'effectif médical. Ils étaient tous à temps partiel et se répartissaient ainsi :

- 3 chirurgiens dont un adjoint intervenant en cas d'absence d'un des chefs de service. Les chirurgiens avaient la charge de la chirurgie, de l'obstétrique, de l'ophtalmologie et de l'oto-rhino-laryngologie.
- 3 médecins dont un adjoint assurant exclusivement les remplacements. Ils étaient affectés aux services de médecine et d'hospice.

            Les médecins étaient assistés par 4 internes. En 1937, le nombre des médecins avait augmenté. Ils étaient 22 chefs de service et adjoints, et 10 internes.
            En 1950, les médecins, chirurgiens, accoucheurs et spécialistes étaient au nombre de 43. Le rôle des médecins adjoints ne se limitait plus au remplacement des chefs de service pendant leurs absences, mais ils participaient, à côté des chefs de service, à l'activité quotidienne du service. Il n'y avait toujours pas de médecin clinicien exerçant à plein temps. Tous les médecins exerçaient à temps partiel et assuraient une présence à l'hôpital d'une durée de 3 à 4 heures le matin. Ils étaient rarement appelés à l'hôpital dans le reste de la journée.
            A partir de 1960, on assista d'une part à une augmentation rapide du nombre des médecins hospitaliers, et d'autre part, la fonction médicale hospitalière à plein temps fut crée.
            Au Centre Hospitalier du Mans, le premier médecin clinicien à plein temps fut nommé en 1963. A signaler que les médecins de l'hôpital furent alors dénommés praticiens hospitaliers. Leur nombre s'est particulièrement accru et en 1994, on compte :

152 Praticiens Hospitaliers plein temps,
  37 Praticiens Hospitaliers temps partiel,
  63 médecins Attachés,
  95 internes et étudiants en médecine.

LES PHARMACIENS

            En 1891, il n'y avait qu'un seul pharmacien. Il était installé en ville et venait le matin quelques heures à l'hôpital. En 1895, un pharmacien biologiste installé en ville fut chargé du laboratoire qu'on venait de créer. En 1949, un pharmacien plein temps fut nommé et son activité s'exerçait à la pharmacie et au laboratoire. En 1994, il y a au Centre Hospitalier du Mans, 12 Pharmaciens dont 11 à plein temps. Parmi eux, 4 ont leur activité au laboratoire.

LES SAGES FEMMES

            Une seule y était affectée en 1891. Deux en 1940, quatre en 1954, et en 1994, elles sont au nombre de 24.

LES KINESITHERAPEUTES

            En 1946, un kinésithérapeute fut nommé au Centre Hospitalier du Mans, à temps partiel. En 1956, un deuxième fut affecté, encore à temps partiel. En 1994, il y a 16 kinésithérapeutes, dont 14 à plein temps.

LE PERSONNEL SOIGNANT

LES INFIRMIERES

            A l'origine, les soins étaient donnés par des sœurs de la communauté d'Evron. Elles étaient au nombre de 54 à l'hôpital. 16 étaient affectées dans les services généraux et 38 étaient chargées des soins des hospitalisés. Elles n'avaient pas de diplôme d'infirmière qui n'existait pas à l'époque.
            Quand les écoles d'infirmières furent créées, certaines sœurs acquirent ce diplôme. Les sœurs d'Evron ont assuré ces fonctions pendant de nombreuses années, avec beaucoup de dévouement et rendant de très grands services. Jusqu'en 1940 il n'y avait pas d'infirmières laïques diplômées. En 1950, elles étaient au nombre de 12. En 1970, il y avait 30 religieuses diplômées et 60 laïques diplômées. Les religieuses ont quitté l'hôpital en 1980, et ont été remplacées par des infirmières laïques. En 1994, l'effectif des infirmières diplômées est de 790 équivalent temps plein, dont 90 ayant des fonctions de surveillantes.
            Les aides soignantes, fonction créée en 1957, sont au nombre de 1060 équivalent temps plein, en 1994.
            Les agents des services hospitaliers (A.S.H.) sont au nombre de 500.

LE PERSONNEL TECHNIQUE

LES TECHNICIENS

            Depuis déjà d'assez nombreuses années, l'hôpital a dû recruter des ingénieurs, des informaticiens, car beaucoup de technologies utilisées maintenant dans les hôpitaux relèvent de l'ingénierie. En 1994 le Centre Hospitalier du Mans emploie :

  4 ingénieurs
14 informaticiens
  6 adjoints techniques
20 contremaîtres, y compris les contremaîtres principaux
  3 agents chefs

LES OUVRIERS

            Ils sont maintenant au nombre de 300

les employés du bâtiment
les employés de la blanchisserie
les cuisiniers
les conducteurs de véhicules
les jardiniers

            Les téléphonistes sont au nombre de 12. Ce chiffre comprend les téléphonistes du standard central et aussi ceux qui assurent la permanence au poste de desserte téléphonique du SAMU.
            Le personnel de l'école d'infirmières comporte 16 personnes.
            Le total de tout le personnel du Centre Hospitalier du Mans s'élève ainsi en 1994 à 3.700 personnes.

