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Prévention des accidents chez l'enfant
Conseils pour la santé
Dr René Flurin
Mis en ligne le 20 avril 2001

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Votre enfant est beaucoup plus menacé par l'accident que par la maladie

Sommaire
Chutes
Blessures
Suffocations, étouffements, asphyxie
Noyades
Brûlures
Accidents électriques
Intoxications
Accidents de la route
Gestes d’urgence
Prévention des animaux

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Voir aussi la page pédiatrie de la BML


 

L’accident représente la première cause de mortalité, de handicap et d’hospitalisation chez l’enfant.

 

Or, la plupart des accidents proviennent d’un relâchement de la surveillance. « Il ne faut pas plus d’une minute sans surveillance pour qu’un enfant se noie, avale un produit toxique ou un produit qui étouffe ».

 

Le risque est partout, dans la maison, dans ses abords immédiats, dans la rue. Les pièces les plus dangereuses sont, dans l’ordre, la cuisine, la salle de bain, la chambre des parents, et aussi la fenêtre et la l’escalier. La cuisine est la pièce la plus dangereuse. Plus du quart des accidents s’y produisent.

 

Autour de la maison, le risque est plus élevé en milieu rural : locaux de jardin où sont entreposés les produits de jardinage (engrais, désherbants, insecticides), garage renfermant des machines et le matériel agricole, points d’eau disséminés dans les abords : mares, étangs, rivières ; outils tranchants à la portée de l’enfant, risques d’électrocution dans les annexes de la ferme.

 

Les accidents sont plus fréquents chez les garçons, « plus audacieux, plus brutaux, moins réfléchis ».

(Bruno Delapalme)

 

Certaines heures favorisant un relâchement de la surveillance : « coup de feu » de la préparation des repas, fêtes et jours fériés, surtout lorsque manquent les aires de jeux pour les enfants.

 

Le type d’accident varie dans sa fréquence selon l’âge :

 

- De 3 à 6 mois, l’enfant commence à rouler sur le côté et peut tomber de sa table à langer.

- A partir de 6 mois, il peut se rapprocher en rampant de tout ce qui l’attire, et de ce qui brûle, pince, ou coupe.

- A partir de 9 mois, il explore le monde et porte à la bouche tout ce qui lui tombe sous la main. Les suffocations représentent 87% des accidents mortels avant un an. Il peut aussi toucher aux prises de courant, attraper ce qui traîne dans le placard et sous l’évier.

- Entre 18 mois et 3 ans, il grimpe, escalade ; il est agité et opposant. Il transgresse souvent les interdits et les mises en garde et cherche à imiter les adultes. C’est l’âge du risque majeur des accidents à la maison.

                   - A partir de 3 ans, il marche, puis court, apprend à sauter, entreprend des escalades. Les risques de chute sont plus nombreux et plus graves. Il peut se livrer à des jeux dangereux : s’enfermer pour se cacher dans une malle ou un placard , se couvrir d’un sac plastique qui risque de l’étouffer.

 

3 conseils à méditer

 

· Votre enfant est beaucoup plus menacé par l’accident que par la maladie.

· La prévention de l’accident fait partie de l’éducation de l’enfant, dans sa  famille et à l’école.

· Faites régulièrement un petit inventaire des dangers qui vous entourent  afin de les éliminer.

 

«  La prévention doit avoir comme objectif, non pas la suppression de tout accident ou de tout risque, ce qui serait non seulement impossible mais anti-éducatif pour l’enfant qui vivrait dans un monde ouaté, mais, clairement, d’éviter les accidents particulièrement graves. »

(Pr. Michel Manciaux)

 

 

I. LES CHUTES

 

Elles représentent la première cause d’accident chez les enfants de 0 à 14 ans.

 

1. Avant un an :La chute de la table à langer est l’accident le plus fréquent de la première année de la vie. Elle est d’autant plus dangereuse que la table est très haute et qu’elle survient dans une pièce carrelée (salle de bain).

 

· Ne laissez jamais Bébé seul sur la table à langer. Ne vous éloignez jamais de lui pour ouvrir la porte ou répondre au téléphone.

· Langez de préférence sur un lit d’adulte et mettez-vous à genoux.

 

Il en va de même de la chute de la chaise haute ou du couffin.

· Lorsque vous le mettez sur une chaise haute, attachez-le soigneusement.

· Fixez des attaches et bouclez-les, sur les chaises hautes et les landaus.

· Posez le couffin par terre, et non sur une table ou une chaise. Le siège relax, le couffin, le pèse-bébé doivent être posés par terre. Tenez toujours le couffin à deux mains lorsque vous transportez le bébé.

 

 

2. De 1 à 4 ans, le risque majeur est celui de la chute d’une fenêtre ou d’un balcon, risque souvent fatal chez l’enfant de 1 à 5 ans. Fermez systématiquement les fenêtres des pièces dans lesquelles des enfants se trouvent sans surveillance. Ne laissez pas sous les fenêtres des meubles que l’enfant puisse escalader (table, tabouret, chaise, coffre à jouets). Il est petit ; il est curieux de voir par la fenêtre et va chercher à se hisser pour mieux voir.

N’hésitez pas à équiper vos fenêtres de grillages. Placez des protections adaptées aux balcons et aux terrasses.

