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Hygiène du cerveau |
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Structure du cerveau
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Le cerveau est la structure la plus complexe de lunivers. Sa cellule de base est la cellule nerveuse, ou neurone.
Celle-ci se caractérise par lexistence de prolongements, dont les uns apportent des informations au neurone (les dendrites), alors que les autres communiquent les informations recueillies par le neurone (les axones). Ces prolongements, dendrites et axones, permettent ainsi la constitution de réseaux de plus en plus complexes et élaborés. Ce cerveau humain est formé de 1012 neurones, soit mille milliards de neurones. Les connections entre ces neurones atteint le chiffre de 1015, soit un million de milliards de neurones !
Si quelque jour, passant par le Berry, vous avez loccasion de visiter la cathédrale St Etienne de Bourges, vous pourrez y observer la superposition de trois édifices successifs : une crypte ancienne dune grande simplicité, surmontée dun chur roman aux voûtes encore incertaines ; enfin surmontant le tout et lenveloppant de toutes parts, ladmirable église gothique avec ses 5 vaisseaux de lumière sélançant vers le ciel. Cette cathédrale est un peu limage du cerveau humain.
Cerveau pré-fontal de l'homme |
Cerveau du paléo-mammifère (système limbique) |
Cerveau du néo-mammifère (néo-cortex) |
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Au
cours de lévolution, des premiers vertébrés à lhomme, sont apparus 3 cerveaux superposés :
· le cerveau dit reptilien ou diencéphale, qui assure la régulation de notre vie végétative. Cest le cerveau du milieu intérieur.
· le cerveau limbique ou rhinencéphale, cerveau des anciens mammifères. Il reçoit
surtout des messages olfactifs. Cest le cerveau de laffectivité, de
lémotion, de lapprentissage.
· le néocortex, formé de 2 hémisphères et de circonvolutions développant une énorme surface. Cest le cerveau de la conscience :
- lhémisphère gauche est surtout le cerveau du langage, de la logique et de labstraction
- lhémisphère droit, plus diffus, est le cerveau de lintuition, de laffectivité, de la musique, de lart.
- le lobe frontal est particulièrement
développé chez lhomme : cest
le siège des fonctions les plus
élaborées : pensée, synthèse, créativité.
Ces 3 cerveaux coexistent chez lhomme et sont en connexion étroite. Chacun des étages est subordonné à létage supérieur. A la différence des animaux, chez lhomme, les conduites instinctives nexistent plus ; elles sont remplacées par léducation et la culture. La société contemporaine est de plus en plus une société de lintelligence : le logiciel lemporte sur le matériel.
Linvestissement majeur est celui de léducation et de la formation des hommes.
Or le cerveau est un organe fragile :
- notre stock de neurones à la naissance est définitif ; il nest pas renouvelable ; des pertes de neurones ne se réparent pas.
- ses besoins en oxygène sont considérables ; il représente 20% de la consommation doxygène alors que son poids nest que de 2% du poids du corps.
- il est lorgane le plus vascularisé de lorganisme : toute interruption circulatoire entraîne rapidement des dégâts irréversibles.
- ses besoins nutritionnels sont considérables, en sels minéraux, en glucose, carburant unique des neurones, en lipides, constituants de la double
membrane des neurones, au niveau de laquelle seffectuent connexions et échanges.
« La diététique du cerveau » revêt donc une importance extrême.
« Le cerveau, ce prodige admirable et fragile,
apporte aux premiers vertébrés la sérénité dune meilleure adaptation (cerveau
reptilien). Plus tard, chez les mammifères anciens il a fait jaillir lharmonie et
se manifester la tendresse (cerveau limbique), mais seul le cerveau humain est capable
dinvention et damour ».
(J.M. Robert Comprendre notre cerveau)
« La mémoire est la brique, le tissu profond de
la pensée. Elle est le seul accès que nous ayons au passé, à lacquis ;
lanimal vit dans linstant, arc-bouté sur linstinct ; lhomme est mémoire »
(P. Chaunu)
La faculté dacquisitions nouvelles, trait dominant de la mémoire, est le résultat de la complexité croissante du réseau nerveux au cours de lévolution.
· La mémoire de linstinct est fixe ; elle ne comporte pas la possibilité dacquisitions nouvelles ; depuis des millions dannées, labeille ouvrière accomplit, selon un ordre immuable, des tâches successives : nourrice, productrice de gelée royale, magasinière et bâtisseuse, gardienne de la ruche, butineuse enfin.
