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Claude Degott - Hôpital Beaujon - Clichy Journée de
Gastroentérologie - Paris - 11
janvier 2003 Mis en ligne le 09 avril 2003 par Bruno Bour MD Maîtres Toiles
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1- Anomalies hépatiques caractéristiques des scléroses hépatoportales
Macroscopiquement, le foie est souvent augmenté de volume et surtout il peut apparaître " dysmorphique " avec l'association de territoires hyperplasiques ou nodulaires et régénératifs, et de territoires au contraire atrophiques et très durs. On peut macroscopiquement observer un tronc porte ou des gros vaisseaux portes à paroi épaisse. Il est généralement important de constater que les lésions des vaisseaux portes et la nodulation prédominent dans les régions péri-hilaires alors que les zones sous-capsulaires peuvent être d'aspect normal.
1-1 Les prélèvements
histologiques effectués dans les zones péri-hilaires montrent des anomalies-des veinules
portes et une fibrose portale. Les veines ont des parois épaissies avec une réduction
des lumières ; dans certains espaces portes la section veineuse n'est plus
individualisable et apparaît par contre remplacée par un véritable cavernome
intra-hépatique fait d'une juxtaposition de très nombreuses sections vasculaires. Ces
sections vasculaires occupent le conjonctif portal et la zone péri-portale, et se
retrouvent également entre les travées hépatocytaires sous forme de vaisseaux "
aberrants ". La multiplication vasculaire est bien objectivée sur les biopsies en
utilisant des marqueurs immunohistochimiques et en particulier un anticorps anti-CD34.
La fibrose développée à partir des espacés portes peut être très extensive,
réunissant les espaces portes entre eux, donnant un aspect faussement annulaire. De plus,
on peut observer une régénération nodulaire dans les zones péri-portales constituée
par des hépatocytes normaux groupés en travées épaisses, sans fibrose annulaire
périphérique évidente.
1-2 Les prélèvements
histologiques effectués dans les zones sous-capsulaires peuvent montrer un aspect
sub-normal, sans aucune lésion vasculaire ou des lésions vasculaires minimes. La fibrose
est généralement plus limitée voire absente.
Enfin, les travées hépatocytaires sont le plus souvent d'architecture normale.
2- Anomalies hépatiques souvent associées aux scléroses hépatoportales
Dans certains cas, la
pathologie vasculaire intéresse également les sinusoïdes qui peuvent être dilatés et
congestifs ou au contraire bordés par une fibrose péri-sinusoïdale marquée.
Dans d'autres cas, on peut observer non pas uniquement des nodules dans les zones
péri-hilaires mais au contraire une nodulation diffuse du parenchyme hépatique
réalisant un aspect d'hyperplasie nodulaire régénérative.
Dans d'autres observations enfin, il a pu être retrouvé des lésions des parois des
veines hépatiques.
3- Diagnostic histologique sur une ponction biopsie -hépatique ; les problèmes
3-1 Le pathologiste évoque une maladie vasculaire du foie et en particulier une sclérose hépatoportale s'il constate des anomalies des petites veines portes, une multiplication des sections vasculaires remplaçant la section porte et une fibrose développée à partir des espaces portes, surtout si ces lésions contrastent avec la présence d'hépatocytes normaux et l'absence d'infiltrat inflammatoire.
3-2 Dans certains cas au contraire, le pathologiste peut poser à tort le diagnostic de cirrhose si sur de petits fragments il constate une fibrose extensive et s'il existe des remaniements architecturaux. L'absence de toute lésion hépatocytaire et de tout infiltrat inflammatoire doit faire suspecter un diagnostic différentiel avec une pathologie d'origine vasculaire et doit faire rechercher des lésions des vaisseaux même minimes. Dans certains cas, le diagnostic de cirrhose cryptogénétique a été porté à tort.
3-3 L'existence d'une autre pathologie peut se surimposer au diagnostic de sclérose hépatoportale. En particulier il a été décrit chez certains patients une hépatite virale associée ou un éthylisme.
3-4 Enfin, on a pu démontrer chez certains patients le développement secondaire d'une thrombose porte.
4- Enquête clinique et étiologique
La maladie hépatique peut
être révélée par les complications de l'hypertension portale : hémorragie digestive
liée à des varices oesophagiennes, ascite ou oedème des membres inférieurs. Dans
quelques cas, la découverte de l'affection est fortuite. L'imagerie radiologique porte en
général le diagnostic de dysmorphique " ; dans quelques cas le diagnostic de
cirrhose est proposé.
L'étiologie est le plus souvent obscure, dans quelques cas des toxiques ont été
retrouvés (sulfate de cuivre, arsenic, chlorure de vinyl). Dans d'autres cas, un syndrome
myéloprolifératif occulte ou frustre, sans anomalie évocatrice du sang périphérique,
a été mis en évidence par le développement de colonies érythroblastiques spontanées
lors de la culture des précurseurs médullaires sur milieu pauvre en érythropoiétine.
Un syndrome des anti-phospholipides a pu être retrouvé, associé à diverses maladies
(lupus érythémateux disséminé, maladie rhumatoïde, maladie de Horton), ... et
considéré comme secondaire ou, en l'absence de ces maladies, considéré comme primaire.
Comme dans les thromboses du tronc porte, le risque thrombotique au cours des scléroses
hépatoportales peut être associé à la découverte d'un anticorps anti-cardiolipine. Il
faut éliminer la présence-d'un anticorps fugace ou associé à certains médicaments,
alors dépourvu de risque thrombotique ; par contre, la présence d'anticorps
anti-cardiolipines persistants, à titre élevé est un argument en faveur d'un risque de
thrombose récidivante. Les déficits familiaux en inhibiteurs de la coagulation
(anti-thrombine 3, protéine C et surtout protéine S) sont parfois également retrouvés
à l'état hétérozygote.
Le facteur V Leiden qui correspond à une mutation ponctuelle du gène du facteur V est
plus fréquemment retrouvé chez ces patients que dans la population générale.
Dans quelques cas, plusieurs facteurs sont retrouvés en association.
Ces constatations et la notion d'une thrombose du tronc porte observées secondairement
dans quelques observations posent le problème de la prévention des thromboses et de la
prescription d'un traitement anticoagulant au long cours.
Références
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résumé]
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Ohbu M, Okudaira M, Watanabe K, et al: Histopathological study of intrahepatic aberrant
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Hillaire S, Bonte E, Denninger M-H et al: idiopathic non-cirrhotic intrahepatic portal
hypertension in the west :a re-evaluation in 28 patients. Gut 2002 ; 51 :275-280. [résumé]
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