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Dominique Valla - Hôpital Beaujon - Clichy Journée de
Gastroentérologie - Paris - 11
janvier 2003 Mis en ligne le 09 avril 2003 par Bruno Bour MD Maîtres Toiles
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2. Diabète non-insulinodépendant
Au cours de cette affection, les atteintes hépatiques sont fréquentes. La stéatose, la stéato-hépatite non alcoolique, et une surcharge modérée en fer sont les principales de ces atteintes. Toutes s'expliquent par un syndrome d'insulino-résistance.
La stéatose est de type macrovacuolaire. Elle est d'autant plus fréquente que le poids corporel est plus grand, mais elle peut s'observer chez des sujets de poids normal ayant une insulinorésistance avec ou sans lipodystrophie. Elle n'est pas toujours associée à une augmentation des transaminases ou de la gamma glutamyltranspeptidase (GGT). Elle est facilement dépistée par l'échographie.
La stéatohépatite non-alcoolique est observée dans 25% des cas de stéatose. Elle est rare en l'absence d'obésité (index de masse corporelle > 30-kg/m2). Elle -est caractérisée par une ballonisation des hépatocytes, par une fibrose péricellulaire prédominant souvent-dans la zone centrolobulaire, et par un infiltrat inflammatoire comprenant des polynucléaires neutrophiles. Elle se manifeste en règle par une augmentation modérée des transaminases (environ 2-5 N) et une augmentation de la GGT parfois marquée (2-20 N). L'ictère et les manifestations d'insuffisance hépatocellulaire sont très rares. Dans 20% des cas la stéatohépatite non-alcoolique conduit à une cirrhose en une vingtaine d'année. L'âge, l'obésité, la consommation habituelle d'alcool sont les principaux -facteurs associés à cette évolution. L'influence de la correction du diabète et de l'excès de poids sur cette évolution ne sont bien connus. La stéatohépatite non-alcoolique, a récemment été associée au développement de carcinomes hépatocellulaires, même en l'absence de cirrhose constituée.
Il est fréquent d'observer une surcharge en fer discrète à modérée, de localisation hépatocytaire et sinusoïdale. Elle semble, pour une part, favorisée par la présence de mutations du gène HFE, même à l'état hétérozygote. Le rôle aggravant de cette surcharge et la possibilité que la déplétion en fer soit bénéfique restent hypothétiques.
La cholécystite aiguë alithiasique est fréquemment associée à un diabète non-insulinodépendant. Les rôles respectifs de la macroangiopathie (induisant une atteinte ischémique, de la neuropathie végétative (altérant la motricité biliaire), et de l'infection sont mal établis. Les complications infectieuses de la lithiase biliaire sont plus fréquentes et plus sévères chez les sujets atteints de diabète.
Les sulfamides hypoglycémiants et la metformine sont très rarement responsable d'une hépatite médicamenteuse. Les fibrates et les statines donnés pour la dyslipémie associée, sont plus fréquemment la cause d'atteintes hépatiques de mécanismes variés. Le diagnostic (et donc l'imputabilité) est difficile à établir. Le risque est alors, par excès de prudence, de priver le malade d'un médicament utile.
La consommation d'alcool est plus élevée chez les obèses français que dans la population générale. L'obésité favorise le développement d'une hépatite alcoolique chez le consommateur d'alcool.
Plusieurs épidémies d'hépatite virale B- ou C ont été rapportées à la contamination par une utilisation inadéquate des appareils d'automesure de la glycémie capillaire
3. Diabète de type MODY
On a tout récemment montré qu'une délétion somatique du gène TCF1, codant pour la protéine HNF-1a était associé aux adénomes hépatoccellulaires. La délétion germinale de ce gène est responsable du diabète de type MODY (maturity onset diabetes of the young) 3, de transmission autosomale dominante. La présence de cette anomalie génétique pourrait donc favoriser le développement de ce type de tumeur.
4. Diabète au cours des maladies du foie
Le diabète peut être lié à la cause de la maladie du foie: diabète insulinodépendant au cours des hépatites autoimmunes, de l'hémochromatose génétique, ou de la pancréatite alcoolique. Le diabète semble plus fréquent au cours de l'hépatite C sans que le mécanisme de cette association soit clairement identifié. Le diabète peut aussi être lié au traitement corticoïde d'une hépatite auto-immune ou d'une hépatite alcoolique.
Le stade avancé de toutes les cirrhoses s'accompagne d'une insulinorésistance. Celle-ci peut être suffisamment sévère pour requérir un traitement médicamenteux ou par insuline. Le diabète est un argument de pronostic péjoratif au cours des cirrhoses, indépendamment du score de Child-Pugh et de l'âge.
Que le diabète soit une pure
conséquence ou une pure association, ses complications sont source d'une morbidité
sévère chez les sujets atteints de cirrhose. L'hyperglycémie exacerbe le risque
d'infection bactérienne. L'insuffisance rénale due à une néphropathie diabétique
conduit à une encéphalopathie chronique ou récidivante très invalidante.
Le diabète est un facteur de morbidité accrue après transplantation hépatique. Les
anticalcineurine comme les corticoïdes sont susceptibles d'induire ou d'exacerber un
diabète.
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