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Hygiène du coeur et des vaisseaux
Conseils pour la santé
Dr René Flurin
Mis en ligne le 20 avril 2001

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Attention fragile!

Sommaire
Fonction circulatoire
Appareil circulatoire
Principaux facteurs de risque cardio-vasculaire et leur prévention
Prévenir dès l'enfance
Hygiène veineuse

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I. LA FONCTION CIRCULATOIRE

 

La première cellule vivante est apparue dans l’eau de mer. Toute cellule vivante a besoin pour fonctionner d’être immergée dans un milieu formé d’eau salée, au sein duquel elle puisse trouver tous les éléments dont elle a besoin, et où elle puisse rejeter tous les déchets de son activité.

 

Or, l’organisme des mammifères, et tout spécialement de l’homme, est formé d’environ 200 milliards de cellules. La plupart d’entre elles sont éloignées du milieu nourricier. Au cours de l’évolution, ce milieu nourricier s’est transporté dans un liquide qui baigne toutes nos cellules et que Claude Bernard a décrit sous le terme de milieu intérieur, par opposition au milieu extérieur.

« Ce milieu intérieur est constitué par une quinzaine de litres d’eau salée qui contient tous les éléments nécessaires à la vie. Il doit donc être constamment renouvelé, pour apporter à chaque cellule les éléments dont elle a besoin, et emporter les déchets de leur fonctionnement. »

(A. Jouve)

 

L’appareil circulatoire a précisément pour fonction d’assurer cette liaison entre le milieu intérieur et le milieu extérieur par le transport du sang à tous nos organes, à chacune de nos cellules. C’est la circulation sanguine. Grâce à elle, le sang puise dans l’air extérieur au niveau des alvéoles pulmonaires, grâce à ses globules rouges, l’oxygène dont l’organisme a besoin, et y rejette le gaz carbonique et la vapeur d’eau.

Il apporte aux différents organes les substances nutritives indispensables et emporte les déchets de la vie cellulaire.

La circulation a en outre pour rôle d’assurer le transport de certains éléments d’un organe à un autre, et d’assurer la régulation et la constance de la température du corps en adaptant le débit des petits vaisseaux de la peau.

 

 


II. L’APPAREIL CIRCULATOIRE

 

circulation.jpg (43967 octets) L'appareil circulatoire est formé un double circuit : la circulation générale et la circulation pulmonaire
Desin Evelyne Tastet

1. La circulation générale

 

La circulation générale, à partir de la partie gauche du cœur (oreillette et ventricule gauches), conduit le sang chargé d’oxygène (sang rouge), à travers l’aorte et ses branches de division, jusqu’aux différents organes. Elle y dépose l’oxygène de ses globules rouges et les différentes substances du plasma nécessaires à la vie des cellules.

Le sang, chargé de déchets, en particulier de gaz carbonique, retourne au cœur droit à travers le réseau veineux, jusqu’aux grosses veines caves qui aboutissent à l’oreillette droite.

2. La circulation pulmonaire

 

La circulation pulmonaire part du cœur droit (oreillette et ventricule droits). Le ventricule droit propulse le sang chargé de gaz carbonique (sang bleu) à travers l’artère pulmonaire et ses branches de division, jusqu’aux alvéoles pulmonaires, où le sang se débarrasse de gaz carbonique et se recharge en oxygène. Le sang ainsi oxygéné est ramené à l’oreillette et au ventricule droits par les veines pulmonaires.

 

 

3. Le cœur

 

Le cœur est d’abord un muscle (appelé myocarde) chargé de propulser le sang dans tout l’organisme par ses contractions régulières et rythmées.

 

Il est divisé en 4 cavités : les oreillettes droite et gauche, chambres de remplissage, les ventricules droit et gauche, chambres de propulsion. Ces cavités sont groupées 2 à 2 : oreillette et ventricule droits formant le cœur droit, oreillette et ventricule gauches formant le cœur gauche. Cœur droit et cœur gauche sont séparés par une cloison étanche. L’écoulement de sang dans la bonne direction est assuré par un jeu de valves entre chaque oreillette et son ventricule, et entre les ventricules et leurs artères. Ces valvules s’opposent au reflux du sang. La pression artérielle s’élève pendant la contraction des deux ventricules : c’est la pression artérielle systolique ; elle s’abaisse pendant la période de repos du cœur : c’est la pression artérielle diastolique.

