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Lésions
pré-néoplasiques des voies biliaires: épidémiologie et dépistage du
cholangiocarcinome Cours du Diplôme
d'Université Faculté de Médecine Saint Antoine |
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Le terme de cholangiocarcinome (CC) désigne habituellement la totalité des cancers des voies biliaires (des petits canaux intra-hépatiques jusqu'à l'ampoule de Vater) à l'exception de ceux de la vésicule biliaire. En fonction de leur localisation, ils peuvent être classés en CC intra ou extra-hépatiques. Les CC extra-hépatiques sont eux mêmes divisés en proximaux (dont l'origine est le canal hépatique commun, ou les canaux hépatiques droites ou gauches), moyens (au-dessous de l'abouchement du cystique) et distaux (tumeurs ampullaires). Le terme de tumeur de Klatskin ou hilaire désigne les CC intéressant la convergence des canaux droits et gauches. Les CC intra-hépatiques sont encore appelés périphériques et se présentent comme des masses intra-hépatiques ; par analogie avec le carcinome hépatocellulaire, ils sont parfois appelés carcinomes cholangiocellulaires. Cependant certains auteurs ont une définition très restrictive du CC qui désigne alors uniquement les cancers biliaires intrahépatiques, bien qu'il puisse être difficile de différencier les tumeurs strictement intra-hépatiques des tumeurs extrahépatiques proximales. Ces définitions différentes et ces difficultés de classification expliquent en partie les variations dans les prévalences rapportées. Enfin, plus de 95 % des CC sont des adénocarcinomes mais parmi les tumeurs intra-hépatiques, il existe des formes mixtes, les hépatocholangiocarcinomes qui ont les caractéristiques histologiques des 2 types cellulaires (hépatocytes et cellules biliaires) et qui sont des tumeurs très agressives. Epidémiologie des cholangiocarcinomes (1,2) Dans la quasi totalité des séries autopsiques, la prévalence du CC au moins en partie intra-hépatique est rapportée au nombre total de cancers du foie. Les chiffres varient entre 5 et 30 % de l'ensemble des cancers du foie aboutissant à une prévalence de 0J à 0,5 %, sauf à Hong-Kong et en Thailande du nord où le CC est très fréquent et majoritaire, probablement en rapport avec la forte prévalence de la distomatose (voir plus bas). Le nombre de nouveaux cas par an aux USA est estimé à 1300 - 3000. Le sexe ratio (homme/femme) varie entre 0,7 et 1,6 avec globalement une discrète prédominance masculine. L'âge moyen au moment du diagnostic est de 59 ans dans les séries occidentales mais avec des variations individuelles importantes. Facteurs étiologiques (1, 2) Peu d'études épidémiologiques du cholangiocarcinome sont disponibles. La plupart des informations sur les facteurs de risques de CC proviennent d'études cliniques dans lesquelles l'association à d'autres maladies ou à certaines expositions apparaît à priori plus importante qu'attendu. Ces facteurs étiologiques sont indiqués dans le tableau 1 et sont les suivants : Kystes biliaires congénitaux et
malformations de la plaque ductale telles que le syndrome de Caroli et la fibrose
hépatique congénitale. La prévalence du CC pourrait atteindre 10 % dans le syndrome de
Caroli et est estimée entre 2,5 et 28 % pour les kystes du cholédoque. Au terme de cette revue des facteurs étiologiques, il est important de souligner que ceux-ci ne sont cependant retrouvés que dans une minorité des cholangiocarcinomes (tout du moins en occident). Mécanismes de la carcinogénèse bilaire La quasi totalité des affections associées au CC entraine des lésions chroniques des cellules biliaires par des processus infectieux, inflammatoires ou mécaniques. La séquence hyperplasie, dysplasie, adénocarcinome a été proposée. Les études actuelles essaient de préciser les mécanismes moléculaires en cause. Le rôle d'une surexpression de Bcl-2 à l'origine dune