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Altérations génétiques associées au carcinome hépatocellulaire
Pierre Laurent-Puig
Institut Curie Paris

Cours du Diplôme d'Université Faculté de Médecine Saint Antoine
CHU Saint - Antoine 7 au 11 Juin 1999

Mis en ligne le 22 décembre 1999 par Bruno Bour MD        Maîtres Toiles

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1. Introduction

Il est maintenant bien établi que la transformation maligne d'une cellule résulte d'une succession d'altérations génétiques survenant au sein de son génome, déréglant ainsi des programmes essentiels tels que le cycle et la différention cellulaire. A ce titre, le cancer peut être considéré comme une maladie génétique somatique, c'est à dire qu'il résulte d'anomalies de l'ADN acquises au cours de la vie cellulaire. Parmi les tumeurs solides les altérations génétiques du cancer colique sont les mieux caractérisées. Leur connaissance a entre autres permis de suggérer l'existence de plusieurs voies de carcinogénèse colique, chacune caractérisée par une séquence d'évènements génétiques particuliers, aboutissant à la transformation maligne de la cellule. Ces altérations sont à la fois quantitatives (pertes de matériel chromosomique) et qualitatives (mutations ponctuelles d'oncogènes ou de gène suppresseur de tumeur). Certaines de ces anomalies dites précoces entraînent une dérégulation de la prolifération cellulaire, alors que d'autres plus tardives, confèrent à la tumeur ses propriétés invasives et métastatiques. La notion de carcinogenèse multi-étape est particulièrement bien illustrée sur le plan anatomo-pathologique par le passage successif d'une muqueuse colique normale au polype adénomateux non dysplasique puis dysplasique, au cancer in situ, puis au cancer invasif.
Le carcinome hépatocellulaire (CHC) représente également un modèle potentiellement intéressant dans un processus de carcinogenèse multi-étapes. En effet, l'existence de lésions hépatiques dites bénignes fréquemment associées au CHC comme la cirrhose, l'hyperplasie adénomatoide et la dysplasie hépatocytaire suggère leur nature précancéreuse et donc leur possible transformation maligne. Cette hypothèse est confortée par l'existence d'une monoclonalité inconstamment retrouvée au sein des nodules hyperplasiques associés aux cirrhoses post-hépatitiques B et C (1). Bien que les altérations génétiques du CHC soient moins bien connues que celles du cancer du côlon et qu'elles n'aient pas pu être reliées aux différentes étapes d'initiation et de progression tumorale, de multiples altérations génétiques ont été décrites dans le CHC. Le but de cette mise au point est, d'une part de rassembler les données de la littérature concernant la description des altérations génétiques quantitatives et qualitatives présentes dans les cellules tumorales du CHC, et d'autre part, de préciser leurs significations épidémiologiques et anatomo-cliniques.

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2. Altérations génétiques quantitatives

2. 1. Aneuploïdie
L'aneuploidie est définie par un nombre anormal de chromosomes présents dans le noyau d'une cellule. Elle résulte d'une perte (hypodiploidie) ou d'un gain (hyperpIoidie) de matériel chromosomique. Une hyperpIoidie a été retrouvée en moyenne dans 55% des CHC (2-5), les 45% restants étant diploïdes. Elle pourrait résulter d'une endomitose (
duplication de l'ADN d'une cellule non suivie d'une séparation physique en deux cellules filles) survenant dans une cellule ayant perdu des segments chromosomiques, qui permet à la cellule de restaurer partiellement son capital chromosomique initial. Alors que les cellules du foie cirrhotique sont diploïdes, une hyperploidie a été décrite dans 43% des foyers de dysplasie hépatocytaire. Cette fréquence augmente lorsqu'il existe une dysplasie de haut grade pour atteindre 75% des cas (6).