· Le cerveau limbique, apparu chez les mammifères inférieurs, permet lapprentissage. Il demeure chez lhomme une pièce maîtresse de la mémoire. Son intégrité est indispensable, chez lhomme, à la fixation des souvenirs. Il est aussi le lieu de lapparition de laffectivité. A lorigine, mémoire et affectivité sont étroitement imbriquées. Chez lhomme, mémoire et affectivité se conditionnent mutuellement.
· Le cerveau supérieur, ou cortex cérébral, avec son réseau de millions de milliards de connexions nerveuses, est le lieu du stockage et du traitement des souvenirs. Le fonctionnement de la mémoire peut ainsi être analysé en 3 stades :
-
la mémorisation ou acquisition des souvenirs.
Lactivation du système limbique y joue un rôle prédominant, expliquant la part des émotions dans la fixation des souvenirs.
Elle conduit à la création de circuits nouveaux
dans le cortex cérébral : « la
répétition joue le rôle principal dans la gravure de plus en plus profonde de ces
circuits neuronaux support des souvenirs »
(R. Houdart)
- le stockage des souvenirs se fait dans la région du cortex cérébral correspondant au type dinformation :
* région occipitale pour les informations visuelles
* région pariétotemporale pour les informations verbales
Il sagit dune activité diurne, mais aussi nocturne : le sommeil paradoxal avec rêves contribuerait à la consolidation des souvenirs de la veille dont il consolide la trace.
- lévocation du souvenir fait aussi appel à lactivation du système limbique. Le cerveau supérieur y intervient de façon prédominante. Le lobe frontal, en particulier, est indispensable à la sélection des souvenirs, au choix des éléments à garder en mémoire, à leur analyse et à leur synthèse en vue de lélaboration de la pensée et de laction.
1. Protéger
le cerveau du ftus et du nouveau-né
Cest au cours des deux premiers mois de la vie intra-utérine que se mettent en place les structures du cerveau. La multiplication des neurones atteint son maximum aux 4ème et 6ème mois, donnant de 5 à 8 milliards de neurones pour le seul cerveau supérieur. La formation de 6 couches de cellules nerveuses dans le néocortex seffectue entre le 3ème et 6ème mois de grossesse.
Les prolongements cellulaires (dendrites et axones) se mettent en place vers le 6ème mois de la vie intra-utérine ; ils continuent à se multiplier et à former de nouveaux réseaux pendant plusieurs mois après la naissance. Ce cerveau en plein développement est extraordinairement sensible à tous les facteurs toxiques, notamment toxicomanies et alcoolisme maternel. La malnutrition de la mère, les privations et les carences de celle-ci en protides, lipides, vitamines, oligo-éléments, carences hélas encore fréquentes dans certains pays du Tiers-Monde, ont un retentissement fâcheux sur le développement du cerveau de lenfant : retard mental pondéral, troubles du comportement.
On estime quen France, lalcoolisme maternel est à lorigine de 10 à 15% des retards mentaux. Lutter contre lalcoolisme et les toxicomanies chez la femme enceinte, cest contribuer à prévenir des milliers de handicaps mentaux.
Il convient aussi de souligner limportance de laccouchement et de ses bonnes conditions techniques, objectif prioritaire de toute politique de santé.
2. Le
nourrisson et lenfant
Lallaitement maternel est, en règle générale, lalimentation qui convient le mieux au nourrisson. Elle lui apporte, en particulier, les acides gras non saturés indispensables au bon fonctionnement de son cerveau, sous la forme la plus digestible et la plus assimilable.
On se souviendra que lalcool passe dans le lait, et que la femme qui allaite doit sabstenir de toute boisson alcoolisée.
Il faut aussi veiller à ne pas retarder la première tétée : les réserves sucrées du cerveau sont modestes : le nouveau-né a faim et soif à la sortie du ventre maternel. Il est contre-indiqué de leur imposer un jeûne de 24 heures.
Chez le jeune enfant, le sommeil est riche en sommeil paradoxal, 50% du temps de sommeil.
Ce sommeil paradoxal contribue à lorganisation des fonctions cérébrales, et notamment de la mémoire. Respectons le sommeil de lenfant, en durée et en qualité.