 

 

4. Le muscle cardiaque est recouvert d’une membrane séreuse à double feuillet, le péricarde, qui le protège et en facilite les glissements.

 

 

5. Il est tapissé à l’intérieur par un revêtement, l’endocarde, mal vascularisé, notamment au niveau des valvules. Cette zone est un point d’appel pour la fixation de certains microbes, notamment ceux de la famille du streptocoque, qui sont à l’origine de lésions cardiaques : insuffisance mitrale ou aortique, endocardite bactérienne.

 

 

6. Le cœur est doté d’une autre particularité remarquable, celle de pouvoir se contracter de façon autonome. Un circuit électrique de commande, appelé tissu nodal, assure la contraction régulière et rythmée du muscle cardiaque. Ce courant électrique part du nœud sinusal situé à la partie haute de l’oreillette droite ; des voies de conduction assurent la transmission du courant électrique aux différentes parties du cœur.

 

 

7. Les artères sont formées de 3 couches concentriques :

 

-  une couche externe appelée adventice, qui apporte à l’artère les éléments nourriciers dont elle a besoin.

- une couche moyenne, musculaire et élastique, surtout riche en fibres élastiques dans les grosses artères, surtout riche en fibres musculaires dans les artérioles (petites artères).

L’altération des fibres élastiques, notamment celle de l’aorte, expose à la distension de la région concernée et à l’installation d’un anévrisme de l’aorte.

- une couche interne, au contact du courant sanguin, fragile, mal irriguée, lieu d’élection des lésions et des dépôts graisseux générateurs d’athérosclérose.

 

 

8. Les capillaires représentent le réseau d’échanges entre le sang et les cellules par l’intermédiaire de la lymphe interstitielle, milieu intérieur baignant toutes les cellules. Ce sont de tous petits vaisseaux, (fins comme des cheveux d’où leur nom), de l’ordre de 5 à 10 microns de diamètre, qui forment un réseau incroyablement serré de l’ordre de 2500 capillaires par cm². Leur paroi, d’une très grande minceur, de l’ordre d’un micron, est formée par une simple couche de cellules plates, permettant des échanges faciles à travers leur paroi, entre le sang et les liquides entourant la cellule.

 

 

9. Les veines ont pour rôle de ramener le sang depuis les capillaires jusqu’au cœur. D’abord formées de toutes petites veinules, elles se rassemblent en veines de plus en plus grosses jusqu’aux veines caves supérieures et inférieures qui ramènent le sang bleu vers le cœur. Le secteur veineux est très extensible. Le sang y circule sous faible pression. Elles constituent un vaste réservoir sanguin, contenant de 65 à 70% du volume sanguin de l’organisme.

La dilatation excessive des veines, surtout fréquente aux jambes, se traduit par des varices et une insuffisance veineuse.

La lenteur du courant sanguin favorise la formation d’un caillot, ou thrombose, dans certaines circonstances : suites de couches, suites opératoires, immobilisation prolongée. Lorsque le caillot se détache de la paroi veineuse, il est emporté par le flux sanguin vers le cœur droit et l’artère pulmonaire, dont il vient obstruer une branche ; il est ainsi à l’origine d’une embolie pulmonaire qui revêt parfois un caractère dramatique.

 

 

10. L’épuration sanguine est assurée par 3 organes :

-  les poumons qui assurent l’épuration gazeuse (gaz carbonique et vapeur d’eau).

- les reins qui assurent la constance du milieu intérieur par l’élimination dans l’urine des produits en excès dans le sang et des produits toxiques solubles.

- le foie, placé entre le réseau veineux digestif de la veine-porte, et la veine cave inférieure ; il assure, par sa fonction anti-toxique , la neutralisation de substances dangereuses pour l’organisme.