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2.2. Altérations chromosomiques
Elles sont objectivées par les études cytogénétiques et moléculaires.
Les études cytogénétiques nécessitent la mise en culture des cellules tumorales. Dans le cas des tumeurs solides, et en particulier dans le cas du CHC, cette culture est difficile à réaliser. Seules quelques tumeurs primaires et une dizaine de lignées cellulaires établies en culture ont été analysées. Ces études ont cependant permis d'observer de manière récurrente des pertes chromosomiques intéressant le bras court du chromosome 1, le bras long du chromosome 6 et le chromosome 16 dans sa totalité (7, 8).
Les techniques de biologie moléculaire pemettent de s'affranchir des difficultés liées à l'établissement du caryotype. Ainsi, la cartographie des segments chromosomiques perdus dans le CHC a été précisée par l'analyse des pertes d'allèles (
versions alternatives d'un même gène différant par leur séquence nucléotidiques. Par extension désigne les variantes de l'ADN non codant en un même locus (polymorphismes anonymes)). Ces études consistent à comparer le statut allélique de loci (emplacement d'un segment d'ADN sur un chromosome défini par son contenu informationnel (gène) ou sa séquence qu'elle soit ou non polymorphe (segment anonyme)) polymorphes de l'ADN tumoral et de l'ADN constitutionnel d'un même sujet. L'ADN constitutionnel est extrait soit des lymphocytes circulant soit des hépatocytes non tumoraux. L'utilisation de marqueurs de polymorphisme de type RFLP (restriction fragment length polymorphism: polymorphisme de restriction : variation individuelle de la séquence en bases modifiant un ou plusieurs site de restriction. Elle donne lieu à des versions alternatives de la taille des fragment d'ADN obtenus avec une enzyme de restriction donnée) ou microsatellite (ADN polymorphe composé de séquences répétées (de moins de 5 bases) en tandem) permet la détection d'une hétérozygotie constitutionnelle de l'individu. La disparition d'un des deux allèles dans l'ADN tumoral lorsque celui-ci est comparé à l'ADN constitutionnel définit une perte d'hétérozygotie qui témoigne d'une lésion acquise (somatique) dans la cellule tumorale ; elle traduit la perte d'une des deux copies du segment chromosomique ciblé par le marqueur utilisé. En 1989, Vogelstein et al. ont montré qu'une étude systématique des pertes alléliques d'une tumeur comprenant un nombre suffisant de marqueurs informatifs (sujet hétérozygote pour le marqueur) permettait de fournir une caractérisation du génotype tumoral appelée allélotype (9). La notion d'allélotype initialement appliquée aux tumeurs colorectales a été étendue à d'autres tumeurs solides . Le premier allélotype établi à partir de 46 CHC publié en 1991 par Fujimori et al.. Cette étude rescensait les pertes alléliques de 44 loci polymorphes répartis sur 33 bras chromosomiques (10). Une ou plusieurs pertes alléliques étaient trouvées sur le bras court du chromosome 17 dans 54% des tumeurs, et sur les bras chromosomiques 11p (p : bras court d'un chromosome) 5q (q: bras long d'un chromosome), 16q et 10q dans 25 à 45% des cas. Plus récemment, l'utilisation de nouvelles sondes de polymorphisme a permis de mettre en évidence d'autres régions chromosomiques fréquemment perdues comme le bras court des chromosomes 1, 8 et 16, ainsi que le bras long du chromosome 22 (11-13, 8, 10-12, 14-35). La fréquence des pertes alléliques sur chacun des bras chromosomiques étudiés a été obtenu en divisant le nombre total de tumeur présentant une ou plusieurs pertes alléliques sur un bras chromosornique donné par le nombre total de tumeurs étudiées et informatives aux loci correspondants. Les résultats cumulées de la littérature montrent que le typage allélique du CHC a été effectué sur l'ensemble des bras autosomiques exceptés le bras court des chromosomes 9 et 18, et le bras long du chromosome 19. Ces données de typage sont hétérogènes puisque le nombre de tumeurs étudiées et la densité des loci polymorphes testés différent sensiblement d'un bras chromosornique à un autre, comme en atteste les variations de l'intervalle de confiance de chaque pourcentage. Cet allélotype permet néanmoins de mettre en évidence que certains bras chromosomiques sont probablement plus fréquemment perdus que d'autres dans le CHC. Il s'agit par ordre de fréquence de perte décroissant des chromosomes 17p, 8p, 16q, 16p, 4q, 5q, 13q, lp, et 6q. La mise en évidence de pertes allèliques récurrentes suggère l'existence de gènes suppresseurs de tumeur sur ces bras chromosomiques. En effet la perte d'une des deux copies de ces gènes constitue un des deux évènements génétiques impliqués dans leur inactivation. En multipliant le nombre de tumeurs et le nombre de loci testés sur un bras chromosomique donné, il est parfois possible de définir de façon plus précise la région perdue grâce à la mise en évidence de pertes partielles ou interstitielles présentes dans certaines tumeurs. L'identification des plus petites régions communes de perte constitue un premier pas essentiel vers l'identification par clonage positionnel des gènes supresseurs de tumeur dont l'altération est impliquée dans la carcinogenèse du tissu étudié.