CONCLUSION

            L'étude de ce siècle d'histoire de l'hôpital du Mansest intéressante car elle fait voir que l'évolution de l'hôpital est un reflet assez fidèle de l'évolution de la médecine pendant cette période.
            Ceci est d'autant plus intéressant qu'en 1891, on réalisait d'un hôpital entièrement neuf, construit selon les normes d'hospitalisation les plus récentes en vigueur pour l'époque. On s'aperçoit que de cet hôpital, considéré alors comme exemplaire, en 1994 il ne reste en 1994 sur son terrain que quelques bâtiments d'origine. Les plus importants sont le bâtiment administratif et le pavillon Froullay. Et ceux-ci ne sont ni l'un ni l'autre des bâtiments d'hospitalisation.
            Au contraire, seuls les pavillons Vulpian et Béhier qui ont en commun d'être des bâtiments à 3 niveaux, ont été modernisés en les équipant d'ascenseurs. On a ensuite transformé leurs grandes salles d'hospitalisation et on les a remplacées par des chambres à un ou deux lits comme dans les constructions plus récentes.
            Mais l'évolution de la médecine, durant cette fin de siècle, a été tellement importante que, mis à part quelques bâtiments, il s'est avéré qu'il n'y avait pour les constructions primitives que très peu d'adaptation possible. Il a fallu au prix d'importantes démolitions fâcheuses mais inévitables, remodeler à peu près entièrement la structure de l'hôpital. Cette architecture nouvelle avait deux finalités.
            Il fallait d'abord répondre aux nécessités techniques de la médecine moderne, dont les progrès dans l'investigation médicale et dans les thérapeutiques de plus en plus performantes exigeaient pour leur bon fonctionnement des locaux spécialement adaptés.
            Il fallait aussi offrir à la clientèle hospitalière le confort et l'accueil qu'elle était en droit d'espérer trouver à l'hôpital.
            Ceci fut réalisé par la suppression des grandes salles communes, remplacées dans les constructions nouvelles par des chambres à un ou deux lits, nettement plus confortables, et aussi par l'organisation de structures d'accueil facilitant les relations des hospitalisés ou de leur famille avec l'administration.
            Dans ces dernières années, le Centre Hospitalier du Mans a su s’adapter aux exigences du progrès, entraînant aussi le recrutement d'un personnel qualifié plus nombreux.
            La création de la Sécurité Sociale a d'ailleurs beaucoup facilité toutes ces améliorations.
            Un des résultats de ces transformations fut la forte augmentation de la clientèle. Elle s'étend maintenant à toute la population, consciente de la qualité des soins qui sont dispensés à l’hôpital.
            Ainsi se présente le Centre Hospitalier du Mans en 1994. Mais tout laisse penser que son évolution continuera à se poursuivre au rythme des progrès scientifiques, médicaux et sociaux.
        Cela se confirme par les travaux qui viennent de s’achever.

- un bâtiment destiné à abriter le SAMU et le SMUR,
- un pavillon de 160 lits pour le service de gériatrie en remplacement de la Cité d’automne.
- enfin, accotée au pavillon administratif auquel elle sera reliée, on construit sur l'emplacement de l'ancien internat, une extension vaste et fonctionnelle pour les services administratifs.

            D'autre part des projets importants sont déjà en discussion pour un avenir assez proche, tout particulièrement la création d’un bâtiment destiné à accueillir les spécialités médicales (pneumologie, gastro-entérologie, rhumatologie) et leur plateau technique.
            Ainsi ce travail a, nous l'espérons, montré la continuité des efforts qui ont été faits pour tenir cet hôpital au meilleur niveau de la médecine. Qu’en sera-t-il dans un siècle ?

            Le Centre Hospitalier du Mans, franchira, sans nul doute, encore bien des étapes, tant sa mission de service public exige de sa part une adaptation permanente de ses structure d’accueil et d’investigations. Gageons alors qu’un nouveau chroniqueur relatera par le détail, les opérations conduites, les attentes satisfaites, les progrès accomplis, mais aussi les difficultés rencontrées.

BIBLIOGRAPHIE

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