 

· Dès qu’il marche, même à quatre pattes, il est capable de monter un escalier, mais il n’est capable de le descendre seul qu’à partir de 2 ans.

Posez des barrières en haut des escaliers et des verrous hauts sur les portes des caves et des greniers. Installez une 2ème rampe à 40 cm du sol. Une simple corde peut faire l’affaire. Apprenez progressivement à l’enfant à monter et à descendre l’escalier, à 4 pattes, puis debout en tenant la rampe.

 

Toutes les pièces et couloirs doivent être convenablement éclairés, tapis et moquettes fixés au sol.

Evitez les pantalons trop longs, les lacets défaits, les galopades en chaussettes.

Apprenez le plus tôt possible à l’enfant l’équilibre et la maîtrise de ses gestes.

 

 

II. LES BLESSURES

 

1. A l’origine des blessures, on trouve, la plupart du temps, des objets ou des outils dangereux laissés à la portée des enfants : fourchettes et couteaux, ciseaux et aiguilles, outils de bricolage ou de jardinage.

C’est aussi l’enfant qui court avec un crayon ou une sucette à la bouche, les portes-fenêtres que l’enfant heurte en courant, et , beaucoup plus lourdes de conséquences, les armes à feu laissées à la portée des enfants.

 

 

2. Pour réduire les risques, 3 règles doivent être respectées :

 

· Débranchez immédiatement après usage, tous les outils de bricolage et les matériaux électriques (robots ménagers, couteaux électriques, tranchoirs, scie à pain…)

· Mettez hors de portée de l’enfant tout ce qui pique, coupe, pince : couteaux, tire-bouchons, ciseaux, matériel de couture ou de tricot, et plus encore, armes blanches et armes à feu.

· Apprenez aux enfants à se servir des ciseaux, couteaux et instruments d’usage courant, à partir de 3 à 4 ans, en commençant par des instruments à bouts ronds.

 

 

3. En cas d’accident :

 

· Arrêtez le saignement de la plaie en la recouvrant d’un linge propre et en la comprimant 5 minutes avec la main.

· Nettoyez ensuite la plaie avec un antiseptique ou, à défaut, à l’eau et au savon de Marseille.

· Posez un pansement sur la peau séchée.

· Si l’hémorragie persiste, conduire l’enfant à l’hôpital

· Assurez-vous que la vaccination antitétanique est à jour.

 

 

4. L’œil, le plus fragile et le plus précieux des organes,  est à protéger en priorité.

Les contusions du globe oculaire se produisent notamment au cours des jeux : fléchettes, bâtons, coups de poing, projectiles, cailloux.

Les plaies du globe oculaire peuvent aussi résulter de ces jeux, mais plus encore des fils de fer, couteaux, ciseaux, éclats de verre.

Il est de la responsabilité des parents de ne pas autoriser les jeux dangereux.

 

III. LES SUFFOCATIONS, ETOUFFEMENTS, ASPHYXIES.

 

1. Ce sont la 2ème cause de décès accidentel chez l’enfant, après les accidents de la route.

Les accidents concernent surtout les jeunes enfants de moins d’un an.

 

· Dans le 1er âge, les principales causes sont liées à la régurgitation de lait d’un bébé couché trop tôt après son biberon, et aussi aux suffocations en rapport avec la literie :

- étouffement par oreiller ou couverture trop volumineux

- étranglement par ceinture de fixation attachant l’enfant dans son lit ou par des jouets suspendus au-dessus de son lit par un cordon, par des chaînes autour du cou.

 

· Par la suite, porter les objets à la bouche est le mode de connaissance normal du jeune enfant. L’enfant risque d’avaler de travers et de s’asphyxier avec les objets de petite taille :

- cacahuètes, amandes, noisettes, dragées, qu’on laisse à sa portée sur une table basse.

- objets de literie et tous les jouets de petite taille : perles, billes…

 

· A un âge plus avancé, l’enfant risque, au cours de ses jeux, de s’étrangler avec des colliers, des cordons de rideaux, ou de s’étouffer avec des sacs en plastique utilisés comme cagoule, en s’enfermant, ou en enfermant les autres, dans un placard, une malle, un coffre à jouets au cours d’une partie de cache-cache : il s’enferme par jeu, et ne réussit plus à ouvrir la porte de l’intérieur.

 

 

2. Quelques mesures préventives simples permettant d’éviter de tels accidents :

 

Pour éviter les fausses routes au cours des repas, ne jamais laisser le nourrisson seul avec le biberon calé dans la bouche ; éviter les aliments en morceaux chez les tout-petits.

 

Eviter chez les nourrissons les matelas, oreillers et édredons trop mous, ainsi que les colliers, chaînes, cordons, harnais.

 

Ne pas coucher un petit enfant dans un lit trop grand.

 

N’utiliser pour attacher l’enfant dans son lit que de larges ceintures de toile fixées des 2 côtés sur le matelas avec des lits possédant des parois à barreaux.

 

Placer hors de portée de l’enfant tous les objets de petite taille, ainsi que les fruits secs. Ne pas laisser traîner par terre billes et objets divers. Eviter de courir avec un objet ou bonbon dans la bouche.