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Le bras court du chromosome 17 est le siège de pertes alléliques dans plus de 40% des tumeurs étudiées (46% en moyenne) (10-12, 14, 15). Cette constatation suggère l'existence d'un ou de plusieurs gènes suppresseurs de tumeur localisé(s) sur le l7p dont l'inactivation pourrait intervenir dans la carcinogénèse hépatique. L'un de ces gènes est le gène TP53 situé en 17pl3, dont l'inactivation est impliquée dans le développement de nombreux types de cancers (36). Des mutations de ce gène sur l'allèle restant sont trouvées en moyenne dans 20 à 50% des CHC, entraînant ainsi une perte de sa fonction suppressive de tumeur (15, 37). Cependant, le typage de plusieurs loci localisés sur le l7p a permis de montrer que certaines tumeurs conservent le locus correspondant à TP53, alors qu'elles perdent la partie plus distale du bras chromosomique (10). Fujimori et coll. ont postulé l'existence d'un second gène suppresseur de tumeur sur le chromosome 17p, distal au gène TP53. Cette hypothèse avait été suggérée antérieurement à propos du cancer du sein (38). Un gène candidat appelé HIC-1 (Hypermethylated In Cancer) a été récemment identifié dans la région l7p 13.3. Il s'agit d'un gène d'expression ubiquitaire hyperméthylé et sousexprimé dans certains cancers, possédant un site de liaison à la protéine p53, et ayant la propriété d'inhiber la croissance cellulaire in vitro. Les conséquences de son interaction avec la protéine p53 ne sont pas connues (39).

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La perte du bras court du chromosome 8 est fréquemment rapportée dans le CHC (40% des tumeurs) (11, 12, 16). L'utilisation d'un grand nombre de sondes situées sur le 8p a permis la mise en évidence de délétions partielles voire de délétions interstitielles au sein de certaines tumeurs, permettant ainsi de préciser la plus petite région commune de chevauchement des pertes alléliques. Cette région de 600 kb, est située en 8p2l.3-p22 ; elle est commune avec celle observée dans le cancer colorectal et le cancer du poumon non à petites cellules (40). Un gène candidat cloné au sein de cette région, appelé PRLTS (PDGF-receptor beta like tumor suppressor), a récemment été proposé comme cible de cette délétion (41). Il code pour une protéine de 375 acides aminés présentant 30% d'homologie avec le récepteur béta du PDGF (platelet derived growth factor). Une mutation de ce gène associée à une perte d'hétérozygotie trouvée dans deux CHC et un cancer colique, en fait un gène suppresseur de tumeur potentiel impliqué dans ces deux types de cancers.

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La perte du bras court du chromosome 16 observée dans 33% des cas, aussi bien que celle du bras long observée dans 37% des cas, est bien documentées dans le CHC (1012, 17-23). Sur la partie distale du chromosome 16q est localisé un gène codant pour une protéine impliquée dans les processus d'adhésion cellulaire, la E-cadhérine dont l'étude dans les tumeurs du sein a permis de détecter des mutations somatiques (42) ; une hémizygotie (situation génotypique de tous les gènes portés par le chromosome X dans le sexe masculin, ou d'un allèle autosomique si le locus homologue est délété sur l'autre chromosome de la même paire) du gène de la E-cadhérine a été retrouvé dans 64% des CHC (22). La perte du 16q semble corrélée avec la diminution de l'expression de la protéine dans certains cancers (43). La perte d'expression de la E-cadhérine a par ailleurs été rapportée de façon ponctuelle dans un cas de CHC indifférencié (44). L'ensemble de ces constatations suggère que l'inactivation du gène de la E-cadhérine pourrait intervenir dans la carcinogenèse hépatique.

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Les données de la littérature font état d'une perte du bras long du chromosome 4 dans 14 à 50% des CHC (30% en moyenne) (10, 12, 17, 23, 24). La perte du chromosome 4q semble assez spécifique du CHC, dans la mesure où elle est très rarement décrite dans les autres types tumoraux. Buetow et al. ont décrit une région commune de délétion en 4q1 1q25 à l'aide de 25 sondes de polymorphisme, comprise entre le gène de l'albumine et le gène codant pour la protéine fabp (fatty acid binding protein) (24). Par ailleurs, le gène de la cycline A, localisé en 4q27, a été décrit comme un site d'intégration du virus de l'hépatite B (45). La cycline A intervient dans les transitions Gl/S et G2/M du cycle cellulaire. L'existence d'un polymorphisme au sein du septième intron du gène de la cycline A a permis l'étude des pertes d'hétérozygotie à ce locus dans 50 CHC. Un seul cas d'hémizygotie a été retrouvé sur 20 tumeurs informatives, ce qui ne plaide pas en faveur de l'intervention de ce gène comme suppresseur de tumeur dans le CHC (25). Un deuxième site d'intégration du virus B appelé HBVS6 a été mis en évidence une région plus télomérique (distale) du chromosome 4q (4q32) (46). Un réarrangement chromosornique au locus HBVS6 était présent dans 4 CHC sur 40. Buetow et al. ont recherché des pertes alléliques sur le chromosome 4q dans 12 CHC : deux des 12 tumeurs étaient informatives pour le locus HVBS6 et présentaient une perte allélique à ce locus, mais aucun réarrangement n'a pu être mis en évidence au sein des tumeurs testées (47).

