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Le carcinome hépatocellulaire: aspects anatomo-pathologiques
Dominique Wendum
Hopital Saint Antoine - Paris

Cours du Diplôme d'Université Faculté de Médecine Saint Antoine
CHU Saint - Antoine 7 au 11 Juin 1999

Mis en ligne le 22 décembre 1999 par Bruno Bour MD        Maîtres Toiles

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1. Généralités.
Le carcinome hépatocellulaire (CHC) est une tumeur épithéliale maligne dont les cellules tumorales ressemblent morphologiquement et fonctionnellement à des hépatocytes.

1.1. Les cellules tumorales sont plus ou moins atypiques. Elles peuvent contenir des corps de Mallory, des globules hyalins, du glycogène, des graisses (cellules tumorales avec stéatose). Elles peuvent également produire de la bile. La production de bile, quand elle existe est spécifique du CHC. Les cellules tumorales ne sont jamais mucosécrétantes.

1.2. L'architecture de la prolifération tumorale reproduit celle du foie, c'est à dire une organisation en travées séparées par des sinusoïdes. Cependant les travées de cellules tumorales sont plus épaisses que dans du foie normal (> ou = à 3 cellules) et il existe une diminution du collagène peri-sinusoïdal. mis en évidence par les colorations de la réticuline (imprégnations argentiques) ou de rouge Sirius. L'architecture peut également être pseudoglandulaire (formation d'acini par dilatation du canalicule biliaire) ou compacte avec des massifs de cellules tumorales sans travées, ni sinusoïdes.

1.3. On peut également observer des remaniements à type de péliose (dilatation des sinusoïdes), d'hémorragie ou de nécrose.

1.4. Plus le CHC ressemble à du foie normal, plus il est différencié.
Le grade histologique d'Edmondson et Steiner classe les CHC en fonction de leur différenciation. Le grade 1 correspond à un carcinome très bien différencié, et le grade IV à un carcinome peu différencié. Actuellement, l'Organisation Mondiale de la Santé propose plutôt de classer les CHC en bien, moyennement et peu différenciés. L'intérêt du grade est discuté car dans une même tumeur, l'aspect et le grade peuvent être différents d'une zone à l'autre de la tumeur

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2. Formes particulières de carcinomes hépatocellulaires.

2 1. L'hépato-cholangiocarcinome
Il s'agit d'une tumeur très rare avec une double différenciation: une différenciation hépatocellulaire et une différenciation cholangiocellulaire avec production de mucus. Dans une même tumeur, les deux composants sont étroitement liés.

2.2. Le CHC fibrolarnellaire
Il s'agit également d'une tumeur très rare, survenant chez l'adulte jeune sur un foie non cirrhotique. Le CHC fibrolamellaire a un meilleur pronostic que le CHC classique. Les cellules tumorales sont de grande taille, polygonales, oncocytaires (aspect très éosinophile du cytoplasme). Elles sont organisées en travées ou amas, séparés par d'épaisses laines de collagène hyalinisé. Des aspects fibrolamellaires peuvent être observés dans certains secteurs de CHC par ailleurs tout à fait classique.

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2.3. Le CHC sclérosant
Les travées de cellules tumorales ne sont pas séparées par des sinusoïdes, mais sont entourées par de la fibrose dense. Les principaux diagnostics différentiels du CHC sclérosant sont le cholangiocarcinome et la métastase hépatique d'un adénocarcinome.

2.4. Le CHC à cellules claires
Les cellules tumorales ont un aspect clair par accumulation de glycogène ou de graisses dans le cytoplasme. Les principaux diagnostics différentiels sont la métastase d'un cancer du rein ou de la surrénale.

2. 5. Le CHC à cellules fusiformes.
Les cellules tumorales sont fusiformes et agencées en faisceaux. Le diagnostic différentiel est celui de sarcome.

2.6. Le CHC anaplasique
Les cellules tumorales sont très atypiques, monstrueuses, parfois multinuclées. Il est alors très difficile de reconnaître la différenciation hépatocytaire.

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3. Techniques complémentaires à la disposition de l'anatomo-pathologiste pour faire le diagnostic de CHC

3.1. Colorations spéciales.

Coloration de la réticuline par imprégnation argentique: Cette coloration met en évidence le collagène perisinusoidal correspondant surtout à du collagène de type III. Elle permet de mieux voir l'architecture de la tumeur, l'épaisseur de travées cellulaires, et la diminution du collagène peri-sinusoïdal.

Bleu Alcian: Il s'agit d'une coloration des mucines qui apparaissent alors en bleu. Si une mucosécrétion est mise en évidence le diagnostic de CHC peut être éliminé, hormis l'exceptionnel hépatocholangiocarcinome.

Perls: Il s'agit d'une coloration de l'hémosidérine qui apparaît alors en bleu. Cette coloration permet également de mieux voir la bile. La mise en évidence d'une sécrétion de bile par le cellules tumorales permet d'affirmer le diagnostic de CHC.

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3.2. Immunohistochimie (IHC)
Elle permet de mettre en évidence des sites antigéniques (des protéines) sur une coupe tissulaire, à l'aide d'anticorps et d'un système de révélation qui colore le complexe antigèneanticorps.

alpha foetoprotéine : Ce marqueur a peu d'intérêt en IHC car seuls 3 0% des CHC sont marqués. De plus, quand la tumeur est marquée en immunohistochimie, le taux sérique d alpha foetoprotéine est pratiquement toujours élevé.

cytokératines : les CHC expriment les cytokératines 8 et 18. L'expression des cytokératines 7 ou 19 est exceptionnelle dans les CHC, et habituelle dans les métastases ou dans les cholangiocarcinomes.

EMA (Epithelial membrane antigen) : Les CHC ne sont pas marqués par l'EMA, alors que les métastases hépatiques ou les cholangiocarcinomes sont en général marqués.

En fait , l'immunohistochimie a un intérêt assez limité pour le diagnostic de CHC. Elle permet surtout de reconnaître la nature épithéliale d'une prolifération tumorale maligne très peu différenciée. En cas de tumeur hépatocytaire très bien différencié, il n'existe actuellement pas de marqueur immunohistochimique permettant de différencier une tumeur bénigne (adénome ou macronodule) d'une tumeur maligne (CHC).

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Références
- World Health Organization. Histological typing of tumours of the liver, second édition. KG Ishak, PP Anthony, LH Sobin in collaboration with pathologists in 6 countries. Springer-Verlag, Berlin, Heidelberg, New-York, 1994
- Immunohistochimie en pathologie hépatique. JJ Selves, JJ Voigt, M Reynes. Ann Pathol 1995, 15: 388- 395

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Formes particulières de carcinomes hépatocellulaires

Techniques complémentaires à la disposition de l'anatomo-pathologiste pour faire le diagnostic de CHC

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