 

Remplacer les cordelettes de rideaux par des tiges rigides, métalliques ou en matière plastique, ou revenir aux rideaux faits de nombreux anneaux passés dans une tringle horizontale. A tout le moins, relever les cordons de rideaux de façon qu’ils soient inaccessibles à l’enfant.

 

Chez les enfants plus grands, interdire les jeux avec sacs en plastique, ou dans des atmosphères confinées (placards, malles, coffres…)

3. En cas d’inhalation de corps étranger :

 

· si l’enfant respire, parle ou tousse, le laisser se libérer seul de ce qui le gêne et ne jamais explorer la gorge ni introduire un doigt dans la bouche pour chercher à faire vomir.

 

· si l’asphyxie est totale, tenter la manœuvre d’Heimlich :

 

- se placer derrière l’enfant,

- appuyez fortement à l’aide des mains ou des poings sur le creux de l’estomac,

- répéter la manœuvre plusieurs fois si nécessaire.

 

4. En cas de strangulation

 

- détacher l’enfant le plus rapidement possible,

- le mobiliser avec beaucoup de prudence,

- installer l’enfant à plat sur le dos, la tête basculée en arrière,

- pratiquer le bouche à bouche en attendant les secours.

 

 

IV. LES NOYADES

 

1. Elles représentent la 3ème cause de mortalité par accident chez les enfants de 0 à 14 ans, après les accidents de la circulation et les suffocations.

 

· Un enfant de moins de 3 ans peut se noyer accidentellement dans son bain :« Les 20 ou 30 cm d’eau dans la baignoire suffisent à la noyade dans la maison, le temps d’aller décrocher le téléphone. »

 

· A partir de 4 ans, les noyades surviennent en général lors des baignades : « Les piscines privées tuent plus que la mer ».Les mares, les piscines gonflables, les bassins représentent, dans les jardins, un danger pour les enfants de cet âge.

 

· Chez le grand enfant, les noyades se produisent plutôt à l’extérieur, à la mer, dans les rivières, dans les étangs. Il faut prêter attention au risque de crampe, de malaise, d’hydrocution.

 

 

2. Les mesures à prendre pour réduire les risques sont simples :

 

· « Ne jamais quitter des yeux un bébé qui barbotte dans une baignoire, ou même dans une simple bassine ». Un défaut de surveillance peut entraîner l’accident en quelques instants.

 

· Vider l’eau des baignoires après usage.

 

· « Ne jamais laisser les enfants, surtout ceux de moins de 4 ans, se baigner sans surveillance dans une piscine privée ou un bassin plastique. »

 

· Ne pas laisser à terre de grands récipients remplis de liquide.

 

· Protéger l’accès de tous les trous d’eau autour de la maison.

· Ne jamais laisser un enfant seul, dans l’eau ou près de l’eau.

 

· Apprendre à nager à partir de 7 ans.

 

· Ne pas laisser un enfant s’éloigner du bord de l’eau dans une embarcation ou un matelas pneumatique.

 

 

3. En cas de noyade, le facteur temps est prépondérant :

 

Tout se joue en quelques minutes.

Il faut sortir l’enfant de l’eau le plus vite possible, et appeler les pompiers.

En attendant les secours, un geste essentiel : la respiration artificielle par le bouche à bouche :

- placer l’enfant sur le dos, tête renversée en arrière, menton tiré vers l’avant ;

- pincer les narines et souffler dans sa bouche 15 à 20 fois par minute ;

- continuer jusqu’à l’arrivée des secours, même s’il n’y a pas de résultat apparent.

 

Si le cœur ne bat plus, pratiquer le massage cardiaque externe :

- chez le tout petit, placez le thorax entre vos paumes, pouces joints à hauteur des mamelons, et appuyez régulièrement au rythme du cœur.

- si l’enfant est plus grand, utilisez la main, ou les deux mains, pour masser.

 

 

V. LES BRÛLURES

 

1. Pour les brûlures, la cuisine représente le lieu à haut risque pour les enfants de moins de 5 ans : plus des 2/3 des brûlures s’y produisent :

 

· L’eau bouillante y représente le risque majeur : il s’agit le plus souvent d’une queue de casserole ou du rebord d’un récipient que l’enfant parvient à saisir, renversant son contenu sur le visage, le thorax, les membres supérieurs, les mains. La friteuse ou la poêle sont aussi redoutables, ainsi que les casseroles de lait. Le hublot du four qu’on laisse ouvert, les plaques chauffantes allumées constituent également un danger.

La brûlure par biberon trop chaud est fréquente, surtout depuis l’apparition des fours à micro-ondes : le lait peut être brûlant alors que le verre du biberon reste tiède.

 

La salle de bain est aussi un lieu à risque pour les brûlures : il peut s’agir d’un enfant immergé dans un bain trop chaud, d’un enfant laissé seul qu’on laisse jouer avec les robinets de réglage de l’eau chaude, sans pouvoir le refermer ou s’échapper de la baignoire.

 

Dans la salle à manger, les réchauds à fondue, les récipients avec liquides brûlants (thé, infusions) peuvent aussi être en cause.