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La perte du chromosome 5q a été observée dans en moyenne 30% des tumeurs étudiées (10). Ding et al. ont mis en évidence un site de délétion électif en 5q35-qter qui ne semble pas impliquer les gènes MCC (mutated in colorectal cancer) et APC (adenomatous polyposis coli) altérés dans le cancer colorectal (48).

Le chromosome 13q a été la cible des premières études portant sur les pertes alléliques du CHC (26, 27) . Il est possible que le gène RB 1 (gene du retinoblastome), situé en 13q14, soit incriminé dans la carcinogenèse hépatique. Kuroki et al. ont étudié 92 CHC à l'aide de 13 loci microsatellites (caractérisés par leur haut degré de polymorphisme) (28); trente tumeurs présentaient une ou plusieurs pertes alléliques, et 20 d'entre elles des délétions partielles ou interstitielles permettant de délimiter deux régions distinctes de délétion : l'une contenant le gène RB 1, et la deuxième plus centromérique compatible avec la localisation du gène BRCA2 (BReast Cancer A2) impliqué dans les prédispositions familiales au cancer du sein.

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La délétion du bras court du chromosome 1 a été rapportée plus récemment (27% des tumeurs), confirmant ainsi les données préliminaires fournies par les études caryotypiques (8). Les résultats de ces études sont très variables en fonction du nombre et du type de sonde de polymorphisme utilisée (type RFLP ou microsatellite). En effet, la prévalence des pertes alléliques varie de 5 à 33% (8, 10, 12, 29). Cependant, une zone commune de délétion a pu être décrite sur la partie distale du bras court en lp34-36. Celle ci est partagée avec celle mise en évidence dans le cancer colorectal, le cancer du sein, le neuroblastome, le mélanome et les tumeurs de Wilms (30). La perte du chromosome lp est également rapportée dans 46% des tumeurs testiculaires et 40% des adénomes parathyroidiens (49, 50). Ces observations suggèrent l'existence d'un ou de plusieurs gènes suppresseurs impliqués dans des types histologiques de tumeur très différents, dont l'altération pourrait correspondre à une des étapes précoces de la progression tumorale.

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Le bras long du chromosome 6 a été peu étudié. Cependant, un gène candidat situé en 6q26-q27 a été récemment proposé comme gène suppresseur de tumeur susceptible d'intervenir dans la carcinogenèse hépatique (3 1) : il s'agit du gène codant pour la protéine M6P/IGF2R (mannose 6-phosphate/insulin-like growth factor 2 receptor) intervenant dans les phénomènes de traffic intracellulaire d'enzymes lysosomiaux, d'activation du TGFb (transforming growth factor béta) et de dégradation de l'IGF2 (insuline growth factor 2) (un mitogène dont l'expression est augmentée dans certains cancers). La diminution de l'expression de ce récepteur dans les CHC murin et humain, et la perte d'hétérozygotie du locus correspondant au gène dans 64% des CHC ont successivement été rapportées (3 1). De façon très récente, la même équipe a rapporté l'existence de mutations somatiques sur l'allèle restant dans 25% des CHC, conduisant à la synthèse d'un récepteur tronqué, donc inactif (5 1). Ces résultats plaident en faveur du rôle suppresseur de tumeur du gène M6P/IGF2R dans la carcinogenèse hépatique.

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3. Altérations génétiques qualitatives

3.1. Mutations ponctuelles
Ces mutations peuvent intéresser deux catégories de gènes impliqués dans la carcinogenèse : les proto-oncogènes et les gènes suppresseurs de tumeurs.

3.1.1. Proto-oncogènes
La mutation d'un proto-oncogène cellulaire provoque une activation de celui-ci et sa transformation en oncogène. Il s'agit d'un phénomène dominant puisque l'altération d'un seul allèle du protooncogène suffit à provoquer son activation.