Ces 3 organes sont dotés d’un réseau capillaire particulièrement dense.

 

 


III. LES PRINCIPAUX FACTEURS DE RISQUE CARDIO-VASCULAIRE ET LEUR PREVENTION

 

1. L’Athérosclérose

 

Le risque majeur est celui de l’athérosclérose ou encrassement des artères par des dépôts de graisse sur leur paroi interne ; ces dépôts entraînent un rétrécissement progressif du calibre de l’artère. Le sang circule de plus en plus mal ; des caillots peuvent se former et obstruer l’artère : c’est la thrombose. Les tissus irrigués par l’artère ne reçoivent plus les substances vitales dont ils ont besoin ; ils sont privés de l’oxygène

indispensable à leur vie. L’athérosclérose atteint toutes les artères, mais certains organes y sont particulièrement sensibles, notamment les plus richement irrigués, les plus avides d’oxygène :

- les artères nourricières du cœur, ou artères coronaires, dont l’obstruction aboutit à l’infarctus du myocarde.

- les artères du cerveau, avec le risque de thrombose cérébrale.

- les artères rénales, avec le risque d’insuffisance rénale.

D’autres localisations sont fréquentes :

- les artères nourricières de l’aorte, avec le risque d’anévrisme.

- les artères des jambes, avec le risque de gangrène.

 

 

2. L’hypercholestérolémie, ou excès de cholestérol dans le sang, est la cause majeure de l’athérosclérose. Le cholestérol est un produit indispensable à la vie de toutes nos cellules, ainsi qu’à la formation de certaines hormones, comme les hormones surrénales. C’est l’excès de cholestérol qui est dangereux , au delà de 2,50g par litre de sang. Encore faut-il distinguer 2 sortes de cholestérol : le « bon » cholestérol d’une part, ou cholestérol H.D.L. (lipides de haute densité) qui joue le rôle d’éboueur des artères et tend à évacuer le cholestérol en excès ; c’est un protecteur du cœur et des artères. Le « mauvais » cholestérol d’autre part ou cholestérol L.D.L. (lipides de basse densité) qui tend à se déposer sur la paroi des artères et à les encrasser. C’est lui qui va former les plaques d’athérome. Il existe des formes familiales d’hypercholestérolémie, dépendant d’une cause génétique ; dans ce cas, la meilleure prévention réside dans le traitement médicamenteux prescrit par le médecin, régulièrement suivi et qu’il ne faut pas interrompre sans avis médical.

 

Dans d’autres cas, par contre, l’hypercholestérolémie est acquise et en rapport avec le mode de vie et les erreurs de régime alimentaire.

Beaucoup de personnes mangent trop et mangent mal. Leur régime comprend trop de graisses et surtout trop de graisses animales (lard, graisse de cuisson des viandes…). L’absorption excessive de ces graisses dites saturées augmente le taux des lipides dangereux pour les artères et s’accompagne d’un excès de cholestérol.

Un excès de poids est souvent le signe d’une alimentation déséquilibrée.

 

La diététique appropriée comporte donc :

- un apport calorique global proportionné aux dépenses énergétiques ;

- un apport de graisses alimentaires limité à 30% de la ration calorique globale ;

- un apport de graisses saturées (d’origine animale) au quart de l’apport des graisses ;

- la moitié de l’apport de graisse doit être fourni par les graisses végétales qui s’opposent au dépôt de cholestérol dans les artères, notamment par les huiles végétales d’olive, de maïs, de tournesol.

 

Les aliments à privilégier sont :

- les poissons riches en protéines d’excellente qualité, sources de fer, de phosphore, d’iode, peu gras ou fournisseurs de bonnes graisses ;

- les produits laitiers, riches en calcium et notamment les moins gras : lait écrémé, yaourt, fromage blanc ;

- les légumes et les fruits, riches en calcium et potassium, riches en fibres utiles pour le bon fonctionnement intestinal, à consommer à chaque repas ;

- l’eau : « l’eau hydrate les cellules, transporte les substances nutritives, élimine les déchets. L’eau est la seule boisson indispensable : il faut boire au moins 1 litre d’eau par jour, même sans soif, aux repas et en dehors des repas.