 

Les brûlures par flammes, incendie, explosions sont redoutables : l’enfant qui joue avec des allumettes et un briquet, les cigarettes mal éteintes, l’explosion par manipulation imprudente d’un liquide ou d’un matériau

inflammable et surtout l’explosion d’un barbecue, notamment lorsqu’on ajoute de l’alcool à brûler sur le foyer de combustion : la bouteille se transforme en « cocktail Molotov ».

 

Les brûlures par solides brûlants sont en général peu étendues et de faible gravité. Elles peuvent être l’occasion d’une éducation au risque de brûlure de la part de l’entourage. On se méfiera toutefois du fer à repasser surtout lorsqu’il est branché.

 

 

2. Pour éviter le risque de brûlure :

 

Dans la cuisine :

- Tournez toujours les queues de casserole vers le mur.

- Méfiez-vous des queues de casseroles qui tournent ; ne les utilisez pas.

- Ne passez jamais au-dessus d’un enfant avec un récipient contenant un liquide bouillant.

- Ne laissez jamais sur le sol des récipients remplis d’eau très chaude, encore moins des marmites de friteuses remplies d’eau bouillante.

- Fermez le four et éteignez les plaques chauffantes après usage.

- Pour éviter de donner au nourrisson un biberon trop chaud à la sortie du micro-ondes, testez toujours la température du lait sur le dos de la main.

 

Dans la salle de bain :

- Réglez toujours l’eau chaude sanitaire à une température inférieure à 50°, ou, mieux encore, à 40°.

- N’oubliez pas de contrôler la température de l’eau du bain avec un thermomètre de bain, seul efficace, avant d’y plonger l’enfant.

- Remplissez le bain d’abord avec de l’eau froide.

- Ne laissez jamais un petit enfant jouer seul dans son bain : il pourrait manipuler le robinet d’eau chaude sans pouvoir le refermer ou s’échapper de la baignoire.

 

Dans la maison :

- Ne laissez pas traîner allumettes et briquets ; mettez-les hors de portée des enfants.

- Ne laissez pas traîner de cigarettes mal éteintes ; ne fumez pas dans les pièces où vivent les enfants.

- Empêchez les fuites de gaz et les explosions par des systèmes de sécurité.

- Ne réglez jamais les chaudières et chauffe-eau au-delà de 50°.

 

A l’extérieur de la maison :

- Méfiez-vous des barbecues instables ; surtout, ne ranimez jamais le feu par de l’alcool à brûler ou de l’essence. Utilisez pour ce type de feu des produits spéciaux solides non explosifs destinés à l’allumage.

 

Soyez particulièrement vigilants les jours de fête : bougies, sapin de Noël illuminé, déguisements qui s’enflamment facilement.

 

Dès que l’enfant est en âge de comprendre, expliquez-lui à chaque occasion les risques particuliers de la cuisine et autres pièces de la maison.

3. Que faire en cas de brûlure ?

 

« L’eau froide est le meilleur traitement d’urgence des brûlures ; elle est d’autant plus efficace que son application est précoce et prolongée. »

(J. Latarjet)

 

« C’est un médicament disponible partout. »

(J. Latarjet)

 

«  La température de l’eau doit être comprise entre 8° et 25°. Elle doit être ajustée de manière que le sujet ressente une impression de confort local et général. »

(J. Latarjet)

 

Quand la brûlure est là, déshabillez l’enfant s’il porte des vêtements de coton, de laine ou de lin ; mais en cas de textiles synthétiques, n’ôtez jamais les vêtements.

Douchez abondamment et longuement la brûlure à l’eau froide, au moins pendant 10 à 20 minutes.

Ne mettez rien sur la brûlure, surtout pas de matière grasse, et enveloppez la dans un linge propre.

 

En cas de brûlure par flammes, étouffez les flammes en enveloppant le brûlé dans une couverture ou un manteau, non synthétiques. A défaut, roulez le brûlé par terre sur le sol. Déshabillez le sans retirer la dernière couche au contact de la peau. Allongez le blessé tête basse.

Arrosez la zone brûlée pendant 10 minutes à travers la couche de tissus qui a brûlé. Prévenez immédiatement les secours.

 

En cas de projection dans les yeux, placez immédiatement la tête sous un robinet d’eau froide pendant 10 à 20 minutes en maintenant les paupières ouvertes. Envoyez d’urgence le blessé dans un hôpital disposant d’un service ophtalmologique d’urgence.

 

 

VI. ACCIDENTS ELECTRIQUES

 

1. A la maison, c’est l’enfant qui est le plus exposé.

 

Il est attiré par les prises électriques ; il peut y introduire un trombone, un doigt, ou, chez les tout-petits, porter à la bouche un prolongateur sous tension.

 

« La salle de bain est le lieu de tous les dangers électriques, tant chez l’adulte que chez l’enfant. »

(Dr Barriot)

Elle est en effet la grande pourvoyeuse des accidents liés à l’électricité du fait de la présence de l’eau qui diminue l’isolation électrique du corps. Le danger est à son maximum dans ce milieu humide, où les enfants circulent pieds nus.

 

Tout appareil électrique représente un danger dans la salle de bain : le sèche-cheveux qui tombe dans la baignoire, l’éclairage d’appoint à côté de la baignoire, la mise à terre défectueuse et le fil dénudé et rafistolé, le prolongateur sous tension débranché de l’appareil ménager.