Gènes ras
Il existe trois familles de gènes ras : H-ras, K-ras et N-ras. Ces gènes sont activés en oncogènes par mutations sur les codons 12, 13 et 61. De rares mutations somatiques (52-58) sur le codon 61 des gènes K-ras et N-ras, et sur le codon 12 des gènes K-ras et Haras ont été décrites dans le CHC (tableau 1). L'observation inconstante de ces mutations dans le foie non tumoral avoisinant suggère qu'il pourrait s'agir d'un événement génétique précoce dans le développement du CHC (56). Une surexpression de p2lras a également été rapportée aussi bien dans le CHC que dans la cirrhose (59-60). Elle semble moindre en cas de CHC peu différencié (61).

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Gènes myc
Chez la marmotte infectée par le WHV (woodchuck hepatitis virus) des sites d'intégration spécifiques ont été mis en évidence au sein des gènes myc entraînant leur activation par mutagenèse insertionnelle (62). Bien que ces sites d'intégration n'aient pas été retrouvés chez l'homme infecté par le virus B, une amplification du gène c-myc est présente dans 36% des CHC (63). L'amplification de plusieurs allèles appartenant au chromosome 8q, y compris ceux du gène cmyc, a par ailleurs été rapportée dans 40% des CHC, témoignant d'une polysomie (
présence d'un même chromosome à plus de deux exemplaires) du 8q (64, 65). Une surexpression de c-myc a également été observée dans le CHC avec une fréquence et une intensité très variables, qu'il soit associé ou non au virus B, ainsi que dans le foie cirrhotique adjacent (59-60). Cette surexpression en l'absence de remaniement génique pourrait, dans le cadre d'une infection virale B, s'expliquer par l'action transactivatrice de la protéine X sur les oncogènes cellulaires (66).

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3.1.2. Gènes suppresseurs de tumeurs
La perte du pouvoir oncosuppressif des gènes suppresseurs de tumeurs joue vraisemblablement un rôle important dans les processus d'initiation et de progression tumorale. La mutation d'un gène suppresseur de tumeur entraîne l'inactivation de l'allèle concerné. Une altération des deux allèles étant nécessaire pour aboutir à l'inactivation d'un gène suppresseur de tumeur, la mutation doit être précédée ou suivie d'un deuxième évènement génétique somatique impliquant le deuxième allèle (67) ; il peut s'agir d'une perte, d'une deuxième mutation, ou d'un réarrangement plus complexe entraînant la perte de fonction de ce deuxième allèle.

Gène TP53
Au moins 32 publications ont mis en évidence des mutations somatiques du gène TP53 dans les CHC (12, 15, 23, 32, 34, 37, 68-93). Par rapport aux autres localisations tumorales la répartion des mutations sur le gène TP53 est tout fait particulière (figure 2). Il existe en effet un point chaud de mutation sur le troisième nucléotide du codon 249 impliquant une transversion G vers T. Cette mutation conduit au remplacement d'un acide amine argine par un acide aminé sérine. Cette substitution représente 25% de l'ensemble des mutations du gène TP53 trouvées dans les CHC. Il est maintenant bien établi qu'elle n'est présente que dans les CHC des malades appartenant à des populations fortement exposées à l'aflatoxine B 1 (Mozambique et Chine du Sud-Est). A notre connaissance une seule mutation de ce type a pu être mise en évidence dans la tumeur d'un malade européen (89). Cette forte incidence de mutation sur le codon 249 explique en grande partie les variations de la prévalence des mutations du gène selon l'origine géographique des patients. Elles surviennent en effet dans plus de 50% des cas lorsque les patients sont originaires du Mozambique ou de la province chinoise du Qidong alors que chez les malades non exposés, la prévalence des mutations sur le gène TP53 est plus faible (20% à 30%). Il est intéressant de noter d'une part que la prévalence des mutations du gène TP53 hors codon 249 est l'une des plus faibles lorsqu'on la compare à celle des autres cancers et d'autre part que la répartition de ces mutations sur le gène n'est pas différente de celle observée dans les autres cancers.

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Contrairement à ce qui est observé dans le cancer colorectal, le taux de pertes d'hétérozygoties sur le 17p est nettement supérieur au taux de mutation du gène TP53 (du moins en Europe et au Japon). Deux phénomènes peuvent expliquer cette discordance:

