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Histoire naturelle
de l'infection par le virus de l'hépatite B Mis en ligne le 27 septembre 2002 par Bruno Bour MD Maîtres Toiles |
Le risque de toute
hépatite chronique est le développement d'une cirrhose. En cas d'hépatite chronique
virale B, le taux d'incidence annuel de la cirrhose est de 1 à 2%. Il est majoré par le
sexe masculin, une consommation excessive d'alcool, une infection associée par les virus
C, D ou HIV et l'importance de la fibrose au moment du diagnostic. En cas de cirrhose
virale B, le taux de survenue d'une décompensation est de l'ordre de 3,5% par an et celui
de carcinome hépatocellulaire de l'ordre de 2% par an (plus élevé chez l'homme que chez
la femme).
L'évolution de l'infection chronique par le virus B est marquée, au fil des années, par
la disparition des marqueurs sériques de réplication virale (ADN viral, antigène HBe).
Celle-ci survient généralement de façon contemporaine à une exacerbation de la
maladie. Le taux annuel de disparition de la réplication virale est de 5 à 10%. II est
plus élevé chez la femme que chez l'homme. La disparition de la réplication conduit à
une diminution de l'activité de la maladie. Toutefois, si une biopsie hépatique est
faite à ce stade, elle peut montrer des lésions sévères, notamment de cirrhose, qui se
sont constituées alors que la maladie était encore active. Malgré l'arrêt de la
réplication virale, l'antigène HBs sérique reste habituellement présent, mais il peut
aussi disparaître, remplacé par l'anticorps anti-HBs, avec un taux d'incidence annuel de
l'ordre de 1%. A ce stade, l'ADN du virus B, absent du sérum, peut encore être détecté
dans le foie.
L'exacerbation de la maladie qui conduit à l'arrêt de la réplication virale, peut aussi
aboutir à la sélection d'un variant, caractérisé par la persistance de l'ADN viral et
l'absence d'antigène HBe dans le sérum (par défaut de production ou de sécrétion par
le foie). Ce variant (dit pré-C) semble associé à des lésions hépatiques plus
sévères que celles liées au virus sauvage. Sa survenue serait favorisée par certains
génotypes du virus B. Sa fréquence a augmenté au cours des années. II est aujourd'hui,
en France, la cause de la moitié des hépatites chroniques B.
Toutes ces manifestations du virus B peuvent être évitées par la vaccination. A la
suite d'allégations non scientifiquement prouvées, cette vaccination a marqué dans
notre pays un dangereux temps d'arrêt que nos tutelles devraient pouvoir, à court terme,
inverser.
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