• Il faut distinguer l’électrocution avec son risque mortel, et l’électrisation qui provoque des brûlures électriques :

Celles-ci, parfois minimes en apparence, peuvent s’avérer graves par nécrose des tissus en profondeur. Elles concernent les doigts, les lèvres et la langue.

 

2. Pour éviter ces risques, quelques mesures sont indispensables :

 

Poser des cache-prise efficaces sur les prises de courant. D’après la réglementation en vigueur, toute nouvelle prise doit être installée à au moins 1,50m du sol.

 

Eviter les rallonges qui restent souvent branchées au secteur après rangement de l’appareil ménager.

 

Débrancher tout prolongateur après usage en même temps qu’on débranche l’appareil électrique.

 

• Ne jamais laisser traîner de prises électriques ou de rallonge.

 

Supprimer les fils dénudés et les prises branlantes, bricolées ou non protégées.

 

3. Que faire en cas de brûlure électrique ?

 

Doucher à l’eau froide la région brûlée.

• Ne rien appliquer sur la brûlure avant avis médical.

• Toujours faire examiner l’enfant par un médecin, même si la brûlure paraît minime ; les dégâts peuvent être importants en profondeur. Si la brûlure est profonde, toujours prendre avis d’un chirurgien.

 

4. Que faire en cas d’électrocution ?

 

Coupez le courant immédiatement.

Appelez d’urgence les secours (S.A.M.U.)

Commencez immédiatement les gestes de survie :

- bouche à bouche

-         massage cardiaque externe, par percussion longue, acharnée jusqu’à l’arrivée des secours.

 

 

VII. LES INTOXICATIONS

 

1. Médicaments et produits ménagers sont à l’origine de la plupart des intoxications accidentelles de l’enfant. Plus de la moitié se produisent avant l’âge de 5 ans.

 

« La forme et la couleur de beaucoup de médicaments, proches de celles de ses bonbons et boissons favorites, attirent l’enfant. »

  Il est toujours dangereux de laisser des médicaments sur une table, à portée de l’enfant.

« L’intoxication par les produits ménagers est toujours sévère en raison de la causticité des produits. Ceux-ci sont responsables de dramatiques brûlures de l’œsophage. »

  Les produits ménagers sont trop souvent laissés à la portée des enfants :

- sous l’évier ou sur le sol dans la cuisine, sous le lavabo dans la salle de bain ;

- parfois dans des récipients qui ne sont pas d’origine et ont une apparence banale ou attirante pour l’enfant ;

- parfois aussi dans des récipients mal fermés ou faciles à ouvrir ;

- le garage, la cave, la remise ou le grenier, où l’enfant va jouer ou partir à la découverte, sont aussi des lieux à risque.

 

 

2. Comment réduire les risques ?

 

• Il faut savoir qu’il n’y a pas de médicament sans danger.

  La prévention se résume ainsi :

 

- « Loin des yeux, loin des mains. »

  Ne laissez pas traîner les médicaments.

  Rangez les dans une armoire à pharmacie, placée en hauteur et fermée à clef.

  Videz régulièrement le contenu de cette armoire de tous les produits périmés et jetez-les.

 

Ne rangez jamais les produits ménagers sous l’évier ou le lavabo, mais dans un placard situé en hauteur et fermé à clef.

  Tous les produits caustiques doivent être inaccessibles à l’enfant. Si votre placard à rangement n’a pas de serrure, faîtes poser un verrou ou un crochet de sécurité.

 

Ne transvasez jamais un produit ménager dans une bouteille alimentaire, ou dans une bouteille banale, non étiquetée.

 

Expliquez très tôt à l’enfant le danger de ces produits.

 

Les produits entreposés dans les baraques de jardin ou les garages sont particulièrement dangereux (insecticides, désherbants, antigels…). Eloignez-en les enfants et fermez ces locaux à clef.

 

• Méfiez-vous de certaines plantes toxiques (cytises, ifs) qu’on trouve dans les jardins publics et apprenez à l’enfant à ne pas cueillir n’importe quelles baies sauvages.

 

• Soyez attentifs à la bonne conservation des aliments : viande, lait, œufs.

Ne conservez jamais de viande hachée.

Vérifiez avec soin les dates de péremption des aliments conservés.

Veillez à ne pas rompre la chaîne du froid pour vos aliments.

 Pour l’hygiène de votre réfrigérateur, suivez les conseils du professeur Olivier Cerf : - nettoyez votre réfrigérateur à l’eau de Javel au moins une fois par mois ;

- évitez de conserver trop longtemps des aliments ;

- emballez tous les aliments individuellement pour éviter les contaminations croisées ;

- placez sur les étagères supérieures du réfrigérateur les aliments qui ont besoin du froid le plus intense ;

- munissez votre réfrigérateur d’un thermomètre.

3. Que faire en cas d’accident ?

 

Appeler le médecin, le S.A.M.U. ou le centre antipoison, ou le conduire à l’hôpital dans un service d’urgence.

 

Noter le nom et la quantité de produit ingéré ainsi que l’heure d’absorption, ramasser le reste du produit, prendre l’emballage du produit ingéré et l’emporter à l’hôpital.

 

• En cas de projection d’un produit caustique dans l’œil ou sur la peau, laver longuement à grande eau la partie touchée.