 

Pour préparer la cuisine, on préférera les modes de cuisson sans matières grasses.

 

Les aliments à éviter sont :

- les aliments trop riches en graisses animales : viande et charcuterie grasse, fritures, sauces grasses.

- les boissons alcoolisées.

 

Limiter les apports d’aliments riches en cholestérol (beurre, jaune d’œuf) sans les supprimer de l’alimentation.

 

 

3. L’hypertension artérielle

 

Elle correspond à un excès de pression dans le circuit artériel, atteint toutes les artères. Elle favorise le dépôt de graisses sur leur paroi donc, l’athéro-sclérose ; elle contraint le cœur à une surcharge de travail, le fatigue prématurément et provoque sa défaillance. Elle est un facteur de risque important pour les accidentés vasculaires cérébraux, l’insuffisance cardiaque et l’insuffisance rénale. Elle multiplie par 3 le risque d’infarctus du myocarde et le multiplie par 6 lorsqu’elle est associée au tabac. Chez un certain nombre de personnes, l’hypertension artérielle est une maladie familiale. Il existe heureusement, à l’heure actuelle, des médicaments de l’hypertension artérielle, efficaces dans la plupart des cas. La meilleure prévention réside alors dans la régularité des prises médicamenteuses, aux doses présentées par le médecin sous surveillance médicale régulière. Chez d’autres personnes, l’hypertension artérielle est due au mode de vie et à des erreurs diététiques, ou, à tout le moins, aggravée par celles-ci.

 

Les principaux facteurs de risque sont, à cet égard :

- la consommation excessive de sel dans l’alimentation ;

- l’abus des boissons alcoolisées : 30% des hypertensions artérielles sont dues à l’alcool ;

- le tabagisme et le stress.

 

Les mesures préventives appropriées en découlent :

La première de ces mesures consiste à ne pas abuser du sel et des aliments salés. Il faut perdre l’habitude de rajouter systématiquement du sel aux aliments, et ne pas laisser de salière sur la table du repas.

 

En France, la consommation moyenne de sel atteint 12 grammes par jour, alors que 3 à 4 grammes suffiraient dans des conditions normales. L’hypertension artérielle n’existe pas dans les pays où la consommation de sel ne dépasse pas ces chiffres.

A l’inverse, l’hypertension artérielle est fréquente dans les régions où la consommation de sel dépasse 20g par jour, comme dans certaines régions du nord du Japon.

 

 

4. L’hyperglycémie

 

L’excès de sucre dans le sang , ou hyperglycémie, est également un facteur d’altération des vaisseaux du sang, notamment sous la forme de diabète non contrôlé : il constitue notamment une cause d’altération des vaisseaux rénaux, d’atteinte des artères coronaires et d’infarctus du myocarde, d’artérite des membres inférieurs.

 Lorsque le régime ne suffit pas à normaliser le taux de sucre dans le sang, la meilleure prévention réside dans le traitement médicamenteux du diabète régulièrement suivi et surveillé. Dans tous les cas, un régime approprié est indiqué.

Ne pas abuser du sucre et des aliments sucrés : gâteaux, pâtisseries, sirops, sodas. A ces sucres d’action rapide, il faut préférer, en règle générale, les sucres lents : pâtes, pommes de terre, pain, lentilles, petits pois.

Eviter l’excès de poids, ainsi que l’alcool, qui fait monter le taux de sucre dans le sang.

 

 

5. Le tabagisme

 

Le tabagisme représente une menace majeure pour le cœur et les artères. Il abaisse le taux du « bon » cholestérol, celui qui protège les artères et les rend plus réceptives au dépôt du « mauvais » cholestérol. Il favorise la thrombose et le spasme artériel. Il accélère le cœur et augmente la tension artérielle. Il est dangereux pour toutes les artères, et plus spécialement pour les artères coronaires du cœur, avec la menace d’infarctus ; pour les artères du cerveau, avec le risque de paralysie ; pour l’aorte, avec le risque d’anévrisme. Il est la cause quasi exclusive de l’artérite des membres inférieurs, avec son risque de gangrène.