Le cerveau de lenfant est programmé pour apprendre. Le développement du réseau neuronal, dans sa complexité, notamment celui du cerveau supérieur, dépend étroitement de la richesse de linformation que reçoit lenfant. Un cerveau
laissé en friche se développe mal. La famille doit apporter à lenfant affection et sécurité.
3. Comment
conserver une bonne mémoire ?
Le cerveau humain commence à perdre des neurones à
partir de 25 ans. A lâge de 80 ans, cette perte est évaluée à environ 10%. « Ces 10% de neurones perdus sont surtout
situés dans des régions de cerveau impliquées dans le processus de la mémoire »
(Dr Philippe Boulu)
Toutefois,
les 90% de ces neurones ne dégénèrent pas et sont
disponibles pour établir de nouveaux contacts avec dautres neurones.
« Ces connexions vont renforcer
lintelligence. Il faut tout faire pour les stimuler. Nous nutilisons que 30 à
40% de notre capacité neuronale parce que nous exerçons toujours les mêmes activités
avec le même système de pensée, les même contacts. On ne fait fonctionner que certains
neurones, toujours les mêmes. Ce sont les neurones que nous nutilisons pas
régulièrement qui ont tendance à disparaître ».
(Dr Philippe Boulu)
Le docteur Philippe Boulu nous rappelle aussi, dans un livre sur la « dynamique du cerveau » quil existe un lien étroit entre lalimentation et le fonctionnement du cerveau. Pour favoriser notre dynamisme cérébral et notre mémoire, il est conseillé :
- de consommer des céréales qui contiennent des vitamines indispensables au bon fonctionnement des cellules de notre cerveau (vitamines du groupe B).
- des huiles végétales qui contribuent à renforcer la membrane des cellules de notre cerveau par leurs acides gras insaturés
- du jaune duf et du poisson : les populations qui se nourrissent essentiellement de poisson gardent plus longtemps dans la vieillesse un bon fonctionnement cérébral.
- le cerveau est un gros consommateur de sucres rapides. Le miel, est, à cet égard, particulièrement recommandé.
Tous les facteurs de risque de lathérosclérose contribuent à détériorer les artères de notre cerveau, à les rendre plus rigides et plus étroites.
Lalcool est lennemi n°1 de notre mémoire. Nabusez pas du café, ne touchez jamais aux drogues et aux stupéfiants : ils provoquent une détérioration physique et intellectuelle parfois irréversible.
Dans son petit livre : « 101 conseils pour la mémoire », le docteur Ph. Baumgartner nous propose de précieux conseils pour nous aider à conserver la mémoire :
· Pour un bon fonctionnement de la mémoire, il faut que le cerveau soit reposé :
- repos physique respectant les besoins de sommeil et les intervalles de repos dans la journée.
-
repos affectif : mémoire et affectivité
coexistent dans le système limbique. « La mémoire dépend plus de la volonté et du
cur que de lâge et des études ».
(Ph. Baumgartner)
· La fixation
des souvenirs dépend en premier lieu de la
qualité de notre attention. Sachons écouter
sans interrompre notre interlocuteur, lire
« le crayon à la main ».
« Apprenons à écouter les autres, dans un monde bombardé dinformations, mais où personne ne sait plus écouter. »
Nous ne retenons bien que ce qui nous intéresse et ce que nous aimons. Apprenons à aimer notre temps, à nous passionner pour toutes les découvertes quil ne cesse de nous apporter. Apprenons surtout à aimer les autres et à nous intéresser à eux. Toute personne rencontrée constitue à elle seule un monde passionnant et dune diversité inépuisable. Pour accéder à ce trésor, il suffit dêtre ouvert à la rencontre et au dialogue.
Toutes les informations nous viennent par les sens.
· Chez lhomme, la mémoire visuelle est la plus développée.
· Veillons à protéger nos yeux dune exposition excessive au soleil et aux rayons ultraviolets, à labus décran de télévision et dordinateur. Assurons-nous, pour lire, de bonnes lunettes convenant à notre vue, et dun bon éclairage. Distinguons « regarder » et « voir ». Voir demande un il exercé, une attention en éveil. On ne voit bien que ce que lon cherche.
· Apprenons à écouter, et à parler distinctement.
Laudition et la voix constituent un chemin privilégié déchange entre les
hommes. Fuyons tous ces bruits excessifs engendrés
par la technique moderne. La musique moderne fabrique des générations de sourds. Lors
que notre ouïe commence à faiblir et rend plus difficile la communication avec les
autres, nhésitons pas à porter une prothèse auditive adaptée. Donnons toute la
place à la musique, au chant, à la poésie.