 

• En cas de contact prolongé sur la peau d’eau de Javel concentrée, déshabiller rapidement l’enfant et laver sa peau.

 

Ne lui donnez jamais de lait à boire : cela pourrait favoriser l’absorption de certains produits solubles. Ne lui donnez ni eau, ni médicaments.

 

Ne pas faire vomir l’enfant en cas d’absorption de produits moussants, pétroliers ou caustiques (eau de Javel, déboucheurs d’évier).

 

• Ne pas faire vomir un enfant de moins de 2 ans ou qui se débat.

 

Si l’enfant a avalé des comprimés de somnifères, vous pouvez le faire vomir, mais ne lui donnez d’antidote que sur prescription du médecin ou du pharmacien.

 

• En cas de convulsions, placer l’enfant en position de sécurité.

 

• En cas d’arrêt respiratoire, pratiquer le bouche à bouche, et le massage cardiaque en cas d’arrêt cardiaque.

 

VIII. ACCIDENTS DE LA ROUTE

 

1. Ils représentent la 1ère cause d’accident mortel chez les enfants.

 

Dans la plupart des cas, les adultes en sont directement responsables.

La voiture comporte 3 types de dangers :

- l’enfant passager ;

- l’enfant jouant dans la rue ou au bord de la route court un risque permanent : il va courir après sa balle, passer entre deux voitures à l’arrêt, déboucher brutalement devant l’automobile ou la motocyclette, rebrousser chemin sans regarder en arrière.

- l’enfant qui fait des courses avec ses parents dans la hâte et la bousculade. On oublie de l’installer convenablement dans la voiture, ou on le laisse seul dans la voiture pour gagner du temps.

 

La plupart des accidents de la route et de la circulation sont dus à un défaut de surveillance de l’enfant ou à l’inobservation du code de la route, le plus souvent par excès de vitesse ou excès du taux d’alcool dans le sang.

 

 

2. Pour les trajets, en voiture, il convient d’observer avec rigueur certaines précautions :

 

l’enfant sera toujours installé à l’arrière du véhicule,

la ceinture de sécurité doit être bouclée, même pour des trajets courts. Lui apprendre dès que possible, à boucler lui-même sa ceinture de sécurité ; celle-ci diminue considérablement le risque de blessures graves, en particulier pour les enfants.

 

le nourrisson sera placé sur la banquette arrière, dans un berceau à armature rigide, placé parallèlement aux sièges et solidement arrimé au dossier par la ceinture de sécurité.

 

De 9 mois à 4 ans, l’enfant sera assis dans un siège spécialement conçu pour son âge et homologué. L’enfant sera attaché et le siège solidement fixé aux ceintures de sécurité.

 

De 4 à 10 ans, l’enfant sera assis sur un siège coussin pour le rehausser et sur siège maintenu par une ceinture de sécurité 3 points ou un harnais spécial.

 

Après 10 ans, les enfants seront placés à l’arrière du véhicule et maintenus par une ceinture de sécurité 3 points.

 

Il ne faut jamais laisser un enfant se mettre debout sur la banquette arrière, ou venir se placer entre les 2 sièges avant.

 

• Penser à utiliser les fermetures de sécurité des portières arrière.

 

• Pour éviter les coups de chaleur et la déshydratation si dangereuse pour les nourrissons, il ne faut jamais laisser un enfant enfermé dans une voiture, et toujours se munir d’un biberon d’eau.

 

 

3. Pour les trajets à l’école, apprenez-lui à respecter la signalisation, à ne jamais s’engager sur la chaussée sans regarder à droite et à gauche, à ne jamais s’attarder sur la chaussée.

Ne laissez jamais un enfant de moins de 6 ans traverser une rue sans qu’il soit tenu par la main.

Equipez les cartables à dos de bandes réfléchissantes, munissez-les d’une lampe électrique à la campagne.

Apprenez-lui à ne jamais suivre une personne inconnue où que ce soit et pour quelque motif que ce soit, et aussi à alerter les passants si l’attitude d’un adulte lui paraît suspecte.

 

 

4. Pour les 2 roues, amenez vos enfants à porter un casque pour leurs trajets en vélo. Le port du casque a diminué de 60% les accidents de bicyclette dans les pays qui l’ont rendu obligatoire.

Apprenez aux jeunes circulant sur les 2 roues à respecter scrupuleusement le code, à ne pas doubler à droite, à ne pas rouler sur les trottoirs.

Veillez à ce qu’ils soient bien éclairés la nuit ; faîtes leur porter des vêtements colorés le jour et …

Donnez leur le bon exemple !

 

 

5. La sécurité de nos enfants dépend aussi de chacun d’entre nous et de notre conduite au volant.

 

Le danger primordial est évidemment l’excès de vitesse :


Devant un obstacle inattendu, le temps de réaction est d’autant plus court que la vitesse est plus grande :

                                         - pas de problème à 50 km/heure

                                                - difficile à 90 km/heure

                                            - catastrophe à 120 km/heure

     Par ailleurs, la force de l’impact et du traumatisme croît comme le carré de la vitesse. L’excès de vitesse est en cause dans 52% des accidents mortels.