- d'une part la cible de la délétion du chromosome l7p n'est peut-être pas exclusivement le gène TP53. En effet, la mise en évidence de délétions interstitielles sur le l7p n'impliquant pas le locus correspondant au gène TP53 suggère l'existence d'un deuxième gène suppresseur de tumeur présent sur le bras court du chromosome 17 (10, 32).
- d'autre part, il est possible que "l'inactivation" de l'allèle TP53 sauvage restant soit la résultante, non pas d'une mutation, mais d'une inactivation de la protéine p53 normale. En effet, une surexpression de p53 témoignant habituellement d'une stabilisation de la protéine altérée, est présente dans 15% à 60% des CHC (94-98). Cependant, contrairement à ce qui est observé dans le cancer colo-rectal, il n'existe pas de corrélation étroite entre la mutation du gène et la surexpression de la protéine p53. En effet, la mutation du gène TP53 n'est observée que dans 50 % des CHC surexprimant p53 (99). Dans ces cas particuliers, la surexpression de p53 serait la conséquence d'une accumulation de la protéine de type sauvage, comme cela a été rapporté dans les lymphomes ou les astrocytomes (100, 101). Cette stabilisation de la p53 pourrait résulter d'une interaction protéique. En effet, une interaction entre p53 et la protéine X a pu être mise en évidence dans le foie de malades infectés par le virus B et porteurs d'un CHC (102). La protéine X semble jouer un rôle important dans la carcinogenèse hépatique animale. On constate en effet l'apparition successive d'adénome hépatiques et de CHC chez les souris transgéniques pour le gène X (103). La protéine X, transactivateur non spécifique des promoteurs viraux et cellulaires, serait capable de provoquer l'activation des oncogènes cellulaires. Elle pourrait également se lier spécifiquement à la protéine p53 et inhiber ainsi les fonctions oncosuppressives de cette dernière d'une part par le biais d'une inhibition de son site de liaison à l'ADN et d'une inhibition de son action d'activation transcriptionnelle (104). Ueda et al. ont montré que, chez des souris transgéniques pour le gène X, une surexpression cytoplasmique de p53 était présente dans les cellules tumorales et qu'elle était étroitement corrélée à l'expression de la protéine HBx. L'absence d'expression nucléaire de p53 dans les cellules tumorales (alors que celle ci était présente au sein des cellules non tumorales) suggère que la protéine X serait capable de séquestrer p53 dans le cytosol et d'empêcher sa pénétration dans le noyau (105). Ce modèle d'inactivation de la fonction oncosuppressive de p53 a été mis en évidence avec d'autres protéines virales comme l'antigène grand T de SV40, ou avec des protéines cellulaires comme mdm2 (106, 107).

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Par ailleurs, la surexpression de p53 a également été mise en évidence dans quelques cas de cirrhose ainsi que dans le foie non tumoral adjacent au CHC (96, 98).

Gène RB
Les pertes d'allèles sont relativement fréquentes sur le chromosome 13q, y compris la perte de la région 13q 14 contenant le gène RB 1. La perte d'hétérozygotie au locus RB 1 est par ailleurs bien corrélée à la perte d'expression de la protéine RB, témoignant de l'inactivation des deux copies du gène (108). Cependant, les mutations ponctuelles de la copie du gène restant ne sont retrouvées que dans 20% des cas. Ces résultats suggèrent que l'inactivation de RB est la conséquence d'un réarrangement plus complexe qu'une simple mutation ponctuelle de l'allèle conservé.

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3.2. L'instabilité génétique au cours de la réplication

Plus récemment, l'étude de l'ADN tumoral sur des loci de type microsatellite a révélé une instabilité génétique se traduisant par l'apparition d'allèles n'existant pas à l'état constitutionnel. Cette instabilité définit le phénotype mutateur RER+ (pour Replication ERror), qui fut initialement décrit dans le cancer colorectal puis retrouvé dans d'autres tumeurs. Elle semble liée à un déficit dans le contrôle de la réplication de l'ADN. Ce contrôle s'exerce par l'action de plusieurs gènes dont 4 ont été identifiés (hMSH2, hMLH1 1, hPMS 1 et hPMS2) et retrouvés mutés à l'état constitutionnel ou somatique chez certains patients porteurs de tumeurs RER+ rentrant ou non dans le cadre du syndrome HNPCC (Hereditary Non Polyposis Colorectal Cancer) (109). L'instabilité génétique n'a pour ainsi dire pas été étudiée dans le CHC: une étude portant sur 29 CHC fait cependant état d'un cas de tumeur instable sur 1/3 des locus testés ( 110). Le nombre de loci étudiés était cependant trop faible pour tirer des conclusions de ce résultat. Récemment, des pertes alléliques ont été recherchées en amplifiant l'ADN tumoral et non tumoral de 46 malades sur 9 loci microsatellites génétiquement liés aux gènes hMSH2 et hMLH1. Celles-ci étaient présentes sur MSH2 et/ou MLHl dans dix CHC sur 46 (22%), associées à une instabilité des microsatellites dans 9 cas sur 10 (111). Des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer plus précisément le rôle de l'instabilité génétique dans le développement du CHC.