La beauté du rythme et des images, la richesse des sonorités apportent une aide irremplaçable à la mémorisation.
· Noublions pas le grand pouvoir évocateur de lodorat et du goût, sur la mémoire et notamment la mémoire affective. Cest une madeleine trempée dans du thé qui fit émerger de la mémoire de Marcel Proust, tout un monde de souvenirs denfance, et le mit sur la voie de la « Recherche du Temps Perdu », son chef-duvre.
· Apprenons à nos enfants à être calmes, à vivre pleinement dans le moment présent. « Lanxiété dun avenir imprécis bloque notre activité dans le présent, nous fait perdre la joie de vivre du moment présent. »
(Ph. Baumgartner)
Efforçons nous de vivre et de faire vivre notre entourage, dans la confiance et loptimisme. Apprenons à nous décontracter, à détendre en particulier les muscles du visage et des membres. Nous pouvons, le cas échéant nous aider de Matha-Joga, technique de relaxation pratiquée selon 3 règles : mouvements exécutés avec lenteur, contrôle respiratoire total, détente complète.
Ouvrons-nous
aux autres. Communiquer, cest écouter et parler. « La conversation, voire les bavardages, sont
préférables aux renfermements. »
(J.M. Robert)
· Notre cerveau, pour bien fonctionner a besoin de beaucoup doxygène. Il utilise à lui seul, 20% de loxygène de notre corps, alors quil ne représente que 20% de son poids.
Apprenons donc à bien respirer, en privilégiant la respiration abdomino-diaphragmatique, et en évitant le blocage respiratoire. Une respiration ample et
profonde, en pleine décontraction, est souvent un bon moyen daider à lévocation dun souvenir qui nous échappe.
Aérons nous le plus souvent possible, la nuit en gardant la fenêtre ouverte quand la température le permet ; pendant nos temps de loisirs et de vacances, en privilégiant les activités de grand air dans un cadre naturel sans se laisser arrêter par un temps maussade.
· La marche, en position correcte, tête droite et sortie des épaules, dos en rectitude, est un excellent moyen doxygéner notre cerveau et daider notre mémoire.
Fuyons le tabac qui nous imprègne doxyde de carbone, comme un poêle mal réglé, et affaiblit notre mémoire.
· Faisons travailler notre mémoire.
Pour entretenir les circuits neuronaux où se gravent nos souvenirs, pour établir de nouveaux circuits, il est indispensable dentraîner notre mémoire.
La musique, le rythme, la répétition sont les meilleures auxiliaires de notre mémoire :
- Exerçons notre mémoire musicale,
- Apprenons des chants et des poèmes,
- Répétons-les à voix haute, en nous efforçant den mettre en valeur la beauté.
Quand nous lisons le journal, écoutons la radio, ou regardons le journal télévisé, faisons leffort den retenir les éléments principaux, faisons le choix des évènements qui nous paraissent les plus significatifs, les plus porteurs davenir ; découpons dans les anciens journaux les articles les plus dignes dintérêt (ou faisons-en la photocopie ) ; soulignons les passages que nous souhaitons retenir et parlons-en avec notre entourage.
Appliquons-nous, quand nous parlons et écrivons, à employer le mot juste, celui qui exprime le mieux notre pensée. Enrichissons nos moyens dexpression par le choix de nos lectures. Ayons un dictionnaire à portée de la main et consultons-le souvent.
Apprenons à connaître de mieux en mieux notre belle langue française et nhésitons pas à apprendre ou à approfondir notre connaissance dune langue étrangère. Apprenons tous les jours par cur quelques vers dun poème que nous aimons, ou quelques mots dune langue nouvelle pour nous.
Apprenons chaque jour quelque chose de nouveau :
« Il y a plus de choses au ciel et sur la terre
que lesprit humain nen pourra jamais concevoir ».
(Shakespeare)
Lisons régulièrement de bons livres, des revues intéressantes. Visitons des musées et des expositions.
Participons à des associations ou à des clubs qui nous donnent loccasion de rencontrer des gens qui connaissent des choses que nous connaissons peu ou mal.
Lorsque nous voyageons, apprenons à regarder et à écouter, à nous passionner pour tout ce que nous découvrons : les gens, la nature, lart.