 

La sobriété au volant ne souffre pas d’exception : les retours de fête sont trop souvent à l’origine, pour les enfants, d’accidents graves. On ne mettra jamais trop en garde contre l’euphorie ou la somnolence que procurent les bons repas, même arrosés très modérément.

 

5 conseils aux conducteurs

Respectez scrupuleusement les limitations de vitesse prescrites par le code ou la signalisation

Ne prenez jamais le volant après avoir bu un verre de trop

Attachez votre ceinture

Arrêtez-vous immédiatement en cas de fatigue ou de somnolence

Respectez les autres, et particulièrement les piétons et les 2 roues.

 

« En matière de conduite automobile, nous sommes un pays de sauvages. »

(Elisabeth Guigou – Ministre de la Justice – Sur France Inter le 11/05/2000)

 

IX . LES GESTES D’URGENCE

(D’après les conseils du Dr Cassan, responsable de la formation au secourisme à la Croix Rouge Française)

« En cas d’urgence, grâce à un geste simple applicable par tous, vous pourrez éviter le pire. »

(Dr Cassan)

Saignement : comprimez !

Compression manuelle à l’endroit de la plaie. Chez les enfants, ce sont les doigts qui sont le plus touchés.

 

Chutes : Immobilisez !

Le placer en position latérale de sécurité (couché sur le côté, en chien de fusil, la tête en arrière).

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Position latérale de sécurité
Dessin Evelyne Tastet

 

Intoxications : Appelez les secours !

Laissez les produits dans leur emballage d’origine.

En cas d’absorption, appelez d’urgence les secours et le centre antipoison le plus proche.

 

Brûlures : Lavez abondamment à l’eau froide ! (pendant 10 minutes)

Si la brûlure est plus petite que la paume de la main de l’enfant, désinfectez, puis protégez la peau par un pansement.

Assurez-vous que la vaccination antitétanique de l’enfant est à jour.

Electricité : Coupez le courant !

En cas d’arrêt cardiaque, pratiquez le massage cardiaque et le bouche à bouche.

 

Ingestion avec suffocation : Pratiquez la manœuvre d’Heimlich !

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Manoeuvre d'Heimlich pour extraire un corps étranger des voies respiratoires
Dessin Evelyne Tastet

Chez un bébé : - placez le à plat ventre sur vos cuisses,

 - la tête dépassant vos genoux

 - puis donnez-lui une forte tape dans le dos entre les omoplates.

 

Chez un enfant plus âgé :

 - Placez-vous derrière lui, vos bras sous les siens,

 - Appliquez votre poing fermé au-dessus du creux de l’estomac,

 - Englobez votre poing avec l’autre main,

 - Exercez une pression sèche vers vous et vers le haut,

 - Répétez cette manœuvre jusqu’à expulsion du corps étranger.

 

Noyade : Bouche à bouche et massage cardiaque

 - Placez le noyé sur le dos,

 - Le bouche à bouche sur un enfant de moins d’un an se fait en englobant la bouche et le nez

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Massage cardiaque en plaçant les 2 mains sur le sternum et en appuyant bras tendu, 15 compressions pour 1 respiration.
Dessin Evelyne Tastet

 - Pour le massage cardiaque : placez votre main sur le sternum et appuyez bras tendus.

 - Faire 15 compressions cardiaques en alternance avec le bouche à bouche.

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Tête en flexion, la glotte est fermée et l'air ne peut pas pénétrer dans les poumon pendant le bouche à bouche
Dessin Evelyne Tastet

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Pour le bouche à bouche, maintenir la tête en légère hyperextension afin d'ouvrir la glotte.
Le secouriste doit d'assurer que le thorax se soulève lors de l'insufflation d'air.
Dessin Evelyne Tastet

 

Les numéros d’urgence : SAMU 15

                                             Pompiers 18

 

Donnez le numéro et l’adresse précise d’où vous appelez

 

• Expliquez : - l’état de la victime

- la nature de l’accident

- les premiers gestes de secours que vous avez effectués

 

En cas de fièvre élevée :

- Découvrez votre enfant,

- Faites le boire,

- Baignez-le : 2° au-dessous de sa température,

- Baissez le chauffage,

-         Appelez votre médecin.

 

 

X. LA PREVENTION ET LES ANIMAUX

 

1. L’enfant et les animaux

L’animal exerce une influence bénéfique sur les enfants. Il existe une relation privilégiée entre l’enfant et l’animal.

Aux U.S.A., dans une famille sur deux, les enfants vivent directement au contact des chiens ; celui-ci contribue à satisfaire une grande partie de leurs besoins affectifs.

L’animal initie l’enfant à la communication avec les autres. Il va contribuer à la socialisation de l’enfant, en lui apprenant à maîtriser ses colères, à acquérir de la patience. Cette action est particulièrement manifeste lorsque l’enfant souffre de troubles caractériels. La présence d’un chien auprès d’un enfant handicapé le valorise aux yeux de ses camarades et lui permet d’entrer plus facilement en relation avec les autres enfants.

Le bénéfice de la possession d’un chien ou d’un chat est énorme chez le jeune enfant.

 

2. Pourquoi les morsures de chiens ?

 

Les chiens agresseurs sont le plus souvent jeunes (moins de 5 ans) et de sexe mâle.

