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Rémicade et
maladies inflammatoires cryptogénétiques de l'intestin : le point Mis en ligne le 27 septembre 2002 par Bruno Bour MD Maîtres Toiles |
Efficacité et tolérance à court terme
L'efficacité à court terme sur les symptômes et les lésions de MC, dont les fistules, est d'au moins 50 %. L'effet est rapide, en quelques jours, assez souvent spectaculaire, mais en règle seulement transitoire (en moyenne 8-12 semaines). Des effets secondaires mineurs surviennent au cours de 6 % des perfusions et chez 17 % des patients. Le risque rare mais potentiellement grave de tuberculose a été reconnu et donne lieu à un dépistage systématique des sujets à risque avant tout traitement. L'association à un immunosuppresseur semble indispensable pour les experts Européens afin d'améliorer l'efficacité à long terme et la tolérance en cas de retraitement.
Efficacité et tolérance des traitements itératifs
En dehors d'un résumé qui
soulignait un risque élevé d'hypersensibilité retardée mais qui utilisait une forme
ancienne du produit, on ne connaît pas bien la tolérance des retraitements « à la
demande » si la durée entre deux traitements a dépassé 14 semaines. Les essais
entrepris à ce jour et qui viennent d'être publiés concernent des traitements
systématiques toutes les 8 semaines.
Jusque là, seul un essai publié en 1999 (Rutgeerts P et al. Gastroenterology 1999)
faisait état de 73 malades initialement répondeurs à un traitement par Rémicade pour
traiter une MC et traités au long cours pendant 44 semaines, soit par placebo soit par
une perfusion toutes les 8 semaines de Rémicade à la dose de 10 mg/kg. Ce 1 er essai
avait montré que le pourcentage de malades encore en rémission à la semaine 44 était
de 20 % dans le groupe placebo contre 51 % dans le groupe Rémicade.
L'étude ACCENT
1 (Hanauer et al. 2002 [résumé])
est une étude randomisée double aveugle contre placebo utilisant le Rémicade dans le
traitement prolongé de patients atteints de MC modérée à sévère et ayant été mis
en rémission en moins de 2 semaines par une première perfusion de rémicade. Ses
objectifs étaient de déterminer l'efficacité et le profil de tolérance d'un traitement
d'entretien sur 54 semaines par des perfusions régulières toutes les 8 semaines de
manière à réduire les symptômes de cette maladie.
573 malades ont reçu un traitement initial par une 1 ère perfusion de Rémicade à la
semaine 0 à la dose de 5 mg/kg de poids. Les malades inclus dans l'analyse d'efficacité
sont uniquement ceux chez lesquels une réponse à cette l ère perfusion a pu être
observée au bout de 2 semaines de traitement soit 335 malades (58,5 % des 573 malades
initialement traités), trois attitudes thérapeutiques ont été comparées : les
patients du groupe 1 (n=110) ont été traités par une perfusion de placebo à 2, 6, 14,
22, 30, 38, 46 et 54 semaines. Ils n'ont donc reçu qu'une seule perfusion initiale de
Rémicade. Les patients du groupe 2 (n=113) ont reçu une perfusion de Rémicade à la
dose de 5 mg/kg de poids aux semaines de 2, 6, 14, 22, 30, 38, 46 et 54. Les patients du
groupe 3 (n=112) ont reçu une perfusion de Rémicade à la dose de 5 mg/kg aux semaines 2
et 6 puis à la dose de 10 mg/kg aux semaines 14, 22, 30, 38, 46 et 54.
Les malades chez lesquels l'efficacité thérapeutique était perdue au cours d'essais
voyaient leur posologie de Rémicade augmentée par 5 mg/kg de poids (les malades
initialement sous placebo recevaient donc une perfusion de 5 mg/kg, ceux à la dose
initiale de 5 mg/kg une perfusion de 10 mg/kg et ceux à la dose initiale de 10 mg/kg une
perfusion de 15 mg/kg).
A la 54ème semaine de traitement le pourcentage de maintien de rémission était de 33,3
% dans le groupe traité régulièrement vs 13,6 % dans le groupe traité par placebo. Le
nombre de malades avec réponse clinique était de 42,9 % dans le groupe traité versus
15,5 % dans le groupe placebo. La possibilité d'un sevrage complet en corticoïdes était
observée chez respectivement 29 % et 9% des sujets (p=0.004) Le profil de tolérance du
traitement semblait satisfaisant aux auteurs cependant trois patients sont décédés
pendant l'essai ce qui n'a pas donné lieu à une discussion approfondie et un quatrième
est décédé d'un lymphome un peu plus tard. Les pourcentages de maintien en rémission
fournis dans cette étude par le Rémicade sont plutôt inférieurs à ceux observés avec
les traitements d'entretien "classiques" de la maladie de Crohn, tout
particulièrement l'azathioprine. En fait, il est dommage que seuls 27 % des malades de
cette étude aient été traités par immunosuppresseurs car nous considérons en Europe
qu'une telle association devrait être la règle. Ils pourraient améliorer la tolérance
au long terme en diminuant le risque d'apparition d'anticorps anti-TNF et constituer une
stratégie thérapeutique d'association voire de relais plus efficace. L'extrapolation de
ce travail à nos malades est donc un peu difficile.
ACCENT 2 (Sands et al. 2002 [pas de résumé]) est une étude randomisée double aveugle contre placebo utilisant le Rémicade dans le traitement prolongé de patients atteints de MC avec fistules et ayant été mis en rémission par une première série de perfusions de rémicade. Ses objectifs étaient de déterminer l'efficacité et le profil de tolérance d'un traitement d'entretien sur 54 semaines par des perfusions régulières toutes les 8 semaines de rémicade ou de placebo. Dans cet essai aussi les malades rechuteurs étaient traités avec une perfusion de rémicade avec une posologie augmentée de 5 mg/kg. 195 des 306 malades perfusés par rémicade sont entrés dans l'étude du fait de l'obtention d'une rémission. A un an 36 % des malades du groupe rémicade étaient en rémission complète contre 19% dans le groupe placebo. La réponse des fistules était observée chez 46 % et 23 %.
Références
Hanauer et al. Lancet 2002 ; 359(9317):1541-9 [résumé]
Sands et al. Gastroenterology May 2002 abstract. [pas de résumé]
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