Le jeu est un bon exercice dentraînement de la mémoire, chacun selon ses goûts et ses préférences : belote, scrabble, bridge, échecs, jeux de société dans leur diversité.
« Un muscle qui ne travaille pas
satrophie ; une intelligence et une mémoire qui ne travaillent pas
satrophient, elles aussi, encore beaucoup plus vite. Lisez, voyagez, faits des mots
croisés, jouez, soyez curieux ; intéressez vous aux gens, aux faits, aux choses.
Toute nouvelle question que vous vous posez exerce votre intelligence. Posez vous beaucoup
de questions. »
(Dr Aslan)
Le sommeil peut se définir comme une interruption périodique et réversible de létat de veille.
Il obéit à un rythme circadien, cest-à-dire à un rythme périodique et renouvelé dune durée voisine des 24 heures dune journée.
« Lactivité rythmique est dailleurs une propriété fondamentale de la matière vivante. »
1. Il existe 2 états de sommeil :
A. Le sommeil lent, pendant lequel le dormeur est calme ; son pouls et sa respiration sont réguliers ; ses muscles sont relâchés. Lenregistrement électro-encéphlographique (E.E.G.) met en évidence des ondes lentes, traduisant une diminution de lactivité cérébrale. Ce sommeil lent sinstalle de façon progressive, en plusieurs phases successives dendormissement, de sommeil léger « sommeil de plume » - et de sommeil profond et très profond « sommeil de plomb » -. Il faut noter que le temps de sommeil léger représente environ 50% de ce sommeil lent.
Le sommeil lent est doté, avant tout, dune fonction de récupération et de repos des neurones du cortex cérébral (cerveau supérieur). Pendant le sommeil lent, la synthèse des protéines et la sécrétion des hormones de lhypophyse augmentent en fin de nuit et dans lheure qui suit le réveil. Ce sommeil lent représente, en moyenne, 80% du temps de sommeil.
B. Le sommeil paradoxal représente en moyenne 20% du temps de sommeil. Il napparaît que dans la 2ème partie de la nuit (entre 0 H et 3 H). Il est toujours précédé dune phase de sommeil lent. Cest le moment privilégié du rêve : le temps du rêve. Il est appelé paradoxal en raison du contraste entre :
- dune part labolition totale du tonus musculaire et un éveil plus difficile quen période de sommeil lent.
- dautre part des mouvements des doigts et de la face, sourire, grimaces, des mouvements rapides des globes oculaires, un pouls plus rapide et une respiration irrégulière. Lélectroencéphalogramme (E.E.G.) met en évidence des ondes rapides et de bas voltage traduisant une grande activité du cortex cérébral, mais désynchronisées, autrement dit quelque peu désordonnées.
Ce sommeil paradoxal répond à une fonction essentielle de développement et de maturation du système nerveux de lenfant, et joue un rôle capital à tout âge dans la consolidation de la mémoire et lorganisation des informations acquises au cours de la veille. Les signaux de grande activité cérébrale recueillis à lE.E.G. sont le reflet
de la mise en mémoire à long terme de souvenirs récemment acquis. Le sommeil paradoxal et le rêve nexistent que chez les mammifères et les oiseaux.
C. Le sommeil sorganise en cycles dune durée moyenne de 90 à 120 minutes ; au cours de chacun deux, vont se succéder les différentes phases de sommeil : les stades successifs de sommeil lent, suivi dune phase de sommeil paradoxal. Ces cycles surviennent 4 à 5 fois par nuit ; il peuvent être séparés par des périodes de réveil, voire de la suppression dun cycle entier. Ces heures de réveil nocturne apparaissent propices à la réflexion, la méditation, la prière, le travail.
D. La durée du sommeil est variable dun sujet à lautre, de 5 à 9 heures de 7 à 8 heures en moyenne.
Les besoins de sommeil lent et profond sont assez constants. Ce sont les besoins en sommeil paradoxal qui sont beaucoup plus variables.
Après privation de sommeil, la récupération du sommeil lent et profond se fait au cours de la première nuit qui suit ; laugmentation du sommeil paradoxal apparaît pendant les nuits suivantes.
