La drogue, un drame
de notre temps |
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Trajectoire de lhéroïnomane
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la santé
Voir aussi page toxicomanie de la BML
Lusage de la drogue est une grave menace pour la jeunesse de notre temps. « Il faut lui déclarer une guerre acharnée, en expliquer les affreuses conséquences. Chacun doit prendre sa part dans la lutte contre ce terrible fléau social. »
Lhéroïne représente la forme la plus dangereuse et la plus répandue de cette toxicomanie.
Elle peut être schématisée en 4 phases :
1. La
toxicomanie au début
Cest la phase de la «lune de miel » : les centres nerveux, saturés dendorphines sous leffet de la drogue, entraînant plaisir et jouissance dans loubli des difficultés du moment. Cest le nirvana.
Dès cette première expérience, il y a risque majeur, danger mortel. Lévolution est impossible à prévoir. « Il ne faut pas jouer à la roulette russe. »
Le toxicomane est très vite conditionné à sa drogue. Ce nest plus pour lui un problème de volonté. Dès ce stade, il ne faut pas occulter le problème. Il est absolument nécessaire que tous les adultes adoptent à cet égard une attitude ferme et sans ambiguïté. Les parents doivent poser la question à leur enfant.
3. Le
toxicomane en état de dépendance
Le rapport des toxicomanes avec la drogue est un rapport long, qui sétend sur plusieurs années.
Le plaisir maximum est au début, puis vient le phénomène dassuétude qui conduit à augmenter les doses pour un plaisir sans cesse dégradé.
Le
drogué va consommer des quantités de plus en plus grandes, qui ne procurent plus aucun
plaisir, la drogue nest plus recherchée que
pour éviter létat de manque : « on
est passé du Nirvana à lEnfer. »
Il en résulte à ce stade une désocialisation du drogué lentraînant dans les combines, le mensonge, les délits, la coupure du milieu
familial. Certains jeunes, filles ou garçons, sont ainsi conduits à la prostitution, aux hold-up, au vol.
Leur santé va saltérer gravement : négligence pour leur corps, caries dentaires nombreuses et graves, complications infectieuses quasi inéluctables : hépatite B et C, Sida, maladies vénériennes, exposition à toute la pathologie infectieuse, évoluant sur un terrain immuno-déprimé.
* Texte rédigé à partir dune causerie du docteur LAFON
à lAssociation des Professions de Santé de CAUTERETS.
3. Loverdose
Cest une urgence médicale. Le sujet est en état de grave détresse respiratoire.
Lattitude pratique de lentourage consiste à assurer la liberté des voies respiratoires et à faire appel sans délai aux secours médicalisés durgence. On pourra suspecter loverdose en remontant les manches pour détecter des traces de piqûres, en remarquant auprès du malade la présence dune seringue.
3. Le
toxicomane en état de manque
A linverse de la situation précédente, le toxicomane en état de manque nest jamais en danger. Il ne faut pas céder au chantage du sujet réclamant sa drogue. Ce refus doit être accompagné dune attitude découte et daide. Il convient dorienter le sujet vers une structure médicale compétente.
Les produits utilisés par les drogués sont divers : outre lhéroïne et les opiacés, différentes drogues peuvent être en cause, la cocaïne et le crack, le cannabis ou chanvre indien, les hallucinogènes tels que le L.S.D., les barbituriques et les amphétamines, les solvants, les drogues de synthèse telles que lectasie qui gagne du terrain.
Lalcool entraîne aussi des états de dépendance. « Ceux qui se saoulent à mort sont des toxicomanes de lalcool. »
Ces toxicomanies sont fréquemment associées ; le sujet qui fait usage de substances toxiques passe facilement dune drogue à lautre ; il essaie des mélanges divers, dans des cocktails souvent catastrophiques.
Toutes ces drogues ont en commun une détérioration intellectuelle et une dégradation de létat général, véritable gâchis dans une société de linformatique et du logiciel qui fait de plus en plus appel à lintelligence.
La toxicomanie, nous dit le docteur Olivenstein, est la rencontre dun produit et dune société. « Le vrai problème est dordre psychologique. La drogue est un phénomène de société. Le toxicomane est malade de notre monde. Le phénomène de la drogue recouvre, avant tout, une relation parents-enfants. Il ny a pas de milieu privilégié pour la toxicomanie. Chez certains jeunes, quelque chose qui peut paraître insignifiant va prendre une importance phénoménale. » (Olivenstein)
La toxicomanie est le signe de la non-adaptation de certains jeunes à la société qui leur est proposée, et de la crise des modèles et des valeurs, qui sont pour lui dindispensables points de repères.
Plusieurs facteurs interviennent dans le basculement vers la drogue :
- la curiosité, le besoin dexpérimenter par lui-même, la mode, la pression du groupe, « faire comme les autres » pour être mieux intégré au groupe de
- jeunes. Ladolescent, mal à laise dans son corps, est hypersensible au jugement de son entourage.
- la fascination du tabou ; sa transgression est une des réalités de ladolescence. Ladolescent a besoin de sopposer pour se prouver quil peut être autonome.
- le rejet des valeurs traditionnelles et les contradictions quils observent entre les valeurs prônées (respect de la personne, démocratie, refus de la violence, recherche de la justice) et les réalités du monde où ils vivent ou quils découvrent à travers les média.
- la recherche dune communion avec autrui. La drogue, notamment lalcool et lectasie font souvent partie des manifestations communautaires de jeunes (sorties du week-end, rave parties )
- la fuite devant la souffrance, la solitude, les difficultés de lexistence, langoisse de lavenir : Ladolescent a un fond dépressif, traversé dinstants de morosité, de sentiments de vide et dinutilité.
Or la drogue, si elle apporte momentanément un plaisir artificiel et illusoire enlève la volonté de chercher comment améliorer la vie quotidienne. Elle enlève à lindividu ses moyens de lutte pour une vie meilleure. Elle est le trompeur par excellence.
Le docteur Francis Curtet nous dit :
« Un enfant grandira mieux si, dès sa conception, il est nourri de tendresse et de dialogue. Mettre un enfant au monde implique non seulement des droits, mais aussi des devoirs à légard de lenfant :
· Devoir de laimer et de le lui dire. « Il ny a pas de meilleure prévention que lamour. »
· Devoir de communiquer avec lui et de développer son sens critique. Educateurs, parents, enseignants doivent être prêts au dialogue avec les jeunes, et ce dialogue commence par lécoute bienveillante.
· Devoir de laider à élaborer des armes efficaces pour se défendre dans un monde où le combat sera quotidien.
· Devoir de le respecter et de lélever pour lui-même et non pour soi.
· Devoir de le préparer à partir un jour comme un être indépendant, libre de ses choix, et non comme un messager, vivant par procuration les fantasmes et les désirs irréalisés de ses parents.
· Se tirer daffaire, pour un toxicomane, cest non seulement abandonner la drogue, mais aussi acquérir un mode de relation harmonieux avec autrui, affirmer son indépendance et son autonomie, être maître de son destin. »
¨ Faire vivre les jeunes dans la confiance
¨ Eviter le dénigrement et la critique systématique
¨ Travailler à une société plus fraternelle, plus
juste et plus humaine.
Cest aussi contribuer à faire reculer la drogue.

