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Les données récentes de la Conférence de Consensus de Genève sur l'hépatite B (septembre 2002)
Fabien ZOULIM Hôtel Dieu, Lyon
Journée d'Hépatologie de l'Hôpital Henri Mondor 2002

Mis en ligne le 27 septembre 2002 par Bruno Bour MD        Maîtres Toiles     

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La toute récente Conférence de Consensus sur l'Hépatite B, qui s'est tenue à Genève les 13 et 14 septembre 2002, a fait le point sur les connaissances actuelles sur la prise en charge de l'hépatite B. En ce qui concerne les données de santé publique, un message fort concernant l'innocuité et l'efficacité de la vaccination contre l'hépatite B a été passé. La vaccination universelle est la seule façon de pouvoir réduire le risque de transmission et éradiquer cette infection virale, conjointement aux mesures d'hygiène. Parmi les données concernant l'histoire naturelle de la maladie, ont été soulignées la grande variété de mutants pouvant changer la présentation clinique et rendre difficile le diagnostic de la maladie. L'avènement de nouvelles techniques de quantification du génome viral et de la détection des virus mutants est à souligner, mais un effort de standardisation sera capital pour l'optimisation de la prise en charge de l'hépatite B. La Conférence de Consensus a bien sûr mis à jour toutes les données concernant le traitement de l'hépatite B avec notamment les nouvelles molécules antivirales. Les points positifs du traitement par la lamivudine avec le contrôle initial de la réplication virale et l'amélioration biochimique et histologique ont été soulignés. Cependant, l'émergence progressive de mutants résistants associée à une progression de la maladie hépatique doit faire envisager de nouvelles options thérapeutiques. Les combinaisons de la lamivudine avec l'interféron semblent une voie intéressante, mais les protocoles d'administration des deux molécules doivent être affinés. L'efficacité de l'adéfovir a été clairement rapportée, que ce soit pour le traitement des hépatites B chroniques positives pour l'antigène HBe, les hépatites B chroniques associées à un mutant pré-core, ou les hépatites B chroniques associées à une résistance à la lamivudine. L'adéfovir en monothérapie est un traitement permettant le contrôle de la réplication virale. Un traitement prolongé est donc nécessaire. Pour l'instant, aucune évidence de résistance n'a été apportée. Les combinaisons d'adéfovir et de lamivudine ou d'adéfovir et d'interféron pégylé ont été discutées afin d'améliorer les résultats et d'induire une réponse immune permettant d'arrêter éventuellement le traitement. Des résultats très encourageants ont été montrés sur une étude de phase II avec l'interféron pegylé, mais ceci nécessite d'être confirmé sur une étude de phase III actuellement en cours. L'interféron pégylé pourrait être la base des futures combinaisons avec des analogues de nucléoside. Des résultats très encourageants d'essais cliniques de phase II ont été rapportés, avec de nouveaux analogues de nucléoside, comme l'entécavir, l'enthrycitabine, la clévudine, le LdT et le LdC. Différents concepts thérapeutiques ont été discutés, avec notamment la nécessité d'adapter les traitements antiviraux à la situation virologique et clinique de chaque patient et de ne plus se fixer sur un schéma thérapeutique prédéterminé. II apparaît clairement que les traitements par analogues de nucléoside, à l'heure actuelle, sont des traitements permettant de contrôler l'infection virale et sont donc des traitements suppresseurs qui doivent être administrés de façon prolongée. L'interféron alpha est le seul traitement permettant d'espérer, à l'heure actuelle, de stimuler une réponse immunologique durable permettant de contrôler la réplication virale après l'arrêt du traitement chez les patients positifs pour l'antigène HBe. Chez les patients infectés par un mutant pré-core, quelles que soient les options thérapeutiques, un traitement prolongé doit être envisagé. La Conférence de Consensus a aussi clairement montré que l'avenir proche serait celui des combinaisons thérapeutiques. Des essais thérapeutiques sont actuellement en cours avec les combinaisons d'analogues de nucléoside ou les combinaisons d'analogues de nucléoside + interféron pégylé. Ceci devrait permettre de bouleverser dans un proche avenir les concepts thérapeutiques actuels et améliorer l'efficacité des traitements.

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