E. Le sommeil au cours de la vie
· Le nouveau-né a des cycles de sommeil plus courts que ceux de ladulte. Il dort surtout dans la soirée et la 1ère partie de la nuit. Il reste très souvent éveillé entre 4 heures et 8 heures du matin. Il connaît, comme ladulte, 2 états de sommeil : une phase de sommeil calme, et une phase de sommeil paradoxal actif avec des mouvements oculaires rapides.
· Le nourrisson dort en moyenne 16 heures sur 24.
· A partir de la 1ère année, 90% des enfants ont acquis une nuit complète de sommeil.
La proportion de sommeil paradoxal diminue progressivement au cours de lenfance : de 55% chez le nouveau-né à 20% à la puberté.
La durée des cycles de 40 minutes à la naissance augmente au cours de lenfance pour atteindre 90 à 120 minutes. Parallèlement le nombre de cycles se réduit.
· De ladolescence à la vieillesse, on assiste à une légère et graduelle diminution du sommeil paradoxal, alors que le sommeil lent devient de moins en moins profond. Parallèlement, la durée du sommeil total va diminuer graduellement en fonction de lâge. Le nombre des réveils nocturnes augmente avec lâge.
F. Lhygiène du sommeil
· La première règle est de respecter les cycles du sommeil : prendre « le train du sommeil », cest à dire le moment où se fait sentir le besoin de dormir. Si nous laissons passer ce moment, attendre le prochain cycle pour nous endormir.
En règle générale, il y a intérêt à respecter notre horloge biologique interne, et se coucher le plus souvent possible à la même heure.
· Les vêtements de nuit doivent être amples et légers, la chambre bien aérée, sinon toute la nuit en cas de bruit extérieur, au moins dans la soirée avant de sendormir. La température de la chambre ne doit pas dépasser 18°.
· Pour bien préparer le sommeil, il y a intérêt à faire un repas plutôt léger le soir, à se détendre et se relaxer avant de se coucher et à ne pas surexciter le cerveau dans la soirée par des spectacles ou des lectures violents ou générateurs
dangoisse ou de peur. Mieux vaut écouter de la belle musique, passer une soirée en famille ou entre amis, participer à un jeu, lire dans un fauteuil ou au lit un beau texte, en attendant calmement le prochain passage du train du sommeil.
· Lorsque cela est possible, la pratique dun exercice physique modéré au cours de la journée ou dans la soirée, tel quune marche, est le meilleur inducteur dun sommeil de qualité.
· Bien entendu, on évitera la prise dexcitants après 17 heures : café, thé, mais aussi boissons à base de cola, et chocolat, qui contient de la caféine. Lalcool est lennemi de votre sommeil.
· En cas dinsomnie nocturne, il peut sagir dun bref réveil entre 2 cycles, ou de la suppression complète dun cycle. Dans ce cas, rien ne sert de sénerver et de se retourner 20 fois dans son lit ; mieux vaut rester calme, les yeux fermés, en position allongée. (La fermeture des yeux et la position horizontale du corps favorisant le repos physique et mental).
En cas dinsomnie persistante, il convient de faire de linsomnie une alliée et une amie. Ces temps déveil nocturne sont souvent des temps dhyperlucidité quil faut savoir mettre à profit. Réveillez-vous complètement. Sortez de votre lit, ou de votre chambre. Etirez à fond votre colonne vertébrale. Buvez un verre deau. Notez sur un papier les idées qui vous viennent à lesprit et que vous craignez doublier. Cette période déveil fait suite à un temps de rêve, qui est un outil de créativité. Cest ainsi que Victor Hugo conçut son chef duvre « La Légende des Siècles ». « Jeus un rêve », écrit-il, « le mur des siècles mapparût. » Napoléon se levait toutes les nuits à 3 heures du matin pour prendre dans le calme, en toute lucidité, ses décisions les plus importantes. Il se recouchait ensuite jusquà 7 heures du matin. Ce temps déveil nocturne est un temps privilégié pour la prière, la méditation, la réflexion profonde.
Pour un bon réveil, suivons les conseils de P. Fluchaire :
· Eveillons nous à la fin dun cycle, avant que le réveil ne sonne.(1/4 dheure environ entre léveil et le lever.)
· Etirons notre colonne vertébrale et nos membres supérieurs.
· Faisons un solide petit déjeuner.
· Pour lutter contre le sommeil, notamment au volant, évitons de prendre la route dans un état de trop grande fatigue. Nabsorbons ni boisson alcoolisée, ni repas trop riche et trop gras avant le départ.