L’arrêt total et immédiat du tabac est indispensable à la prévention et au traitement des maladies du cœur et des artères.

 

 

6. L’alcool

 

L’alcool constitue un des principaux facteurs de risque cardio-vasculaire. Par action directe sur les fibres du muscle cardiaque, il est à l’origine de cardiomyopathie alcooliques (maladies du muscle cardiaque).

Il augmente l’excitabilité du cœur et favorise les troubles du rythme.

Il est un facteur de risque pour l’hypertension artérielle : 30% des hypertensions artérielles régressent par la suppression de l’alcool.

Le risque d’accident vasculaire cérébral serait triplé chez les gros buveurs.

L’alcool augmente les triglycérides du sang, facteur d’athérosclérose.

Par contre, le vin rouge, pris en quantité modérée, serait doté d’une action anti-oxydante et aurait un effet positif sur la formation du « bon » cholestérol H.D.L..

Lorsqu’il est absorbé en quantité trop forte, au-delà de 2 verres par jour, cet effet s’inverse…

Evitons tout abus de boissons alcoolisées. Buvons avec modération du bon vin, notamment du vin rouge.

 

 

7. Le stress

 

 Le stress est un facteur d’aggravation des maladies cardio-vasculaires : hypertension artérielle, infarctus du myocarde … Apprenons à le contrôler par la détente, la maîtrise de soi, la relaxation, la qualité du sommeil, un exercice physique raisonnable.

8. Le manque d’exercice physique

 

La vie moderne favorise la sédentarité. La plupart d’entre nous passent une grande partie de leur temps assis : devant leur écran de télévision ou d’ordinateur, à table, dans leur voiture, dans leur travail.

 

Cette vie trop sédentaire affaiblit le cœur ; le muscle cardiaque perd de sa puissance et envoie moins d’oxygène aux muscles et aux organes. La musculature a elle même tendance à s’atrophier et les articulations à perdre leur souplesse.

 

L’exercice physique, par contre, améliore la performance du cœur et sa résistance à l’effort. Il améliore le débit artériel. Il brûle les excès de sucre et de graisses de sang. Il favorise la circulation sanguine et permet une meilleures irrigation de tous les muscles, du cœur en particulier. Il apporte la détente et calme le stress.

 

Pour être bénéfique, l’exercice physique doit être raisonnable, progressif et surtout régulier. Ce qui compte c’est l’exercice physique quotidien, et non pas la pratique d’un sport plus ou moins violent une fois par semaine ou à l’occasion des vacances.

 

« La marche est l’activité physique la plus naturelle ; elle peut être pratiquée par tous à tout âge, en tout lieu ».

Chaque fois que c’est possible, il faut préférer la marche à la voiture, monter les escaliers au lieu de prendre l’ascenseur ou l’escalator, faire à pied une partie du trajet qui conduit du lieu de travail à son domicile. On peut marcher partout, en ville comme à la campagne. Toutefois la marche en montagne est particulièrement bénéfique. Il faut la pratiquer à son pas, partir d’un rythme assez lent, maintenir une cadence régulière, sans jamais s’essouffler. D’une façon générale, il est préférable de pratiquer, outre la marche, des exercices d’endurance, en aérobie, c’est-à-dire en utilisant pleinement sa respiration : natation, bicyclette, footing à petites foulées. Pendant tous ces exercices, il faut veiller à la qualité de la respiration, surtout à l’expiration.

 

 

9. L’infection streptococcique

 

Le streptocoque est un microbe dangereux pour le cœur, notamment pour les valvules du cœur. Il importe à cet égard de surveiller les gîtes microbiens le plus souvent en cause : foyers d’infections des sinus de la face, amygdalite, et de ne jamais négliger une angine, d’autant que la pénicilline demeure très efficace contre le streptocoque.