Les chiens de garde, de toutes races, et notamment les bergers allemands, sont le plus souvent impliqués.

Les morsures surviennent souvent chez des enfants qui n’avaient pas vu le chien avant, et qui connaissaient mal ses habitudes et ses réactions, mais dans bien des cas, le chien mordeur est familier de la victime. L’enfant est souvent mordu par le chien de ses parents.

 

• Dans certains cas, l’agressivité du chien peut être due à un comportement pathologique : chiens errants, chien atteint d’une maladie négligée, chien qui souffre, a souffert ou a été battu.

 

• Dans la plupart des cas, l’agressivité du chien est la conséquence du comportement inadapté du propriétaire, qui n’a pas su, ou n’a pas pris le temps, d’éduquer son chien.

 

• C’est le cas, notamment, des chiens mal socialisés, à qui on a donné un statut de dominant qu’ils n’auraient jamais dû avoir, ou encore le chien qui a longtemps servi de substitut d’enfant dans la famille et qui sent que sa place va être modifiée par l’arrivée d’un enfant.

 

• Les morsures sont particulièrement fréquentes chez le petit enfant de 1 à 4 ans, à qui ses parents n’ont pas appris à se comporter vis à vis d’un chien : enfant qui le manipule, lui tire la queue ou les poils, le traite comme un jouet et non pas comme un être vivant.

 

• Les morsures surviennent souvent lorsque l’animal est surpris dans son sommeil, ou lors des jeux d’enfants.

« Un chien méchant, ça n’existe pas ; s’il mord, c’est la faute du maître. »

 

• L’élevage du chien revêt une importance capitale. C’est entre la 3ème et la 10ème semaine de sa vie que le chiot traverse une période décisive pour sa socialisation. Créer un climat sécurisant s’avère indispensable à cette période. Plus tard, à la période juvénile, cette éducation devra être poursuivie avec fermeté jusqu’à la maturité sexuelle.

« A bon maître, bon chien »

 

 

3. Prévention des morsures de chien

 

La meilleure prévention réside dans l’éducation du chien.

• Mieux vaut recourir à un éleveur professionnel pour l’acquisition d’un chiot.

Les propriétaires d’un chien doivent prendre conscience de leur responsabilité à l’égard des autres :

- danger potentiel d’un chien mal éduqué, ou rendu agressif pour les autres (pitbulls…),

- abandon de chiens transformés en chiens errants,

- rôle éducatif des parents à l’égard des enfants, pour leur apprendre un comportement  approprié vis à vis du chien.

 

Il convient à cet égard, d’apprendre aux enfants :

- à ne pas maltraiter ou taquiner un chien,

- à ne pas déranger un chien qui dort ou qui mange,

- à ne pas lui enlever l’os ou le jouet dont il s’amuse,

- à ne pas réveiller en sursaut un chien endormi,

- à ne pas surexciter un chien par jeu,

- à ne jamais approcher le visage de la gueule d’un chien

 

Les parents doivent expliquer à l’enfant ce qu’est un animal familier, comment respecter la place qu’il doit avoir dans la famille, comment l’aimer et s’en occuper.

 

• Ne pas hésiter à faire appel à un éducateur spécialisé.

« Il est plus important , pour l’éleveur, de développer l’intelligence, le bon caractère, la sociabilité du chien, que de les sélectionner sur des critères purement physiques de race pure qui favorise la consanguinité propice aux troubles caractériels. »

 

« Le chien est l’ami de l’enfant… Savoir respecter certaines règles de bon sens pour que leur comportement réciproque soit aussi bien adapté que possible l’un vis à vis de l’autre. »

(Pr B. Lévêque)

 

A la campagne, il faut aussi apprendre à l’enfant que les animaux, même les plus familiers, ne sont pas des jouets, leur apprendre à passer devant les animaux, et non pas derrière, à se méfier des bêtes à cornes, et aussi des becs de certaines volailles.

 

4. Que faire devant une morsure de chien ?

 

Ce sont les enfants, et notamment les jeunes enfants, qui sont les plus souvent mordus par les chiens.

La gravité de ces morsures tient à ce qu’elles atteignent fréquemment le visage : lèvres, joues, nez,  oreilles, œil , menton, et risquent d’entraîner un préjudice esthétique, alors que l’adulte est le plus souvent mordu à la main ou au mollet.

Les lésions entraînées par la morsure sont toujours infectées, souvent en profondeur ; leur cicatrisation est lente.

Devant une morsure, les premiers gestes doivent être :

• de laver abondamment la plaie à l’eau et au savon,

• et de montrer immédiatement l’enfant à un médecin,

- qui désinfectera la plaie,

- assurera la prévention antitétanique par une injection du rappel, car les morsures, notamment à la face, comportent un risque tétanique élevé,

-         prescrira l’antibiothérapie appropriée de façon systématique.

-         Assurez-vous que l’animal est bien vacciné contre la rage, et exigez que le chien soit mis sous surveillance vétérinaire pendant 15 jours, avec production de 3 certificats vétérinaires de non-contagion, dans les 2 premiers jours, le 7ème jour, le 15ème jour. Si le propriétaire s’y refuse, faire une déclaration à la gendarmerie ou au commissariat de police en exigeant l’application des mesures légales.