Si le sommeil nous saisit, sachons nous arrêter à temps pour prendre lair et faire de lexercice. Loxygénation et le mouvement sont en effet les meilleurs remèdes contre la somnolence.
· En cas de grande fatigue au cours de la journée, notamment chez le sujet âgé, il ny a pas de meilleur remède que la sieste, notamment après le repas de midi. Vous vous réveillez frais, dispos et plein dallant, et vous repartez dans la journée avec une énergie
nouvelle. Lorsque vous partez en vacances, lorsque vous effectuez une cure thermale, commencez par rendre toute vos dettes de sommeil au cours des 3 premiers jours.
· Le sommeil est aussi un excellent remède lorsquon se sent un peu fiévreux, ou en cas dexcès pondéral. Le sommeil avant les repas de midi et du soir est un bon coupe-faim ; qui dort dîne, selon le dicton.
« Cest la nuit quil est beau de
croire à la lumière »
Edmond Rostand Chantecler
La fatigue est une des plaintes les plus fréquentes exprimées par les hommes et les femmes de notre temps.
Jadis, la fatigue était dabord une fatigue musculaire. Le travailleur brûlait une partie de ses réserves de sucre et de graisses, et éliminait, par lurine et par la sueur, les déchets résultant de lactivité musculaire. La fatigue était un signal dalerte, nous invitant à marquer une pause dans le travail. La récupération se faisait par le repos, la réhydratation et une alimentation appropriée. La fatigue était lune des formes de la sagesse du corps.
Avec la civilisation industrielle et , plus encore, avec lavènement de linformatique, la part du travail musculaire na cessé de diminuer pour un grand nombre dactivités, alors que saccroissent sans cesse les tâches statiques de contrôle et de surveillance.
La fatigue
devient de plus en plus une fatigue nerveuse.
Celle-ci ne se manifeste plus seulement, ou principalement, au niveau des muscles, mais
surtout « au
niveau des centres régulateurs de la base du cerveau dont la souffrance retentit sur
tout lorganisme dune part, sur le cerveau dautre part »
(Dr
Paul Chauchard)
Cette fatigue nerveuse ne cède plus au seul repos : elle prédomine surtout au contraire le matin au réveil. Elle est accrue par des sollicitations sensorielles excessives, par le bruit incessant de la rue , des immeubles collectifs, des machines, des publicités et des annonces majorées par des hauts parleurs. La musique contemporaine devient trop souvent un dévergondage sonore, une drogue auditive, fabriquant des générations de sourds, et envahissant de plus en plus les différents lieux de vie. Les sollicitations visuelles connaissent une évolution analogue, avec la télévision, les écrans dordinateurs, soumettant la rétine à rude épreuve.
Des facteurs sociaux contribuent à engendrer cette fatigue nerveuse : fatigue et anxiété du chômeur à la recherche dun emploi, fatigue et surmenage des cadres, fatigue et désintérêt des travailleurs affectés à des tâches monotones et répétitives, ou contraints deffectuer un « travail en miettes ».
La législation contribue à accroître cette fatigue nerveuse : charge croissante de documents administratifs à remplir à toute occasion, bloquant ou retardant linitiative individuelle, maintien illogique et nocif de lheure dété ; depuis la 2nde guerre mondiale, lheure légale était en avance dune heure sur lheure solaire pendant toute
lannée. Depuis le décret du 25 septembre 1975, lheure dété est venue aggraver ce décalage, en imposant une avance de 2heures, de telle sorte
que, quand le soleil indique 10 H il est déjà midi à notre montre. Les conséquences biologiques en sont fâcheuses. Les enfants narrivent plus à sendormir le soir et à se lever le matin. La vie agricole est perturbée : ni le bétail, ni la végétation ne peuvent se plier à lheure dété ! Le réveil prématuré des gens qui travaillent accentue leur fatigue. Les personnes âgées augmentent leur consommation dhypnotiques ; les pensionnaires des maisons de retraite prennent leur repas du soir à 4 heures solaires laprès-midi Quand, au bout de quelques mois, lorganisme a fini par sadapter à cet horaire, voilà quon avance les pendules dune heure, pour revenir à lheure dhiver, nous obligeant à changer à nouveau le réglage de notre horloge biologique.