inhibition de l'apoptose a été montré dans un modèle de lignée cellulaire humaine (5) (voir l'exposé sur la biologie des cellules épithéliales biliaires). Dépistage du cholangicarcinome En France, le problème du dépistage se résume pratiquement à la surveillance des patients ayant une cholangite sclérosante primitive. Cependant, si l'existence dune CSP est clairement un facteur de risque de CC, la prévalence et l'incidence du CC sont variables selon les séries (Tableau 2). Il faut noter que la prévalence du CC dans ces séries représente sans doute un chiffre minimal, car 1) le suivi moyen est relativement limité (environ 6 ans,
avec des définitions variables de la durée du suivi), Le risque de survenue d'un CC étant mal établi et le
diagnostic de CC étant très difficile, une stratégie efficace de dépistage peut
sembler quasi-impossible à établir. Ce dépistage ne peut en effet reposer sur des
examens invasifs tels que l'opacification des voies biliaires associées à des
prélèvements histologiques ou cytologiques par brossage. Bien que non validées, les
recommandations actuelles chez les malades ayant une CSP sont donc les suivantes :
réalisation semestrielle de tests hépatiques simples, d'un dosage sanguin des marqueurs
tumoraux ACE et CA 19-9 et d'une échographie. La piste la plus intéressante pourrait être celle la
tomographie par émission de positrons utilisant le ["FI fluoro-2-déoxy-D-glucose
(FDG). En effet, les cellules tumorales ont un métabolisme du glucose très actif et
accumulent le FDG phosphorylé. C'est notamment le cas du cholangiocarcinome (27). En
revanche, les hépatocytes ont une activité élevée en glucose-6-phosphatase : de ce
fait, le FDG phosphorylé est hydrolysé et ne s'accumule pas dans les cellules du
carcinome hépatocellulaire. Dans le foie, la tomographie par émission de positrons
pourrait donc permettre de faire le diagnostic du cholangiocarcinome de façon
spécifique. Cette prédiction s'est révélée exacte dans une étude préliminaire chez
9 patients atteints de cholangite sclérosante primitive non compliquée, 6 patients
atteints de cholangite sclérosante primitive compliquée de CC et 5 témoins. Chez tous
les patients atteints de CC, 2 à 7 zones "chaudes" ont été détectées, d'un
volume de 1 à 45 ml. Aucune anomalie n'a été observée chez les patients atteints de
cholangite sclérosante primitive non compliquée ni chez les témoins (28). Ces
résultats intéressants restent à valider de façon prospective sur une plus large
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Detection of cholangicarcinoma in primary sclerosing cholangitis by positron emission tomography. Hepatology 1998 ; 28: 700-706. |
Mécanismes de la carcinogénèse bilaire Dépistage du cholangicarcinome
Mécanismes de la carcinogénèse bilaire Dépistage du cholangicarcinome
Mécanismes de la carcinogénèse bilaire Dépistage du cholangicarcinome
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| Maladies des voies biliaires | Cholangite sclérosante
primitive Lithiase intra-hépatique |
| Infections parasitaires | Douves du foie (C. sinensis, 0. viverrini) |
| Anomalies kystiques congénitales | Kyste du cholédoque... |
| Thorotrast |
| Groupe | Nbre patients | suivi (années) | Date de début de suivi | Cholangiocarcinome |
| Mayo Clinic (6) | 174 | moy = 6 | Diagnostic à la Mayo | 6% |
| King's College (7) | 126 | median = 5,8 | ler signe compatible | 6% |
| Oslo (8) | 77 | moy = 6 | ler signe compatible | 14% |
| Suède (9) | 305 | moy = 5,2 | Cholangiographie typique | 8% (16 % si suivi > 5 ans) |
| Groupe | Nombre de patients | Cancer des voies biliaires |
| Mayo + Pittsburgh (10) | 216 | 5% |
| Los Angeles (11) | 127 | 3 % connus 8 % incidentaux |
| Hannovre (12) | 47 | 19% |
| San Francisco (13) | 37 | 0% |
| Villejuif (14) | 28 | 4% |
| Londres (7) | 22 | 9% |
| Brisbane (15) | 11 | 36% |
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