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4. Signification des altérations génétiques en fonction des paramètres anatomo-cliniques et étiologiques

4.1. Altérations génétiques et étiologie de l'hépatopathie associée au CHC

La quasi totalité des tumeurs étudiées sont des CHC associés à une hépatopathie chronique d'étiologie virale B ou C. La prévalence accrue du CHC chez les porteurs chroniques du virus B et C est bien établie. Les mécanismes de carcinogenèse propres induits par les deux types de virus sont mal connus. L'intégration quasi constante de l'ADN du virus B au sein du génome des cellules tumorales des patients Ag HBS+ a fait suspecter un rôle direct du virus dans la transformation maligne de l'hépatocyte (l 12). Les travaux de biologie moléculaire portant sur les modèles animaux infectés par les Hepadnavirus, en particulier la marmotte, ont conforté cette hypothèse (113). Cette intégration s'accompagne de microdélétions de l'ADN de la cellule hôte, ou de remaniements chromosomiques plus importants à type de translocation, inversion, duplication (114). Chez la marmotte infectée par le WHV, un site d'intégration préférentiel au sein des gènes Myc a été décrit (l 15). L'intégration du virus provoquerait une activation de ces oncogènes cellulaires par mutagenèse insertionnelle. Chez l'homme, l'étude systématique des sites d'intégration n'a pas permis d'identifier une région cible particulière : ils ont été décrits sur la quasi totalité des chromosomes, préférentiellement au sein des régions riches en séquences répétées du génome comme les séquences satellites de type 111 (116-117). Certains auteurs ont néanmoins rapporté de très rares cas d'intégration spécifique au sein du gène de la cycline A, du recepteur béta de l'acide rétinoique, et d'un gène présentant une forte homologie avec celui du récepteur à l'EGF (45, 118, 119). Plus récemment, un site d'intégration du virus B a pu également être mis en évidence dans le gène codant pour la mevalonate kinase (), ainsi que celui codant pour le rRNA S (). Bien qu'un site de délétion sur le chromosome 1 Ip et 17p, ainsi qu'un réarrangement sur le bras court du chromosome 4 spécifiquement associés au site d'intégration du virus B aient été décrits (11, 46, 120), les données de la littérature ne mettent pas en évidence un profil d'altérations génétiques particulier en fonction de l'étiologie virale B de l'hépatopathie chronique associée au CHC. Plus généralement, l'infection chronique par le virus B ou C, ainsi que l'existence de sites d'intégration du virus HBV au sein du génome tumoral ne semblent pas influencer de façon significative la fréquence et la localisation des pertes alléliques (10, 12, 17-19, 27). Cependant, l'étude comparative des pertes alléliques en fonction de la nature B ou C de l'hépatopathie n'a pas été effectuée de manière systématique sur la totalité du génome étudié.
Seule la mutation sur le codon 249 du gène TP53 semble spécifiquement liée à une exposition prolongée à l'aflatoxine B 1, qui par ailleurs est fréquemment associée à un portage chronique de l'antigène Hbs.
Les autres réarrangements du gène TP53 (mutations et pertes) sont présents aussi bien en présence du virus B et que du virus C et semblent plus volontiers observés dans les CHC associés à une hépatopathie virale (34).

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4.2. Altérations génétiques et nature de l'hépatopathie

La présence ou non d'une cirrhose sous-jacente associée au CHC ne semble pas influencer le profil des pertes alléliques sur les chromosomes 4, 11, 13 et 17 (14, 15, 27). Certains auteurs ont cependant rapporté la perte exclusive du locus MS8 en 5q35qter en cas de CHC développé sur foie non cirrhotique, sur une région génomique distincte de celles correspondant aux gène APC et MCC (121).

4.3. Altérations génétiques et différenciation tumorale

Le nombre d'altérations génétiques semble globalement d'autant plus élevé que la tumeur est peu différenciée (12, 20). Sur un plan qualitatif, les données de la littérature sont hétérogènes. Plusieurs études retrouvent une corrélation positive entre le grade d'Edmonson et la perte des chromosomes 16q (12, 18, 20, 29), l7p (12, 26, 29), 8p (Emi 93, 12, 29), 4q (12, 29), et 13q (12, 20, 29). Cette corrélation a également été rapportée à propos des altérations du gène TP53 (34, 85). La fréquence plus élevée de ces pertes dans les tumeurs peu différenciées suggère qu'il s'agit d'évènements tardifs dans la chronologie des altérations génétiques associées au développement du CHC. A l'inverse, certains auteurs ont observé la perte du chromosome 4, 11, 13q et 16 quelque soit le grade histologique (19, 27).
La perte exclusive du chromosome Ip rapportée dans deux CHC très bien différenciés a été interprètée par Kuroki et al. comme une altération génétique précoce associée aux étapes d'initiation de la carcinogenèse hépatique (29). Il en est de même en ce qui concerne la perte sur le locus M6P/IGFIlr décrite dans deux adénomes hépatiques (31).