Dans le monde actuel, les vacances, loin dêtre un temps de repos et de récupération, sont trop souvent un temps de surmenage et de fatigue : longs trajets en avion ou en automobile, dans les encombrements, effectués souvent de nuit,
changements de fuseaux horaires, excès en tous genres. La 3ème semaine de vacances est souvent la semaine du « coup de barre », et le retour de vacances une période difficile de fatigue nerveuse.
En cas de fatigue inexpliquée, il convient en premier lieu de consulter son médecin ; car cette fatigue peut être le premier signe dalerte dune maladie, à diagnostiquer et à traiter sans retard. Ce nest quaprès avoir éliminé une cause organique que lon envisagera les mesures préventives de la fatigue nerveuse.
Le docteur Pierre Solignac, dans son ouvrage « 101 conseils pour vaincre la fatigue », attire notre attention sur les principales erreurs dhygiène de vie provoquant cette fatigue nerveuse et sur les mesures destinées à les combattre :une série derreurs tiennent à nos habitudes alimentaires :
- insuffisance du petit déjeuner responsable de fatigue par hypoglycémie (chute de sucre dans le sang) en fin de matinée.
- repas de midi trop copieux, trop abondant, pris
dans de mauvaises conditions de bruit, dagitation, dattente. « La France, » écrit-il, « somnole entre 3 heures et 4 heures de
laprès-midi ».
(P. Solignac)
- Abus de lalcool, mauvais carburant, qui altère les fonctions du foie, augmente les graisses du sang, embrume le cerveau. « Nombre de fatigués sont des alcooliques qui ne le savent pas ».
(P. Solignac)
- Insuffisance de boissons aqueuses. Nous devons boire 1 litre ½ à 2 litres par jour. Nombreuses sont les femmes, notamment qui ne boivent pas assez deau. Le thé léger et peu sucré est tonique et diurétique. Le café pris avec modération dans la 1ère moitié de la journée, est un excellent tonique dont il ne faut pas abuser !
- Mauvaise organisation de la journée, avec un lever trop tardif, par rapport à lheure de départ, qui se fait dans la précipitation. Il faut prévoir un temps suffisant pour le petit déjeuner, la toilette matinale et aller à la selle !
Quels remèdes simples à opposer à cette fatigue
nerveuse ?
Dabord en se souvenant que le repos et le sommeil sont les traitements les plus efficaces de la fatigue.
Ensuite en contribuant à changer lambiance psychologique de nos journées : lénervement est une cause très fréquente de fatigue . Lagressivité gaspille notre
énergie
nerveuse. « Qui est agressif reçoit en retour
de lagressivité, qui est tolérant et bienveillant reçoit en retour estime et
amitié »
(Dr Solignac)
Tout peut être dit, ajoute-t-il ; ce qui compte, cest la façon de le dire. Exprimons ce que nous pensons calmement, sur un ton non agressif. Apprenons à écouter : la véritable communication commence par lécoute de lautre. Ne nous isolons pas ; ne nous renfermons pas sur nos rancurs. Exprimons-nous avec calme, simplicité et , si possible humour. Ne disons pas de mal des autres. Faisons, dans nos vies, une place à la culture, en choisissant des domaines de prédilection en fonction de nos préférences et de nos aptitudes.
Faisons de nos activités sportives un temps de détente et de partage, dans la bonne humeur. Réapprenons le calme et la sérénité.
· Pratiquons largement lhydrothérapie. Elle est un excellent traitement de la fatigue :
- leau chaude apaise et détend, notamment les bains ; évitons toutefois les bains trop chauds qui fatiguent
- leau fraîche détend, favorise la circulation, donne une sensation de bien être, notamment leau fraîche sur le visage.
- leau froide tonifie, mais il faut en user avec mesure.
· Lexercice physique est un des meilleurs remèdes à la fatigue nerveuse, notamment la marche. Lorsquon peut leffectuer en montagne, elle apporte une meilleure oxygénation de nos tissus et de nos cellules nerveuses. Laération, loxygène sont les meilleurs défatiguants de nos cellules nerveuses.
« le meilleur sport à conseiller, cest la marche » (Dr de Monbenard)
5 minutes de gymnastique par jour, 2 à 3 heures dactivités de plein air par semaine, valent mieux quun abus de médicaments.
· Apprenons à nous détendre, à nous décontracter, à faire face aux situations imprévues avec calme et lucidité. Des exercices de relaxation peuvent nous y aider.
« Lhomme moderne est souvent un surmené
chronique qui signore »
(Dr P. Solignac)