 

 


IV. Prévenir dès l’enfance

 

Ecoutons les conseils du Professeur A. Jouve :

 

L’athérosclérose commence à s’installer dès les premières années de la vie, à un âge où les lésions sont totalement réversibles. A l’âge adulte, les lésions d’athérosclérose deviennent irréversibles ; c’est 20 ans plus tôt qu’il aurait fallu les traiter.

C’est aussi dans l’enfance que se contractent les mauvaises habitudes alimentaires ; alimentation trop riche, consommée à des horaires irréguliers, trop chargée en sucre : friandises, pâtisseries, soda, trop riche en graisse : beurre,

crème, trop salée : fritures, pommes chips…repas mal répartis, au détriment du petit déjeuner.

 

Manger mieux, cela commence au berceau. Il ne faut pas confondre beau bébé et gros bébé.

Le lait maternel est celui qui convient le mieux à l’enfant. Il ne faut pas ajouter de sucre ou de sel dans ses petits pots, sous le prétexte de stimuler son appétit.

 

« Donnez lui tout de suite de bonnes habitudes pour qu’il n’ait pas plus tard, à en perdre de mauvaises ».

(Pr. A. Jouve)

 

Un enfant obèse est un grand candidat à l’hypertension artérielle. Il faut lutter dès le jeune âge contre la trop forte consommation de sucre, de boissons gazéifiées et de sel.

Prévenir l’hypertension artérielle, c’est prendre l’habitude dès l’enfance :

- de manger modérément, surtout peu de sucres et de graisses ;

- de ne pas resaler les aliments ;

- de faire régulièrement de l’exercice physique ; de rechercher la vie au grand air ;

- de fuir les lieux enfumés et clos.

 

· L’enfant est la cible et la victime du tabac. Il doit parfois supporter le tabagisme des parents, quelquefois dès avant sa naissance.

 

« Fumeurs impénitents, avez-vous conscience du mal que vous faites autour de vous » ?

« Les soins dont on entoure une vigne, ne peut-on les appliquer à protéger la santé de nos enfants » ?

(Pr. A. Jouve)

 

Seule une prévention précoce instaurée dès l’enfance, peut être pleinement efficace contre le développement des maladies cardio-artérielles, qui constitue à l’heure actuelle un des problèmes les plus importants de la médecine, et ceci dès le jeune âge.

 

 


V.HYGIENE VEINEUSE

 

La fondation pour la Recherche Médicale nous rappelle les principales règles d’hygiène à respecter pour prévenir les varices ou, au moins, en prévenir l’aggravation. Ces règles peuvent se résumer à 5 conseils :

· Eviter la stagnation veineuse par un exercice régulier : la marche, au moins une heure par jour, vélo, natation, gymnastique au sol, jambes surélevées.

Les sports qui entraînent un ébranlement répété de la colonne sanguine sont à éviter : tennis, squash, équitation… De même, on évitera la station debout prolongée.

 

· Eviter les sources de chaleur : exposition solaire à la plage, bains chauds. Ainsi que le conseille le docteur Marie-Christine Ginestat dans la revue « Angiologie » (supplément n° 72), sur la plage, on évitera de rester les jambes immobiles au soleil ; on les protégera sous un parasol ou une serviette mouillée ; le bronzage des jambes sera obtenu en marchant le long des plages.

On conseillera, par contre, des applications, 2 fois par jour, des douches fraîches de 18° à 20° dont le jet va de la cheville à la racine du membre.

 

· Pour favoriser le retour veineux, on évitera les chaussures ou bottes trop ajustées et les talons hauts. On préférera une chaussure confortable, souple, assez large, avec des talons de 2 à 3 centimètres.

On évitera de même de porter des vêtements trop serrés.

 

· L’alimentation devra éviter la surcharge pondérale, car l’obésité aggrave les varices. On évitera le vin blanc qui favorise les crampes nocturnes, ainsi que le tabac. L’utilisation de la pilule contraceptive peut favoriser les varices.

 

· Pour aider au retour veineux, on peut soulever les pieds du lit, car les veines se drainent pendant la nuit. Dans la journée, le port du bas de contention est indiqué, notamment en cas de station debout prolongée.