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4.4. Altérations génétiques et extension tumorale

Plusieurs auteurs ont étudié la survenue de certaines altérations génétiques en fonction de la taille des tumeurs et de leur envahissement. De ce point de vue, les résultats de la littérature ne sont pas homogènes.
Pour certains, la perte du 16q (18, 29, 32), du l7p (32), du 13q (32), du 8p (16) ainsi que les altérations (mutations ou pertes) du gène TP53 ou de la protéine p53 (surexpression)(15, 69, 90, 95) semblent significativement plus fréquentes dans les CHC de grande taille ou associés à une thrombose portale et à des métastases intrahépatiques. Pour d'autres, la perte des chromosomes 4q,8p,13q,17p, 16q (19, 29), les altérations du gène TP53 (34) ou la sur-expression de p53 (97) ne semblent pas corrélés à la taille ni à l'extension tumorale.

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4.5. Altérations génétiques et pronostic

La classification des CHC en tumeurs diploïdes et aneuploïdes ne donne pas d'indication claire quant à l'évolution de ces cancers. Pour certains, l'aneuploidie est plus fréquemment retrouvée dans les tumeurs de grande taille et peu différenciées (2, 3, 4). Le pronostic défavorable des CHC aneuploides demeure controversé : alors que l'aneuploïdîe est considérée comme un facteur pronostic péjoratif pour certains (4), la plupart des auteurs ne mettent pas en évidence de différence significative de survie en fonction du caractère diploïde ou aneuploïde du CHC (2, 5, 122, 123)
L'étude des pertes alléliques sur l'ensemble des chromosomes permet de définir un index de pertes alléliques comme étant le rapport du nombre de segments chromosomiques sur lesquels sont survenus une perte allélique à celui du nombre de segments chromosomiques étudiés. La valeur pronostique de cet index n'a pas été étudiée pour le CHC. Le faible taux de pertes alléliques constaté dans le carcinome fibrolamellaire (de meilleur pronostic) opposé à celui des carcinomes sarcomatoïdes, plaide en faveur du caractère pronostique péjoratif d'un index de pertes élevé comme cela a déjà été décrit dans le cancer colorectal (124, 125, 9). Par ailleurs la valeur pronostique de la perte d'un bras chromosornique donné n'a pas été étudiée pour le CHC, contrairement au cancer colorectal ou la présence d'une perte allélique sur le bras court du chromosome 17 ou du bras long du chromosome 18 est un facteur de mauvais pronostic indépendant du stade histologique de Dukes (126, 127). Les mutations du gène TP53 et la surexpression de protéine p53 semblent être associées à un moins bon pronostic, indépendamment de la taille et de l'envahissement tumoral (90, 128).

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5. Conclusion

La caractérisation des altérations génétiques associées au CHC est une étape indispensable pour une meilleure compréhension de la carcinogenèse hépatique. La recherche systématique de ces altérations au sein des tumeurs quel que soit leur stade, y compris dans les lésions précancéreuses permettra d'établir l'ordre chronologique des évènements génétiques au cours de la progression tumorale. Cette démarche offre des perspectives d'applications cliniques. En effet, la mise en évidence des altérations génétiques précoces permettra de mieux repèrer les lésions dysplasiques à potentiel de dégénérescence élevé. La présence d'altérations tardives associées à la survenue de métastases pourrait conduire à modifier les indications thérapeutiques au cours de la prise en charge des malades atteints de CHC. Dans un avenir plus lointain, le clonage de nouveaux gènes suppresseurs de tumeur altérés au cours de la carcinogenèse hépatique permettra la recherche de nouvelles applications de la thérapie génique.

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Introduction

Altérations génétiques quantitatives

Aneuploïdie

Altérations chromosomiques

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bras court du chromosome 8

bras court du chromosome 16

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La perte du chromosome 5q

Le chromosome 13q

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Mutations ponctuelles

Proto-oncogènes

Gènes suppresseurs de tumeurs

L'instabilité génétique au cours de la réplication

Signification des altérations génétiques en fonction des paramètres anatomo-cliniques et étiologiques

Altérations génétiques et étiologie de l'hépatopathie associée au CHC

Altérations génétiques et nature de l'hépatopathie

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