![]() |
Transplantation
hépatique. Comment gérer les indications et la liste d'attente en situation de pénurie
de greffons ? Mis en ligne le 27 septembre 2002 par Bruno Bour MD Maîtres Toiles |
- Restreindre ou, de façon plus éthique, rationaliser les indications de transplantation en réservant la transplantation hépatique aux malades pour lesquels il n'existe pas d'alternative thérapeutique et en évaluant de façon rigoureuse l'intérêt de la transplantation dans les situations où d'autres solutions thérapeutiques sont envisageables (ascite réfractaire, petit carcinome hépatocellulaire...).
- Rationaliser l'attribution des organes. Les organes pourraient être attribués non seulement en fonction de la date d'inscription sur liste mais également en fonction de la gravité et de l'espérance de vie d'un malade donné à un temps donné. Une politique de ce type est en cours d'institution aux USA grâce à l'application systématique et renouvelée pendant la phase d'attente d'un score pronostique continu, le MELD (model for end stage liver disease). Les malades avec le score MELD le plus élevé sont ceux pour lesquels la probabilité de survie à 3 mois est la plus faible et sont ceux auxquels sont attribués préférentiellement les organes. Un tel système pourrait être testé de façon pilote en France. L'application de ce modèle ne permet cependant pas encore de positionner dans ce système les candidats à la greffe pour carcinome hépatocellulaire.
- Rationaliser
la distribution des organes et les flux de malades.
Le délai d'attente en transplantation hépatique n'est pas identique d'une région à
l'autre. Par ailleurs, il existe d'une part des flux de malades, liés au fait que
certains malades peuvent être transplantés dans des régions d'activité de greffe
différentes de leur région d'origine, et d'autre part des flux de greffons, par
distribution des greffons à des centres exerçant dans une région différente du lieu de
prélèvement. Une meilleure régulation ces flux pourrait permettre d'ajuster les temps
d'attente aux besoins de chaque région et d'optimiser la mortalité sur liste.
Conclusion : le contrôle de la pénurie est impératif pour permettre de stabiliser voire de réduire la mortalité sur liste. Différentes approches sont envisageables et doivent être testées en conciliant au mieux les principes majeurs qui guident gestion de la pénurie que sont les principes de justice et d'équité d'une part, d'efficacité et d'utilité d'autre part.
[Nouveautés] [Lignes directrices] [Périodiques] [Spécialités] [Médecin] [Etudiant] [FMC] [Images] [Informatique] [Patient] [Associations] [Bibliothèque]